AccueilNouveaux locuteurs dans l'Europe plurilingue du XXIe siècle

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Publié le lundi 23 février 2015 par Céline Guilleux

Résumé

L'avènement de la mondialisation nous confronte à un paradigme sociolinguistique en mutation. Tout autour du globe, les langues sont au contact les unes des autres en raison de la mobilité des individus. Nos sociétés accueillent un plurilinguisme au quotidien car les besoins linguistiques se répandent. Notre journée d’étude entend travailler sur le concept de « nouveau locuteur » pour le définir dans nos contextes locaux, régionaux, nationaux, internationaux. Notre souhait est aussi de recueillir des informations sur les différents profils de ces nouveaux locuteurs en France. Le troisième objectif est de susciter un débat sur les idéologies, les représentations sociales et les stéréotypes qui circulent socialement et qui sont favorables ou défavorables à ces nouveaux locuteurs et à leur légitimité sociale.

Annonce

Argumentaire

Depuis la fin du XXe siècle, l’avènement de la mondialisation nous confronte à un paradigme sociolinguistique en mutation. Tout autour du globe, les langues sont au contact les unes des autres en raison de la mobilité des individus. Nos sociétés accueillent un plurilinguisme au quotidien car les besoins linguistiques se répandent : des étudiants partis à l’étranger, des travailleurs transnationaux, des citoyens migrants qui par souci d’insertion au sein de la société d’accueil adoptent une ou plusieurs nouvelles langues, etc.

Deux grandes tendances voient le jour : d’une part, celle qui tend à légitimer l’apprentissage de l’anglais comme langue valable pour la communication à l’extérieur de la communauté linguistique d’origine ; d’autre part, l’osmose au quotidien d’une multitude de langues qui sont apprises par les citoyens par curiosité de « l’Autre », par envie de bien s’insérer dans telle ou telle société, etc. 

Ainsi, s’il est évident que la présence de l’anglais en tant que langue à l’international est de plus en plus incontournable, il n’en est pas moins vrai que la traditionnelle hiérarchie des langues dites « nationales » en tant que « variantes hautes » est concurrencée soit par des langues portées par les citoyens mobiles dans l’espace européen, soit par des langues dites régionales qui se répandent au-delà des frontières territoriales ou des limites des groupes linguistiques.

En effet, nous sommes à l’aube de phénomènes sociétaux et sociolinguistiques d’importance et il devient nécessaire de les reconnaître et de les analyser. Notre souci est de mettre les citoyens plurilingues au centre du débat. Quel sens cela a-t-il de parler de « nouveaux locuteurs » dans nos sociétés urbaines ? Quels enjeux, quels défis, quelles richesses pour nos sociétés du XXIe siècle ? Que se passe-t-il lorsqu’on apprend une nouvelle langue pour des raisons de travail à l’international ou de migration individuelle ou familiale, ou encore par envie ou besoin d’insertion dans une société d’accueil, même si cette langue est considérée comme peu parlée, à usage restreint, etc. ? 

Notre Journée d’Etude entend travailler sur le concept de « Nouveau locuteur » pour le définir dans nos contextes locaux, régionaux, nationaux, internationaux. Notre souhait est aussi de recueillir des informations sur les différents profils de ces nouveaux locuteurs en France. Le troisième objectif est de susciter un débat sur les idéologies, les représentations sociales et les stéréotypes qui circulent socialement et qui sont favorables ou défavorables à ces nouveaux locuteurs et à leur légitimité sociale.  

Notre Journée d’Etude présentera deux grands axes de travail. 

Travail de type linguistique 

Le premier axe sera de type linguistique et nous invitons les analyses de linguistique appliquée, sociolinguistiques, anthropologiques, ethnographiques ou encore sociologiques à nous joindre. Nous veillerons à apporter des expériences de terrain locales qui puissent nous interroger ; nous apporterons aussi des expériences de l’étranger qui pourront élargir nos perspectives. 

D’une part, notre réflexion portera sur les citoyens dont le parcours linguistique est plurilingue en raison de leur histoire personnelle de migration. L’arrivée en Europe peut non seulement être vécue comme un choc culturel mais aussi comme un stigmate difficile à effacer même pour les générations suivantes. Quel rôle la maîtrise de la langue française joue-t-elle ? Quelles sont les politiques linguistiques déployées au sein de nos institutions ? Quelle connaissance avons-nous des langues qu’ils apportent avec eux ? Quelles langues se maintiennent-elles dans leurs parcours de vie et lesquelles s’effacent-elles ? Mettre en avance les compétences plurilingues de ces citoyens serait-il envisageable ? Que faire en faveur de la cohésion sociale au travers des langues de nos concitoyens ?

D’autre part, nous habitons en Bretagne, un territoire où des citoyens parlent couramment breton. Pour un certain nombre de brittophones, la langue bretonne est aujourd’hui apprise à l’école ou au cours de formations linguistiques à l’âge adulte. Les nouveaux locuteurs du breton sont porteurs d’une certaine manière d’un flambeau linguistique car ils aident à la perpétuation de cette langue aux côtés des locuteurs traditionnels. Qui sont ces nouveaux locuteurs ? Quel regard apportent-ils sur l’apprentissage de cette langue ? Quelles bonnes pratiques linguistiques pouvons-nous relever parmi celles des enseignants de breton ? Quels discours faudrait-il véhiculer en faveur de ces locuteurs ?

Travail sur les expressions artistiques et/ou littéraires

Une façon d’appréhender les vécus plurilingues des nouveaux locuteurs est d’en observer les productions artistiques, lorsque celles-ci existent. Elles nous permettront d’analyser les représentations qui sont les leurs, ainsi que leurs identités culturelles et linguistiques. La littérature est un domaine privilégié mais ce n’est pas le seul : diverses expériences associatives dont les arts sont le centre d’intérêt nous montrent bien d’autres chemins. L’analyse des expressions artistiques et/ou littéraires qui ont pour centre les « nouveaux locuteurs » deviendra le deuxième axe de notre journée d’étude. Quels aspects d’intérêt général pouvons-nous trouver dans ces expressions ? Les actions de type artistique pourraient-elles apporter des éclairages à notre sujet d’étude ? Sont-elles nombreuses ? Sont-elles soutenues par les différentes institutions ?

Modalités de soumission

Nous envisageons des interventions de 15 minutes suivies de 5 minutes de questions. Les propositions (250 mots) sont à envoyer à montserrat.casacuberta@univ-rennes2.fr

avant le 10 mars 2015.

L’acceptation sera communiquée le 20 mars 2015.

La journée aura lieu le 7 mai 2015 à l'Université Rennes 2 - Haute Bretagne, Campus Villejean, Salle de la Recherche E224

Le programme définitif sera transmis aux participants pendant le mois d’avril 2015.

Responsables de la journée et de la sélection des propositions

  • Elisabeth Vauthier, directrice adjointe ERIMIT (MCF arabe)
  • Chrystelle Fortineau, directrice adjointe ERIMIT (PR linguistique espagnol)
  • Stefan Moal, MCF breton et chercheur du Centre d'Etudes Breton Celtique CRBC EA 4451
  • Montserrat Casacuberta, Maître de langue et chercheuse assimilée à ERIMIT

Lieux

  • Bâtiment E, salle de la recherche E224 - Université Rennes 2 - Haute Bretagne, campus Villejean, 1, place d'Henri Le Moal
    Rennes, France (35043)

Dates

  • mardi 10 mars 2015

Mots-clés

  • locuteurs, plurilinguisme, contact de langues, cohésion sociale

Contacts

  • Montserrat Casacuberta
    courriel : montserrat [dot] casacuberta [at] univ-rennes2 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Montserrat Casacuberta
    courriel : montserrat [dot] casacuberta [at] univ-rennes2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Nouveaux locuteurs dans l'Europe plurilingue du XXIe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 23 février 2015, http://calenda.org/318429