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Care, genre et environnement

Care, gender and environment

Éthique du care et questions de genre pour de nouveaux rapports à l'environnement

The ethics of care and gender questions: new relations with the environment

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Publié le mardi 17 mars 2015 par João Fernandes

Résumé

Nos rapports à l’environnement interrogent aujourd’hui toutes les sociétés. Des initiatives émergent pour envisager autrement les rapports à l’environnement et pour repenser à travers eux les rapports sociaux, en particulier entre femmes et hommes. L’approche en terme de care pour renouveler les analyses des rapports de genre et des relations à l’environnement, est porteuse d’une nouvelle manière de rendre visible l'organisation des sociétés, de concevoir les relations femmes-hommes et à travers elles, d’aborder les inégalités normatives d’accès, de pouvoir ou de responsabilité dont se sont dotées toutes les sociétés. Ce colloque propose de contribuer à mettre en réseau des acteurs de différents horizons qui sont porteurs d’initiatives scientifiques ou de développement, articulant une approche en termes de care aux problématiques de genre et d’environnement. L’objectif est de participer à la réflexion scientifique internationale sur ces questions et d’aboutir à des propositions d’actions, co-construites entre le monde académique, celui des politiques et celui du développement.

Annonce

Cadrage scientifique et opérationnel

Nos rapports à l’environnement interrogent aujourd’hui toutes les sociétés. Les modèles de développement eux-mêmes sont questionnés. Des initiatives émergent partout dans le monde pour envisager autrement les rapports à l’environnement (dans un contexte historique combinant crises économiques, multiplication des risques et changement climatique) et pour repenser à travers eux les rapports sociaux, en particulier entre femmes et hommes. Par opposition aux théories  - philosophiques, économiques - de la modernité, qui imaginent les individus autonomes, libres et rationnels, le concept de care permet justement de mettre en avant l’interdépendance entre individus ou sociétés dans leurs interactions comme dans leurs rapports aux entités de leur environnement. L’éthique du care environnemental s’inscrit ainsi dans une perspective méthodologique qui privilégie des démarches contextualisées et systémiques pour comprendre et analyser nos rapports au monde vivant et non vivant. Cette approche philosophique s’attache à l’analyse des formes de gestion quotidienne, situées et localisées mais aussi à celle des rapports individuels aux choses pour mettre à jour les multiples liens d’interdépendance dans lesquels chacun de nous est engagé. Elle nous invite aussi à réinscrire dans la justification de l’action - qu’elle soit individuelle ou collective - le rapport au sensible, à l’émotion, au bien-être, pour souligner l’importance des liens de soins entre individus mais aussi entre humains et non humains.

L’approche en terme de care pour renouveler les analyses des rapports de genre et des relations à l’environnement dans les sociétés, est ainsi porteuse d’une nouvelle manière de rendre visible l'organisation des sociétés, de concevoir les relations femmes-hommes et à travers elles, d’aborder les inégalités normatives d’accès, de pouvoir ou de responsabilité dont se sont dotées toutes les sociétés. Mobilisée de manière privilégiée à l’occasion de ce colloque, une telle approche est potentiellement fondatrice de nouvelles propositions scientifiques et politiquesqui, dans le champ de problématiques environnementales par exemple,renouvellent les hypothèses autour des questions d’inégalité d’accès ou de droits aux ressources d’une part, incitent à aborder ces dernières dans leurs dimensions à la fois historique, politique, sociale mais aussi éthique, d’autre part.

Ce colloque propose de contribuer à mettre en réseau des acteurs de différents horizons qui sont porteurs d’initiatives scientifiques ou de développement, articulant une approche en termes de care aux problématiques de genre et d’environnement. L’objectif est de participer à la réflexion scientifique internationale sur ces questions et d’aboutir à des propositions d’actions, co-construites entre le monde académique, celui des politiques et celui du développement. 

Repenser les interdépendances suggère par ailleurs une attention renouvelée à leurs contenus et logiques. Les travaux de Karl Polanyi nous le permettent puisqu’ils nous aident à réfléchir aux modalités d’articulation de différents principes de production de la valeur socio-économique et donc d’appréhender les différentes logiques qui orientent les liens entre individus, entre groupes, entre sociétés et environnement :  i) réciprocité (dans le cadre de l’économie sociale et solidaire : par exemple les ONG, les coopératives), ii) redistribution (par exemple par l’Etat et les collectivités territoriales), iii) partage (par exemple par les familles), iv) marché. L’objectif est alors de comprendre comment chacune des institutions peut s’engager dans des actions de  care environnemental pour contribuer à envisager les entités de l’environnement ou les effets des interactions entre sociétés et environnement autrement que comme de simples biens substituables et marchands. Le colloque propose un renversement des systèmes de valeurs en pensant les activités de care (environnemental) comme ayant de la valeur sociale, culturelle, économique. C’est pourquoi nous considérons que ce colloque s’inscrit dans le cadre de la préparation de la COP21 et des plaidoyers pour y porter une voix/voie dans les négociations internationales sur le climat en décembre 2015 à Paris. 

Ateliers et programme provisoire

Le colloque privilégie des approches interdisciplinaires entre SHS et sciences de l’environnement. Les communications attendues doivent s’inscrire dans l’un des cinq ateliers suivant, pensés comme des lieux d’échanges d’expériences et de construction de propositions concrètes entre mondes académique et opérationnel :

Atelier 1 : Systèmes agro-alimentaires : agriculture, pêche et élevage
Atelier 2 : gestion des risques environnementaux et vulnérabilité
Atelier 3 : Justice spatiale, mouvements sociaux et changements environnementaux
Atelier 4 : Gestion de l’eau, assainissement et gestion des déchets
Atelier 5 : Savoirs et gestion de la bio et de l'agrobiodiversité, Nature et bien-être en ville

Le colloque s’étale sur 5 journées du 7 au 11 septembre 2015, selon le programme suivant :
- JOUR 1 : Accueil, plénières
- JOUR 2 : Ateliers parallèles
- JOUR 3 : Ateliers parallèles « sur le terrain »
- JOUR 4 : Ateliers parallèles
- JOUR 5 : Construction des réseaux et synthèse générale

NB : L’idéal étant de participer aux 5 jours, les participants ne pouvant pas se libérer sont invités à choisir la formule « ATELIERS » sur 3 jours seulement, de J2 à J4) 

Modalités de participation

Les propositions de communication peuvent se faire sous forme de présentation orale courte, de poster (10minutes de présentation et 20 minutes de discussion) ou de projection d’un film (30min maximum). Quelle que soit la forme choisie, un résumé de 2000 signes est attendu et doit nous parvenir

avant le 30 avril 2015.

Ce colloque est enfin porteur d’une ambition collaborative : vous êtes donc cordialement invités à vous inscrire (pré-inscription avec possibilité de dépôt des résumés en ligne, sans paiement immédiat des droits) dès maintenant sur notre site internet pour participer aux forums de discussion et d’échanges préparatoires. Vous y trouverez aussi toutes les informations nécessaires, notamment le texte d’appel complet, en suivant ce lien :

www.cge-collectif.com

Contacts : he.guetat@gmail.com et texier81@gmail.com

Organisatrices

  • Hélène Guétat-Bernard (ENFA Toulouse, UMR Dynamiques Rurales),
  • Pauline Texier-Teixeira (Lyon 3, UMR 5600 EVS (Environnement, Ville, Société),
  • Pascale Moity Maïzi (Supagro Montpellier, IRC, GRED),
  • Catherine Larrère (Paris 1, EA PHICO).

Structure organisationnelle

Deux conseils :

  • Conseil scientifique et opérationnel (composé de membres du monde académique, politique, et opérationnel (objectifs : traduire les objectifs recherche en besoins opérationnels, vérifier la validité des propositions organisationnelle, sélection des participants, choix des personnalités invités)
  • Comité d’organisation : H. Guétat-Bernard, P. Texier-Teixeira, C. Larrère, Pascale Moity-Maïzi, M.D. De Suremain, Nina Asloum de l’UMR EFTS, ENFA, une équipe projet de 4 étudiant.es du master Risques de Lyon 3, 12 doctorant.es (SHS et Sciences de la vie, sciences de l’environnement dont 4 de Dynamiques Rurales), 2 étudiantes du master DTR de Foix.

Conseil Scientifique et Opérationnel

  • Bina Agarwal, économiste, Professor of Development Economics and Environment University of Manchester, University of Delhi, Inde
  • Alma Amalia Gonzales, agronome,PROIMMSE-UNAM, Mexique
  • Anne-Laure Amilhat-Zari, géographe, UMR Politiques publiques ACtions politiques et TErritoires, PACTE, Université de Grenoble, Institut Universitaire de France, France
  • Geneviève Azam, économiste, UMR Dynamiques Rurales, Université Toulouse 2, France
  • Anne Barre, WECF, Annecy, France
  • Sylvie Blangy, géographe, UMR Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive CEFE-CNRS, Observatoire Hommes-Milieu, Montpellier, France
  • Lise Bourdeau-Lepage, économiste et géographe, UMR Environnement, ville, société EVS (association ASDRLF), Lyon, France
  • Danielle Clavel, écologue, Cirad, Montpellier, France.
  • Sophie Charlier,  agronome, ONG Le monde selon les femmes, Centre  d'études du Développement (DVLP), Groupe de Recherches Interdisciplinaires sur l'Amérique latine (GRIAL), IACCHOS, Université Catholique de Louvain, Belgique
  • Dominique Desclaux, génétique des plantes, ingénieure de Recherche à l'Institut National de la Recherche Agronomique et directrice de la plateforme d'expérimentations végétales de Mauguio, Montpellier, France.
  • Laure Emperaire, ethno-écologue, IRD, UMR PAtrimoinesLOCaux et gouvernance PALOC, Muséum d’Histoire Naturelle, Paris, France
  • Marlène Elias, géographe, International Institute of biodiversity, CGIAR Research Program on Forests, Trees and Agroforestry, Indonésie
  • Kylah Forbes-Biggs Genade, Relations internationales, Administration Publique, ACDS (African Center for Disaster Studies), North-West University of Potchefstroom, Afrique du Sud
  • Suyane De Lima Reis Fernandes, ONG CETRA, Fortaleza, Etat du Ceara, Brésil
  • Martine François, agronome, GRET
  • Jean-Christophe Gaillard, géographe, University pf Auckland, School of Environment,Nouvelles Zélandes
  • Gema Galgani Esmeraldo, sociologue, Centre d’Etudes Agraires, Université fédérale du Ceara, Fortaleza, Brésil
  • François Giannoccaro, dir. de l’Institut de gestion Risques Majeurs IRMa, Grenoble, France
  • Idalina Freire Gonçalvez, ONG OMCV (Organisacao de Mulher de CaboVerde), CapVert
  • Elisabeth Hoffman, sociologue, Association Genre en Action, Université de Bordeaux, France
  • Sandra Laugier, philosophe, EA Philosophies Contemporaines, PHICO, Université Paris 1 Sorbonne, CNRS, France
  • Jeanne Lecomte, écologue, Agroparitech, UMR Ecologie et Santé des Ecosystèmes ESE, France
  • Jacques Lepart, écologue, président du Conservatoire d'espaces naturels du Languedoc Roussillon et Vice-Président de la fédération des conservatoires d'espaces naturels, Montpellier, France
  • Pascal Marty, géographe, UMR Environnement Ville Société, ENS de Lyon, France
  • Pascale Molinier, psychologie sociale, Unité Transversale de Recherche Psychogenèse et Psychopathologie UTRPP, Université Paris 13, France
  • Véronique Moreira, élue au Conseil Régional Rhône Alpes pour le groupe Europe Ecologie les Verts, délégation à la Coopération solidaire, France
  • Ronald Nigh, ethno-écologue, CIESAS-Sureste, San Cristóbal de las Casas, Chiapas, Mexique
  • Atte Alma Padilla, Coordinadoradel Centro de Derechos de la Mujer de Chiapas
  • Carine Pionetti, écologie politique, experte Oxfam, chercheure indépendante, France
  • Eric Sabourin, socio-anthropologie économique, UMR Acteurs Ressources et Territoires dans le Développement Art-Dev, CIRAD, Animateur du Dispositif en Partenariat "Politiques publiques et inégalités en Amérique Latine", France
  • Danielle Sauge-Gadou, Mairie de Feyzin, Région Rhône Alpes, France
  • Josiane Seghieri, écophysiologiste, UMR Hydro-Sciences Montpellier SHM, France
  • Jean-Michel Sourisseau, agronome, France, Cirad, UMR Acteurs Ressources et Territoires dans le Développement Art-Dev, Montpellier, France
  • Marie-Dominique de Suremain, France, experte pour ENDA Europe, France
  • Mariam Sow, ENDA Tiers Monde, Sénégal
  • Henri-Luc Thibault, agronome, Division Interministérielle pour la Méditerranée DIMED, Paris, France
  • Dewald Van Niekerk, sciences sociales, African Center for DisasterStudies ACDS, North-WestUniversity of Potchefstroom, Editeur de la revue JAMBA, Afrique du sud,
  • Maryse Vercoutere, Croix Rouge Rhône Alpes, France
  • Ben Wisner, Sciences sociales, University College London, Earth Sciences / Aon-Benfield UCL Hazard Research Center, EUA

Lieux

  • université de Lyon 3
    Lyon, France (69)

Dates

  • jeudi 30 avril 2015

Mots-clés

  • care, genre, environnement, changement climatique, développement nord-sud

Contacts

  • Hélène Guetat
    courriel : he [dot] guetat [at] gmail [dot] com
  • Pauline Texier
    courriel : texier81 [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Hélène Guetat
    courriel : he [dot] guetat [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Care, genre et environnement », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 17 mars 2015, http://calenda.org/318835