AccueilBerlin – discontinuités : temporalités, politiques, urbanité

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Publié le mercredi 25 février 2015 par João Fernandes

Résumé

Une partie de l’histoire du « court XXe siècle » s’est écrite à et avec Berlin. Capitale de l’empire wilhelmien, la ville est devenue capitale de la République de Weimar puis celle de l’Allemagne national-socialiste. La guerre froide l’a divisé entre les quatre puissances alliées, puis en deux parties, chacune devenant le modèle de son camp respectif. La fin de la guerre froide a entrainé sa réunification et son rétablissement comme capitale fédérale. Berlin est entrée « dans l’histoire » car des affrontements idéologiques et politiques se sont matérialisés dans l’espace urbain et ont divisé ce dernier : certains événements symboliques des extrêmes qui caractérisent les sociétés européennes du XXe siècle (totalitarisme, guerres, désir de liberté et de paix), s’y sont tenus, ont eu une résonance globale et ont marqué l’organisation du monde. À travers le symbole du Mur, le lieu est devenu à la fois un emblème d’une période particulière de l’histoire (la guerre froide) et d’un ordre géopolitique (la division de l’Europe et du monde). 

Annonce

Argumentaire

Une partie de l’histoire du « court XXe siècle » (Hobsbawm, 1994) s’est écrite à et avec Berlin. Capitale de l’empire wilhelmien, la ville est devenue capitale de la République de Weimar puis celle de l’Allemagne national-socialiste. La guerre froide l’a divisé entre les 4 Puissances alliées, puis en deux parties, chacune devenant le modèle de son camp respectif. La fin de la guerre froide a entrainé sa réunification et son rétablissement comme capitale fédérale. Berlin est entrée « dans l’histoire » car des affrontements idéologiques et politiques se sont matérialisés dans l’espace urbain et ont divisé ce dernier : certains événements symboliques des extrêmes qui caractérisent les sociétés européennes du XXe siècle (totalitarisme, guerres, désir de liberté et de paix), s’y sont tenus, ont eu une résonance globale et ont marqué l’organisation du monde. A travers le symbole du Mur, le lieu est devenu à la fois un emblème d’une période particulière de l’histoire (la guerre froide) et d’un ordre géopolitique (la division de l’Europe et du monde). Puis, l’ouverture du Mur de Berlin a signifié tout autant la fin d’une période de l’histoire que la fin d’un rapport de forces entre des composantes idéologiques et politiques. De surcroît, l’Allemagne est désormais un Etat-membre de l’Union européenne. Les élargissements de 2004 et de 2007 ont contribué à renforcer le rôle de lieu de décision de la capitale fédérale dans la nouvelle Europe du fait de sa situation d’interface entre l’ouest et l’est du continent. 

Une analyse du tissu urbain montre qu’aucune autre grande capitale d’Etat en Europe ne comporte autant de discontinuités spatiales au sein de son espace urbain. La part des espaces libres est certes inhabituelle dans une ville de cette taille, mais surtout leurs situations interrogent l’observateur et le promeneur. Le cœur de la ville, celui qui abrite les monuments les plus prestigieux et les fonctions centrales est parcouru de discontinuités variées qui contrastent avec ce qui « fait ville » : friches, terrains vagues, espaces de résistance et de contestation, chantiers. Les traces du Mur (et notamment l’espace libéré par son démantèlement) donnent l’impression que la marge s’inscrit dans le centre. 25 ans après l’ouverture du Mur, les traces de ce dernier dans l’espace urbain nous rappelle ces héritages. L’hypothèse que nous formulerons cependant est que les discontinuités sont associées à Berlin et y « font corps avec la ville ». 

C’est à la fois la dimension signifiante de l’espace urbain et la tournure de certains événements qui a permis à Berlin de devenir un emblème d’un ordre géopolitique et de sa remise en cause : les dimensions spatiales, temporelles et politiques sont donc intimement liées. L’objectif de ce colloque est d’étudier la ville à travers le prisme des discontinuités et dans le même temps de voir en quoi cette ville peut nous aider à comprendre les articulations entre trois dimensions des discontinuités : spatiale, temporelle, politique. 

L’objet de cette manifestation est de donner une vision pluridisciplinaire des discontinuités à Berlin, considéré à la fois comme un lieu (de représentation, de pouvoir, etc.), un espace (agglomération urbaine) et un réceptacle et en prenant en compte différentes échelles. 

Plusieurs pistes sont ainsi proposées :

D’une part, il s’agit de saisir l’articulation entre les évolutions de l’ordre géopolitique et les temporalités urbaines. Comment s’accordent les rythmes de l’échelle globale avec les temps de la ville ? Quel rôle la ville a-t-elle joué dans l’histoire allemande, européenne, conçues comme une partie de l’histoire globale du XXe siècle ?  Quelle place a occupé la ville dans les relations internationales en Europe et dans le monde, et notamment dans le contexte de la Guerre Froide et de la construction européenne ?

D’autre part, on peut s’interroger sur la manière dont les temporalités ont marqué l’espace. Les discontinuités temporelles ont-elles laissé des traces dans l’espace urbain ? Si oui, quelles formes prennent-elles et comment sont-elles perçues et considérées par les acteurs urbains (citoyens, pouvoirs publics, acteurs économiques) ?

En définitive, l’un des objectifs poursuivis serait de déceler ce qui fait continuité dans Berlin, en dépit des ruptures à la fois en termes de pouvoirs, d’espace et d’histoire. 

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Une approche multi-disciplinaire et interdisciplinaire est préconisée. Le colloque est ouvert aux historiens, aux géographes, aux sociologues, aux politologues, aux anthropologues, aux linguistes, aux sciences de la communication, etc.

  • Langues du colloque : français, anglais

Une proposition de communication comportera au maximum 3000 caractères et décrira l’objectif de la communication, la méthode et les résultats attendus ainsi que les champs disciplinaires dans lesquels elle s’inscrit. Les textes d’une longueur maximale de 3000 signes, sont attendus pour

le 20 mars 2015

et doivent être envoyés à :

Olivier Rota (olivier.rota@univ-artois.fr); Bernard Reitel (bernard.reitel@univ-artois.fr), Michel-Pierre Chelini (mpierre.chelini@univ-artois.fr)

  • Mots-clés (5 au plus)
  • Champs disciplinaires (3 au plus)

Responsables 

  • Michel-Pierre Chélini (CREHS)
  • Bernard Reitel (Discontinuités) 

Date et lieu

8-9 octobre 2015, Arras

Comité scientifique 

  • Denis Bocquet, Professeur d’histoire à l’Ecole nationale supérieure d'architecture de Strasbourg (ENSAS)
  • Michel-Pierre Chelini, Professeur d’histoire contemporaine, Université d’Artois Berlin, Institut für Stadt- und Regionalplanung
  • Gabrielle Dolff-Bonnekamper, Professeure d’Histoire de l’Art, Institut für Stadt- und Regionalplanung, Technische Universität Berlin
  • Emmanuel Droit, Maître de conférences en Histoire contemporaine, Université de Rennes 2, Centre Marc Bloch
  • Etienne François, Professeur d’histoire émérite, Université Paris I, Freie Universität Berlin
  • Boris Grésillon, Professeur de géographie, Université Aix-Marseille
  • Bernard Reitel, Professeur de géographie, Université d’Artois. Martin Sabrow, Professeur en histoire politique, Université Humboldt de Berlin et Zentrum für Zeithistorische Forschung de Potsdam
  • Christian Schulz, Professeur de géographie, Université du Luxembourg

Dates

  • vendredi 20 mars 2015

Mots-clés

  • discontinuités, Berlin, Allemagne, temporalité, politique, urbanité

Contacts

  • Bernard Reitel
    courriel : bernard [dot] reitel [at] univ-artois [dot] fr
  • Michel-Pierre Chelini
    courriel : mpierre [dot] chelini [at] univ-artois [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Olivier Rota
    courriel : olivier [dot] rota [at] univ-artois [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Berlin – discontinuités : temporalités, politiques, urbanité », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 25 février 2015, http://calenda.org/318978