AccueilL'histoire orale en vaut-elle la peine ?

L'histoire orale en vaut-elle la peine ?

Is oral history worth it?

Avantages et contributions d'une pratique en milieu francophone

Advantages and contributions of a practice in the French-speaking environment

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Publié le mercredi 04 mars 2015 par João Fernandes

Résumé

Depuis la dernière décennie, l'histoire orale semble susciter un intérêt croissant chez les chercheurs québécois, un intérêt auquel les avancées technologiques facilitant la récolte et le traitement des sources orales ne sont certainement pas étrangères. Les historiens, bien que conscients des possibilités offertes par les sources orales, excluent souvent leur utilisation ou s'en tiennent à mentionner qu'elles offriraient un complément intéressant à leurs recherches. La timidité des historiens à l'égard de l'histoire orale est d'autant plus surprenante qu'elle contraste avec le discours de remise en valeur des acteurs dans le récit historique et l'intérêt contemporain pour l'individu. Devant ce constat, nous invitons professeurs, chercheurs et étudiants à une journée d'étude consacrée aux possibilités qu'offrent les sources orales aux historiens. 

Annonce

Argumentaire

Depuis la dernière décennie, l'histoire orale semble susciter un intérêt croissant chez les chercheurs québécois, un intérêt auquel les avancées technologiques facilitant la récolte et le traitement des sources orales ne sont certainement pas étrangères. En témoigne par exemple la création en 2006 du Centre d'histoire orale et de récits numérisés de l'Université Concordia, le seul centre de recherche spécialisé dans cette approche au Québec. Par ailleurs, la Revue d'histoire de l'Amérique française prépare actuellement un numéro spécial sur les sources orales, à paraître en 2015. 

Malgré ce regain d'intérêt, il apparaît que l’histoire orale n’a pas rencontré l’engouement attendu dans les années 1970 (Hamelin et Gagnon, 1978). Presque quatre décennies plus tard, on recense à l'échelle occidentale la production de travaux importants (par ex. : Portelli, 2010; Baillargeon, 1991; James, 2002), de même que quelques centres de recherche et revues spécialisées, mais la pratique demeure encore marginale, en particulier dans les milieux francophones, qui semblent plus réticents à mettre de l'avant ce type de sources. Très peu d'historiens se réclament de l'histoire orale, et les rares spécialistes de cette approche préfèrent le plus souvent se rattacher à un champ de recherche plutôt qu'à une méthodologie (Labelle, 2005). Les étudiants ont rarement l'occasion de se familiariser avec les sources orales au cours de leur formation et ils sont peu nombreux à se lancer dans cette voie aux études supérieures. 

Pourtant, l'utilisation de sources orales est courante dans des disciplines telles que la sociologie, l’ethnologie ou la criminologie, et on a maintes fois souligné combien cette approche représentait un outil pertinent pour rendre compte de l'expérience de populations minoritaires ou minorisées, absentes des documents écrits : travailleurs, communautés culturelles, femmes et minorités visibles (Perks et Thomson, 2006; Descamps, 2006; Baillargeon, 1993). L’histoire orale permet aussi d’accéder au versant sensible de certains grands événements traumatiques, d’où l’attrait des chercheurs pour les récits des vétérans de guerre (Reid et Hann, 1978) et des populations ayant subi une violation de droits humains (Greenspan, 1998; High et al., projet Histoire de vie Montréal). 

Les historiens, bien que conscients des possibilités offertes par les sources orales, excluent souvent leur utilisation ou s'en tiennent à mentionner qu'elles offriraient un complément intéressant à leurs recherches. La timidité des historiens à l'égard de l'histoire orale est d'autant plus surprenante qu'elle contraste avec le discours de remise en valeur des acteurs dans le récit historique et l'intérêt contemporain pour l'individu. 

Devant ce constat, nous invitons professeurs, chercheurs et étudiants à une journée d'étude consacrée aux possibilités qu'offrent les sources orales aux historiens. 

L'événement sera inauguré par une conférence de Florence Descamps, Maître de conférences à l'École Pratique des Hautes Études de Paris et spécialiste de l'histoire orale en France. Une table-ronde regroupera aussi Denyse Baillargeon, pionnière de l'histoire orale au Québec, Steven High, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire orale et co-directeur du Centre d'histoire orale et de récits numérisés ainsi que Mme Descamps.

Programme préliminaire

8h50 Mot d'introduction par Louise Bienvenue

  • 9h00 Conférence de Florence Descamps « De l'histoire orale au patrimoine culturel immatériel. Une exception française ? »

10H00 PAUSE

10H10 L'histoire orale: un outil au service de la mémoire collective et du patrimoine

Président de séance: David Koussens, Université de Sherbrooke

  • CATHERINE FOISY, UQAM,  De l'histoire orale en histoire religieuse québécoise: un outil de patrimonialisation de la mémoire catholique contemporaine?
  • JEAN-RENÉ THUOT, UQAR, L'inventaire du bâti au service de l'enquête historienne: l'apport des sources orales à l'étude des paysages anciens
  • SERGE DUPUIS, UNIVERSITÉ LAVAL, La mémoire, mais aussi la nuance et le récit inédit : l’oralité comme source complémentaire à l’écriture de l’histoire des Canadiens français en Nouvelle-Angleterre, en Ontario et en Floride
  • AUDE MALTAIS-LANDRY, CONCORDIA, Les récits «collectifs» et la confrontation de différentes versions du passé: comment des Innus de Nutashkuan racontent la création de leur réserve 

12H10 dîner servi sur place 

13H10 Les sources orales: éclairer, nuancer et dépasser les sources traditionnelles

Président de séance: Harold Bérubé, Université de Sherbrooke

  • JOCELYN SAINT-PIERRE, Les sources orales en histoire politique québécoise, un complément indispensable aux recherches historiques sur les  années 1960 à aujourd’hui
  • MARTIN PETITCLERC, UQAM, L’histoire des lois spéciales au Québec et le recours aux sources orales
  • CHRISTINE LABRIE, UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE, Profils et parcours de Québécoises sans enfants: au-delà des présupposés, ce que les entretiens nous apprennent
  • MYRIAM ALARIE, UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE, Au-delà de l'écrit: les récits de vie de six missionnaires de Notre-Dame des Anges à Bequimão, au Brésil (1961-2006)

15H10 PAUSE

15H20 Les acteurs historiques: réflexions sur la rencontre

Présidente de séance: Sabrina Moisan, Université de Sherbrooke

  • SHARON GUBBAY HELFER ET MARIE LAVOREL, CHERCHEURES INDÉPENDANTES, La contribution possible d'un projet d'histoire orale sur la communauté juive de Sherbrooke au vivre-ensemble québécois
  • JOHANNE DAIGLE, UNIVERSITÉ LAVAL, Intégrer l'histoire orale à l'enseignement: défis et perspectives d'une enquête sur l'expérience de la jeunesse dans la région de Québec depuis les années 1930
  • STÉPHANIE LANTHIER, UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE, Échos d’expériences : récits de vie et cinéma documentaire ou quand l’enseignement révèle la parole et le vécu

16H50 Table ronde

Perspectives d'avenir pour la pratique de l'histoire orale au québec

Présidente de séance: Stéphanie Lanthier

  • DENYSE BAILLARGEON, UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL
  • LOUISE BIENVENUE, UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE
  • FLORENCE DESCAMPS, ÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES, PARIS
  • STEVEN HIGH, UNIVERSITÉ CONCORDIA

18H00 MOT DE CLÔTURE 

6 À 8  AU SIBOIRE

Lieux

  • Université de Sherbrooke, Carrefour de l'information - 2500, boul. de l'Université Sherbrooke
    Sherbrooke, Canada (J1K 2R1)

Dates

  • vendredi 10 avril 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • histoire orale, sources orales, Québec

Contacts

  • Christine Labrie
    courriel : christine [dot] labrie [at] usherbrooke [dot] ca

URLS de référence

Source de l'information

  • Christine Labrie
    courriel : christine [dot] labrie [at] usherbrooke [dot] ca

Pour citer cette annonce

« L'histoire orale en vaut-elle la peine ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 04 mars 2015, http://calenda.org/320463