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Tu seras docteur.e mon enfant

When you grow up, you'll be a doctor, my child

Expériences et postures de recherche des thésards africains

Experiences and research postures of African doctoral students

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Publié le mercredi 04 mars 2015 par João Fernandes

Résumé

Les conditions de recherche des doctorants africains sont très peu documentées. Bien qu’il existe une littérature assez dense sur la crise de l’enseignement supérieur et de la recherche en Afrique, les références aux conditions de production et de renouvellement des connaissances demeurent sobres. Mais concrètement, comment rédige-t-on une thèse en Afrique aujourd’hui ? Comment devient-on docteur(e) en sciences sociales à Yaoundé, à Ouagadougou, à Dakar, à Tunis ou à Maputo ? Cet appel à contribution d'ouvrage invite les jeunes chercheur.e.s africain.e.s, candidat.e.s au diplôme de doctorat et post doctorant.e.s à un exercice de réflexivité au sujet de la production du savoir en contextes africains.

Annonce

Argumentaire

Alors qu’il y a une trentaine d’années la licence (Bac +3) était le privilège de quelques personnes, la maîtrise ou le DEA ouvraient systématiquement la porte à une carrière universitaire. Aujourd’hui, c’est le doctorat qui est le critère de qualité par excellence de l’encadrement en milieu universitaire. L’ouverture de nouveaux sites de formation universitaire pour répondre à une demande en constante augmentation, mais surtout, l’intégration de la plupart des universités d’Afrique au système LMD (Licence, Master, Doctorat) posent la question de l’encadrement des nouveaux effectifs. Pour obtenir un diplôme de doctorat, les règles varient en fonction des pays et des universités. Ici, il faut d’abord être titulaire d’une maîtrise, d’un DEA (Diplômes d’études avancées) ou son équivalent le Master (Bac +5) ; là il faut suivre des cours et passer des examens ; plus loin il est obligatoire d’enseigner et de publier. Dans un cas comme dans l’autre, il faut nécessairement passer par la rédaction d’une thèse, sous la direction d’un professeur habilité à diriger des recherches.
Rédiger une thèse de doctorat permet de contribuer à la connaissance scientifique à travers la formulation d’une problématique, la construction d’un protocole, l’analyse, l’auto évaluation et la valorisation. Elle apporte au candidat une maturité indispensable à la transmission d’un savoir en constant renouvellement. Rédiger une thèse demande du temps, de trois ans à plus de dix ans (la tendance globale actuelle est de la limiter à quatre ans maximum), un encadrement institutionnel, des moyens matériels et financiers, de l’autonomie, et de la discipline. Mais concrètement, comment rédige-t-on une thèse en Afrique aujourd’hui ? Comment devient-on Docteur(e) en sciences sociales à Yaoundé, à Ouagadougou, à Dakar, à Tunis ou à Maputo ?
Dans de nombreux pays africains, l’histoire de l’enseignement supérieur et de la recherche remonte à la période coloniale. Qu’il s’agisse des universités coloniales, des universités des indépendances ou des universités du développement , peu d’attention a été accordée à la composante recherche, et encore moins à la recherche en sciences sociales. L’université ne fait pourtant pas que transmettre des connaissances déjà constituées. Elle en est le lieu par excellence de sa production. L’émergence des structures universitaires privées, tout comme la multiplication des institutions de formation supérieure masquent mal les déséquilibres entre les besoins en formation et les ressources disponibles. Ces déséquilibres se sont aggravés sous l’effet des politiques de redressement économiques et des processus de renforcement de l’autorité de l’Etat. 

Les conditions de recherche des doctorants africains3 sont très peu documentées. Bien qu’il existe une littérature assez dense sur la crise de l’enseignement supérieur et de la recherche en Afrique4, les références aux conditions de production et de renouvellement des connaissances demeurent sobres. Ce projet d’ouvrage collectif a pour objectif de mettre en évidence la complexité des processus d’obtention d’un diplôme de doctorat en Afrique. Bien plus, il se propose de montrer les diverses facettes que revêt le métier de chercheur en Afrique aujourd’hui. Au-delà d’une dimension descriptive, cet ouvrage invite à un exercice de réflexivité au sujet de la production du savoir en contextes africains. La parole est prioritairement donnée aux jeunes chercheurEs africainEs, candidatEs au diplôme de doctorat. Ceux et celles là même qui sont au coeur du processus et de l’action, ceux et celles qui aspirent pour la majorité, à une carrière universitaire et à l’encadrement des jeunes diplômés.
Les auteurs désireux de contribuer à cet ouvrage sont fortement encouragés à illustrer leurs propos par des données concrètes (anecdotes, situations personnelles, photos, retranscriptions d’entretiens, etc.) et à proposer des pistes de réflexion et des pistes méthodologiques adaptées aux réalités locales.

Axes thématiques

Nous proposons les quelques perspectives suivantes sans pour autant les considérer comme exclusives :

  • ­ Les motivations à faire une thèse de doctorat
  • ­ L’encadrement pédagogique (choix du sujet, choix du directeur ou de la directrice, relations avec les seniors, activités scientifiques)
  • ­ L’encadrement institutionnel (inscription en thèse, équipe d’accueil, soutien financier)
  • ­ La professionnalisation (publications, enseignement)
  • ­ La collecte des données (l’accès, les modes de collecte, les moyens de traitement, les autorisations, la familiarité avec son milieu)
  • ­ Statut social et relations familiales
  • ­ La question du genre et des rapports hommes/femmes
  • ­ Le contexte politique et l’autonomie académique
  • ­ La soutenance
  • ­ L’après-thèse
  • ­ Les doctorants africains à l’étranger

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Nous sollicitons des propositions d’articles en français et en anglais de la part de tous les doctorantEs inscritEs dans une université africaine ou à l’étranger. Les propositions, de 600 mots au maximum doivent être envoyées

au plus tard le 05 avril 2015.

Veuillez joindre à votre proposition une courte notice biographique et les envoyer à : livre.thesards.afrique@gmail.com. Les auteurs dont les contributions auront été acceptées seront invités à soumettre leurs textes complets (entre 7500 et 10000 mots) avant le 30 septembre 2015.

Comité scienitifique

  • Larissa Kojoué, Post doctorante en science politique, Université de Montréal, Canada. Larissa.kojoue@gmail.com
  • Jacquie Walubwa, Doctorante en géographie, Sciences Po Bordeaux/ Université de Nairobi, Kenya, walubwajacque@gmail.com
  • Oumy Moiroux Thiongane, Post doctorante en anthropologie, IRD/ Université de Montpellier, France, o.moirouxthiongane@gmail.com
  • Mohamed Ahmed Badji, doctorant en sociologie, Université Cheick Anta Diop de Dakar, Sénégal, badji.ahmed@gmail.com
  • Ndubueze Nkume Okorie, Docteur en science politique, Avocat, Directeur du centre culturel français, Ibadan, Nigeria, nkumendu@yahoo.fr

Dates

  • dimanche 05 avril 2015

Mots-clés

  • thésards, afrique, réflexivité, doctorat, production de savoirs, enseignement supérieur

Contacts

  • Larissa Kojoué
    courriel : larissa [dot] kojoue [at] gmail [dot] com
  • Oumy Thiongane
    courriel : o [dot] moirouxthiongane [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Larissa Kojoué
    courriel : larissa [dot] kojoue [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Tu seras docteur.e mon enfant », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 04 mars 2015, http://calenda.org/320482