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Paysages d'Orient et de Méditerranée

Une étude comparée de la description des lieux dans le discours géographique antique

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Publié le mercredi 11 mars 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Ce projet d’étude « Paysages d’Orient et de Méditerranée » est organisé sur cinq ateliers de travail. Il cherche à s’intéresser aux descriptions des lieux dans les discours géographiques de la littérature antique, en se proposant de mettre en parallèle monde méditerranéen et extra-méditerranéen. Nous voudrions, avec ces ateliers, mieux comprendre les principes et la finalité de la description des lieux dans la « géographie » antique. Chaque journée comprendra la présentation de quatre dossiers documentaires (deux pour le monde méditerranée, deux pour l’Orient), complétée par le regard d’un géographe. Les cinq journées nous permettront d’approcher différents types de paysages : fluviaux, côtiers, urbains, montagnes et confins. La première partie portera sur les littoraux.

Annonce

Argumentaire

1. Présentation du projet : paysage et description des lieux dans le savoir géographique antique

Le paysage – un terme qui fait son apparition à la Renaissance – a fait l’objet de recherches poussées dans les champs disciplinaires qui considèrent sa dimension esthétique (peinture, littérature), esthétique et sociale (architecture ; écoles du paysage). Cependant, le paysage a été, et est un objet de recherche majeur pour la géographie : de Humboldt à la géographie contemporaine, la bibliographie est considérable.

La question du « paysage » n’est pas étrangère au domaine de l’antiquité, mais elle entre dans des segments de recherche spécifiques : 1) l’archéologie (archéologie du paysage) ; 2) les études littéraires (par exemple, la nature et la fonction du paysage dans la poésie lyrique latine, ou le paysage dans les poèmes homériques) ; 3) l’iconographie antique (par exemple, les fresques des villas vésuviennes ou les mosaïques).

En d’autres termes, les textes grecs et romains qui sont spécifiquement dévolus à la description du monde habité (chorographie ; monographies du type Persika ...) et ceux qui incorporent des descriptions de lieux (historiographie [Hérodote, Polybe, Procope de Césarée...] ; biographie [histoires d’Alexandre le Grand]) sont plutôt restés à l’écart. Or les « paysages » (au sens très ouvert de « représentation des traits et formes d’un espace limité ») abondent dans ces textes.

Les grandes études de l’histoire de la géographie antique ne traitent pas la question en tant que telle. Le dernier ouvrage en date (D. Dueck) ne l’aborde pas en tant que domaine d’études à part entière dans son chapitre intitulé « Descriptive Geography » : le paysage (« lanscape ») se limite à quelques allusions (voir p. 26 ; 31-32 ; 36-37). Il y a, par ailleurs, peu d’articles qui se consacrent à cette question : pour donner un exemple, celui de P. Pédech (« Le paysage chez les historiens d’Alexandre (1)», Quaderni di Storia, 1 (1975) 1- 14) est un catalogue d’extraits rangés dans l’ordre chronologique. A notre connaissance, seul se dégage un article de Chr. Jacob (« Essai de mise au point d’une méthode d’étude des paysages », dans Lire le paysage, lire les paysages : actes du colloque des 24 et 25 novembre 1983, Saint-Etienne, 1984, p. 159-175) ; mais, comme son titre l’indique, c’est une série de propositions, qui attendent une exploitation. Ces réunions de travail se proposent donc de combler ce qui semble être un quasi-vide dans l’étude de la géographie antique.

2. Organisation et finalités du projet

Ce projet s’intéresse au « discours géographique ». Ce terme signifie que l’on ne se concentre pas seulement sur les auteurs classés par nous comme « géographes » ou « chorographes » (Strabon, Eratosthène, Pomponius Mela, Denys le Périégète etc.), puisque, comme on l’a dit, la description des lieux peut apparaître chez les historiens ou les rédacteurs de « monographie régionales ». De façon pratique, les auteurs retenus par les « classiques » de l’histoire de la géographie (Bunbury, Thomson...) doivent former le corpus de cette recherche. Cependant il ne faut pas s’interdire de débusquer le « discours géographique » en dehors de ce répertoire (par exemple, l’une des meilleures descriptions de la mangrove tropicale se trouve chez Théophraste).

Le cœur du projet est la constitution d’un large échantillon de textes, d’un corpus apte à soutenir une réflexion d’ensemble. Il s’organise de la façon suivante :

  • Chaque journée d’étude s’intéresse aux paysages d’un ensemble spatial déterminé, à savoir (dans l’ordre) : 1) paysages littoraux – 2) paysages fluviaux– 3) paysages urbains – 4) paysages de montagne – 5) paysages des marges.
  • Les paysages du monde méditerranéen seront mis en parallèle avec des paysages des mondes extra-méditerranéens, dans l’idée que cette approche comparative pourrait stimuler la réflexion. On a choisi, parce qu’elle offre un volume documentaire exploitable, la partie méridionale et orientale de l’oikoumenê, à savoir : les contrées de l’océan Indien ; l’Asie intérieure (Mésopotamie, Perse, Bactriane ...) ; l’Ethiopie (au sens le plus large).
  • Chaque journée comprend quatre dossiers documentaires, ou « études de cas ».

Chaque intervenant est invité à présenter un ensemble de documents qui correspond aux critères définis ci-dessus. Cet échantillon est commenté – les pistes de recherches indiquées ci-après ne sont que des suggestions pour la réflexion –. L’insertion, à titre de comparaison, de descriptions que l’on peut trouver chez les voyageurs modernes, ou dans certaines géographies (Humboldt, Ritter, Reclus ...), de gravures anciennes, de photographie est vivement encouragée.

L’organisation sous forme d’atelier de travail a pour but de susciter une ample discussion. Le nombre limité d’intervenants (quatre par journée) donne de l’amplitude horaire. Pour enrichir la discussion, un géographe, est invité à enrichir les réflexions.

Nous voudrions, avec cet atelier, mieux comprendre les principes et la finalité de la description des lieux dans la « géographie » antique. Nous suggérons à ce titre les thèmes et pistes de recherche suivantes :

  • Définition de ce qu’est la singularité des lieux (idiômata tôn topôn) ; des composantes du paysage (éléments physiques, faune, flore ; présence des groupes humains) ; unité ou séparation de la description des lieux et de l’exposé ethnographique.
  • Typologie des descriptions (allusives, courtes, longues) et insertion de celles-ci dans le discours géographique et / ou ethnographique.
  • L’espace, ou échelle, du paysage décrit: lieu délimité (la Crau ; le golfe d’Aqaba) ou espaces plus vastes (le paysage fluvial du Nil à l’échelle de toute l’Egypte).
  • Point de vue et regard.
  • Outils intellectuels de la description : présence de l’autopsia ; réécriture et recomposition à partir
  • d’autres sources ; critères de la similitude (analogie) et de la différence ; choix du lexique ; présence de stéréotypes et de récurrences.
  • Rôle de la dimension paradoxale.
  • Présence d’une sensibilité esthétique.
  • Place de la description des paysages dans la construction du savoir sur l’oikoumenê : le paysage comme base des recherches antiques sur le climat ou la dynamique des forces terrestres. 

Programme

20 mai 2015

  • 10h : introduction - Stéphane Lebreton (Université d’Artois)
  • 10h15 – 11h00 : « Le littoral vu de la mer et vu de la terre », J.-M. Kowalski (École Navale – Paris IV)
  • 11h – 11h45 : « Strabon, de l’Indus à l’Euphrate (descriptions côtières des livres 15 et 16) », Pierre-Olivier Leroy (Université de Reims)
  • 12h : interruption des travaux
  • 13h30 – 14h15 : « ἐγγὺς τῆς θαλάσσης : des mots pour décrire les paysages côtiers (Égypte méditerranéenne) », Núria Garcia Casacuberta (Université de Southampton)
  • 14h15 – 15h. : « Paysages littoraux de la mer Rouge et du golfe d’Aden (Diodore de Sicile ; Strabon ; Périple de la mer Érythrée) », Pierre Schneider (Maison de l’Orient et de la Méditerranée – U. d’Artois)
  • 15h : bilan de la première session – Marc Galochet et Stéphane Lebreton

Chaque intervention sera suivie d’une discussion 

14 octobre 2015

Arras – fleuves

Avec la participation de Marc Galochet, maître de conférences HDR en géographie (Université d’Artois) 

  • 9 h. 45 : Introduction - Pierre Schneider (Université d’Artois)
  • 10 h. 15 – 11 h. 00 : « De stoma à potamos : désignations et dérivations des cours du Nil dans le Delta gréco-romain », J.-Y. Carrez-Maratray (Paris 13)
  • 11 h. – 11 h. 45 : « Les possibilités du Nil. Le cas de l’insularité continentale : un modèle pour penser la géographie fluviale de l’Inde ? », Laury-Nuria André (E.n.S. Lyon)
  • 12 h. : Interruption des travaux
  • 14 h. 00 – 14 h. 45 : « Les grands fleuves d’Asie centrale vus par les auteurs grecs et romains », Laurianne Sève (Lille 3) 14 h. 45 – 15 h. 30 : N. Maughan (non confirmé)
  • 15 h. 30 – 16 h. : Bilan de la deuxième session – Marc Galochet et Stéphane Lebreton 

Mars 2016

Arras – paysages urbains

Juin 2016

Lyon – montagnes

Décembre 2016

Reims - marges

Lieux

  • Maison de la Recherche, salle R1 - Université d'Artois, 9 Rue du Temple
    Arras, France (62)

Dates

  • mercredi 20 mai 2015
  • mercredi 14 octobre 2015

Mots-clés

  • paysage, ville, montagne, fleuve, confin, côte

Contacts

  • Stéphane Lebreton
    courriel : stephane [dot] lebreton [at] univ [dot] artois [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Stéphane Lebreton
    courriel : stephane [dot] lebreton [at] univ [dot] artois [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Paysages d'Orient et de Méditerranée », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 11 mars 2015, http://calenda.org/320703