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La géographie humaine des régions de montagnes post-socialistes

Human Geography of Post-Socialist Mountain Regions

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Publié le mercredi 25 mars 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Ce numéro thématique posera la question de la manière dont les territoires de montagne post-socialistes diffèrent de ceux des montagnes situées dans d’autres régions du monde, en termes de gestion des terres, des moyens de subsistance (livelihoods), de conservation, de gouvernance politique, ou de considérations scientifiques. Il pose la question des particularités qui pourraient être étiquetées comme post-socialistes, communistes ou post-soviétiques et de la manière dont les legs (physiques et institutionnels) des systèmes socialistes influencent l’environnement et les sociétés de ces zones de montagne aujourd’hui.

Annonce

Contexte

La situation politique durant la « Guerre froide » a également divisé la recherche alpine sur la montagne. D’un point de vue occidental, les connaissances sur les montagnes situées derrière le rideau de fer étaient très limitées à cause de difficultés d’accessibilité mais également parce que les études effectuées par les collègues des pays socialistes étaient rarement disponibles, écrites dans une langue non-occidentale ou tout simplement ignorées. Suite aux transformations des années 1989/1991, les nombreuses chaînes de montagnes Eurasiennes (Alpes Slovènes, Hautes Tatras, Carpates, Oural, Caucase, Altaï, Tian Shan, Pamir, Khangai, Kamchatka ou encore le Truong Son dans le sud-est de l’Asie) sont devenues un point d’attraction et ont attiré l’attention de la communauté scientifique internationale. De ce fait, plusieurs études de divers horizons disciplinaires ont été réalisées sur les aspects physiques et socio-économiques des régions de montagne dans les anciens pays socialistes.

Bien que certaines études traitent du passé socialiste et de la présence post-socialiste, rares sont celles explicitant les particularités du post-socialisme en territoire de montagne. Ainsi se pose la question de la manière dont les territoires de montagne post-socialistes diffèrent de ceux des montagnes situées dans d’autres régions du monde (en termes de gestion des terres, des moyens de subsistance (livelihoods), de conservation, de gouvernance politique, ou de considérations scientifiques) ? Discerne-t-on des particularités qui pourraient être étiquetées comme post-socialistes, communistes ou post-soviétiques ? De quelle manière les legs (physiques et institutionnels) des systèmes socialistes influencent-ils l’environnement et les sociétés de ces zones de montagne aujourd’hui ?

Il ne fait aucun doute que le système politique, économique et social du régime à parti unique a largement influencé la façon dont les montagnes sont perçues, évaluées, gérées et utilisées. Force est de constater que les formes caractéristiques de l’administration, l’exploitation économique, les normes de préservation et de loisirs, la restructuration sociale et le contrôle de l’Etat, la collectivisation, la sédentarisation forcée ou encore les exigences de sécurité, ont encadré les activités et les conditions qui ont façonné ces régions montagneuses. Toutefois, il ne s’agit pas de négliger d’autres facteurs, qui ont peut-être même joué un rôle plus important, comme le changement climatique, les coopérations internationales, la mondialisation ou les processus de néo-libéralisation, qui traversent toutes les zones de montagne dans le monde. L’objectif de ce numéro thématique est d’identifier les caractéristiques spécifiques dans des domaines tels que la gestion des ressources, la protection de la nature, les stratégies de subsistance (livelihood) et de la vulnérabilité, les migrations ou le tourisme qui peuvent être caractérisés comme post-socialistes dans les montagnes des anciens Etats socialistes.

Sujets potentiels

Gestion des ressources

Dans de nombreux cas, le manque d’institutions comme conséquence de la transition politique, de la dé-collectivisation et des processus de privatisation, a conduit à l’exploitation et l’utilisation non durable des ressources naturelles. Quelles sont les conséquences en termes écologiques, politiques ou socio-économiques ? Y a t-il une renaissance des formes traditionnelles ou est-ce-que le développement de nouvelles formes, comme l’utilisation individualisée des forêts, des pâturages et de l’eau, devient proéminent ? Quelles sont les conséquences de l’augmentation de la marchandisation des ressources sur la cohésion sociale ?

Conservation de la nature

Notamment dans des zones spécifiques reconnus à l’époque socialiste ; p.e. plusieurs parcs nationaux et réserves naturelles ont été créés en Union Soviétique. Comment les concepts internationaux encadrant la conservation s’adaptent-ils aux réserves existantes, quels sont les sources de conflit, et dans quelles mesures le système de préservation de la nature a-t-il changé ?

Moyens de subsistance (livelihoods), vulnérabilité et résilience

Le déclin et la restructuration économique, la réduction des subventions de l’Etat et la compétence de marché ont abouti à une plus grande vulnérabilité et à la nécessité de changer les stratégies de subsistance pour la plupart des ménages vivant dans les  zones de montagne périphériques. Existe- t-il des formes spécifiques et durables des moyens de subsistance dans les montagnes post-socialistes ? Comment définir les nouvelles stratégies adoptées par les ménages suite à l’héritage socialiste ? Les processus de privatisation et de libéralisation signifient-ils une plus grande vulnérabilité pour les populations locales ?

Dépeuplement des zones de montagne et migration

Les zones de montagne sont souvent considérées comme des régions périphériques en termes politiques, économiques et sociaux. L’exode concernant principalement des jeunes, depuis différentes régions de montagne post-socialistes au profit des centres urbains en vallées ou à l’étranger, conduit au dépeuplement et au vieillissement de la population. Quelles sont les implications de cette forme d’émigration ? Quelles peuvent être les perspectives de ces zones de montagne marquées par un vieillissement de la population et un désengagement de l’Etat ?

Tourisme et alpinisme

Les activités de loisirs pour l’ouvrier socialiste ont été organisées et strictement réglementées par l’Etat par la mise en place de stations touristiques spécifiques. La privatisation et la facilitation de l’accessibilité pour la communauté internationale a changé les formes et les pratiques du tourisme. Cela a permis aux régions des Carpates, du Caucase ou des Tian Shan de devenir populaires au niveau du trekking et de l’alpinisme. Quelles sont les stratégies et les formes récentes du tourisme, des loisirs et de l’alpinisme, quelles en sont les conséquences ?

Modalités de soumission

Les propositions d’articles d’environ 1000 mots sont à envoyer en anglais à Matthias Schmidt (schmidt@kusogeo.uni-hannover.de) et Dominique Baud (dominique.baud@ujf-grenoble.fr), Université de Grenoble, Journal of Alpine Research/ Revue de Géographie Alpine.

pour le 31 mai 2015.

L’article doit être soumis dans une des langues de la revue : langues alpines – français, italien, allemand –, espagnol ou anglais.

L’auteur doit au préalable prévoir la traduction dans la seconde langue après expertise.

L’une des deux versions doit être en anglais. Si l’article est proposé en anglais au départ, la traduction doit être faite en français.

La publication est prévue pour septembre 2016.

Comité restreint

  • Anne-Laure Amilhat-Szary, Professeure à l’Université Joseph Fourier / CNRS-PACTE / Institut Universitaire de France
  • Jörg Balsiger, Collaborateur scientifique et Chargé de cours, Département de géographie et environnement et Institut des sciences de l’environnement, Université de Genève, University of Geneva, Suisse, Genève
  • Jean-Baptiste Bing, Université de Genève, département de géographie et environnement
  • Sophie Bonin, Maître de conférences, École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles, France
  • Anne Dalmasso, Maître de conférence d’histoire contemporaine, Université Pierre Mendès France et membre de l’équipe Sociétés, Entreprises et Territoires, UMR CNRS 5190 LARHRA (Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes), Grenoble, France
  • Bernard Debarbieux, Professeur à l’Université de Genève, Suisse
  • Pierre Derioz, Maître de Conférences HDR en Géographie, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, UMR Espace-Dev 228 IRD (Maison de le télédétection), Montpellier, France
  • Marie-Christine Fourny, Professeure à l’Université Joseph-Fourier-Grenoble, France,
  • Stéphane Gal, Maître de conférences en histoire moderne, Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA), Université Lumière Lyon 2.
  • Franck Giazzi, enseignant-chercheur au laboratoire PACTE territoires (UJF/CNRS) et à l’Institut de Géographie alpine, Grenoble, France
  • Emmanuelle George-Marcelpoil, Directrice de l’unité de recherche Développement des territoires Montagnards, Irstea Grenoble, Saint Martin d’Hères
  • Lauranne Jacob, Doctorante au Labex ITEM, laboratoire PACTE, Grenoble, France, et au département de Géographie de l’UNIGE, Genève, Suisse
  • Coralie Mounet, Chargée de Recherches, CNRS, Laboratoire Pacte UMR 5194, Grenoble.
  • Mari Oiry, Université de Chambéry
  • Anne Sgard, professeure à l’Université de Genève, Suisse  ;

et :

  • Philippe Bourdeau, Professeur à l’Université Joseph Fourier / Institut de Géographie Alpine / UMR PACTE, à Grenoble, France
  • •Sylvie Duvillard, Maître de Conférence à l’Université Pierre Mendès-France, Grenoble II et chercheur au laboratoire pacte-Grenoble I
  • Dominique Baud, Maître de conférence en géographie et géomatique, Laboratoire PACTE, UMR 5194 CNRS / Institut de Géographie Alpine / Université Grenoble Alpes, Grenoble, France

Tous trois co-directeurs des publications.

 Comité « élargi »

  • Winfried E. H. Blum, Professor Emeritus, Institute of Soil Research, University of Natural Resources and Life Sciences (BOKU),Vienne, Autriche
  • Axel Borsdorf, Professeur à l’Université d’Innsbrück, Autriche
  • Federica Corrado, Politecnico di Torino, Italie
  • Cristina Del Biaggio, chercheuse invitée (post-doc) à l’Instituts of European Studies de l’Université d’Amsterdam, Pays-Bas
  • Monique Fort, Professeure Émérite (Géographie, Géomorphologie), UFR Géographie, Histoire et Sciences de la Société, UMR 8586 PRODIG, Université Paris Diderot, France
  • JC Gaillard, Associate Professor, The University of Auckland, Nouvelle-Zélande
  • Martin Price, Professor of Mountain Studies, Director of the Centre for Mountain Studies, Chairholder, UNESCO Chair in Sustainable Mountain Development, Perth College, University of the Highlands and Islands, Royaume-Uni.
  • Manfred Perlik, Professeur à l’Académie Européenne (EURAC) à Bolzano (Italie) ; au Centre for Development and Environment (CDE) de l’Université de Bern (Suisse) ; associé au Laboratoire PACTE, UMR 5194 CNRS, Grenoble (France)
  • Thomas Scheurer, Directeur de l’ISCAR (International Scientific Committee on Alpine Research) et de l’ICAS (Commission interacadémique recherche alpine des Académies Suisses des Sciences), Suisse.
  • Gian Paolo Torricelli, Professeur (Géographie urbaine et  Développement territorial), Responsable de l’Observatoire du développement territorial du Canton du Tessin, Accademia di Architettura, Università della Svizzera italiana, Mendrisio, Suisse.

Dates

  • dimanche 31 mai 2015

Mots-clés

  • post-socialisme, post-soviétique, politique écologique, gestion des ressources, protection de la nature, tourisme, moyen de subsistance, livelihood

Contacts

  • Mathias Schmidt
    courriel : schmidt [at] kusogeo [dot] uni-hannover [dot] de
  • Dominique Baud
    courriel : dominique [dot] baud [at] univ-grenoble-alpes [dot] fr

Source de l'information

  • Christine Hoyon
    courriel : christine [dot] hoyon [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La géographie humaine des régions de montagnes post-socialistes », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 25 mars 2015, http://calenda.org/322617