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L'anthropologie et les ambiguïtés académiques entre la France et l'Afrique

Anthropology and academic ambiguities between France and Africa

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Publié le jeudi 26 mars 2015 par João Fernandes

Résumé

L'anthropologie occupe de longue date une position centrale dans l'histoire des relations entre la France et l'Afrique dans le monde de la recherche et de l'enseignement. Dans les années 1980, une "crise de l'Africanisme" a obscurci les relations scientifiques franco-africaines et généré progressivement un ensemble de pratiques révélant une profonde ambiguïté d'une part dans le traitement réservé aux étudiants africains et dans leur manière de vivre les institutions françaises, et d'autre part entre les chercheurs ou institutions de France et d'Afrique. Cette table ronde a ainsi pour but d'éclairer le rôle particulier joué par l'anthropologie, et comparativement par d'autres disciplines scientifiques, dans la relation entretenue par le champ académique français à l'Afrique.

Annonce

Présentation

Cette table ronde sera organisée durant le 2e Congrès international de l'Association française d'ethnologie et d'anthropologie (AFEA) qui se déroulera du 29 juin au 2 juillet 2015 à l'Université Toulouse-Jean Jaurès.

Elle fera suite à la section thématique "La spécificité française des relations à l'Afrique dans le monde académique" organisée lors du 6e congrès des associations francophones de science politique à l'université de Lausanne le 7 février 2015, et donnera lieu à la publication d'un volume collectif. 

Argumentaire

L'anthropologie occupe de longue date une position centrale dans l'histoire des relations entre la France et l'Afrique dans le monde de la recherche et de l'enseignement. Dans les années 1980, une "crise de l'Africanisme" a obscurci les relations scientifiques franco-africaines et généré progressivement un ensemble de pratiques révélant une profonde ambiguïté d'une part dans le traitement réservé aux étudiants africains et dans leur manière de vivre les institutions françaises, et d'autre part entre les chercheurs ou institutions de France et d'Afrique. L'abandon à l'aube des années 1990 du modèle créé par le ministère de la Coopération au profit d'un partenariat respectueux de l'égalité dans la différence n'est pas parvenu à changer la donne. Sur le plan scientifique, la relation de la France à l'Afrique, tant du côté des étudiants migrants, des chercheurs ou universitaires rentrés dans leur pays, que de la communauté scientifique du Nord, s'est peu à peu enlisée dans ses paradoxes et trouvée prise dans un ensemble de pratiques souvent inavouées, aboutissant à une faible productivité des politiques de formation et de partenariat. Ces relations peuvent avant tout être comprises comme la perpétuation d'une histoire singulière entre la France et ses colonies d'Afrique, sachant qu'en tant que "fille de l'impérialisme", l'anthropologie a évolué au fil de l'histoire coloniale et postcoloniale. Mais il importe de mieux comprendre les conditions et les effets à la fois historiques et actuels de ces relations.

Cette table ronde a ainsi pour but d'éclairer le rôle particulier joué par l'anthropologie, et comparativement par d'autres disciplines scientifiques, dans la relation entretenue par le champ académique français à l'Afrique, à partir de trois questions principales :

- La "crise de l'Africanisme" n'est-elle pas avant tout une crise de l'anthropologie africaniste ? Autrement dit, les autres disciplines scientifiques ont-elles davantage échappé à l'ambiguïté présente dans les relations de la France aux étudiants et aux chercheurs africains et dans le vécu par ceux-ci des institutions françaises ?

- Les travers des nouvelles formes de coopération dites de partenariat, qui se veulent égalitaires et partagées, n'ont-ils rien à voir avec la discipline ? Autrement dit, les hiérarchies et déséquilibres marquant encore actuellement ce partenariat sont-ils plus ou moins prégnants selon les disciplines ?

- Quelles sont les formes précises et les enjeux des relations France-Afrique dans les différents espaces du monde académique où elles se manifestent : formations et cursus universitaires, laboratoires scientifiques, programmes de recherche, organismes de financement ou de promotion de la mobilité des étudiants et des chercheurs, revues scientifiques consacrées à l'Afrique, etc. ? 

Modalités de soumission

Les propositions d'intervention à la table ronde, d'environ 2 000 signes, sont à envoyer à Anne Doquet (annedoquet@yahoo.fr) et à Christophe Broqua (broquachristophe@yahoo.fr) 

avant le 20 mai 2015.

Les auteur/es des propositions seront informé/es le 29 mai 2015 des résultats de la sélection des communications par les responsables scientifiques. 

Responsables scientifiques

(en charge de l'évaluation des propositions)

  • Anne Doquet, chargée de recherche à l'IRD, Institut des mondes africains
  • Christophe Broqua, chercheur associé au LASCO-SOPHIAPOL et à l'UMI TransVIHMI

Lieux

  • Université Toulouse-Jean Jaurès
    Toulouse, France (31)

Dates

  • mercredi 20 mai 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • discipline scientifique, relation France Afrique, situation coloniale, situation post-coloniale, recherche scientifique, enseignement supérieur, coopération, partenariat

Contacts

  • Anne Doquet
    courriel : annedoquet [at] yahoo [dot] fr
  • Christophe Broqua
    courriel : christophe [dot] broqua [at] ird [dot] fr

Source de l'information

  • Christophe Broqua
    courriel : christophe [dot] broqua [at] ird [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'anthropologie et les ambiguïtés académiques entre la France et l'Afrique », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 26 mars 2015, http://calenda.org/323080