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Transition énergétique et ruralités contemporaines

Energy transition and contemporary ruralities

Enjeux architecturaux et territoriaux / stratégies de projet

Architectural and territorial issues - project strategies

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Publié le jeudi 26 mars 2015 par Céline Guilleux

Résumé

L’objet principal de ces septièmes rencontres du réseau scientifique thématique « Espace rural et projet spatial » (ERPS) est d’interroger les enjeux de la transition énergétique dans la transformation des territoires ruraux dans une optique transcalaire : de l’échelle architecturale à celle du grand paysage. La prise en compte de cet enjeu s’inscrit dans le débat actuel d’échelle mondiale portant sur le renouvellement de notre système énergétique en lien avec l’évolution de notre cadre de vie. S’appuyant sur les principes développés dans les précédentes rencontres du réseau ERPS, cette prochaine rencontre croisera autour de cette thématique, expériences pédagogiques, approches de terrain et communications scientifiques. Elle sera le fruit d’un partenariat entre l’École nationale supérieure d'architecture de Grenoble et l’École nationale supérieure d'architecture de Saint-Etienne.

Annonce

Argumentaire

Un constat général a guidé l’argumentaire principal  de ces rencontres : autour de l’essor des énergies renouvelables, se dessinent aujourd’hui des principes de développement techniciste, avec pour conséquence la mise en oeuvre d’équipements génériques, branchés sur les « macro-systèmes techniques[1] » existants, d’échelle nationale ou internationale. La construction de parcs éoliens ou de champs de panneaux photovoltaïques en sont l’éclatante illustration. De nos jours, on assiste à l’uniformisation de l’espace territorial et à son assujettissement aux logiques spatiales dictées par ces systèmes techniques « hors sol » et « tout-territoire ». Cette logique spatiale d’aménagement appelle une critique de fond, en vue de reformuler d’autres stratégies de projet spatial à l’échelle locale. En la matière, ces rencontres viseront à engager une réflexion conjointe à deux niveaux.

Le premier porte sur la redéfinition du système énergétique qui fonde nos établissements humains. Aujourd’hui, on assiste à l’émergence d’initiatives locales, pour mettre en oeuvre des systèmes énergétiques (production et distribution), visant à s’affranchir de la dépendance aux grandes infrastructures d’échelle nationale[2]. Ces initiatives montrent qu’en s’appuyant sur le potentiel des territoires ruraux, il est possible de développer des systèmes de production énergétique alternatifs, valorisant les ressources liées à la singularité du foncier agricole, forestier ou naturel. Pour autant, la formulation d’un projet spatial spécifique autour de ces initiatives demeure problématique. Rares sont les propositions ayant investi la diversité et la complexité des quatre éléments de notre écosystème - terre, eau, air, feu - pour produire des énergies renouvelables. Dans ce domaine, une réflexion globale sur la territorialisation de la transition énergétique rendant compte du potentiel local des territoires ruraux doit être engagée.

Le second niveau de réflexion porte sur le lien qu’il convient de nouer entre la définition d’un nouveau système énergétique à l’échelle locale et l’identification de nouvelles formes d’appropriation de l’espace territorial pour refonder l’alliance entre les sociétés humaines et les écosystèmes. L’objectif est ici de poser la question de l’habiter à l’échelle du territoire, c’est-à-dire d’étendre notre champ d’investigation au-delà de la sphère du logement et de l’espace édifié : à l’ensemble des agents propres à l’organisation de notre cadre de vie quotidienne. Se nourrir, travailler, construire, se déplacer, etc., tous ces composants propres à notre habiter constituent autant de scénarios d’aménagement pour repenser l’évolution des formes d’établissement humain en milieu rural, en lien avec la transition énergétique. A ce niveau également, les enjeux techniques et économiques de la transition énergétique doivent céder la place au profit de l’intégration de ses ressorts d’ordre culturel et spatial.

[1] Gras A., Grandeur et Dépendance. Sociologie des macro-systèmes techniques, Presses Universitaires de France, Paris, 1993.
[2] Voir par exemple les actions initiées par l’association TEPOS, celles liées à la « Bio-vallée » dans la Drôme, etc.

Organisation

Sur la base de ce cadre de réflexion général, les propositions de communication s’attacheront à croiser trois enjeux propres à la transformation de notre espace habité en lien avec la transition énergétique. L’énoncé de ces trois enjeux a pour objet d’orienter les communications et de faciliter leur programmation par session et thème dominant. Il n’en demeure pas moins utile de souligner qu’il est possible – et même souhaité – que chaque communication propose de croiser ces trois enjeux, tout en spécifiant quelle est son entrée principale et dans quelle session son auteur envisage sa présentation.

SESSION 1 : CO-ÉDIFIER

L’évolution des pratiques de conception et de transformation de l’espace bâti en lien avec un territoire spécifique

L’enjeu énergétique interroge fondamentalement les processus sur lesquels reposent la production de notre espace édifié : sa conception, sa construction et les transformations dont il est l’objet au fil du temps. Au-delà des acquis techniques pour la réalisation de nouveaux bâtiments (bâtiments basse consommation, production de matériaux en circuit court, etc.), un enjeu majeur se pose en milieu rural : recycler l’immobilier existant pour réduire ses dépenses d’énergie. Comment aborder la transformation de ce bâti et intervenir sur ces enveloppes architecturales tenant compte de leur diversité d’une région à l’autre qui en constitue la richesse ? A une autre échelle, comment penser l’évolution de son organisation par rapport à son environnement proche : les nouvelles formes de discontinuité, ou, à l’inverse, de densité bâtie (comme dans les centre-bourgs) pour constituer des ensembles bâtis plus vertueux sur le plan énergétique. Au-delà de la transformation physique du bâti, comment, en termes de pratiques et d’usage, repenser les liens de solidarité en terme d’habiter à l’échelle d’un territoire. Comment définir de nouvelles formes de mutualisation et d’hybridation de programmes et d’usages, permettant d’optimiser les formes habitées existantes dans une optique d’économie d’énergie.

SESSION 2 : CONNECTER

L’organisation du mouvement des hommes, des biens et des services au sein d’un territoire et à l’intérieur d’une collectivité en lien avec la transition énergétique

En milieu rural, l’organisation des mouvements des hommes, des biens et des services, se pose différemment qu’en milieu urbain, du fait notamment des différences de densités habitées et de distances à parcourir. Les flux de mobilité doivent être associés à d’autres enjeux de la vie d’une collectivité, qui doivent transgresser les systèmes de transport, basés sur les objets et les infrastructures techniques auxquels on a généralement recours. Comment dans ce contexte, repenser la co-présence, l’accès aux services dits de proximité, le déplacement des biens et des marchandises en milieu rural ? Comment introduire un processus de décarbonation de ces flux en réduisant le recours spontané aux transports automobiles qui ont façonné le métabolisme de nos vies et la spatialité de nos établissements humains. Le recours à des « solutions lentes » - la traction animale par exemple - et à des pratiques mutualisées pourraient-ils constituer une alternative ?

SESSION 3 : CO-PRODUIRE

Produire des richesses et renouveler le tissu économique et productif d’un territoire

En l’espace d’un demi-siècle, le statut économique des espaces ruraux a subi de profondes transformations. Ce sont aujourd’hui des espaces multifonctionnels où la part de l’activité agricole constitue un composant en constante mutation, tout en étant l’objet de divers processus d’hybridation avec d’autres activités économiques. De même, l’espace forestier en constant essor, constitue un formidable potentiel énergétique qui permet également de repenser le lien entre nos établissements humains et le territoire, tout en participant à la construction de nos paysages. Comment l’enjeu énergétique pourrait-il être saisi et associé à ces deux composants majeurs de l’espace territorial, afin de contribuer au développement de richesses économiques et d’emplois nouveaux, tout en oeuvrant également à sa qualification à l’échelle du grand paysage. En la matière, comment, dans les domaines agricoles ou forestiers, y compris l’arbre hors forêt, la production d’énergies renouvelables peut-elle être appréhendée différemment en termes d’hybridation et de coproduction fonctionnelle et économique ?

Programme

Deux cadres de présentation pour les communications sont proposés : les 19 et 20 novembre.

19 novembre

Communications sur l’enseignement du projet et la recherche en situation de projet

Cette journée porte sur le renouvellement des pratiques d’enseignement du projet architectural et territorial, au regard de la problématique de la transition énergétique dans le contexte des territoires ruraux. Elle a notamment pour objet d’introduire la question de la recherche en situation de projet et, plus largement, du projet comme outil de production de connaissance.
Concrètement, elle sera dédiée à la présentation de travaux issus d’ateliers d’écoles d’architecture et de paysage, françaises et étrangères. Les enseignants sont invités à y exposer les résultats des travaux de leurs ateliers et les démarches théoriques et pratiques qui les sous-tendent. Les propositions de communication devront spécifier comment et à quel niveau, la transition énergétique a été intégrée dans leur enseignement, quelle est son implication dans la formulation de propositions spatiales originales à l’échelle architecturale et/ou territoriale, en faisant notamment référence aux trois enjeux mentionnés plus haut. Les acteurs publics ou privés ayant accompagné ces travaux peuvent être associés à ces présentations, ainsi que les étudiants.

20 novembre

Communications issues de travaux universitaires et d’expériences d’acteurs du territoire

Cette journée poursuivra la réflexion initiée la veille. Elle sera plus particulièrement dédiée à la présentation de travaux de recherche visant à éclairer les enjeux spatiaux et territoriaux de la transition énergétique, en s’appuyant sur les trois thématiques énoncées précédemment : coédifier, connecter, coproduire. Chaque session sera suivie d’un temps de discussion. Une table ronde clôturera la journée sur les perspectives de prise en compte de la transition énergétique dans les pratiques de recherche.
Cette journée est ouverte aux enseignants-chercheurs et universitaires, mais également aux architectes praticiens et aux acteurs du territoire, dont l’objectif de la communication est d’associer un regard critique et réflexif à leur travaux de terrain.

Modalités de soumission

Cet appel à communication s’adresse à la communauté scientifique française et internationale (doctorants et chercheurs en écoles d’architecture, écoles d’ingénieurs, universités, instituts spécialisés) ainsi qu’aux enseignants praticiens ; il est aussi tourné vers les acteurs territoriaux (administrations de l’Etat, collectivités locales et territoriales, associations, établissements publics, etc.). Des propositions associant ces deux catégories d’acteurs sont encouragées. Sont sollicités des travaux de recherche, achevés ou en cours, ainsi que des relations critiques d’expériences de projet et de terrain, sous forme de propositions d’article.

Résumés

Date limite de dépôt : les résumés doivent être déposés avant le 30 mai 2015

sur le site erps7.sciencesconf.org. Le dépôt requiert au préalable une création de compte sur la plateforme scienconf.org.

Langues acceptées : Français, Anglais

Modalités de dépôt : dépôt via le site erps7.sciencesconf.org

Format du texte : l’ensemble du texte inséré sera en format de type Word, en Arial 10, aligné à gauche.

Au moment du dépôt du résumé, vous devrez fournir au préalable les éléments suivants :

  • Nom et prénom de l’auteur principal ; Institution ;
  • Contacts : email, téléphone, adresse postale ;
  • Le cas écheant : Nom, prénom et institution du ou des co-auteurs ;
  • La session choisie.

Les propositions seront formulées sous la forme d’un résumé long de 2 pages (environ 5000 signes) et d’une page d’illustrations. Ce texte sera accompagné de références bibliographiques (5 maximum) et d’une biographie synthétique de l’(ou des) auteur(s), de 400 signes.

Les auteurs et les légendes des images doivent aussi être indiqués, ainsi qu’une autorisation ou non de les utiliser pour diverses productions associées à la conférence.

Articles complets

Un ouvrage sera édité dans la série des publications ERPS par les Presses Universitaires de Saint-Etienne. Il comprendra les conférences inaugurales et une sélection d’articles scientifiques et de travaux issus des ateliers de projet des écoles d’architecture, de paysage et d’agronomie.

Quant au format et à la longueur des articles, plus d’informations seront données dans les prochains mois.

L’envoi des articles complets est prévu pour le 15 octobre dernier délai.

Il est à noter qu’au moins un des auteurs devra être présent lors de la journée scientifique pour que l’article soit publié.

Comité scientifique

  • Nathalie Audas, UPMF_PACTE-Territoire, Grenoble
  • Jean-Luc Bayard, ENSA Saint-Etienne
  • Luc Bousquet, ENSA Lyon
  • Vincent Bradel, ENSA_LHAC, Nancy
  • Serge Briffaud, ENSAP_CEPAGE, Bordeaux
  • Nicolas Buclet, UPMF_PACTE, Grenoble
  • Stéphanie David, ENSA_AE&CC, Grenoble
  • Hervé Davodeau, ENSHAP_INH, Angers
  • Gilles Debizet, UPMF_PACTE-Territoire, Grenoble
  • Patrice Doat, ENSA_AECC, Grenoble (CRAterre)
  • Marie-Christine Fourny, UPMF_PACTE-Territoire, Grenoble (Labex ITEM)
  • Philippe Garnier, ENSA_AE&CC, Grenoble (CRAterre)
  • Serge Gros, CAUE 38, Grenoble
  • Olivier Labussière, UPMF_PACTE-Territoire, Grenoble
  • Romain Lajarge, UPMF_PACTE-Territoire, Grenoble
  • Odile Marcel, La compagnie du paysage
  • Béatrice Mariolle, ENSA_IPRAUS, Paris Belleville
  • Rémy Maisonneuve, ENSA Saint-Etienne
  • Catherine Maumi, ENSA_MHA, Grenoble
  • Patrick Moquay, ENSP_LAREP, Versailles
  • François Nowakowski, ENSA_LAURE, Lyon
  • Anthony Pecqueux, ENSA_CRESSON, Grenoble
  • Claire Planchat, ENGREF_UMR METAFORT, AgroParis Tech
  • Jean-Yves Quay, ENSA Lyon
  • Daniel Quenard, CSTB
  • Bertrand Rétif, ENSA Clermont-Ferrand
  • Baptiste Sanson, La Bergerie de Villarceaux
  • Frédéric Saunier, ENSA Normandie
  • Johanna Sery, ENSA Normandie
  • Nicolas Tixier, ENSA_CRESSON, Grenoble
  • Gabriella Trotta, UPMF_PACTE-Territoire, Grenoble
  • Caroline Varlet, ENSA Normandie
  • Marc Verdier, ENSA Nancy
  • Pieter Versteegh, Collège d’architecture de Fribourg
  • Bendicht Weber, ENSA_LET/UMR LAVUE, Paris La Villette

Comité d'organisation

  • Mathilde Chamodot, ENSA_AE&CC, Grenoble
  • Luna d’Emilio, ENSA Saint-Etienne, Coordonnateur ERPS
  • Nicolas Dubus, ENSA_AE&CC, Grenoble
  • Marcel Ruchon, ENSA Saint-Etienne

Responsabilité scientifique

  • Anne Coste, ENSA_AE&CC, Grenoble, ERPS
  • Xavier Guillot, ENSA Saint-Etienne, ERPS

Lieux

  • École nationale supérieure d'architecture de Grenoble - 60 avenue de Constantine
    Grenoble, France (38036)

Dates

  • samedi 30 mai 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • transition énergétique, paysage, espace rural

URLS de référence

Source de l'information

  • Luna d'Emilio
    courriel : erps8 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Transition énergétique et ruralités contemporaines », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 26 mars 2015, http://calenda.org/323241