AccueilHistoire globale et histoire sociale : les enjeux d'un dialogue

Histoire globale et histoire sociale : les enjeux d'un dialogue

Global history and social: the issues of a dialogue

Atelier doctoral

Doctoral workshop

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Publié le vendredi 03 avril 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Quelles sont les conditions d'écriture d'une histoire globale localisée dans la densité des terrains et des tissus sociaux? Cet atelier doctoral entend aborder les enjeux de la réception d'un courant historiographique venu du monde anglo-saxon par les historiographies européennes au cours des vingt dernières années. Grâce à l'éclairage d'historiens spécialistes de la Méditerranée, de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Asie, il s'agit de donner aux participants les clés pour comprendre les débats actuels et des pistes pour renouveler ces approches.

Annonce

Présentation

Venu du monde anglo-saxon il y a une vingtaine d’années, le courant de la World History a permis d’ouvrir très largement les cadres géographiques et chronologiques auxquels les historiens étaient habitués. De facture économique, basé sur des données sérielles issues pour l’essentiel des sources occidentales, ce courant a reçu en Europe un accueil mitigé. Trop souvent, les comparaisons à grande échelle sont faites au prix d’un écrasement des terrains et des sources de première main. L’adoption d’un point de vue omniscient, en surplomb, quand il ne rappelait pas l’ancienne histoire universelle, a pu être soupçonnée de calquer implicitement celui des élites globalisées actuelles, jetant ainsi le doute sur le caractère idéologique de cette entreprise historiographique.
C’est donc au prix d’une critique profonde, parfois radicale, que la Global History s’est progressivement acclimatée aux latitudes européennes. De multiples alternatives ont vu le jour (histoire connectée, histoire symétrique, histoire croisée, nouvelle histoire comparée, etc.) qui ont toutes en commun d’ancrer les préoccupations de l’histoire globale dans des terrains empiriques, traités à la hauteur des acteurs, à partir des sources de première main. Cette adaptation suscite de nombreux débats, souvent centrés sur l’articulation du local et du global, entendus comme des dimensions distinctes du monde social. Or, pour nouer un dialogue fécond entre histoire sociale et histoire globale il importe de rompre avec le paradigme des « échelles ».  Le principal enjeu du débat doit porter sur les conditions d’écriture d’une histoire globale localisée dans la densité des terrains et des tissus sociaux.

Ces questions, au cœur de cet atelier doctoral, obligent à reconsidérer les apports et les limites historiographiques de chaque courant. Dans quelle mesure l’approche globale, caractérisée par le décloisonnement des espaces, l’impératif de décentrement, le refus du récit de la modernité occidentale, la symétrie documentaire et la lecture des sources coloniales against the grain peuvent-elles offrir de nouvelles possibilités de remontée en généralité à une histoire soucieuse de la singularité des contextes ? De son côté, l’histoire globale a jusqu’à présent eu tendance à privilégier des lieux (espaces coloniaux), des situations (rencontres) et des acteurs (médiateurs) qui ont validé implicitement l’idée que ses objets relevaient des relations interculturelles. Au risque d’être reléguée dans une niche historiographique par la profession, l’histoire globale ne gagnerait-elle pas à relocaliser sous d’autres latitudes ses questionnements et à réinscrire les expériences de l’altérité dans le champ ordinaire des interactions sociales et de leurs contextes ?

Formateurs

  • Antonio DE ALMEIDA MENDES (Université de Nantes)
  • Romain BERTRAND (Institut d'étude politique de Paris)
  • Guillaume CALAFAT (Université Paris I)
  • Caroline DOUKI (Université Paris 8)
  • José María IMIZCOZ BEUNZA (Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea)
  • Jean-Paul ZUÑIGA (École des hautes études en sciences sociales, Paris)

Lieu et dates

Atelier doctoral (Casa de Velázquez-Madrid, 15-18 juin 2015)

Modalités d'inscription

Attention : inscription préalable requise pour participer - 20 places disponibles

Date limite d’inscription : 10 avril 2015 (17h)

Pas de frais d'inscription

Les organisateurs offrent aux participants qui ne résident pas à Madrid le logement en chambre double et en demi-pension à la Casa de Velázquez pour les nuitées des 15, 16 et 17 juin 2015. Ils offrent également les déjeuners à tous les participants. Les déplacements seront à la charge des participants. Les organisateurs offrent 4 bourses de 300 euros à des étudiants inscrits dans des établissements supérieurs du Maghreb et d’Amérique latine qui en feront la demande.

Coordination

  • Thomas GLESENER (Aix-Marseille Université),
  • Claire JUDDE DE LARIVIERE (Université Toulouse Jean Jaurès),
  • Natividad PLANAS (Université Clermont 2),
  • François DUMASY (École française de Rome),
  • Stéphane MICHONNEAU (École des hautes études hispaniques et ibériques, Casa de Velázquez)

Organisation

  • École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid),
  • Maisons des Sciences de l’Homme d’Aix-Marseille, de Clermont-Ferrand et de Toulouse,
  • École française de Rome

Lieux

  • Casa de Velázquez, Ciudad Universitaria, calle de Paul Guinard, 3
    Madrid, Espagne (28040)

Dates

  • vendredi 10 avril 2015

Mots-clés

  • histoire globale, histoire connectée, world history, histoire comparée, histoire croisée, historiographie, études post-coloniales, relation interculturelle

Contacts

  • Claire Judde de Larivière
    courriel : judde [at] univ-tlse2 [dot] fr
  • Thomas Glesener
    courriel : thomas [dot] glesener [at] univ-amu [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Thomas Glesener
    courriel : thomas [dot] glesener [at] univ-amu [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Histoire globale et histoire sociale : les enjeux d'un dialogue », École d'été, Calenda, Publié le vendredi 03 avril 2015, http://calenda.org/324286