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Vie et survie dans le Venezuela contemporain

Vida y sobrevivencia en la Venezuela contemporanea

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Publié le mardi 21 avril 2015 par Céline Guilleux

Résumé

La cinquième journée d’étude du GEIVEN (Groupe d’étude interdisciplinaires sur le Venezuela) portera, plus particulièrement sur les stratégies de survivance. Ces stratégies de survivance auxquelles les différents acteurs vénézuéliens ont recours pour gérer les imprévus de la vie quotidienne, prennent plusieurs formes (migration et déplacement de population à l’échelle régionale, nationale ou internationale, le recours à d’autres modes de communication, l’organisation de groupes et d’association, etc). L’enjeu de cette journée d’étude sera donc d’ouvrir le champ théorique à plusieurs disciplines, telles que l’histoire, la géographie, l’anthropologie, la sociologie, le droit, l’art, les sciences du langage, la science politique entre autres, afin de favoriser les échanges transdisciplinaires et comprendre les dimensions multiples que prennent ces stratégies de survivance dans le cas particulier du Venezuela.

Annonce

Argumentaire

Depuis la colonisation espagnole jusqu’à la “Revolución Bolivariana”, perpétuée par le président Nicolás Maduro (2013), en passant par le processus de démocratisation et le développement d’une économie rentière et distributive, la population vénézuélienne a démontré sa capacité d’adaptation face aux changements sociaux, culturels, politiques et économiques. Ainsi, il convient de s’interroger, sur ces processus de transformations qui ont marqué la vie quotidienne des vénézuéliens au cours du 20e et du21e siècle, bien entendu, au-delà de l’actualité brulante du moment.

La cinquième journée d’étude du GEIVEN (Groupe d’Etude Interdisciplinaires sur le Venezuela) portera, donc, plus particulièrement sur les stratégies de survivance. Ces stratégies de survivance auxquelles les différents acteurs vénézuéliens ont recours pour gérer les imprévus de la vie quotidienne, prennent plusieurs formes (migration et déplacement de population à l’échelle régionale, nationale ou internationale, le recours à d’autres modes de communication, l’organisation de groupes et d’association, etc). L’enjeu de cette journée d’étude sera donc d’ouvrir le champ théorique à plusieurs disciplines, telles que l’histoire, la géographie, l’anthropologie, la sociologie, le droit, l’art, les sciences du langage, la science politique entre autres, afin de favoriser les échanges transdisciplinaires et comprendre les dimensions multiples que prennent ces stratégies de survivance dans le cas particulier du Venezuela.

En effet, la « survivance » est un terme faisant référence à un discours d’anthropologie évolutionniste opposant l’évolution biologique (Darwin) à l’évolution sociale. Ce qu’Edward Taylor définit comme « la correspondance des différents degrés de civilisation à des périodes de développement ou d’évolution, dont chacune est les produit d’une époque antérieure et a pour rôle de préparer l’époque future.” (La civilisation primitive, tome 1, 1876, p.1) Ce terme a quitté le champ d’étude purement anthropologique pour s’étendre à la culture, à l’histoire de l’art (Aby Warbug), à la psychanalyse (Janine Altounian), ou encore à la littérature (Gérard Vizenor). Les définitions et les méthodes d’analyses afférentes au concept de survivance varient donc d’une discipline à une autre. Les confronter, les comparer et les faire dialoguer, contribuera à ouvrir de nouvelles pistes de réflexion pour mieux comprendre les dimensions multiples de ces processus de survivance dans le cas particulier du Venezuela, un pays qui traverse actuellement une crise politique, sociale et économique qui risque de déterminer la futur orientation politique du pays.

Axes thématiques

Il est nécessaire penser et analyser les formes qu’utilisent les pouvoirs institutionnels et non institutionnels pour conduire le débat sur les contradictions qui pèsent sur la vie quotidienne des habitants. Pour traiter cette question de survivance au Venezuela, la cinquième journée d’étude de l’association GEIVEN se déroulera selon les axes thématiques suivants :

La survivance matérielle ou la « débrouillardise »

Cet axe considère la capacité d’improvisation et d’adaptation nécessaire face aux évènements de la vie quotidienne.  Peut-être la plus concrète, la survivance matérielle, est fortement liée aux projets de production innovants qui se sont multipliées, tout comme aux problématiques auxquelles les citadins doivent faire face jour après jours (alimentation, santé, transports, adaptabilité face aux nouvelles formes d’insécurité et de violence, etc).

La survivance liée à l’imaginaire 

La logique de la survivance ne se limite pas à résoudre les conditions matérielles de la vie quotidienne ; la production d’un imaginaire utile qui donne sens aux différentes pratiques quotidiennes devient tout aussi nécessaire. De cette manière, les créations de types : idéologique, religieuse, artistique, engagée, échappatoire (escapista), etc., permettent la continuité existentielle des vénézuéliens et vénézuéliennes au niveau psychologique et/ou émotionnel, dans un contexte imprévisible.

La survivance des mouvements, des identités et des affiliations politiques et sociales

La notion d’aide collective est aussi importante pour la survivance ; la formation de groupes solidaires, l’affiliation à des mouvements porteurs de certaines identités politiques ou sociales et qui permettent l’accès aux biens ou services, constituent aussi des stratégies permettant de résoudre des situations difficiles. 

La survivance démographique et géographique

Le phénomène migratoire au Venezuela n’est pas nouveau, les vagues migratoires de population de la campagne vers les grandes villes, lors du développement de l’industrie pétrolière, est une donnée importante. Cependant, plus récemment, on trouve d’autres dynamiques démographiques, concernant les phénomènes migratoires, qui ont un impact direct sur la croissance économique. La nature des flux migratoires a considérablement changé au cours de ce derniers années, notamment si l’on prend en compte la diversité des catégories de migrants. 

La survivance économique, et environnementale

La reconfiguration du territoire générée par le développement des activités d’extraction minières et pétrolières et l’arrivée de nouveaux acteurs (compagnies pétrolières étrangères, etc.) perturbent les populations locales et causent des dégâts sur l’environnement. Dans un tel contexte, il est intéressant de s’interroger sur les formes de survivance et de résistances, qu’elles soient pacifiques ou violentes, (la constitution d’associations, l’action collective, etc.) employées par ces populations. 

A l’issue de la journée d’études, les lauréats du prix Castro Leiva 2015 présenteront leurs travaux de recherches. Ce prix attribué par l’Ambassade de France au Venezuela et l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine (IHEAL) récompense chaque année un ou plusieurs étudiant(s) de Master ou de Doctorat inscrit(s) dans des universités françaises pour des recherches originales sur le Venezuela contemporain.

Modalités de soumission

Le comité scientifique sélectionnera les communications dans une optique de dialogue entre les différentes disciplines des sciences sociales.

Les propositions fondées sur des matériaux empiriques originaux seront constituées d’un argumentaire scientifique de 400 mots maximum précisant l’objet et la méthodologie utilisée.

Chaque proposition sera accompagnée des coordonnées, du statut, du nom des institutions de rattachement (université et laboratoire), de la discipline et des domaines de spécialité du chercheur.

Ces deux documents, rédigés dans l’une des trois langues de la journée d’études (français, espagnol ou anglais), devront être envoyés à l’adresse jegeiven2015@gmail.com

avant le 30 mai 2015 inclus.

Les auteurs des propositions retenues seront contactés en juillet 2015.

La communication entièrement rédigée devra être envoyée à la même adresse mail au plus tard en août 2015.

Comité scientifique

  • Alain Musset, Directeur d’études EHESS, Centre de Recherches Historiques, GGH-Terres
  • Clemens  Zobel, Maître de conférences Labtop-CRESSPA Paris 8
  • Anne-Marie Losonczy, Directrice d’études EPHE / EHESS –CERMA
  • Paula Vasquez Lezama, Chargé de recherche CNRS- CESPRA EHESS
  • Emma Gobin, Chercheur associée à l’URMIS
  • Olivier Folz, Université de Lorraine (LIS)
  • Adeline Joffres, Docteur Université de Paris 3 (CREDA)
  • Natacha Vaisset, Maître de conférences Université de La Rochelle (CRHIA) 
  • Iris Marjolet, Doctorante CRAG- Paris 8
  • Cantaura La Cruz Doctorant GRSL EPHE 
  • Paul Forigua Doctorant EDESTA- EA1573 Paris 8

Comité organisateur (GEIVEN)

  • Cantaura La Cruz Doctorant GRSL EPHE 
  • Paul Forigua Doctorant EDESTA- EA1573 Paris 8
  • Iris Marjolet, Doctorante CRAG- Paris 8
  • Andres Zambrano M1, CESPRA-EHESS

Lieux

  • Institut des Amériques, 8e étage - 60 boulevard du Lycée
    Vanves, France (92170)

Dates

  • samedi 30 mai 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • survivance matérielle, religion, économie rentière, identité, survie

Contacts

  • Cantaura La Cruz
    courriel : jegeiven2015 [at] gmail [dot] com
  • Iris Marjolet
    courriel : geiven [dot] org [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Cantaura La Cruz
    courriel : jegeiven2015 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Vie et survie dans le Venezuela contemporain », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 21 avril 2015, http://calenda.org/324787