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Territoires et mobilités étudiantes

Réalisation d'états des savoirs pour l'Observatoire national de la vie étudiante

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Publié le mardi 28 avril 2015 par João Fernandes

Résumé

Dans le but d’approfondir des connaissances sur une problématique d’actualité peu développée dans l’enquête nationale Conditions de vie des étudiants, l’OVE lance un appel d’offres pour la réalisation de deux « états des savoirs » sur le thème « Territoires et mobilités étudiantes ».  Il s’agira pour chaque lot de recenser les connaissances acquises dans chaque domaine concerné et de réaliser une synthèse selon les caractéristiques précisées dans le cahier des charges.

Annonce

Contexte

L’Observatoire national de la vie étudiante (O.V.E.) a pour principal outil d’analyse et de recueil de données la réalisation d’une grande enquête triennale sur les conditions de vie des étudiants. Cette enquête, réalisée depuis 1994, est inscrite dans le cadre du projet européen « EuroStudent ».  Les informations recueillies au moyen de cette enquête, unique en France par son périmètre d’action, contribuent à l’élaboration d’un état des lieux permettant d’appréhender la diversité des situations concrètes des étudiants, de cerner et d’identifier les difficultés matérielles ou sociales susceptibles de compromettre la poursuite des études ou la réussite aux examens, et de disposer d’indicateurs sur la qualité des conditions de vie des étudiants pour éventuellement suggérer les aménagements souhaitables.

Cependant cette enquête, réalisée à partir d’un questionnaire adressé par voie électronique à un échantillon d’étudiants inscrits en université, d’élèves de classes supérieures de lycées, d’élèves de certaines écoles supérieures, ne peut recueillir des informations sur toutes les catégories d’étudiants (ne serait-ce que parce que certains ne disposent ni d’adresses stables, ni de connexions faciles à Internet), ni sur tous les aspects de la vie étudiante (certains de ces aspects présupposant le recours à d’autres options méthodologiques : observations de type ethnographique, entretiens, etc.), ni bien sûr sur des populations échappant à son champ ou à sa période d’investigation.

Dans ce contexte, l’Observatoire souhaite compléter ses sources et modes d’information pour disposer, dans les domaines insuffisamment éclairés par l’enquête triennale, d’états des savoirs essentiels au regard de ses missions.

Après l’expérience réussie de plusieurs états des savoirs sur les étudiants étrangers en France, sur « les abandons d’études », sur la transition « du secondaire au supérieur », les « relations entre étudiants, enseignants et IATOS », les « cadres institutionnels et contextes de la vie étudiante », « la pauvreté étudiante », « l’autonomie des jeunes », les « mobilités étudiantes en Europe », l’Observatoire a décidé d’organiser une mise en concurrence pour la réalisation de deux nouveaux états des savoirs sur le thème « Territoires et mobilités étudiantes » portant pour le lot 1, sur les mobilités résidentielles des étudiants et pour le lot 2, sur les mobilités quotidiennes des étudiants. Chacune de ces études fait l’objet d’un lot distinct. Les organismes répondant à la consultation peuvent adresser des propositions pour un ou plusieurs lots, en spécifiant naturellement dans ce dernier cas les conditions particulières de leur offre pour chaque lot individuel. 

Caractéristiques générales des « états des savoirs » (lots 1 et 2) à réaliser

Etendue des prestations de chaque « Etat des savoirs » (lots 1 et 2) :

  • Recenser les connaissances acquises dans chaque domaine concerné
  • Réaliser une synthèse selon les caractéristiques précisées

Pour chaque lot, il est demandé de fournir un document synthétique ne devant pas dépasser 200 pages (avec annexes), ce qui correspond à 450 000 signes espaces compris, et au moins une annexe recensant de façon précise les références bibliographiques (publications lato sensu, incluant si possible les mémoires et thèses en accès public).

Le document synthétique doit présenter de façon claire et complète les résultats des  recherches publiées en langue française, en s’efforçant de mettre en évidence les acquis, les points stratégiques de débat, les dimensions restant à explorer. Pour ce qui concerne les publications considérées comme les plus importantes, il est demandé de présenter un résumé incluant un minimum d’informations méthodologiques et de signaler autant que possible dans l’annexe bibliographique les conditions d’accès (sites Internet, bibliothèques publiques).

Le document synthétique pourra comprendre par ailleurs :

  • une description des enquêtes pertinentes éventuellement en cours de réalisation ;
  • un repérage de fichiers de données encore inexploités mais susceptibles a priori de contenir des observations dont l’analyse permettrait vraisemblablement de faire progresser la connaissance visée ;
  • une contribution à la définition de types d’enquêtes dont la réalisation pourrait combler ou du moins réduire sensiblement les lacunes identifiées ;
  • des données qualitatives (entretiens avec des personnes ressources) pourront aussi être recueillies, afin de compléter l’état des savoirs. 

Lot n°1 : territoires d’études et mobilités résidentielles

 A/ Enjeux et contexte

Les mobilités étudiantes, qu’elles soient locales, régionales, nationales, internationales, sont de plus en plus centrales pour les acteurs de l’enseignement supérieur mais aussi pour les acteurs politiques et économiques. Dans un contexte de territorialisation des formations, la capacité à être mobile pendant ses études constitue aussi un enjeu de différenciation du parcours et parfois une condition à la réalisation du projet d’études et/ou du projet professionnel. L’enjeu est alors de décrire ces mobilités à la fois d’un point de vue structurel (structure de l’offre de formation et des mobilités sur le territoire), et d’un point de vue individuel (parcours dans l’enseignement supérieur et sens de la mobilité).

L’OVE dispose, à travers son enquête triennale CDV, de plusieurs indicateurs permettant de rendre compte des parcours étudiants dans l’enseignement supérieur, de leurs conditions d’études et de vie. La question des mobilités résidentielles est certes intégrée à cette réflexion, mais reste insuffisamment traitée et incomplète, en particulier lorsqu’il s’agit de rendre compte des spécificités territoriales. Les indicateurs apparaissent donc fragiles à plusieurs points de vue. Les mobilités résidentielles ne sont ni abordées de façon diachronique, ni dans une perspective causale. Qu’est-ce qui favorise, contraint, justifie ces mobilités résidentielles ? Comment s’inscrivent-elles dans les parcours étudiants ? Comment sont-elles accompagnées par les politiques publiques, de logement, de vie étudiante aux niveaux national et local?

D’un point de vue méthodologique, l’enquête CDV étant nationale, s’appuyant sur un échantillon d’étudiants (1/10ème de la population étudiante) et sur un taux de réponse de 25%, ne permet de rendre compte des spécificités territoriales (offres de formation, d’attractivité, de politique de sites, de transport, etc…).

C’est donc en fonction de ces limites que l’OVE souhaite disposer d’un état des savoirs recensant les travaux menés sur ces mobilités résidentielles étudiantes. 

B/ Objectifs et caractéristiques de l’état des savoirs « territoires d’études et mobilités résidentielles» :

La massification de l’enseignement supérieur d’une part, les réformes des dix dernières années d’autre part, changent les configurations de l’enseignement supérieur, bousculent l’offre de formation, les jeux interinstitutionnels et les stratégies et trajectoires des étudiants. Ces évolutions redéfinissent aussi la question de la mobilité étudiante en lien avec celles des territoires, pour lui donner une nouvelle envergure : si d’un côté les établissements d’enseignement supérieur sont incités à la rétention de leurs étudiants comme signe d’excellence de site, de l’autre, ils cherchent pour la même raison à attirer toujours plus d’étudiants ; quant aux étudiants eux-mêmes, ils ont intérêt à se définir comme mobiles et adaptables et sont donc incités à différentes formes de mobilité. Cette dynamique sociale a un impact important sur la dynamique des territoires concernés, tant quantitativement que qualitativement. L’état de la connaissance sur les mobilités résidentielles sur des territoires nationaux, reste cependant encore vague et parcellaire. C’est pourquoi le présent appel d’offres vise à mieux connaître le volume, les problématiques, les méthodes, les résultats, les limites des travaux réalisés sur la question.

Dans le cadre du présent appel d’offres, le regard sera porté sur les travaux réalisés sur « les mobilités étudiantes » entendues comme celles des étudiants du supérieur, quelle que soit la formation suivie (université sont IUT et ESPE, STS,  SCPGE, IFSI,  écoles d’ingénieurs, grandes écoles, écoles d’art…), de l’obtention du baccalauréat jusqu’au doctorat. Ces mobilités pourront être abordées dans leur dimension spatiale, mais aussi sociologique à travers la mise en évidence des formes différenciées de mobilités selon les caractéristiques des étudiants (sexe, âge, origine sociale, filière…), leur rapport subjectif à cette pratique et des déterminants plus structurels.

Il s’agira de privilégier les trois entrées suivantes dans la recension des travaux réalisés:

  • Quelles sont les caractéristiques et les évolutions de la mobilité résidentielle des étudiants ? On souhaite ici que soient caractérisés la mobilité étudiante, son ampleur, les territoires et les profils étudiants les plus concernés dans une perspective historique.
  • Quelles sont les conditions structurelles de mobilité résidentielle des étudiants ? On s’intéresse ici à la question de l’attractivité des sites, à la construction et à l’évolution conjointe de l’offre de formation, de logement, de transport, de loisir en direction des étudiants.
  • Quelles sont les variables qui participent à la sélection finale du lieu d’études par les étudiants ? On se place ici, pour appréhender la décision finale, du point de vue de l’étudiant, de ses conditions économiques, de son rapport au cadre de vie, de son rapport à l’éloignement familial, affectif et amical. 

Lot n° 2 : Territoires d’études et mobilités quotidiennes des étudiants

A/ Enjeux et contexte

La question des mobilités quotidiennes des étudiants s’avère centrale, elle s’articule à la question des temps étudiants, du logement et de la dépendance vis-à-vis des parents et de certains types de transport. Elle questionne la localisation des logements étudiants, les pratiques des étudiants, leur intégration dans les lieux d’enseignement et dans la ville, leur autonomie et l’effet des politiques publiques en matière de transport, de mobilité et de logement. Les mobilités quotidiennes des étudiants se déroulent en général, sur un territoire plus circonscrit que les mobilités résidentielles. Elles se font au niveau d’une intra-aire urbaine ou, au plus, intra-régionale (entre une ville « centre » et sa périphérie, une université « mère » et ses satellites, un établissement multi-site, le lieu d’études et le lieu d’habitation, en particulier pour les étudiants cohabitants, etc.). L’OVE dispose, à travers son enquête triennale CDV, de plusieurs indicateurs permettant de rendre compte des parcours étudiants dans l’enseignement supérieur, de leurs conditions d’études et de vie. La question des mobilités quotidiennes est certes intégrée à cette réflexion, mais reste insuffisamment traitée et incomplète. En particulier lorsqu’il s’agit de rendre compte des spécificités territoriales, les indicateurs apparaissent fragiles.

L’enquête CDV étant nationale, s’appuyant sur un échantillon d’étudiants (1/10ème de la population étudiante) et sur un taux de réponse de 25%, elle ne permet de rendre compte des spécificités territoriales (politique de sites, de transport, etc…).

C’est donc pour dépasser ces limites que l’OVE souhaite disposer d’un état des savoirs recensant les travaux menés sur les mobilités quotidiennes étudiantes.

B/ Objectifs et caractéristiques de l’état des savoirs « Territoires d’études et mobilités quotidiennes des étudiants» :

Alors qu’un grand nombre d’agglomérations sont concernées par la présence d’universités ou de grandes écoles sur leur territoire, on manque d’une vision globale des données et des travaux portant sur la mobilité quotidienne des étudiants (a contrario de la mobilité quotidienne professionnelle). Pourtant la spécificité et l’ampleur de cette mobilité influent sur la demande de déplacements et l’accessibilité aux lieux d’études constitue un enjeu d’équité, d’attractivité et de développement local. C’est afin de combler ces lacunes que le présent appel d’offres est diffusé. Il vise à mieux cerner le volume, les problématiques, les méthodes, les résultats, les limites des travaux réalisés sur les mobilités quotidiennes étudiantes.

Trois axes de recensement des travaux ont été identifiés par l’OVE,  portant sur : les caractéristiques de la mobilité quotidienne et son évolution (axe 1), les conditions structurelles de mobilités quotidiennes (axe 2), l’économie des pratiques de mobilité quotidienne des étudiants (axe 3).

  • Axe 1 : Un état des lieux des données existantes est attendu permettant de caractériser cette mobilité (temps, distance) selon la localisation des lieux de résidence des étudiants (centre/périphérie), celle des établissements (centre/périphérie) et selon les caractéristiques des étudiants (cohabitants/décohabitants, salariés/non-salariés, types d’études, milieux sociaux, etc.).
  • Axe 2 : Les travaux portants sur les conditions structurelles de mobilité quotidienne et les opérations de fidélisation des étudiants sur place pourront également être recueillis, en particulier ceux portant sur les politiques de transport ou de mobilité à l’échelle des territoires et leurs impacts sur les pratiques des étudiants et/ou de jeunes. Ces derniers travaux pourront être articulés à une caractérisation des territoires étudiés en termes d’offre de formation, de densité de population et de dynamisme économique.
  • Axe 3 :  Il s’agira enfin de repérer les variables qui participent à la sélection, par l’étudiant, du ou des modes de transports qu’il utilise quotidiennement en semaine pour se rendre aux cours, en stage ou, à une activité salariée parallèle aux études, ainsi que la manière dont ces variables jouent et s’articulent dans le cadre d’une économie des pratiques de mobilité quotidienne, distincte selon le profil étudiant (cohabitant ou non, logement en centre-ville, périphérie ou grande périphérie, sexe, âge…). On pense notamment à l’impact de la localisation du logement et les raisons de ce « choix », le coût de transport, le temps de transport, l’autonomie financière et de déplacement, le rapport à l’environnement et aux préoccupations environnementales incitant ou non à l’usage de transports « durables », le rapport aux habitudes de déplacement et de confort.

Les axes proposés ici ne sont pas exclusifs et pourront être abordés selon la nature des travaux repérés sur ces questions. 

Jugement de l'offre

Le jugement des offres sera établi sur une base 100 à partir des critères suivants :

Critère 1 : Valeur technique (technicité) de l’offre : 75 %

1.1 Connaissance des thèmes mobilités et territoires : 35 %

1.2 Qualité des méthodologies de recherche documentaires et des prestations proposées au regard des missions et des contraintes techniques : 25 %

1.3 Moyens humains mobilisés par type de fonction et profils proposés : 15 %

Critère 2 : Coût global des prestations : 25 %

L’offre obtenant la meilleure note sur 100 sera désignée comme étant économiquement la plus avantageuse. 

Consultation de l'appel d'offres et dépôt des candidatures

Le dossier complet de l'appel d'offres est téléchargeable à partir de : https://www.achatpublic.com/sdm/ent/gen/ent_detail.do?selected=0&PCSLID=CSL_2015_BerW1L7J3m

Chemin d'accès aux documents de l'appel d'offres : aller sur la colonne de gauche et s'identifier pour accéder aux différentes pièces relatives à l'appel d'offre.

Pour toute question relative au projet, merci d'utiliser le formulaire "Questions/Réponses" situé sur la colonne de gauche du lien ci-dessus.

Date limite de remise des offres :

mardi 27 mai 2015 à 12 heures. 

L’appel d’offres sur l’état de savoirs sur le thème « Territoires et mobilités » sera étudiée par un collège scientifique composé d'un urbaniste, d'une sociologue, d'une enseignante-chercheuse en science de l'éducation, et d'un professeur en économie.

Calendrier prévisionnel des "Etats des savoirs"

  •  juin 2015 : attribution du marché
  •  juillet 2015 : début des travaux.
  •  janvier 2016 : communication d’un rapport d’étape pour validation par l’OVE.
  •  octobre 2016 : remise du rapport final avec annexes.
  •  novembre 2016 : restitutions des livrables.

Dates

  • mercredi 27 mai 2015

Mots-clés

  • mobilités, territoires, mobilités étudiantes, mobilités résidentielles, mobilités quotidiennes, OVE, Observatoire de la vie étudiante, états des savoirs

Contacts

  • Harry Manuel
    courriel : harry [dot] manuel [at] cnous [dot] fr

Source de l'information

  • Lorraine Bruyand
    courriel : communication [dot] ove [at] cnous [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Territoires et mobilités étudiantes », Appel d'offres, Calenda, Publié le mardi 28 avril 2015, http://calenda.org/325204