AccueilMémoire, vérité et justice en Uruguay

Mémoire, vérité et justice en Uruguay

Memoria, verdad y justicia en Uruguay

*  *  *

Publié le jeudi 23 avril 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Pour son numéro 26 la revue ILCEA – publication de l’Institut des langues et des cultures d’Europe, d’Amérique, d’Afrique, d’Asie et d’Australie (ILCEA4) – se propose de réfléchir sur le processus de justice transitionnelle et les voies de gestion du passé traumatique en Uruguay.

Annonce

Argumentaire

Pour son numéro 26 la revue ILCEA –publication de l’Institut des Langues et des Cultures d’Europe, d’Amérique, d’Afrique, d’Asie et d’Australie (ILCEA4)[1]- se propose de réfléchir sur le processus de justice transitionnelle et les voies de gestion du passé traumatique en Uruguay.

Suite au colloque international « Mémoire, Vérité et Justice en Uruguay » organisé par l’ILCEA4-Université Stendhal (Grenoble, octobre 2014), la revue ILCEA a proposé aux organisateurs de publier un numéro spécial bilingue (espagnol-français) sur le thème de la gestion du passé récent en Uruguay, à paraître en juin 2016. Cette publication cherche à poursuivre la ligne établie pour le colloque en termes d’exigence scientifique et de valorisation du témoignage, aspect clé de la nouvelle historiographie                         

Outre les apports des spécialistes et des témoins intervenus lors du colloque d’octobre, il nous semble important d’ouvrir les pages de cette publication à d’autres spécialistes et jeunes chercheurs afin de contribuer au développement d’une dynamique de recherche interdisciplinaire qui permette d’approfondir l’étude de la gestion du passé récent et la création d’une culture des droits de l’Homme en Uruguay.

Il s’agit là de l’une des premières publications sur ce thème en France proposant de synthétiser, actualiser et ouvrir des perspectives d’études sur la gestion du passé récent en Uruguay. Pour ce numéro, la revue ILCEA attend donc des contributions originales basées sur les concepts clés de la mémoire, la vérité et la justice, autour des quatre piliers de la justice transitionnelle que sont le droit de savoir, le droit à la justice, à la réparation et aux garanties de non répétition.

Par rapport à la problématique de la mémoire, il s’agirait, outre un bilan portant sur la construction de la mémoire  collective et ses manifestations, prenant en compte les batailles mémorielles persistantes, aussi bien au niveau institutionnel qu’au niveau de la société civile. Il s’agit également d’interroger les interrelations existantes entre recherche de la vérité, avancées historiographiques et construction de la mémoire collective, et leur inscription dans le processus de justice, de réparation et de garanties de non répétition.

Quant à la thématique de la vérité, en dehors des bilans nécessaires sur les enquêtes menées et en cours sur les crimes perpétrés pendant la période du terrorisme d’État, considérant l’établissement de la vérité comme premier pilier du processus de réparation, il serait intéressant de pouvoir mettre en question le concept de vérité en fonction de son domaine d’application et de recherche pour interroger la pluralité des voies de construction de vérités  sur le passé traumatiques à partir de différentes disciplines et méthodologies, leurs interrelations et interconnexions.

De la même façon, on cherchera à établir un panorama actualisé des actions de la justice dans les affaires dites « de droits de l’homme » : il semble fondamental de questionner dans une perspective diachronique et synchronique les voies de luttes pour la justice comme celles de la persistance de l’impunité. Il serait en cela intéressant de poursuivre l’analyse du passage d’une impunité de iure à une impunité de facto à partir de la condamnation de l’Uruguay par la Cour Interaméricaine et du corrélatif rétablissement de la Prétention Punitive de l’État, en interrogeant l’effectivité des garanties normatives et institutionnelles en termes d’accès à la justice. Il serait également nécessaire d’explorer de nouvelles voies d’analyse du processus de justice transitionnel en Uruguay, notamment par le biais de l’observation des processus de réparation comme moyen de restauration de la dignité des victimes en questionnant leurs mécanismes et leur développement dans le cas de l’Uruguay, ou par le biais de l’analyse de l’implémentation de garanties de non répétition, en interrogeant les voies de reconstruction et le respect de l’état de droit.

Pour cela, il faudrait étudier les dynamiques de rupture et de continuité qu’induit le processus de transition à la démocratie: bien qu’il ait constitué une rupture il a aussi permis le maintien de l’héritage dictatorial au sein des institutions démocratiques dont les séquelles sont encore manifestes aujourd’hui. Une étude diachronique de l’ensemble des réformes institutionnelles ayant cherché à garantir le respect de l’état de droit, à susciter et à maintenir une culture du respect des droits de l’homme et à rétablir ou restaurer la confiance de la société en ses institutions publiques est également nécessaire. Selon les études des processus de justice transitionnelle, il faudrait ainsi analyser l’absence ou la réalisation partielle de processus officiels de vetting (Forces Armées, police, système pénitentiaire, système judiciaire…), de réformes administratives, législatives et institutionnelles qui impliquent ou non la consultation populaire, la participation des victimes et des différentes composantes de la société civile.

[1] ILCEA est la revue portée par l’Institut des Langues et des Cultures d’Europe, Amérique, Afrique, Asie et Australie (ILCEA4), équipe qui réunit au sein de l’Université Stendhal-Grenoble 3 des hispanistes, slavistes, germanistes, anglicistes et spécialistes de langues de spécialité et de traduction. Publication biannuelle mise en ligne afin de garantir un accès au plus large public, ILCEA se réclame d’une conception moderne des humanités et s’intéresse, à travers la publication de numéros thématiques, à tous les aspects des cultures, à l’histoire et à l’actualité des pays, aires politiques et culturelles, genres et formes tout comme au passage d’une langue ou d’un lexique à un autre.

Modalités et procédure de contribution

Les auteurs devront envoyer leur contribution complète en espagnol ou en français avant le 15.12.2015 aux adresses suivantes : maria.ferraro-osorio@u-grenoble3.fr ; bouvet.lauriane@hotmail.fr 

Préalablement, les auteurs doivent avoir informé les coordinatrices de leur projet en envoyant aux mêmes adresses le titre de leur proposition, des mots clés et un résumé, le tout en espagnol, en français et en anglais

avant le 30.10.2015.

Le volume maximum d’une contribution est de 50.000 signes (espaces, notes et bibliographie compris). Nous demandons aux auteurs de prendre en compte les recommandations de la revue ILCEA en matière de présentation consultables ici.

Les articles envoyés à la revue doivent être originaux et respecter les normes habituelles de production scientifique ainsi que les termes de l’appel à contribution. L’envoi d’un article pour publication dans la revue ILCEA implique l’acceptation par l’auteur des conditions suivantes : l’auteur cède aux Editions littéraires et linguistiques de l’université de Grenoble (ELLUG) l’ensemble des droits de publication et de représentation de sa contribution (la publication requiert la signature d’un contrat de cession de droits) et dans le cas d’emprunt à d’autres productions, l’auteur doit avoir préalablement obtenu les autorisations nécessaires et les envoyer conjointement à sa contribution.

L’appel à contribution, qui suggère des pistes de réflexion, sert de cadre de sélection des textes en fonction de leur pertinence par rapport au thème et aux objectifs du numéro. Chaque article sera lu par un membre du comité de rédaction et par deux évaluateurs externes. Chaque lecteur produira un rapport de lecture qui permettra aux coordinatrices d’évaluer pour chaque texte la pertinence et la viabilité de la publication de la proposition et de décider, si besoin est, des modifications à demander aux auteurs en vue de la publication. L’auteur s’engage à réserver l’exclusivité de sa proposition à la revue ILCEA jusqu’à ce que le comité de lecture se soit prononcé. L’auteur s’engage également à ne pas retirer son article après acceptation de la publication et à effectuer les modifications proposées.

Dans le cas de propositions trop éloignées des pistes proposées par l’appel à contribution, ou qui ne respectent pas les exigences scientifiques de la revue, les coordinatrices se réservent le droit, en accord avec le comité de rédaction, de donner un avis négatif sur leur publication sans demander une évaluation extérieure. En dehors de ces exceptions, une réponse motivée et argumentée sera transmise aux auteurs après délibération.

Directeur de la publication

  • Almudena Delgado-Larios, Université Stendhal – Grenoble 3

Comité de rédaction

  • Almudena Delgado-Larios, Université Stendhal – Grenoble 3
  • Isabelle Després, Université Stendhal – Grenoble 3
  • François Genton, Université Stendhal – Grenoble 3
  • Shaeda Isani, Université Stendhal – Grenoble 3
  • Elisabeth Lavault-Olléon, Université Stendhal – Grenoble 3
  • Georges Tyras, Université Stendhal – Grenoble 3

Comité de lecture

  • Daniel Balderston, Université de Pittsburgh
  • Mari Paz Balibrea, University of London, School of Languages, Linguistics and Culture
  • Pierre Bayard, Université Paris 8
  • Alexis Bérélowitch, Université Paris 4-Sorbonne, EHESS
  • Louise Brunette, Université du Québec en Outaouais
  • Anne Cayuela, Université Stendhal – Grenoble 3
  • José Colmeiro, Université du Michigan
  • Trevor Dadson, Queen Mary University of London
  • Michel Espagne, CNRS – Ecole Normale Supérieure
  • Ruth Florack, Université de Göttingen
  • Laurent Gaultier, Université de Bourgogne
  • Régis Gayraud, Université Clermont-Ferrand
  • Jean-Claude Gemar, Université de Montréal
  • Hans-Otto Horch, Université d’Aix-la-Chapelle
  • José Maria Izquierdo, Université d’Oslo
  • Noé Jitrik, Université de Buenos Aires
  • Joseph Jurt, Université de Fribourg en Brisgau
  • Vadim Venediktovitch Kolesnikov, Université linguistique d’État, Minsk
  • Maxime Kronhaus, Université RGGU Moscou
  • Frédérique Langue, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
  • Jean-Pierre Lefebvre, Ecole Normale Supérieure
  • Hélène Mélat, Université Paris 4-Sorbonne
  • Irina Mikaelian, Université d’Etat de Pensylvannie
  • Juan Montero, Université de Séville
  • Pilar Ponce, Universidad Complutense Madrid
  • Jacques Poumet, Université Lumière Lyon 2
  • Edmond Raillard, Université Stendhal – Grenoble 3
  • Catherine Resche, Université Panthéon-Assas, Paris 2
  • Robert Roudet, Université Lyon 3
  • Gerald Stieg, Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle

Lieux

  • Grenoble, France (38)

Dates

  • vendredi 30 octobre 2015

Mots-clés

  • mémoire, vérité, justice, impunité, dictature, transition, Uruguay

Contacts

  • Lauriane Bouvet
    courriel : lauriane [dot] bouvet [at] u-grenoble3 [dot] fr
  • Maria Ferraro
    courriel : maria [dot] ferraro-osorio [at] u-grenoble3 [dot] fr

Source de l'information

  • Lauriane Bouvet
    courriel : lauriane [dot] bouvet [at] u-grenoble3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Mémoire, vérité et justice en Uruguay », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 23 avril 2015, http://calenda.org/325254