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Terrains politiques

Tension et complémentarité entre exigences d'analyse et engagement

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Publié le mardi 21 avril 2015 par João Fernandes

Résumé

La question posée par Howard Becker il y a plus de trente ans - « Whose side are we on? » - s'impose sans cesse aux chercheur.e.s qui étudient les mobilisations, les mouvements, les luttes, les associations et les groupes politiques. Les chercheur.e.s engagé.e.s sont confronté.es à une problématique incontournable : comment concilier exigences scientifiques et engagement, dans la vie personnelle, dans l'enquête et au moment de la restitution. Cette journée d'étude se propose de questionner à la fois ce que l'engagement des chercheur.e.s apporte à leurs pratiques de recherche scientifique (biais et points d'appuis, transformation des savoir-faire militants en savoirs intellectuels, etc.) et ce que la recherche peut apporter aux militant.e.s et aux luttes (positionnement en tant que simple « scribe » de la lutte étudiée ou position « d'expertise », tensions entre respect de la confiance accordée par les enquêté.e.s, adhésion à la cause et aux stratégies politiques et devoir/nécessité de critique, etc.)

Annonce

Problematique

La question posée par Howard Becker il y a plus de trente ans - « Whose side are we on ? » - s'impose sans cesse aux chercheur.e.s qui étudient les mobilisations, les mouvements, les luttes, les associations et les groupes politiques. Les chercheur.e.s engagé.e.s sont confronté.es à une problématique incontournable : comment concilier exigences scientifiques et engagement, dans la vie personnelle, dans l'enquête et au moment de la restitution ?

Alors que des générations de chercheur.e.s en Sciences Sociales ne cachant pas leurs engagements militants semblent avoir définitivement déconstruit l'existence d'une pure neutralité, la distance critique reste un prérequis. Mais la bonne distance est-elle mesurable ? Dès lors, l'engagement constitue-t-il un obstacle à la production d'un savoir rigoureux ou au contraire un point d'appui heuristique ?

Par ailleurs, des générations de chercheur.e.s ont également pensé le savoir scientifique comme possibilité de servir le monde social mais dans quelle mesure celui-ci est-il susceptible de nourrir les engagements ou les luttes ? Quelle est enfin la responsabilité des intellectuel.le.s dans la construction de l'image des causes étudiées ?  

Cette journée d'étude se propose de questionner à la fois ce que l'engagement des chercheur.e.s apporte à leurs pratiques de recherche scientifique (biais et points d'appuis, transformation  des savoir-faire militants en savoirs intellectuels, etc.) et ce que la recherche peut apporter aux militant.e.s et aux luttes  (positionnement en tant que simple « scribe » de la lutte étudiée ou position « d'expertise », tensions entre respect de la confiance accordée par les enquêté.e.s, adhésion à la cause et aux stratégies politiques et devoir/nécessité de critique, etc.)

Il ne saurait évidemment y avoir de réponses définitives à ces deux questions fondamentales. Cependant elles gagneront assurément à  être réinterrogées, explicitées et débattues collectivement, à partir des pratiques du terrain, des stratégies pour faire face au malaise qui naît de l'ambivalence de sa propre position, à « l'instrumentalisation » de l'engagement, aux doutes et difficultés propres à ce domaine de recherche.

Programme

10H00 : Introduction de la journée

TABLE 1 - « Des recherches au service des luttes ? »

  • Marguerite Rollinde(Université Paris 8, CRESPPA GTM), « Pas d'engagement sans pensée critique, pas de pensée critique sans engagement. Retour sur un parcours intellectuel et militant à l'intersection des deux logiques »

  • Paul Scheffer (Université Paris 8 / CNAM), « Une recherche forcément engagée : la formation à l'indépendance des médecins par rapport à l'influence de l'industrie pharmaceutique »

  • Etienne Penissat (CNRS / CERAPS), « (Re) connecter les milieux militants et universitaires. Les enjeux de la diffusion et de l’appropriation des savoirs critiques » 

14H30 : 

TABLE 2 - «S'engager sur son terrain »

  • Nassera Merah (Université Paris 8), « Interroger le parcours des militantes islamistes algériennes, la chercheure à l'épreuve des stéréotypes »

  • Virginie Milliot (Université Paris Ouest Nanterre, LESC - UMR 7186), « A quoi servent les anthropologues ? Réflexion sur les usages sociaux de la recherche en Sciences sociales »

  • Manon Him-Aquilli (Université Paris-Descartes, EDA, CERLIS), « Militants anarchistes et chercheurs engagés : je t’aime moi non plus ? »

  • Julian Mischi (INRA), « Ce que les enquêtés font à l’engagement du sociologue : effets de politisation et stratégie de recherche » 

TABLE RONDE avec tous les intervenants de la journée

Comité d'organisation//discussion

  • Raphaël Challier (CRESPPA GTM),
  • Marta Lotto (LAVUE),
  • Ulrike Lune Riboni (CEMTI) et
  • Tiphaine Bernard (LAVUE)

Avec le soutien de l'ED Sciences sociales de l'Université Paris 8.

Informations 

Date: Jeudi 23 avril 2015 

Lieu: Université Paris 8, salle D143

Lieux

  • Bâtiment D Salle 143, Université Paris 8 - 2, rue de la Liberté
    Saint-Denis, France (93)

Dates

  • jeudi 23 avril 2015

Mots-clés

  • politique, recherche, engagement, sciences sociales

Contacts

  • Tiphaine Bernard
    courriel : tiphaine [dot] brnd [at] gmail [dot] com
  • Marta Lotto
    courriel : amarta [dot] lotto [at] gmail [dot] fr
  • Ulrike Lune Riboni
    courriel :
  • Raphaël Challier
    courriel :

URLS de référence

Source de l'information

  • Tiphaine Bernard
    courriel : tiphaine [dot] brnd [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Terrains politiques », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 21 avril 2015, http://calenda.org/325541