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Habiter la Terre

Numéro 10 des Cahiers J.-M. G. Le Clézio

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Publié le jeudi 23 avril 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Si la nature et les éléments naturels dans l’œuvre de J.-M. G. Le Clézio ont déjà fait l’objet de nombreuses études, justifiées par la richesse de ces thématiques dans l’œuvre de l’auteur, en revanche celle de l’environnement, et des responsabilités de l’homme vis-à-vis de lui, a fait pour l’heure l’objet de moins d’attention. Pourtant, J.-M. G. Le Clézio a éprouvé très tôt l’importance d’une conscience environnementale et a laissé entendre dans ses livres l’écho de questionnements liés à cet intérêt, faisant de lui dans la littérature française du XXe siècle l’un des premiers auteurs particulièrement concernés par la réflexion écologique. Ce numéro 10 de Les Cahiers J.-M. G. Le  Clézio vise à susciter différentes réflexions sur la manière d'habiter la Terre en fonction de trois axes principaux.

Annonce

Argumentaire

1)  Représentation de l'environnement et de la relation entre l’Homme et la Terre dans l'œuvre de Le Clézio

En quoi le récit leclézien suscite-t-il une réflexion sur la façon dont l’Homme habite la Terre, sur son rapport à l’environnement? Les perspectives critiques récentes que sont la géopoétique, l’écocritique et l’écopoétique semblent d'emblée convoquées par certaines thématiques chères à l'auteur, comme celles de l’harmonie, du lien vital entre la nature et l’homme, du ressourcement de l’être au contact des éléments naturels. On pourra aussi se demander si les procédés du récit leclézien (importance accordée à la topographie, au recensement de la faune et de la flore dans leur infinie variété, l’enfant et la femme comme personnages privilégiés pour le rapport à la Terre) relèvent des approches critiques mentionnées précédemment. Ce sera l’occasion de montrer en quoi ces perspectives, encore mouvantes dans le champ critique actuel, se distinguent et se recoupent : si la géopoétique est centrée sur les questions de l’espace et du rapport à la terre, l’écocritique privilégie la question de l’environnement dans une perspective militante tandis que l’écopoétique lie étroitement le texte littéraire à l’environnement.

Le rapport entre environnement et écriture pourra également faire l'objet d'études: Le Clézio lui-même n'a-t-il pas associé étroitement l'espace de la forêt et la création littéraire dans son discours de réception du Prix Nobel en 2008 ?

2) Le Clézio et la pensée écologique

Si Le Clézio est parfois cité comme l’un des précurseurs de la pensée écologique, telle qu’elle apparaît à partir de la deuxième moitié du XXe siècle chez certains philosophes et essayistes avec lesquels l’auteur de La Fête chantée ou Ourania a pu même avoir un dialogue fécond (Pierre Rhabi tout particulièrement, mais on peut rappeler le rôle joué par Michel Serres, Luc Ferry ou Bruno Latour dans le développement de cette pensée écologique en France), aucune étude n’a encore approfondi la chronologie précise de cet intérêt. Alain Suberchicot souligne dans Littérature et environnement. Pour une écocritique comparée (Paris, Honoré Champion, 2012), combien L'Extase matérielle donne de l'importance à la question écologique : on pourrait alors se demander si d'autres œuvres de la première période traduisent également cet intérêt. Que dire ensuite de l'évolution de cette pensée écologique dans les œuvres à partir de 1980? Les publications récentes accordent-elles toujours de l'importance à cette question ?

Y a-t-il également une pensée écologique dans ses discours (discours de réception du prix Nobel), articles (« La Fête chantée »), conférences, entretiens... ? Peut-on déceler dans ces textes une différence de tonalité ou de procédés vis-à-vis des récits ?

Cet intérêt pour la pensée écologique prend également la forme d’une transmission aux nouvelles générations. La littérature pour l'enfance de Le Clézio montre en effet un intérêt pour l’environnement et le rapport de l’Homme à la Terre : Voyage au pays des arbres, Pawana, les recueils Celui qui n'avait jamais vu la mer et Villa Aurore, publiés dans une édition pour la jeunesse en témoignent. Quelle est la teneur du message transmis ? Comment est-il mis en récit voire en image, s’il s’agit de textes illustrés? De quelle manière cherche-t-il à toucher le jeune public ? 

3) Le mouvement écocritique et les questions de réception

Tout d'abord, on peut s'interroger sur la réception du mouvement écocritique par Le Clézio lui-même en s’intéressant aux influences, aux lectures qui ont pu marquer l’auteur. Il serait ainsi possible de s'intéresser aux préfaces de Le Clézio pour des œuvres marquantes de la pensée écologique, comme celle pour Une année à la campagne de Sue Hebbel ou celle pour L'almanach du comté des sables d'Aldo Leopold. L'étude pourrait ainsi mettre en évidence le rôle joué par Le Clézio dans l'introduction de la pensée écologique dans le milieu francophone.

Mais il serait également nécessaire de s’intéresser à la réception de Le Clézio dans le mouvement écocritique: est-il lu par les auteurs de ce mouvement, est-il pris en compte par la critique, par exemple aux États-Unis?

Ce questionnement permettrait aussi de réfléchir, à travers l’exemple de Le Clézio, à la façon dont ce mouvement littéraire est perçu en France. On pourra rappeler le célèbre jugement sur l’œuvre de Le Clézio la qualifiant de « littérature de boy-scout », réentendu à l'occasion de l'attribution du prix Nobel, s’interroger sur la place dévolue à l’auteur dans l'écocritique francophone, et se demander si ces positions évoluent, si un premier bilan critique de ce mouvement peut être proposé à travers cet auteur.

Les articles proposés pourront entrer dans l’un de ces axes ou en recouper plusieurs, et concerner toute l’œuvre de Le Clézio et toute sa chronologie.

Modalités de soumission

Les propositions, à envoyer à l’adresse klrcolin@gmail.com

pour le 31 octobre 2015,

doivent contenir un résumé (200-250 mots), une bibliographie, un titre et une notice bio-bibliographique (environ 5 lignes).

Calendrier

  • Réception des propositions de contribution (200-250 mots) accompagnées d’une bibliographie, d’un titre et d’une notice bio-bibliographique : 31 octobre 2015
  • Transmission de l’avis motivé du comité éditorial et des deux coordinatrices aux auteurs : 15 décembre 2015
  • Réception de l’article rédigé (en suivant les normes de présentation de la revue) : 15 juin 2016
  • Transmission des corrections ou des recommandations aux auteurs : 1er octobre 2016
  • Retour définitif des textes revus et corrigés : 15 décembre 2016
  • Publication par l’éditeur : printemps ou automne 2017

Coordinatrices

Rachel Bouvet et Claire Colin

Dates

  • samedi 31 octobre 2015

Mots-clés

  • Le Clézio, écopoétique, géopoétique, écocritique, nature

Contacts

  • Claire Colin
    courriel : klrcolin [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Claire Colin
    courriel : klrcolin [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Habiter la Terre », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 23 avril 2015, http://calenda.org/325809