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Publié le vendredi 24 avril 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Cette journée d’étude s’intéresse aux plaques photographiques utilisées pour l’enseignement et/ou la recherche dans le cadre scolaire, les universités et autres instituts spécialisés. Par-delà le repérage et l’inventaire des collections de plaques de verre, il est désormais important de comprendre l’usage qui en était fait, ces collections devenant les témoins privilégiés de l’histoire de l’enseignement universitaire autant que de la recherche. Les plaques de verre ont en effet été utilisées par une grande variété de disciplines au tournant des XIXe et XXe siècles. Ces objets s’avèrent donc particulièrement représentatifs d’un moment clef pour l’histoire des sciences et de leur enseignement académique. L’enseignement par l’image autant que l’image comme outil scientifique s’impose alors à des disciplines qui jusque-là n’y recourraient pas systématiquement.

Annonce

Présentation

Cette journée d’étude s’intéressera aux plaques photographiques utilisées pour l’enseignement et/ou la recherche dans le cadre scolaire, les universités et autres instituts spécialisés. Elle fait écho aux recherches entreprises en 2012 par Denise Borlée et Hervé Doucet sur la collection de l’Institut d’Histoire de l’art de l’Université de Strasbourg créé en 1872, au lendemain de l’annexion de l’Alsace-Moselle par le IIe Reich1.

La thématique retenue s’inscrit dans les préoccupations actuelles visant à mieux connaître, préserver et mettre en valeur le patrimoine universitaire. L’architecture occupe dans ce cadre une place de choix. En témoignent le numéro de la revue In Situ qui, en 2011, a été consacré aux patrimoines de l’enseignement supérieur2 ou encore les journées d’étude organisées par l’Université de Paris VIII en 2012 (Architectures des universités parisiennes et franciliennes, 1945-2000) et, plus récemment, par Paris I (De l’Université de Paris aux universités franciliennes, 2014). Mentionnons également la série de publications initiées par le Service de l’Inventaire du patrimoine de la Région Alsace et le Jardin des Sciences de l’Université de Strasbourg sur l’Institut de sismologie (2009), l’Observatoire astronomique (2011), l’Université impériale (2012) et la faculté de droit (2012). Parallèlement, les collections universitaires ne sont pas négligées. Constituées d’objets à destination pédagogique, ces collections ont une valeur historique et patrimoniale indéniable en cours de reconnaissance3. Qu’il s’agisse d’outils scientifiques, de moulages ou encore de photographies, ces objets sont en effet aujourd’hui au coeur de différents projets de recherches. Ainsi, à l’initiative de Marion Lagrange de l’Université de Bordeaux, une journée d’étude sur les collections photographiques universitaires et un colloque sur l’enseignement de l’histoire de l’art et ses outils se sont-ils successivement tenus en 2012 et 2013.

Argumentaire

Par-delà le repérage et l’inventaire de ces collections, il est désormais important de comprendre l’usage qui en était fait, ces collections devenant les témoins privilégiés de l’histoire de l’enseignement universitaire autant que de la recherche. Les plaques de verre ont en effet été utilisées par une grande variété de disciplines au tournant des XIXe et XXe siècles. Ces objets s’avèrent donc particulièrement représentatifs d’un moment clef pour l’histoire des sciences et de leur enseignement académique. L’enseignement par l’image autant que l’image comme outil scientifique s’impose alors à des disciplines qui jusque-là n’y recourraient pas systématiquement.

Pour l’histoire de l’art, c’est à partir des années 1870-1880 que de grandes firmes, telles que Braun et Alinari par exemple, diffusent d’importantes sources photographiques sur l’art occidental. À la demande des chercheurs et des enseignants, celles-ci photographient un nombre croissant d’oeuvres qu’elles proposent à l’achat par le biais de catalogues. La photographie, perçue dès ses débuts comme un instrument scientifique destiné à produire des documents irréfutables, plus objectifs en tout cas que la gravure, va en effet profondément moderniser l’étude et l’enseignement de l’histoire de l’art. Elle augmente la visibilité et l’accessibilité de l’oeuvre tout en l’objectivant, permet l’observation rapprochée, la vérification et bien sûr des comparaisons entre diverses oeuvres, comme au sein d’une même oeuvre par la confrontation de détails, pouvant mener à des attributions. Elle symbolise le passage de l’étude textuelle à l’étude visuelle de l’art et participe, au tournant du XXe siècle, à l’établissement de l’histoire de l’art en science et en discipline universitaire.
À partir des premières années du XXe siècle, vont encore s’ajouter aux tirages photographiques, les plaques de projection elles aussi destinées à illustrer les cours. Les projections lumineuses, dont l’usage s’était répandu dans les universités allemandes vers la fin des années 1880 grâce à la mise au point du skioptikon, vont à leur tour révolutionner les méthodes d’investigation et d’enseignement de l’histoire de l’art. Contrairement à la période précédente où les cours se déroulaient en deux temps, elles vont en effet désormais permettre, comme l’a souligné Roland Recht4, une simultanéité entre le discours et son support, les images s’invitant pleinement dans l’espace de la salle de cours. Elles devenaient par là une illustration directe du cours, tout autant qu’elles pouvaient être immédiatement commentées, et permettaient les comparaisons, notamment par le biais de la double projection qu’a particulièrement affectionnée Heinrich Wölfflin dans ses cours à Bâle. L’usage de ces plaques

La journée d’étude s’intéressera donc aux plaques de verre en tant qu’objets pédagogiques (support à un discours, à un enseignement, source de connaissances) et objets documentaires/d’archives (mémoire d’expériences, de découvertes, enregistrement de données, témoignages d’objets, de pratiques, de paysages et d’états disparus). En ce sens, les questions suivantes pourront notamment être abordées : les plaques de verre induisent-elles des pratiques particulières de diffusion de la connaissance quelle que soit la discipline envisagée ? Modifient-elles les pratiques pédagogiques ? Quel(s) type(s) de discours viennent-elles illustrer ? À quelles fins ont-elles été réalisées et par qui (photographe professionnel, scientifique, reporter) ? S’agit-il de reproductions ou au contraire de clichés originaux ? Comment les collections ont-elles été acquises ? Leur constitution procède-t-elle d’un projet préalablement élaboré ou d’opportunités indépendantes d’une quelconque démarche scientifique ?

1 Denise Borlée et Hervé Doucet « La collection photographique de l’Institut d’Histoire de l’art de l’Université de Strasbourg : une collection pédagogique au service d’une identité et d’une idéologie », communication donnée dans le cadre de la journée d’étude organisée par Marion Lagrange « Les collections photographiques universitaires d’Histoire de l’art au tournant du XXe siècle : naissance d’une discipline, construction d’un savoir, valorisation d’un patrimoine », Université de Bordeaux 3, 30 mai 2012 ; Denise Borlée et Hervé Doucet « The Photograph Collection of Strasbourg University’s Institute of Art History and the Teaching of italian Art (1872-1945) », communication donnée dans le cadre du Forum Kunstgeschichte Italiens, Université de Mayence, 3-5 avril 2014.
2 http://insitu.revues.org/839
3 Par exemple, pour l’Université de Strasbourg, voir : www.hp-physique.org
4 Voir la leçon de clôture prononcée par Roland Recht au Collège de France, le 17 janvier 2012 intitulée « Scénographie de la leçon d'art (L'image à l'ère de sa projection) ». http://www.college-de-france.fr/site/roland-recht/_closing-lecture.htm de verre se généralise en outre à d’autres types et niveaux d’enseignements et de diffusion de savoirs de disciplines aussi variées que l’astronomie, l’ethno-géographie, l’océanographie, etc., tandis que se développe l’enseignement populaire dont elles deviennent également un medium privilégié.

Conditions de soumission

Aussi sollicitons-nous des interventions qui dépassent largement le domaine de l’histoire de l’art, par exemple en ethnographie, géographie, géologie/minéralogie, astronomie, médecine, etc. Celles-ci pourront, dans une visée comparatiste, montrer un large spectre d’utilisation de cet outil - de la fabrication à la diffusion du Savoir - et, partant, permettre de brosser l’amorce d’une histoire transdisciplinaire de l’enseignement universitaire, secondaire, primaire et même populaire.
Cette journée d’étude se tiendra à Strasbourg les 17 et 18 mars 2016. Les communications seront de 25 mn.

Les propositions sont à envoyer par courriel aux organisateurs sous la forme d’un résumé (3000 signes maximum) accompagné d’un titre et d’un bref curriculum vitae de l’auteur

pour le 30 juin 2015 au plus tard.

Renseignements et contact : borlee@unistra.fr ou hdoucet@unistra.fr
L’acceptation des propositions sera notifiée dans le courant du mois de septembre 2015.

Comité scientifique et d'organisation

  • Denise Borlée, Maître de conférences en Histoire de l’art médiéval et
  • Hervé Doucet, Maître de conférences en Histoire de l’art contemporain, Institut d’Histoire de l’art, Université de Strasbourg, EA 3400 ARCHE

Lieux

  • Strasbourg, France (67)

Dates

  • mardi 30 juin 2015

Mots-clés

  • plaques de projection, éducation, collections universitaires

Contacts

  • Hervé Doucet
    courriel : hdoucet [at] unistra [dot] fr

Source de l'information

  • Hervé Doucet
    courriel : hdoucet [at] unistra [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Plaques photographiques, fabrication et diffusion du savoir », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 24 avril 2015, http://calenda.org/326071