AccueilL’in situ de l’art contemporain britannique

L’in situ de l’art contemporain britannique

British site-specificity today

*  *  *

Publié le lundi 27 avril 2015 par Céline Guilleux

Résumé

À l’occasion de cette série de séminaires, des chercheurs et praticiens internationaux se pencheront sur la question du site de l’art contemporain en Grande-Bretagne. La notion de site renvoie souvent à la catégorique d’art public qui est une expression très large comprenant principalement l’art créé ou exposé hors du musée et invoquant, à tort ou à raison, sa qualité démocratique. Le Royaume-Uni a connu ces dernières années un développement spectaculaire de ses commandes d’art public sous l’impulsion principale des politiques culturelles inaugurées dans les années quatre-vingt-dix et deux mille visant la régénération par l’art de quartiers et de villes en déclin.

Annonce

Argumentaire

À l’occasion de cette série de séminaires, des chercheurs et praticiens internationaux se pencheront sur la question du site de l’art contemporain en Grande-Bretagne. La notion de site renvoie souvent à la catégorique d’art public qui est une expression très large comprenant principalement l’art créé ou exposé hors du musée et invoquant, à tort ou à raison, sa qualité démocratique. Le Royaume-Uni a connu ces dernières années un développement spectaculaire de ses commandes d’art public sous l’impulsion principale des politiques culturelles inaugurées dans les années quatre-vingt-dix et deux mille visant la régénération par l’art de quartiers et de villes en déclin. Or, dans le même temps, la notion d’une sphère publique britannique qui permettrait d’identifier un tel art a connu de récentes remises en question qui appellent une redéfinition de ce que peut être l’art public. Le land art, dans sa tradition britannique, a évolué au fil des préoccupations écologiques de plus en plus pressantes pour englober une acception urbaine de la notion d’environnement dans le environmental art, puis des considérations sociales, appelées « social turn » par Claire Bishop, qui feront emprunter à Sarah Lowndes la notion de social sculpture à Joseph Beuys pour décrire l’émergence de la scène de Glasgow depuis les années 1980. Le contrecoup de la désindustrialisation aura en effet transformé le paysage physique aussi bien que social du pays. Ainsi, les nouveaux territoires de la création actuelle outre-Manche sont matériellement les mêmes qu’au 20e siècle, mais la redéfinition idéologique, urbanistique et commerciale des paysages urbains et ruraux ont transformé les liens qui relient œuvres et sites et appelé de nouvelles grilles d’interprétation – une inscription en voie de redéfinition que Claire Doherty a nommée situation art. Le développement de la téléphonie mobile, de la commercialisation de la rue ou encore des réseaux sociaux a imposé des flottements dans la délimitation entre sphères privée et publique. Certaines formes artistiques qui pourraient être décrites comme traditionnelles sont en fait remodelées par leur inscription mouvante dans une agora disséminée.

Ces articulations variables entre œuvre et site semblent aujourd’hui intégrer encore plus fortement une troisième dimension, celle du contexte. Le site comme l’œuvre sont en effet envisagés non seulement dans leur inscription locale, mais aussi en fonction de ce que d’autres forces globales lui imposent. L’architecte Rem Koolhass a ainsi décrit une ville contemporaine devenue générique et qui aurait abandonné son identité propre. L’œuvre qui s’inscrit aujourd’hui dans la ville répond au caractère générique, sans qualité, de cette dernière, et sa présence in situ renvoie alors à un contexte beaucoup plus élargi et mondial. Donner du sens au site, c’est aussi dorénavant prendre acte des conflits qui l’animent, décider si ses spécificités nationales ou régionales ne sont plus que de façade. Mais le site contemporain a aussi parfois ré-investi le musée – comme lorsqu’en 2007 Mark Wallinger reconstitue le campement de Brian Haw à l’intérieur de la Tate et le baptise State Britain – ou d’autres lieux que le traditionnel paysage urbain ou rural : la télévision, le cyberespace, la fiction. Le site, alors, n’épouse plus les contours idéologiquement chargés de l’art public. Il déborde les marges du paysage britannique traditionnel pour devenir terre d’accueil de nouvelles communautés, réelles ou imaginaires.

Nous nous interrogerons ensemble pour savoir si les enjeux de la mondialisation et de context specificity, ont balayé toutes velléités de révélation artistique d’un génie du lieu britannique.

Programme

lundi 9 février 2015

(17h00-19h00)

  • Jeremy Deller (artiste) & Corinne Silva (artiste/University of the Arts, Londres)

lundi 18 mai 2015

(17h00-19h00)

  • Louis Henderson (artiste vidéaste) & Catherine Bernard (Université Paris Diderot-Paris 7).

lundi 12 octobre 2015

(14h00-16h00)

  • Laure Prouvost (artiste) & Maeve Connoly (Faculty of Film, Art and Creative Technologies, Dublin)

Coordinatrice

  • Marion Duquerroy, docteur en histoire de l’art, Paris 1 Panthéon-Sorbonne. 

Lieux

  • salle AVD 1er étage, salle 133 - Institut National d'Histoire de l'Art - 2, rue Vivienne
    Paris, France (75002)

Dates

  • lundi 18 mai 2015

Mots-clés

  • art anglais, British art, in situ, art contemporain, mondialisation, culture visuelle, Louis Henderson, Catherine Bernard, patrimoine, politique culturelle

Contacts

  • Marion Duquerroy
    courriel : marionduquerroy [at] yahoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Marion Duquerroy
    courriel : marionduquerroy [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L’in situ de l’art contemporain britannique », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 27 avril 2015, http://calenda.org/326076