AccueilMétropoles portuaires et territoires de l'hinterland en Afrique subsaharienne

Métropoles portuaires et territoires de l'hinterland en Afrique subsaharienne

Entre croissance, polarisation et complémentarité

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Publié le mardi 28 avril 2015 par João Fernandes

Résumé

Espaces attractifs sans précédent, les villes portuaires d'Afrique subsaharienne sont depuis les indépendances, au cœur des transformations complexes dont les indicateurs visibles se résument en termes de croissance, de diversité, de polarisation et de crises multiformes. Une telle évolution est de nature à susciter des interrogations sur leur devenir et leur gouvernabilité. Par ailleurs, ces métropoles portuaires interagissent de manière plus ou moins complexes avec leurs arrière-pays respectifs dont les incidences s'analysent en terme soit d'émergence des centralités autonomes (métropolisation active) ou d'espaces résistants aux effets diffuseurs de la grande ville (métropolisation passive). Le présent projet d'ouvrage a deux objectifs essentiels : primo, déterminer l'ampleur des mutations à l'œuvre dans les métropoles portuaires d'Afrique noire, leurs déterminants et leurs incidences tant au niveau des grandes villes qu'à celui de leurs hinterlands proches ou lointains; secundo, envisager une réflexion sérieuse sur les perspectives stratégiques en vue d'un développement harmonieux et durable des villes portuaires et leurs aires métropolitaines.

Annonce

Argumentaire et mise en contexte

L'installation à demeure des Européens dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale et les années des indépendances va entrainer une explosion urbaine en l'Afrique noire. En effet, la ville attire de manière irrésistible toutes les populations des campagnes qui affluent massivement vers ce nouvel "El Dorado" dans l'espoir de trouver un emploi et de bénéficier de toutes les possibilités d'épanouissement individuel qu'offre ces nouveaux espaces à double statut : capitales politiques et pôles de développement économique. Avec le développement du trafic maritime et l'internationalisation des échanges, la ville portuaire d'origine coloniale met en place un réseau urbain ayant à sa tête un grand centre disposant d'un fort pouvoir de polarisation.
Plus de cinquante ans après les indépendances, le réseau urbain de la plupart des pays africains ne s'est guère amélioré. Il s'est développé un peu partout une armature urbaine déséquilibrée, une forme de macrocéphalie urbaine où la principale ville concentre tous les pouvoirs (démographique, socioéconomique et politique). On dirait que la grande ville portuaire, imbue de sa personne, s'est développée en ignorant ses affluents dont l’apport en eau est indéniable pour sa survie.
Le présent projet a tout d’abord pour but d'étudier les enjeux et les défis auxquels ces nouvelles métropoles font face, au regard des dynamiques socio-économiques et politiques à l'œuvre. Il s'agit de décrire les différentes composantes urbaines, et de faire une analyse mettant en évidence les mutations que l'on observe ici et là: expansion démo-spatiale et économique, multiculturalisme, crises et marginalisation socio-spatiale. Un accent particulier peut être mis sur les questions fondamentales : disponibilité et accès aux infrastructures socio urbaines de base sur le double plan quantitatif et qualitatif, accès au logement décent pour un plus grand nombre, mobilité intra urbaine, approvisionnement en eau, électricité et denrées alimentaires, sécurité en milieu urbain, questions environnementales, nuisances et désordres urbains etc. Les stigmates de la vieille ville coloniale mises en place à travers l'opposition ville blanche/ville africaine relèvent-elles du passé ou ont été remplacées par une nouvelle forme de ségrégation socio-spatiale? En tant que ville portuaire et industrielle de forte attractivité, il s'agit aussi d'étudier les transferts de populations à travers la dynamique des mouvements migratoires, les problèmes liés à la croissance périphérique et les enjeux fonciers associés, etc. La ville africaine est aujourd'hui à la croisée des chemins : faut-il envisager des efforts de ré-métropolisation en créant de nouveaux espaces, «ville nouvelle, ville du futur», comme certains l'on fait sans vraiment régler les problèmes? Quelles réponses "durables" pour de nombreux sans-emploi et sans abris, laissés-pour-compte de la "civilisation urbaine" qui survivent grâce à une animation intense qui règne dans les ruelles de la grande ville ? Quels modes de gouvernance et d'arbitrage institutionnel envisager pour la grande ville portuaire disloquée : creuset de peuples, de cultures et de croyances différentes certes, mais aussi d’affirmation politico-ethnique, lieu de d’exclusion socio-économique et de dégradation/ségrégation environnementale ? Autant de questions et bien d'autres qui doivent orienter notre réflexion pour mieux cerner la pertinence de cet important projet.
Il s’agit ensuite de situer la métropole portuaire d'Afrique noire dans sa région, à travers une analyse des influences et des interactions avec son hinterland plus ou moins proche. Si dans les pays du Nord, les périphéries des grandes villes portuaires sont perçues comme des espaces singuliers, ni ruraux, ni urbains et aux réalités socio-spatiales complexes, celles d'Afrique noire semblent aujourd’hui, avec les processus généraux liés à la métropolisation et à la mondialisation, être engluées dans une vaste et rapide dynamique de recomposition de leur structure économique, de leur organisation socio-spatiale, avec pour marqueurs essentiels l’urbanisation, la croissance et la mobilité de leurs populations, l’irruption de nouvelles divisions spatiales et stratifications sociales. Toutefois, de telles recompositions ne devraient aucunement camoufler la diversité des situations observables autour des villes portuaires d’Afrique noire, où à côté des pôles locaux de développement en constructions, bien de villes et campagnes peinent encore à décoller ou se transforment par exemple en base arrière de l'insécurité et en décharge de la grande ville.
Et enfin, dans le cadre de l'aménagement du territoire national, quel est l'apport de ces métropoles portuaires sur les petites et moyennes villes qui les entourent? Quel est l’apport du fait migratoire, des mythes, stratégies et logiques d'acteurs du développement? Quel est le rôle de l'organisation sociale et des dynamiques territoriales endogènes (socio-culture, cohésion sociale, attachement au terroir, dynamiques associatives et des organisations paysannes, migrants de retour, élites et pratiques territoriales multi scalaires etc.) dans les mutations différentielles à l’œuvre dans les localités péri métropolitaines des ville-ports d’Afrique noire ? Tout ce questionnement, avec son lot de bouleversements sociaux à venir, mérite des propositions de réponse objective.

Axes thématiques

1.Métropoles et villes portuaires d’Afrique noire : croissance et diversité, crises et gouvernabilité

2.Métropoles portuaires et territoires de l’hinterland : interactions, mutations et différentiations socio-économiques et spatiales

3.Perspectives stratégiques pour un développement durable des villes portuaires et leurs aires métropolitaines

Structuré de la sorte, cet appel à contributions privilégie une approche pluridisciplinaire: Sciences humaines, Sciences sociales et Sciences agronomiques. Il intéresse les Géographes, Historiens, Sociologues, Anthropologues, Economiste, Juristes et politologues, Architectes, urbanistes et Responsables de l'aménagement du territoire.

Instructions aux auteurs

Présentation générale du texte

Les contributions peuvent être rédigées en français ou en anglais. Elles seront accompagnées d’un résumé (français) et d’un abstract (anglais) de 400 mots. Les textes ne doivent pas excéder 15 pages (30 000 à 45 000 signes espaces compris au maximum) y compris la bibliographie et les annexes. Le corps du texte (style normal) doit être présenté sous format Word, extension doc, police Times New Roman, corps 12, interligne 1,5, marge 2,5. Il est préférable d’accepter les coupures de mots (deux consécutives). 

Page de garde

• Titre + sous titre (200 signes, espace compris);
• Nom et prénoms de l’auteur ou des auteurs;
• Institution de rattachement, adresse e-mail;
• Résumé (abstract) + 5 mots clés (Times New Roman, corps 11, interligne simple).

NB : Nous attirons l’attention des auteurs sur la qualité des traductions du titre, du résumé et des mots-clés.
Corps du texte, titres et sous-titres

Le corps du manuscrit comportera impérativement les éléments suivants :

- Plusieurs sections repérées par des titres, avec numérotation. Utilisez impérativement les styles de votre traitement de texte (styles "Titre 1", "Titre 2", etc.).
- Des paragraphes simples (style "Normal", par défaut).
- L'introduction et la conclusion doivent avoir un titre ("Introduction", "Conclusion(s)", ou autre intitulé) et avoir le style "Titre 1".
Si des éléments du chapitre ont déjà été présentés ou publiés ailleurs, le signaler en note de bas de page. 

Citations

Lorsqu’elles sont brèves, les citations doivent être insérées dans le corps du texte, entre guillemets français de préférence (Auteur, 2000 : p. 6). Si la citation est longue, c’est-à-dire qu’elle fait plus de trois lignes, on la fera figurer dans une forme particulière pour la faire ressortir.
Insertions dans le texte
Les "références bibliographiques" sont appelées dans le corps du texte sous forme d’une "note bibliographique ", et regroupées par ordre alphabétique en fin d'article dans la "Bibliographie". Situées dans le corps du texte, elles doivent se présenter sous la forme (Auteurs, date) avec le numéro de la page dans le cas de citation.

Exemples

- Un auteur : (Bruneau, 2005) ou (Bruneau, 2005: 38).
- Deux-trois auteurs : (Morin, Mainet, Di Méo, 2010)
- Plus de trois auteurs : (Chaléard et al., 2008)

• En cas de références successives à un même document : Si la référence est la même que la référence immédiatement précédente, on peut utiliser (id.) puis (ibid.), sinon on réitère la note (auteur) suivie de l'abréviation " op. cit. ".
• Plusieurs citations : les citations sont séparées par un point-virgule et classées par ordre chronologique.
Format des références bibliographiques
Les références bibliographiques représentent l’ensemble des documents effectivement exploitées et citées dans le texte. Ces références seront regroupées à la fin de l’article, classées par ordre alphabétique. Les références bibliographiques sont indiquées par le nom de famille de l’auteur, suivi d'une virgule puis de l'initiale de leur prénom :
- Bonassieux A (.1987) L'autre Abidjan: Chronique d'un quartier oublié, Karthala, Paris, 220 p.

Ouvrage 

Auteur. (Année entre parenthèses).Titre de l'ouvrage en italique. Ville de l'éditeur : Nom de l'éditeur. (Eventuellement Collection) Ex : Paulet J-P.(2009), Manuel de Géographie urbaine, , Armand Colin, Paris, 348 p.

Partie d'ouvrage 

Auteur de la partie. (Année) Titre de la partie. In Auteurs de l'ouvrage. Titre de l'ouvrage en italique (numéro d'édition). Pagination de la partie. Ville de l'éditeur: Nom de l'éditeur.
Ex : Tizon P. (1996) Qu'est-ce que le territoire? In Di Méo G.(Eds) Les Territoires au quotidien. pp. 17-34, Paris, L'Harmattan.

Article 

Auteur. (Année). Titre de l'article. Titre de la revue en italique. Volume, (Numéro), Pagination de l'article.
Ex : Tchawa P. (2007) Approche des dynamiques territoriales des Hautes Terres de l'Ouest par le modèle de la formation socio spatiale. Annales de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines, Volume 1, N°6, Nouvelle Série, 2007, Premier Semestre, pp 159-182.

Thèse, mémoire, etc.

Auteur. (Année) Titre en italique. Intitulé du diplôme, établissement universitaire.
Ex : Moupou M., (1991). L'organisation de l'occupation du sol en Pays Bamoun: Contribution de l'imagerie satellitaire à l'étude de la dynamique des paysages. Thèse de Doctorat-Nouveau Régime, Aix-en-Provence, 446 p. 

Rapport 

Auteur. (Année). Titre en italique. Références du rapport, Ville : Institution.
Ex : Laville A., Teiger C., & Duraffour J. (1972). Conséquences du travail répétitif sous cadence sur la santé des travailleurs et les accidents. Rapport n° 29, Paris: Laboratoire de Physiologie du Travail et d'Ergonomie, CNAM. 

Documents électroniques 

Il faut faire suivre la référence par l'adresse électronique du document et la date de consultation. Ex : Leplat, J. (2002). De l'étude de cas à l'analyse de l'activité. Pistes, 4(2). http://www.pistes.uqam.ca/v4n2/articles/v4n2a8.htm (consulté le 12 avril 2010)
Figures, Cartes et Tableaux
Si le texte comporte un ou des tableaux/figures, ceux-ci doivent être numérotés ("Tableau 1" ou ("Figure 1", etc.) et insérés dans le corps du texte. Chaque tableau ou figure doit être accompagné d’un titre, d’une légende en français ou en anglais avec mention de sources. S'agissant des figures, placer en dessous de la figure précédée de la source. Pour les tableaux, placer le titre au dessus et la source en dessous.
Les tableaux et figures seront présentés en mode "portrait" comme l'ensemble du texte. Les auteurs sont donc priés de limiter le nombre et la largeur des colonnes afin que les tableaux et figures puissent être présentés de manière lisible sur un format A4. Par ailleurs, les illustrations devront être en noir et blanc et non en couleur. 

Présentation des auteurs

Chaque auteur accompagnera son texte d’une courte biographie contenue dans un autre fichier et indiquant les informations suivantes : Nom et Prénom, discipline académique, Titre académique, institution d’affiliation, téléphone et email.

Calendrier

Les résumés, en français ou en anglais, seront à envoyer

avant le 31 mai 2015.

Ils devront présenter, outre le contexte et la problématique, les objectifs, la méthodologie et les principaux résultats attendus. Ces résumés seront évalués par le comité scientifique et les auteurs des communications seront informés de la décision fin juin 2015. Les textes des communications retenues devront parvenir avant le 31 août 2015 et l’ouvrage sera publié en mi-novembre 2015. 

Comité scientifique

  •  Assako Assako René Joly, Professeur, Université de Yaoundé I
  •  Mainet Guy, Professeur Emérite, Université de Bordeaux 3
  •  Priso D. Dickens, Maître de Conférences, Université de Yaoundé I
  •  Tchawa Paul, Professeur, Université de Yaoundé I
  •  Morin Serge, Professeur Emérite, Université de Bordeaux 3
  •  Lambi Cornelius, Professeur, Université de Buéa
  •  Mbaha Joseph Pascal, Chargé de Cours, Université de Douala
  •  Nguendo Yongsi Blaise, Chargé de Cours, Université de Yaoundé II, IFORD
  •  Christopher Bryant, Professeur, Université de Montréal
  •  Dongmo Jean Louis, Professeur Emérite, Université de Yaoundé I
  •  Abwa Daniel, Professeur, Université de Yaoundé I
  •  Dikoumè Albert François, Maître de Conférences, Université de Douala
  •  Kengne Fodouop, Professeur, Université de Yaoundé I
  •  Kueté Martin, Professeur, Université de Dschang
  •  Tsalefac Maurice, Professeur, Université de Yaoundé I
  •  Lieugomg Médard, Maître de Conférences, Université de Yaoundé I
  •  Moupou Moïse, Maître de Conférences, Université de Yaoundé I
  •  Elong Joseph Gabriel, Professeur, Université de Douala
  •  Mbonji Edjenguele, Professeur, Université de Yaoundé I
  •  Tchotsoua Michel, Professeur, Université de Ngaoundéré
  •  Yapi Diahou Alphonse, Professeur, Université de Paris 8
  •  Ngo Balepa Aurore Sarah, Maître de Conférences, Université de Douala
  •  Evina Akam, Maître de Conférences, Université de Yaoundé II, IFORD
  •  Gnassogbo Kwami Gabriel, Professeur, Université de Lomé
  •  Bopda Athanase, Professeur à l’université du Havre et maître de recherche à l’Institut National de cartographie du Cameroun
  •  Nemb Pierre Samuel, Maître de Conférences, Université de Maroua
  •  Mimche Honoré, Maître de Conférences, Université de Yaoundé II, IFORD
  •  Ndi Humphrey Ngala, Maître de Conférences, Université de Yaoundé I
  •  Simeu Kamdem Michel, Directeur de Recherches, Institut National de Cartographie
  •  Zambo Belinga, Professeur, Université de Yaoundé I

Contacts

Les propositions de résumés ou d’articles doivent être soumises via l’une des adresses suivantes :

  • PRISO D. Dickens : Maître de Conférences, Département de Géographie, Ecole Normale Supérieure, Université de Yaoundé I, didapriso@yahoo.fr;Groupe de Recherche sur les Villes d’Afrique (GREVA).
  • MBAHA Joseph Pascal : Chargé de Cours; Département de Géographie; Université de Douala; pascal_mbaha@yahoo.fr; Groupe de Recherche sur les Villes d’Afrique (GREVA).
  • Dr. NDOCK NDOCK Gaston : Assistant; Département de Géographie; Ecole Normale Supérieure; Université de Yaoundé I; nndock@yahoo.fr; Groupe de Recherche sur les Villes d’Afrique (GREVA). 

Lieux

  • Laboratoire Villes-Environnement-Santé (LaVES)
    Yaoundé, Cameroun

Dates

  • dimanche 31 mai 2015

Mots-clés

  • métropolisation, polarisation, multiculturalisme, crises, gouvernance urbaine, territoire, développement régional

Contacts

  • Joseph Pascal MBAHA
    courriel : pascal_mbaha [at] yahoo [dot] fr
  • Daniel Dickens PRISO
    courriel : didapriso [at] yahoo [dot] fr
  • Gaston NDOCK NDOCK
    courriel : nndock [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Joseph Pascal MBAHA
    courriel : pascal_mbaha [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Métropoles portuaires et territoires de l'hinterland en Afrique subsaharienne », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 28 avril 2015, http://calenda.org/326475