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Le politique en terre d'islam

Pensée, modèles, lieux

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Publié le lundi 11 mai 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Le politique et le religieux durant 15 siècles n'ont jamais cessé de s'enchevêtrer. On constate une perpétuelle confusion des discours et des concepts chez les auteurs musulmans classiques ou modernes entre religion et construction politique, entre « politique » et éthique, entre charî'a et démocratie. Les concepts de constitution, liberté, citoyenneté sont encore à chercher dans les écrits religieux contemporains. Comment cerner les différents usages de « siyāssa », « tadbīr », politique ou gouverner ? Une étude sémantique est privilégiée pour mieux saisir l’évolution de la gestion de la chose publique à travers le vocabulaire utilisé à chaque période et dans chaque région. Repenser les fondamentaux de « l'ancien » vocabulaire politique islamique et mettre en lumière l’influence de la modernité sur la pensée et la pratique politiques musulmanes. Des conclusions sur l’islam et la démocratie seraient incontournables.

Annonce

Argumentaire

À peine le prophète Muhammad s’est installé à Médine, après la courte période mecquoise marquée par le prosélytisme, qu’il s’est mis à commander les croyants et à organiser la vie communautaire dans cette ville. La daʿwa n’est plus pacifique, parfois l’organisationnel prime sur le spirituel. le politique est là : la deuxième année de l’hégire est surnommée « sanatu al-ʾamr » ( L’année du commandement), la neuvième est « sanatu al-wufūd » ( l’année des  députations )  en rapport avec les représentants des tribus  qui sont venus  à Médine  non seulement   pour exprimer  leur reconnaissance de la nouvelle religion  mais aussi pour présenter  leur allégeance  au nouveau pouvoir. Avec al-ridda, on peut dire que la raison de l’Etat avait pris le pas sur les solutions religieuses. Désormais, on assiste à une inévitable interpénétration   entre les préceptes de la nouvelle religion et les contraintes de l’organisation sociale voire politique.  Cette rencontre semble continuer à se reproduire jusqu’au 19ème siècle et même d’être une conviction chez certains jusqu’aujourd’hui. L’imbrication  du politique et du religieux,qui parfois se manifeste sous la forme d’ opposition, fut véhiculée, des siècles durant, dans les sources narratives, littéraires,  ou de fiqh et surtout les traités politiques.

Force est de constater une perpétuelle confusion  des discours et des concepts chez les auteurs  musulmans classiques ou modernes entre religion et construction politique, entre « politique » et éthique,  entre šarīʿa et démocratie ou entre « peuple » et nation…. Unepléiaded’écrits vit le jour depuis au moins le 2ème  siècle de l’hégire/ 8ème  jusqu’au 13ème h/ 19ème siècle lorsque, enfin, apparurent  les véritables manuels tel « Aqwamu al-masālik » de Kheir Eddine at-Tūnussi qui a le mérite d’être le premier à utiliser un jargon jusqu’alors inconnu des musulmans, et des élites musulmanes tels  les concepts de  «  constitution », « révolution » ou «  libertés ». Le mot « šaʿb » (peuple), ne remplacera le terme «  milla » qu’au 20ème siècle. La citoyenneté est encore à chercher dans les écrits de la fin de ce même siècle.

En proposant ce colloque nous voudrions suivre de près l’évolution de la pensée politique en terre d’Islam. Comment les musulmans à travers les âges et dans les différentes aires ont  pensé la chose politique ? Comment ce politique fut directement ou indirectement pensé ? Lekalām était –il à l’origine des discussions ou débats politiques ? Quand est-ce que  le terme « siyāssa »    ou «  tadbīr » fut inventé ? quand est-ce qu’on l’a utilisé comme équivalent du terme «  politique » ( dans le sens grec ou occidental)?

Axes thématiques

Tout en évitant de disserter sur les formes et manières de transition des pouvoirs, les formes de gouvernement, les institutions et leur évolution ou l’ordre social et politique dans le monde musulman. Nous voudrions nous interroger  sur les questionnements suivants :

Axe 1 : signification de la « siyāssa » ou « tadbīr »

Tout d’abord,  il serait important de repérer  les usages du mot « siyāssa », son évolution  et ses significations à travers les âges et les différentes aires islamiques.

Axe 2 : L’art de gouverner d’après les sources musulmanes

Les propositions  peuvent également s’inscrire dans la relecture des œuvres et manuels se rapportant à l’art de gouverner, ou les miroirs des princes et les œuvres qui font l’apologie de  «  la sagesse et la morale politique qui conduit au bon gouvernement ou à  la cité vertueuse », tout en essayant de mettre en exergue les influences persanes, hellénistiques ou hindoues .

Axe 3 : discours politiques

On se penchera aussi sur l'analyse du ou des discours politiques s’il y en a. On se demandera, aussi, dans quelle mesure et comment les sources musulmanes avaient exprimé la codification des règles et formes de gouvernement ? Qu’en est-il de la pyramide de Ghazāli : la religion (ad-dīn), le roi (al-malik), l’armée (al-ǧund), l’argent ( al-māl), la prospérité  du pays ( ʿimāratū al-bilād ) et la justice ( al-ʿadl) ? Peut-on parler de règles contractuelles entre gouverneurs et gouvernés ou bien la règle est toujours : les droits s’acquièrent par la force et seront toujours protégés par cette même force?

Axe 4 : Vocabulaire politique

Une étude sémantique est privilégiée pour mieux saisir l’évolution de la gestion de la chose publique à travers le vocabulaire utilisé à chaque période et dans chaque région.On pourrait , d’autre part, repenser les fondamentaux de "l'ancien" vocabulaire islamique  tels que "ǧihād", "choura" etc…

Axe 5 : islam et modernité

Enfin, il serait utile de mettre en lumière l’influence de la modernité sur la pensée et la pratique politiques  musulmanes. Des conclusions sur l’islam et la démocratie seraient incontournables. Par ailleurs on privilégiera   les approches sur les enjeux sociétaux actuels qui interpellent les chercheurs et les "poussent" à les repenser autrement.

Conditions de soumission

Langues du colloque : arabe - français -anglais. Toute communication orale dans l’une de ces langues doit être appuyée par un résumé dans l’une des deux autres langues.

Les projets d’intervention devront être envoyés sous la forme suivante :

1. Nom et prénom de l’intervenant(e)
2. Adresse électronique
3. Etablissement de rattachement
4. Statut (enseignant – chercheur, doctorant, formateur, administrateur)
5. Titre de la communication
6. Langue de la communication
7. Axe thématique choisi (précisez le n°)
8. Résumé de l’intervention de 300 ou 400 mots comportant les mots-clefs, la problématique étudiée, la méthodologie de recherche, des éléments de conclusion.
9. Bibliographie sélective

La date limite d’envoi des résumés d’intervention est prolongée au 30/06/2015.

Ils doivent nous parvenir à l'adresse électronique suivante :

  • carep.tn@gmail.com

Toute demande d'information doit être adressée à:

  • henda.carep@gmail.com
  • ayariadel.1963@gmail.com

Le comité scientifique notifiera les résultats des évaluations le 20/07/2015

La date limite des soumissions des articles finis: 15/09/2015

Le colloque se tiendra les 8-9-10/Octobre 2015.

Les actes du colloque seront publiés ultérieurement. 

Pour les participants intervenants

Prise en charge du transfert aéroport-hôtel-aéroport, de l’hébergement et de la restauration pour 4 nuitées (7-8-9-10/Oct/2015). Tous les extras sont à la charge du participant.

La présence des participants tout au long des travaux du colloque est fort recommandée.

Comité scientifique

  • JADLA Ibrahim professeur d'histoire médiévale, directeur du laboratoire ESICMED ( études, savoirs , institutions culturelles en méditerranée), enseignant chercheur à la faculté des lettres et des humanités de Mannouba université de la Mannouba
  • BEN HAMMADI Omar professeur d'histoire médiévale,enseignant chercheur à la faculté des lettres et des humanités de Mannouba université de la Mannouba
  • HANNACHI Abdellatif professeur d'histoire contemporaine, enseignant chercheur à la faculté des lettres et des humanités de Mannouba université de la Mannouba
  • KCHAOU Mounir professeur de philosophie politique, enseignant chercheur à la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis université de Tunis
  • MABROUK Mehdi sociologue (spécialité l'immigration) maitre de conférences enseignant chercheur  à la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis université de Tunis; Directeur du centre arabe des recherches et de l'étude des politique (CAREP) Tunis.

Lieux

  • 10 rue Tanit Notredame
    Tunis, Tunisie

Dates

  • mardi 30 juin 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • islam, pensée, gouverner, démocratie, siyāssa, tadbīr

Contacts

  • Henda Ghribi
    courriel : carep [dot] tn [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Henda Ghribi
    courriel : carep [dot] tn [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le politique en terre d'islam », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 11 mai 2015, http://calenda.org/326974