AccueilÉmotions et migrations

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Publié le mardi 12 mai 2015 par João Fernandes

Résumé

La prise en compte des émotions au cours du processus migratoire permet d’accéder à l’intime du sujet, à sa subjectivité, et donc de comprendre ce que signifie pour le / la migrant /e la situation dans laquelle il / elle se trouve, ce qu’il / elle a vécu. Cette perspective permet d’analyser les pratiques transnationales sous un nouveau jour. Néanmoins, une approche plus spécifique des émotions per se (émotions ressenties, exprimées, négociées, partagées, transmission générationnelle, etc.) est nécessaire. Cette journée constituera donc l’occasion de faire avancer notre compréhension sur la place des émotions au sein du processus migratoire et d’aborder un thème encore relativement inexploré dans la recherche académique française.

Annonce

Argumentaire

Dans le champ de la sociologie des migrations, les émotions n’ont pas été analysées de manière systématique. Néanmoins, certains chercheurs en sciences sociales mentionnent le fait que les migrants peuvent se trouver dans une ambivalence de sentiments entre « ici » et « là-bas » et ce dès le début de la sociologie des migrations, comme en témoignent les travaux de William Thomas et Florian Znaniecki (1918), Robert E. Park (1928), Roger Bastide (1970), Robert K. Merton et Elinor Barber (1976) ou encore de Muhammad Anwar (1979) pour n’en citer que quelques-uns. Pour ces auteurs, les émotions ne sont pas à prendre en compte en tant que phénomènes pathologiques mais comme phénomènes sociaux. Les émotions exprimées et ressenties par les migrants dépendent en effet des raisons à l’origine de leur départ, de leurs objectifs et de leurs aspirations selon leurs appartenances sociales.

Au cours des années 2000, les recherches relatives aux phénomènes migratoires ont pris un nouveau tournant et ont analysé plus spécifiquement la migration des femmes et la transformation des familles à un niveau transnational. Certains travaux de recherche ont ainsi souligné de manière plus précise le caractère genré des émotions et le fait que les femmes, après la migration, peuvent éprouver de la culpabilité et de la tristesse (Aranda, 2006 ; Baldassar, 2010 ; Vermot, 2013). Les recherches faites sur leurs enfants restés dans le pays d’origine parlent de leur confusion, apathie et de leur colère de grandir sans leur mère (Salazar Parreñas 2005). Dans cette perspective, les pratiques transnationales ont été décrites comme des pratiques de genre (Svašek, 2008) et des pratiques émotionnelles  (Skribs, 2008) permettant la formation de liens familiaux transnationaux. Enfin, la transmission de l’amour romantique et filial a été largement documentée (Halua-lani, 1995 ; Ordóñez, 1997 ; Robinson, 1996 ; Scholes, 1999 ; Constable, 2003 ; Shah, 2006 ; Lyons & Ford, 2008).

La prise en compte des émotions au cours du processus migratoire permet d’accéder à l’intime du sujet, à sa subjectivité, et donc de comprendre ce que signifie pour le/la migrant/e la situation dans laquelle il/elle se trouve, ce qu’il/elle a vécu. Cette perspective permet d’analyser les pratiques transnationales sous un nouveau jour. Néanmoins, une approche plus spécifique des émotions per se (émotions ressenties, exprimées, négociées, partagées, transmission générationnelle, etc.) est nécessaire. Cette journée constituera donc l’occasion de faire avancer notre compréhension sur la place des émotions au sein du processus migratoire et d’aborder un thème encore relativement inexploré dans la recherche académique française.

Programme 

10h00-10h15 : Accueil

10h15-10h30 : Introduction

10h30-12h00

  • Lois Bastide - Université de Genève - Suisse : « Affects et subjectivation politique: migrations, travail et résistances entre Java, Kuala Lumpur et Singapour »
  • Anne-Marie Fortier - University of Lancaster - Royaume-Uni : « Citizenship attribution and the psychic life of policy »
  • Alberto Martin Perez - Universitat de Barcelona - Espagne : « Enjeux de l'interprétation du droit de la nationalité par le Tribunal Suprême d'Espagne: une analyse socio-émotionnelle »

12h00-12h30 : Questions et débat

Modérateur : Frédéric Piantoni - Université de Reims - Champagne Ardennes - France 

12h30-14h00 : Déjeuner 

14h00-16h00

  • Laura Merla - Université catholique de Louvain - Belgique : « La relation dialectique entre distance/proximité géographique et émotionnelle »
  • Ala Sirriyeh - Keele University - Royaume-Uni : « All You need is love and £18,600': Governing transnational families »
  • Cécile Vermot - Université Paris Descartes - France : « Le sentiment amoureux au cœur de la migration : amour et des-amour des migrants argentins à Miami et à Barcelone »
  • Marina Ariza - UNAM - Mexique : « Shame, pride and humiliation: emotional counterpoints in the experience of female labor migration»

16h00-16h30 : Questions et débat. 

Modératrice : Dorothée Serges Garcia – GTM-CRESPPA de l’Université Paris Ouest-Nanterre et de l'Institut National d'Etudes Démographiques (Ined) – France 

16H30-16H45 : Clôture. 

Organisation

  • Cécile Vermot
  • UMR CEPED, axe Migrations, Circulations, Parcours

Date et lieu

Vendredi 12 juin 2015
45 rue des Saints Pères, 75006 Paris
Salle des thèses - 5ème étage - Bâtiment Jacob

 

Lieux

  • Salle des thèses, 5e étage, Bâtiment Jacob - 45 rue des Saints Pères
    Paris, France (75006)

Dates

  • vendredi 12 juin 2015

Mots-clés

  • émotion, migration, représentation

Contacts

  • Cecile Vermot
    courriel : cecilevermot [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Cecile Vermot
    courriel : cecilevermot [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Émotions et migrations », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 12 mai 2015, http://calenda.org/328025