AccueilGéographie historique du Japon d’Edo et de ses héritages

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Publié le vendredi 29 mai 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Ce numéro spécial de la Revue de géographie historique abordera la période d'Edo à la fois sous l’angle de son héritage que sous l’angle d’une étude des mécanismes politiques, culturels et spatiaux de l’époque en insistant sur ses paradoxes. Les propositions pourront étudier des cas précis ou proposer des études plus larges et comparatives.

Annonce

Argumentaire

Pendant plus de deux siècles, de 1630 à 1853 lors de la période dite d’Edo (1603-1868), le Japon s’est fermé au monde extérieur, retiré d’une histoire globale qui se mettait en place sous l’impulsion des Etats européens. Par une série de mesures politiques limitant les échanges avec l’extérieur (interdiction d’émigrer, de construire des bâtiments de haute mer, interdiction aux étrangers de pénétrer dans l’archipel sauf dans les enclaves prévues à cet effet,…), le Japon a assuré son indépendance autant qu’il a permis la maturation de pans entiers de sa culture. Ce choix historique, exceptionnel dans l’histoire mondiale, a été favorisé par l’insularité du pays et sa localisation à l’extrémité des routes commerciales, mais aussi par la récente unification politique de l’archipel faisant suite aux guerres féodales qui avaient marqué l’ensemble du XVIe siècle. Il a permis une longue ère de paix et de stabilité, des progrès techniques et pré-scientifiques dans tous les domaines, mais il a aussi entrainé une diminution de la connaissance du monde qui continue, d’une certaine manière, à caractériser la société japonaise actuelle.

Plus d’un siècle et demi après l’ouverture forcée du Japon par les navires de guerre américains et le choix d’une modernisation à l’occidentale, que reste t-il d’Edo ? Quelle peut être la signification géohistorique de cette période qui a non seulement profondément marqué la géographie de l’archipel japonais mais aussi sa culture ? Comment interpréter le choix radical des Tokugawa ? Puisqu’il fallait légitimer la restauration impériale, la modernité du Japon lors de l’ouverture de la seconde moitié du XIXe siècle s’est pensée et a été pensée en rupture avec la culture d’Edo et ses héritages, toutefois l’historiographie récente redécouvre les formidables possibilités de cette période où les clefs du spectaculaire développement du pays étaient déjà présentes. Ainsi, malgré les changements radicaux de l’ère Meiji, bien des aspects de la culture d’Edo ont continué à vivre et à se diffuser dans l’ensemble des couches de la société au point d’être aujourd’hui considérés comme traditionnels. Edo correspond pour le Japon à une mise en retrait mais certainement pas à une mise entre parenthèses de son histoire. Ses héritages géographiques restent importants : la double polarité entre la Kantō et le Kansai née du choix d’une nouvelle capitale à l’Est, le réseau urbain ainsi qu’une grande partie des limites administratives actuelles ont pris naissance pendant le règne des Tokugawa.

Ce numéro spécial de la Revue de Géographie Historique abordera la période à la fois sous l’angle de son héritage que sous l’angle d’une étude des mécanismes politiques, culturels et spatiaux de l’époque en insistant sur ses paradoxes. Le gouvernement d’Edo était en effet un pouvoir fort mais aussi décentralisé. Comment ce pouvoir basé sur une élite guerrière a-t-il pu maintenir aussi longtemps la paix sur un pays récemment unifié ? Dans ce monde borné et codifié, quelle était la vision des frontières et le rôle des marges du pays ? Quelles ont été les ruptures et les continuités de la période ? Pourquoi un effondrement aussi brutal ?

Modalités de soumission

Les propositions en français ou en anglais, de 35 000 signes au maximum, pourront étudier des cas précis ou proposer des études plus larges et comparatives. Elles sont à adresser à la revue

jusqu’au 1er décembre 2015

à l’adresse PBoulanger1@gmail.com ainsi qu’au directeur du numéro spécial, Nicolas Baumert baumert@ilas.nagoya-u.ac.jp.

Les consignes aux auteurs sont disponibles sur le site de la revue http://rgh.univ-lorraine.fr/editorialines/recommandations.

Modalités d'évaluation

Les propositions seront évaluées par deux relecteurs issus du comité éditorial et du comité scientifique.

Comité éditorial

  • Philippe BOULANGER (Professeur des Universités, Université Paris VIII)
  • Michel DESHAIES (Professeur des Universités, Université de Lorraine)
  • Eric FOUACHE (Professeur des Universités, Université Paris-Sorbonne)
  • Jean-Robert PITTE (Professeur des Universités, Université Paris-Sorbonne)
  • Xavier ROCHEL (Maître de conférences, Université de Lorraine)
  • Jean-René TROCHET (Professeur des Universités, Université Paris-Sorbonne)
  • Nicola TODOROV (Enseignant et docteur de l'Université, Université de Rouen)

Comité scientifique

  • Fabrice D'ALMEIDA (Professeur des Universités en histoire contemporaine, Université Paris2-Assas)
  • Jean-Paul AMAT (Professeur des Universités, Université Paris-Sorbonne)
  • Alan BAKER (Emmanuel College Cambridge, Angleterre)
  • Nicolas BAUMERT (Maître des conférences, Université de Nagoya, Japon)
  • Philippe BOULANGER (Professeur des Universités, Université de Paris VIII)
  • Michael BROERS (Professeur des Universités en histoire moderne, Université d'Oxford, Angleterre)
  • Claudio CERRETI (Professeur des Universités, Université de Rome 3)
  • Paul CLAVAL (Professeur émérite des Universités, Université Paris-Sorbonne)
  • François CHARMONT (doctorant à l'Université Paris-Sorbonne, Conseiller du Président de l’Assemblée nationale, en charge des affaires parlementaires)
  • Géraldine DJAMENT-TRAN (Maître de conférences, Université de Strasbourg)
  • Frédérick DOUZET (Maître de conférences HDR, Institut français de géopolitique, Université Paris 8 Saint-Denis)
  • Gérard-François DUMONT (Recteur d'académie, Professeur des Universités, Université Paris-Sorbonne)
  • Sylvaine FASSIER-BOULANGER (Maître de conférences, Université Paris-Sorbonne)
  • Olivier FORCADE (Professeur des Universités en histoire contemporaine, Université Paris-Sorbonne)
  • Christian GRATALOUP (Professeur des Universités, Université Paris 7-Didérot)
  • Christian HUETZ DE LEMPS (Professeur émérite des Universités, Université Paris-Sorbonne)
  • Jean-Pierre HUSSON (Professeur des Universités, Université de Lorraine)
  • Vincent MARCILLAC (PRCE, IUFM-Université de Cergy-Pontoise)
  • Guillaume NIZIERS (Conservateur des bibliothèques, Bibliothèque interuniversitaire Cujas, Paris)
  • François PERNOT (Professeur des Universités en histoire moderne, Université de Cergy-Pontoise)
  • Jean-Yves PUYO (Professeur des Universités, Université de Pau)
  • Magali REGHEZZA (Maître de conférences, Ecole normale supérieure-Ulm)
  • Nancy de RICHEMONT (Maître de conférences, Université de Montpellier)
  • Xavier ROCHEL (Maître de conférences, Université de Lorraine)
  • Henri ROUGIER (Professeur des Universités, Université de Lyon 3)
  • Marc SAINT-HILAIRE (Professeur des Universités, Université de Laval, Québec, Canada)
  • Winfried SCHENK (Professeur des universités, Université de Bonn, Allemagne)
  • Nicola TODOROV (Enseignant et docteur de l'Université, Université de Rouen)

Dates

  • mardi 01 décembre 2015

Mots-clés

  • géographie historique, Edo

Contacts

  • Nicolas Baumert
    courriel : baumert [at] ilas [dot] nagoya-u [dot] ac [dot] jp

URLS de référence

Source de l'information

  • Nicolas Baumert
    courriel : baumert [at] ilas [dot] nagoya-u [dot] ac [dot] jp

Pour citer cette annonce

« Géographie historique du Japon d’Edo et de ses héritages », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 29 mai 2015, http://calenda.org/329302

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