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Contact de langues : situations, représentations, réalisations

XVIIIe Rencontres jeunes chercheurs en sciences du langage

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Publié le lundi 01 juin 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Introduite par U. Weinreich (1953), la notion de contact de langues inclut toute situation dans laquelle une présence simultanée de deux langues affecte le comportement langagier d’un individu (Moreau, 1997) ou d’une communauté linguistique. Elle est au cœur du changement et de la variation linguistiques, en diachronie comme en synchronie et s’inscrit dans des espaces aux frontières mouvantes, variables au gré des migrations, mais aussi des ouvertures et des fermetures économiques, culturelles ou des projets politiques (colonisation, domination culturelle extérieure...). Il sera possible d’envisager les rapports et interférences entre langues, d’une part, et entre variétés d’une même langue, d’autre part, d’un point de vue synchronique ou diachronique.

Annonce

Argumentaire

Introduite par U. Weinreich (1953), la notion de contact de langues inclut toute situation dans laquelle une présence simultanée de deux langues affecte le comportement langagier d’un individu (Moreau, 1997) ou d’une communauté linguistique. Elle est au cœur du changement et de la variation linguistiques, en diachronie comme en synchronie et s’inscrit dans des espaces aux frontières mouvantes, variables au gré des migrations, mais aussi des ouvertures et des fermetures économiques, culturelles ou des projets politiques (colonisation, domination culturelle extérieure...). Il sera possible d’envisager les rapports et interférences entre langues, d’une part, et entre variétés d’une même langue, d’autre part, d’un point de vue synchronique ou diachronique.

Ces dernières années, les recherches sur le contact de langues se sont multipliées dans une perspective méthodologique et épistémologique renouvelée, fondée sur la prise en compte de la variabilité et un ancrage des faits linguistiques dans les réalités matérielles (Nicolai, 2007). Ces travaux se situent aux antipodes de ceux réalisés au courant du XIXe siècle, qui écartent l’idée même de langues en contact pour se concentrer sur les liens de filiation d’une langue à une autre (Tabouret-Keller, 1988). Les 18èmes Rencontres Jeunes Chercheurs proposent d’aborder ce domaine à travers trois notions complémentaires : situations, représentations, réalisations.

Aborder le “contact de langues” implique l’observation et la description empirique de situations institutionnelles, socio-professionnelles ou familiales, de situations d’apprentissage de langues étrangères ou d’acquisition dans des contextes de plurilinguisme ou de diglossie. La notion est également profondément ancrée dans la psycholinguistique : la maîtrise de plusieurs langues a un impact sur la structure du cerveau et les processus cognitifs. Le terme “situation” est à comprendre ici au sens large et peut référer à des dimensions collectives comme individuelles. On pensera par exemple aux langues régionales ou au choix d’une langue d’écriture par les écrivains plurilingues.

Le contact de langues s’insère aussi dans la tension entre prescription et description linguistique. Il s’agira de s’intéresser aux représentations sociales et métalinguistiques de ces langues en contact que les locuteurs, de même que les linguistes et les grammairiens eux-mêmes, construisent et véhiculent à partir de leur jugement. L’étude du contact de langues invite ainsi à interroger les processus de construction identitaire et à revenir sur des notions telles que “insécurité linguistique” ou “communautés imaginées” (Anderson, 1983).

Les réalisations qui relèvent du contact de langues sont elles aussi multiples. Ce sont en effet des productions langagières hybrides, que l’on peut saisir à la fois sur le plan collectif, comme dans le cas des emprunts, des créoles ou des pidgins, et sur le plan individuel, à travers les interférences (phoniques, syntaxiques, lexicales), en partie dues aux transferts entre les différentes langues que connaît le locuteur. Dans ce contexte s’inscrivent aussi l’alternance codique et, dans le domaine de l’acquisition et de la didactique, les interlangues. La diversité de ces réalisations apporte un nouvel éclairage sur les typologies linguistiques existantes. Elle pose également question dans le domaine du traitement automatique des langues, où les corpus plurilingues font naître des questionnements méthodologiques nouveaux, qui diffèrent de ceux posés par les corpus unilingues. De même, la traduction peut être comprise comme une des formes possibles de réalisation du contact de langue ; or les traducteurs doivent eux aussi résoudre des difficultés pratiques et théoriques liées aux langues qu’ils mettent en contact ou qui se trouvent en contact dans les textes qu’ils traduisent (Ballard, 2006).

Autant d’approches théoriques qui permettent de réunir des chercheurs en sciences du langage autour d’une problématique commune, et de réfléchir à la place de cette discipline dans les sciences humaines. Les participants pourront considérer les langues sous tous leurs media (oral, écrit, langue des signes).

Références

  • ANDERSON Benedict (1983), Imagined Communities: Reflections on the Origin and Spread of Nationalism, Londres: Verso.
  • BALLARD Michel (2005-2006) (dir.), La traduction, contact de langues et de cultures, 2 vol., Arras: Artois Presses Université.
  • MOREAU Marie-Louise (1997), Sociolinguistique. Concepts de base, Bruxelles: Mardaga.
  • NICOLAI Robert (2007), « Le contact des langues : point aveugle du ‘linguistique’ », Journal of Language Contact, Evolution of languages, contact and discourse, Thema n° 1: 1-10.
  • TABOURET-KELLER Andrée (1988), « Contacts de langues : deux modèles du XIXème siècle et leurs rejetons aujourd'hui », Langage et société, n° 43: 9-22.
  • WEINREICH Uriel (1953), Languages in contact, findings and problems, New York: Linguistic Circle of New York.

Le colloque est ouvert à tous : masterants, doctorants, jeunes chercheurs...
Entrée libre en fonction des places disponibles.
Une attestation de présence sera remise aux participants.

Conférenciers invités

  • Robert Nicolaï
  • Valérie Spaëth

Programme

Jeudi 11 juin 2015

09h00 : Accueil – petit déjeuner
 
09h30 : Ouverture, Dan Savatovsky, directeur de l’école doctorale 268
 
09h45 - 10h45 : Conférence plénière, Robert Nicolaï (Institut universitaire de France et Université de Nice, Laboratoire Histoire des théories linguistiques), Contact des langues: vulgate et doxa / perspectives et prospectives
 
10h45 - 11h00 : Pause café
 
11h00- 12h30 : Langues en danger, présidé par Samia Naïm 
  • 11h00 - 11h30 : Swintah Danielsen & Noé Gasparini (Universität Leipzig, Germany & Université Lumière - Lyon 2, France), Discovering two almost dead languages in Bolivia: Jora and Guarasu
  • 11h30 - 12h00 : Lena Terhart (Universität Leipzig, Germany), Paunaka strategies of loan verb integration
  • 12h00 - 12h30 : Yliana Rodriguez (Universidad de la República, Montevideo, Uruguay), Vestiges of an Amerindian-European language contact : Guarani loanwords in Uruguayan Spanish
12h30 - 14h00 : Déjeuner
 
14h00 - 15h30 : Approches morphosyntaxiques, présidé par Carmen Ballestero de Celis
  • 14h00-14h30 : Ophélie Gandon (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, France), Convergence areas in the Causasus-Western Iran area concerning the relativization strategies
  • 14h30-15h00 : Ariel Gutman (Universität Konstanz, Germany), Can pattern replication be easily established ? The case of Neo-Aramaic Neo-construct
  • 15h00-15h30 : Isabel Alvarado (Université Aix-Marseille, France), Acquisition du français L3 en contexte universitaire chilien : rôle des langues sources
15h30 - 16h00 : Pause café
 
16h00 - 17h30 : Espagnol en contact, présidé par Justino Gracia-Barrón
  • 16h00 – 16h30 : Marco Stefanelli (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, France), Marques d’extranéité linguistique dans l’interférence lexicale de l’espagnol en italien
  • 16h30 – 17h00 : Isabel Briales (Universidad Pablo de Olavide, Spain), Du ch’timi à l’espagnol : Le cas de la traduction de « biloute » et « wassingue »
  • 17h00 – 17h30 : Jessica Lopez-Espino (New York University, USA), English vs. Spanglish : Language Contact in East Los Angeles

Vendredi 12 juin 2015

09h00 - 11h00 : Approches didactiques, présidé par José Ignacio Aguilar Rio
  • 09h00 - 09h30 : Muzna Awayed-Bishara (Haifa University, Israel), EFL Materials in Israel : A Means of Reproduction of Change ?
  • 09h30 – 10h00 : Selda Araz (Université de Rouen, France), Enseignement optionnel du kurde en Turquie : étude de cas dans la région de Batman
  • 10h00- 10h30 : Paola Andréa Gamboa Diaz-Bourrois (Université Sorbonne Nouvelle –Paris 3, France), Dimension interculturelle de l’enseignement des langues étrangères en Colombie
10h30 - 11h00 : Pause café
 
11h00 - 12h00 : Approches phonologiques, présidé par Naomi Yamaguchi
  • 11h00 – 11h30 : Jane Wottawa (Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, France), L’influence du français L1 sur la prononciation de l’allemand
  • 11h30 - 12h00 : Nayim Medina (Universidad Pública de Navarra, Spain), Contact-Induced Change ? Basque lisp in Navarre
12h00 – 13h00 : Conférence plénière, Valérie Spaëth (Université Sorbonne Nouvelle, Laboratoire DILTEC), Contacts de langues : histoire et tensions en didactique du FLE

Comité scientifique

  •  Martine ADDA DECKER
  •  José Ignacio AGUILAR RIO
  •  Angélique AMELOT
  •  Nicolas AUBRY
  •  Nicolas AUDIBERT
  •  Michelle AUZANNEAU
  •  Eric BEAUMATIN
  •  Irmtraud BEHR
  •  Violaine BIGOT
  •  Philippe BOULA DE MAREUIL
  •  Maria CANDEA
  •  Jean-Louis CHISS
  •  Francine CICUREL
  •  Matteo DE CHIARA
  •  Geneviève DE WECK
  •  Jeanne-Marie DEBAISIEUX
  •  Didier DEMOLIN
  •  Christine DEPREZ
  •  Serge FLEURY
  •  Jean-Marie FOURNIER
  •  Emmanuel FRAISSE
  •  Florentina FREDET
  •  Cedric GENDROT
  •  Kim GERDES
  •  Anna GHIMENTON
  •  Daniel GILE
  •  Luca GRECO
  •  Yana GRINSHPUN
  •  Jean-Patrick GUILLAUME
  •  Pierre HALLE
  •  Rouba HASSAN
  •  Agnès HENRI
  •  Frédéric ISEL
  •  Raphaël KABORE
  •  Takeki KAMIYAMA
  •  Dominique KLINGLER
  •  René LACROIX
  •  Marie-Christine LALA
  •  Florence LEFEUVRE
  •  Cécile LEGUY
  •  Catherine MULLER
  •  Valélia MUNI TOKE
  •  Samia NAIM
  •  Jean-Paul NARCY-COMBES
  •  Gabriella PARUSSA
  •  Claire PILLOT-LOISEAU
  •  Konstantin POZDNIAKOV
  •  Christian PUECH
  •  Sandrine REBOUL-TOURE
  •  Francis RICHARD
  •  Rachid RIDOUANE
  •  Anne SALAZAR ORVIG
  •  Didier SAMAIN
  •  Pollet SAMVELIAN
  •  Dan SAVATOVSKY
  •  Valérie SPAËTH
  •  Sofia STRATILAKI
  •  Isabelle TELLIER
  •  Jacqueline VAISSIERE
  •  Andrea VALENTINI
  •  Daniel VÉRONIQUE
  •  Patricia VON MÜNCHOW
  •  Geneviève ZARATE.

Comité d'organisation

  •  Emre BAYRAKTAR
  •  Marie-Amélie BOTALLA
  •  Laura-Maï DOURDY
  •  Nora FANGEL-GUSTAVSON
  •  Ophélie GANDON
  •  Laura GUZMAN
  •  Fanny IVENT
  •  Muriel JORGE
  •  Janina KLEIN
  •  Mathilde MECHLING
  •  Coraline PRADEAU
  •  Komi SIMNARA
  •  Marco STEFANELLI
  •  Jane WOTTAWA
  •  Yaru WU

Catégories

Lieux

  • Rez-de-chaussée, salle Brunot - Institut de linguistique et de phonétique générales et appliquées (ILPGA) 19, rue des Bernardins
    Paris, France (75005)

Dates

  • jeudi 11 juin 2015
  • vendredi 12 juin 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • contact de langues, linguistics, language contact

URLS de référence

Source de l'information

  • Marie-Amélie Botalla
    courriel : marieamelie [dot] botalla [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Contact de langues : situations, représentations, réalisations », Colloque, Calenda, Publié le lundi 01 juin 2015, http://calenda.org/330042