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Utopies, dystopies et uchronies

Utopias, dystopias and uchronias

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Publié le mardi 09 juin 2015 par João Fernandes

Résumé

Ce huitième numéro de la revue en ligne à comité de lecture Rusca se propose d’explorer toute la complexité des projets utopiques et/ou uchroniques, ainsi que leur retournement dystopique. L’étude de ces manifestations est d’une utilité toute euristique puisqu’elle permet de rendre attentif à ce (ou ceux) qui, dans notre propre contemporanéité, tente de dominer, domestiquer ou réguler les passions humaines. L’analyse de la « mentalité utopique » permettra de mieux comprendre les manières dont nos rapports au corps, aux mœurs et aux structures sociétales sont en train de se renégocier.

Annonce

Argumentaire

« Bien qu’il soit prudent de mettre en doute la promesse du bonheur dans une citée réglée sur le principe de sa perfection, le pari utopique demeure une étoile de la conscience. Sa luminosité attire les yeux fertiles vers un lieu improbable où s’efface la ligne d’horizon historique séparant la nature et la culture », Patrick Tacussel, L’imaginaire radical (2007 : 7).

Pierre Versins, auteur d’Outrepart, nous précise qu’il existe deux classes d’utopistes : ceux qui écrivent et ceux qui agissent. Au-delà des discours qui assènent que dans chaque projet utopiste réside le germe du progrès, la connaissance de la « mentalité utopiste » sert de vaccin puisqu’elle permet de mieux prévoir le comportement de ces utopistes actifs que sont les gouvernants, chefs de partis et d’armée, dignitaires, fonctionnaires, professeurs ou encore agents de la force publique qui derrière un bureau, un livre ou une matraque, dominent le vulgaire. « L’ordre est leur religion » (Versins : 1971 : 8) et l’on peut démontrer le mécanisme de leur intellect par l’étude du « modèle », souvent paroxystique, que nous offrent les écrivains utopiques. L’étude des utopies et leur réversibilité dystopique, est d’une utilité toute euristique puisqu’elle permet de rendre attentif à ce (ou ceux) qui, dans notre propre contemporanéité, tente de dominer, domestiquer ou réguler les passions humaines.   

De Campanella ou Thomas More – qui le premier emploie ce néologisme : eu-topia au XVIe siècle – à Auguste Comte, Saint-Simon, Charles Fourier, Robert Owen, Karl Marx ou encore Edward Bellamy à l’époque industrielle, se sont dessinés les contours des utopies modernes. Au cours du XXe siècle, ces récits d’harmonie universelle ont viré contre-utopies. H. G. Wells, Evgueni Zamiatine, George Orwell, Ayn Rand ou J. G. Ballard ont su faire la démonstration de la fragile dialectique qui voit le glissement subreptice des bonnes intentions institutionnalisées vers le règne totalitaire de la transparence, de l’individualisme exacerbé ou au contraire de la masse anonyme et consensuelle, de la bienveillance à la tyrannie de la bonté.

Par ailleurs, les récits de cité alternative qui se projettent dans un outrepart, s’évadent également dans un autre temps. En ce sens, l’uchronie est une clé interprétative (en quelque sorte à rebours) de l’Histoire. Que ce soit à travers le steampunk – le terme jeté dans les courants littéraires par K. W. Jeter – ou d’autres modalités narratives, les uchronies témoignent d’un attrait intellectuel pour l’enchevêtrement des temps, et la volonté de suggérer des scenarii capables de révéler les cheminements qu’emprunte le déroulement historique. La culture pop et la cyberculture n’ont pas été avares de ce type de récit, les comics (les Watchmen d’Alan Moore en sont une brillante illustration) et leurs héros sont les porteurs de signes qui donnent du sens, per via, à nos sociétés contemporaines.  

Ce numéro thématique de Rusca se propose d’explorer, toute la complexité des projets utopiques et/ou uchroniques, ainsi que leur retournement. Il est possible de réfléchir à partir de la chute, l’échec ou le simple épuisement des projets utopiques modernes et de leurs adjuvants : l’architectural de Le Corbusier, les H.L.M. ;les Grands Récits émancipateurs, du socialisme et communisme international, du féminisme, de l’American Dream, à l’espoir du psychédélisme et du Summer of Love. Les réflexions peuvent aussi porter sur des utopies contemporaines : l’effervescence libertaire, les alternatives économiques et sociales (les ZAT par exemple), la montée pulsionnelle du libertarianisme, les espoirs minarchistes, transhumanistes et posthumanistes, les utopies du « retour » à la nature, eschatologies vertes et autres alternatives écologiques/istes et altermondialistes, ou au contraire encore, les désirs de catastrophe et tout l’univers « post-apo ». L’analyse de la « mentalité utopique » contemporaine, qu’elle soit globale, locale ou « glocale », permettra de comprendre les manières dont nos rapports au corps, aux mœurs et aux structures sociétales sont en train de se renégocier.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Devant répondre de la politique éditoriale de la revue, les résumés de contributions (maximum 3000 signes espaces compris) sont attendus pour

le 1er septembre 2015 au plus tard.

Les contributions retenues seront à rendre avant le 15 décembre et ne devront pas excéder 20 000 signes espaces compris. Elles doivent être envoyées à l’adresse ruscamsh@gmail.com et être accompagnées du nom, prénom de l’auteur, de l’affiliation disciplinaire et éventuellement de l’institut de rattachement. Les articles sont attendus en format Word ou RTF.

Les normes de la revue

  • Police 12
  • Times New Roman
  • interligne 1,5
  • Guillemets français, dans le cas de guillemets à l’intérieur d’une citation utiliser les guillemets anglais
  • Saisir l’accentuation des majuscules : À, É, etc.
  • Les termes en langue étrangère en italiques et les expressions particulières en français entre guillemets
  • Pour indication des siècles en exposant : XXe
  • Références dans le texte en notes de bas de page
  • Indiquer la ville de l’auteur
  • Bibliographie :
    • Ouvrage : NOM P., Titre du livre, Paris, PUF, coll. « Autrement », 2005 (1912).
    • Chap. dans ouvrage : NOM P., « titre de l’article », inLe titre de l’ouvrage, Paris, PUF, coll. « autrement », 2005 (1912).
    • Ouvrages du même auteur : ID., Titre, Paris, PUF, coll. « Autrement », 2005 (1912).
    • Ouvrage collectif : NOM P. (dir.), Titre du livre, Paris, PUF, coll. « autrement », 2005 (1912).
    • Article : NOM P., « titre de l’article », inLe titre de la revue, n° 7, 2005, pp. 25-35. 
  • Notes de bas de page :
    • NOM P., Titre du livre, Paris, PUF, coll. « autrement », 2005 (1912), p. 34.
    • Pour la suite : NOM P., Titre du livre, Op. Cit., p. 34.
    • Idem, p. 54.
    • Ibidem. (Quand il s’agit exactement de la même page citée).

Comité scientifique

  •  Jean-Marie Brohm, Sociologue
  •  Philippe Joron, Sociologue
  •  Fabio La Rocca, Sociologue
  •  Michel Moatti, Sociologue
  •  Paul Pandolfi, Ethnologue
  •  Jean-Martin Rabot, Sociologue
  •  Danièle Vazeilles, Ethnologue
  •  Patrick Tacussel, Sociologue
  •  Martine Xiberras, Sociologue

Comité éditorial

  •  Marianne Celka, Sociologue
  •  matthijs Gardenier, Sociologue
  •  Eric Gondard, Sociologue
  •  Bertrand Vidal, Sociologue

Lieux

  • Montpellier, France (34)

Dates

  • mardi 01 septembre 2015

Mots-clés

  • utopie, dystopie, uchronie, imaginaire social, représentation sociale, histoire des idées

Contacts

  • Éric Gondard
    courriel : ruscamsh [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Éric Gondard
    courriel : ruscamsh [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Utopies, dystopies et uchronies », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 09 juin 2015, http://calenda.org/330816