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Habiter l'ornement

Inhabiting ornament

Espace, corps, cultures

Space, bodies, cultures

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Publié le mardi 23 juin 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Le colloque « Habiter l’ornement » appelle à renouveler les études qui ont été consacrées à l’ornement au regard des pratiques artistiques contemporaines et des théories de ces dernières décennies. Si les réflexions appellent à toutes les actualisations de  l'ornement et de l’évolution de son sens et de son usage, ce colloque prétend déplacer quelque peu l’approche du sujet. Habiter l’ornement suppose que l’on s’attache à des questions liées à des pratiques habitantes.

Annonce

Argumentaire

Le colloque « Habiter l’ornement » appelle à renouveler les études plus traditionnelles qui ont été consacrées à l’ornement au regard des pratiques artistiques contemporaines et des théories de ces dernières décennies. La réflexion se fondera sur une analyse critique de ce qui a défini et qualifié l’ornement depuis des siècles selon des approches parfois opposées : l’ornement est second, illégitime, mensonger, non nécessaire, non essentiel, supplémentaire, superflu, superficiel, dispendieux, condamnable, bien plus encore qu’il ne fut, selon les périodes ou les territoires, vecteur d’une démarche culturelle et spirituelle, objet de sensibilité, d’émotion, de plaisir, d’harmonie, de beauté et d’ordre. Les réflexions appellent à toutes les actualisations du terme ornement et de l’évolution de son sens et de son usage, notamment dans l’ornemental.

Ce colloque cependant prétend déplacer quelque peu l’approche du sujet. Habiter l’ornement suppose que l’on s’attache à des questions plus liées à des pratiques habitantes. En quoi et comment l’habiter, en tant que disposition physique ou de l’esprit, se déployant dans le temps et dans l’espace en des manières d’être au monde spécifiques à chacun, est-il indissolublement lié à des pratiques ornementales ? Quel rapport l’ornemental entretient-il avec la façon d’habiter la ville, une maison, son propre corps ? Quelles propositions les architectes, les designers, les plasticiens font-ils au regard des pratiques de l’habiter et de ses représentations ? Comment le regard de chacun a-t-il la capacité de transformer toute chose en ornement et quelle relation particulière l’ornement entretient-il avec le jugement esthétique qui se joue dans l’habiter.

Le colloque proposera trois axes de réflexions, qui parfois se recoupent, autour des domaines de l’espace, du corps et des cultures :

  • En ce qui concerne l’espace, si l’on se réfère aux Anciens,  la formule « domus est ornemento urbi » (la maison est un ornement pour la ville), la question de l’habitat autant que de l’architecture institutionnelle aura naturellement sa place, étendue de fait à l’urbanisme, au territoire urbain et péri-urbain, aux territoires de nature. L’architecture renouvelle en permanence sa réflexion sur les structures et enveloppes qui interrogent chacune l’ornemental dans l’ambigüité même du nécessaire et du superflu désormais confondus. Les réflexions et créations des designers, sur l’espace, sur l’objet, sur l’équipement (sens premier de ornementum) œuvrent à renouveler radicalement les anciens débats sur la définition de ce qui fait ornement.
  • En ce qui concerne le corps, la question de l’ornement trouvera en premier lieu (et de toute évidence) une place centrale dans les pratiques « d’embellissement ». Néanmoins, vêtements, parures corporelles éphémères ou pérennes (maquillages, tatouages, scarifications) sont plus que des « enveloppes » superflues jouant avec la prétendue artificialité des apparences. Habiter l’ornement, dans cet encrage corporel, c’est alors bien plus que recouvrir le corps de matières, de couleurs, de traits, de lignes, de motifs : c’est le circonscrire et l’ancrer, c’est le protéger et l’exposer, c’est le vivre et le transformer et, en le transformant, le vivre – ou « l’habiter » – différemment. A ce titre, la « mise en mouvement » de l’ornement serait intéressante à interroger, d’autant plus que celle-ci est souvent liée à des pratiques et ritualités magiques, thérapeutiques, ou encore sacrées. Enfin, il s’agira de questionner les déplacements ornementaux (de l’architecture à l’image, de l’image au textile, du textile au corps lui-même) pour tenter d’y déceler les convergences et/ou divergences de leurs « habiter ». Pour Heidegger, habiter un espace c’est aussi l’éprouver, l’endurer. Il s’agit là d’une expérience de l’Être constructive de lui-même-présent-au-monde. Habiter l’ornement implique-t-il alors l’instauration et l’expérience sensible pour (mieux) faire présence au monde et s’approprier ce monde pour (mieux) être soi ?
  • En ce qui concerne les cultures, si la question de l’ornement a été depuis longtemps objet de débat tant dans l’histoire de l’art que dans l’esthétique, si elle continue à être active dans le contexte de l’art occidental, elle mérite aussi d‘être reposée sous l’angle de l’anthropologie en se tournant vers des cultures non occidentales. Peuvent ainsi être concernées des pratiques ornementales provenant de divers horizons culturels, non pas uniquement dans leurs relations avec l’art occidental, mais également et surtout dans leur spécificité. En regard de la culture artistique et esthétique occidentale qui tend à accorder une place seconde à l’ornement, certaines cultures lui réservent en effet une fonction artistique dominante. On pourra ainsi faire l’hypothèse que ces manifestations non occidentales de « l’ornemental » permettront d’approfondir cette notion d’« habiter » qui oriente la thématique du colloque. Que nous disent ces diverses « cultures de l’ornement » de la relation de l’homme au monde ? Habiter l’ornement – que celui-ci se déploie dans l’espace, sur les objets, sur les corps, etc. – ne serait-il pas alors une façon d’habiter le monde, voire un au-delà du monde ?

Responsables scientifiques

  • Isabelle Alzieu,
  • Dominique Clévenot,
  • Emma Viguier

Enseignants-chercheurs de l’Université Toulouse 2 Jean-Jaurès, Département Arts Plastiques et Design.

Modalités de communications

Le résumé, de 500 mots maximum, précisera le titre de la communication, son insertion dans la problématique d’ensemble du colloque et son positionnement par rapport aux trois axes décrits, l’objet ou la question sur lesquels elle portera, les orientations théoriques ou méthodologiques développées, la ou les hypothèses mises en œuvre, etc.

Le résumé sera accompagné d’une courte notice concernant l’auteur. 

Ces propositions de communication seront envoyées avant le 28 septembre 2015

aux adresses suivantes :

  • isabelle.alzieu@gmail.com
  • dominique.clevenot@wanadoo.fr
  • Emma.Viguier@wanadoo.fr

Le colloque sera organisé les 10, 11 et 12 mars 2016 à l'Université Toulouse Jean-Jaurès. 

Le colloque « Habiter l’ornement.  Espace - Corps - Cultures » donnera lieu à une publication dans la collection « L’art en œuvre » aux Presses Universitaires du Midi.

Lieux

  • Toulouse, France (31)

Dates

  • lundi 28 septembre 2015

Mots-clés

  • ornement, ornemental, habiter, habitat, espace, corps, culture, parure, enveloppe, habit, architecture, design

Contacts

  • Isabelle Alzieu
    courriel : isabelle [dot] alzieu [at] gmail [dot] com
  • Emma Viguier
    courriel : emma [dot] viguier [at] wanadoo [dot] fr
  • Dominique Clévenot
    courriel : dominique [dot] clevenot [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Emma Viguier
    courriel : emma [dot] viguier [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Habiter l'ornement », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 23 juin 2015, http://calenda.org/332546