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Temps, langage, musique : de quoi parle-t-on ?

Time, language, music: what are we talking about?

Les Rencontres musicales et scientifiques

Music meets university studies

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Publié le mardi 23 juin 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Les Rencontres musicales et scientifiques s’articulent autour de concerts de musique classique, contemporaine, et de tables-rondes pluridisciplinaires. Cet évènement a vocation à se tenir chaque année ; le thème de la première édition est « Temps, langage, musique ». L'alliance entre concerts et tables-rondes permet de réunir autour d'un évènement unique, différents regards portés sur la musique, ainsi que les acteurs qui participent à sa réalisation. Sont invités à cet évènement (qui se déroule sur un week-end) des compositeurs, des interprètes, des chercheurs en sciences expérimentales et sociales, pour lesquelles ces notions de temps, langage et musique ont un sens spécifique.

Annonce

Argumentaire

Le phénomène musical, pour être compris et analysé dans sa complexité, ne peut se penser indépendamment des notions de temps et de langage. La relation au temps se traduit notamment par l'organisation des sons sous forme de rythmes, tandis que le lien de la musique avec le langage appelle à la fois à la comparaison et à la différenciation. Musique et langage ont en commun d’avoir un sens, une direction, du fait de leur déroulement dans le temps. En effet, on ne peut pas, a priori, inverser l’ordre  des éléments qui composent une oeuvre musicale sans changer l’oeuvre elle-même. De la même manière, la syntaxe ne permet pas que l’on change l’agencement des mots sans modifier voire perdre le sens d’une phrase.

Si l’on reconnaît à la musique la capacité à induire du sens, un son ou un groupe de sons n’a, en revanche, pas de signification en soi. Comme l’écrit Wagner, « la musique commence là où s’arrête le langage ». Cela pose un problème à la science : en effet, que peut-on dire de la musique ? ; Lévi-Strauss, dans le dernier volume de ses Mythologiques, écrit que « la fonction signifiante de la musique se montre irréductible à tout ce qu’il serait possible d’en exprimer ou d’en traduire".

Temps, langage, musique… finalement, de quoi parle-t-on ?

Ces trois notions sont appréhendées différemment selon les disciplines et les pratiques. Afin de structurer les échanges entre les différents participants aux tables-rondes, nous proposons d’axer notre réflexion autour de la notion de phénomène musical. Celui-ci est défini, à la suite de F. Delalande, comme composé (1) de sujets humains, (2) de conduites humaines de production et de réception et (3) d’objets musicaux à proprement parler. Cette définition nous permet d’aborder le phénomène musical à la fois comme produit socio-culturel, comme travail sur la matière sonore et sémiologique, et de l’interroger dans ses relations avec le temps et le langage.

  1. La musique est le produit d’un travail humain, et de ce fait s’inscrit dans la structuration et la différenciation des relations sociales : compositeur, interprète, auditeur, critique, musicologue, enseignant etc. sont autant d’acteurs de ce que l’on appelle « la musique ». Ces positions varient avec le temps, par exemple, “l’artiste” au sens contemporain du terme apparaît avec la modernité et l’avènement de l’humanisme en Occident.
  2. Comme les autres formes d’art, la musique est soumise dans une certaine mesure à des règles de conduite et des normes de production et donc de réception. Pourtant, les normes et les règles de production changent, en continuité ou en rupture avec les normes dominantes à un moment donné.
  3. Enfin, la matière musicale elle-même, souvent oubliée des sciences sociales, doit être décrite à travers ses caractéristiques propres, à savoir un agencement, un ordonnancement d’ondes sonores particulières (perçues comme musicales par opposition au bruit), dont la structuration dans le temps se fait par le rythme. Malgré la diversité des langages musicaux, ces caractéristiques ne sont pas exempts d’invariants culturels.

On pourra aborder plusieurs thématiques dans le cadre des tables-rondes, qui ont pour objectif de permettre un éclairage mutuel entre pratiques musicales et pratiques scientifiques.

Les questions qui suivent ne sont ni exclusives ni exhaustives et ont pour vocation de permettre une réflexion pluridisciplinaire :

Table-ronde 1

Peut-on parler de langage musical ? Que signifie, pour un compositeur, de parler de “langage musical” ? On portera plus particulièrement notre regard sur les notions de tonalité et d’atonalité, et sur les différents systèmes de hauteurs dans la musique occidentale savante depuis le Moyen-Age jusqu’à nos jours.  

Table-ronde  2

Si la musique est « l’art du temps », que peuvent nous apprendre sur la musique les connaissances les plus récentes sur le temps, et, inversement, la pratique musicale et l’utilisation de rythme sur la notion de temps et sa perception

Domaine privilégié des mathématiciens de la Grèce antique, discipline du Quadrivium aux côtés de la géométrie, l'arithmétique et l'astronomie au sein de l'Université médiévale, la musique est  pourtant aujourd'hui enseignée parmi les disciplines artistiques. En vertu de la présence de scientifiques et de musiciens lors des tables-rondes on ouvrira la réflexion sur les liens qui unissent musique et science.

Bibliographie indicative

  • Bernstein Basil, Pédagogie, contrôle symbolique et identité, Laval : PU, 2007
  • Boulez Pierre, Changeux ean-Pierre, Manoury Philippe, Les neurones enchantés, Le cerveau et la musique, Paris : Odile Jacob, 2014
  • Cage John, A composer’s confessions, Paris : Allia, 2014
  • Cohen-Levinas Danielle (dir.), Musique et philosophie, Paris : L’Harmattan, 2005
  • Delalande François, “L’articulation interne/externe et la détermination des pertinences en analyse”, in Chouvel J.-M. & Lévy F., Observation, analyse, modèle : Peut-on parler d’art avec les outils de la science, Paris : L’Harmattan, 2013
  • Klein Etienne, Le facteur temps ne sonne jamais deux fois, Paris : Flammarion, 2009
  • Molino Jean, “La musique et les nombres”, in Chouvel J.-M. & Lévy F., Observation, analyse, modèle : Peut-on parler d’art avec les outils de la science, Paris : L’Harmattan, 2013
  • Petitat André, Le réel et le virtuel, Genèse de la compréhension, Genèse de l’action, Genève : Droz, 2009
  • Schaffer Pierre, Traité des objets musicaux, Paris : Seuil, 1966

Modalités de soumission

Les Rencontres Musicales et Scientifiques, pour compléter leurs tables-rondes, recherchent un jeune chercheur ou un chercheur confirmé s'intéressant à au moins deux des notions de temps, musique, langage dans son travail. 

Les RMS proposent un format ouvert, et le comité de lecture (composé de chercheurs et de musiciens) n'attend pas de résumé de communication à proprement parler, mais plutôt une vingtaine de lignes (nombre de signes : 2000 max) expliquant comment le/la candidate prévoit d'intervenir dans les grands axes des tables-rondes décrites ci-dessous dans l'argumentaire. 

Une participation aux frais de transport et d'hébergement est prévue par les organisateurs. 

Disciplines recherchées : épistémologie, philosophie et/ou histoire des sciences, musicologie, anthropologie, sciences du langage, ethnologie ... 

Date limilte : 1er aout 2015

Adresse d'envoi : celia_poulet@yahoo.fr
 
L'événement aura lieu les 5 et 6 septembre 2015.

Comité scientifique

  • Célia Poulet, docteur en sociologie, chercheur en entreprise
  • Elisabeth Angot, master de composition, Université des Arts de Berlin

Lieux

  • Le Thoureil, France (49350)

Dates

  • samedi 01 août 2015

Mots-clés

  • musique, temps, langage, esthétique, signification, innovation, création, pratique culturelle, institution

Contacts

  • Célia Poulet
    courriel : celia_poulet [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Célia Poulet
    courriel : celia_poulet [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Temps, langage, musique : de quoi parle-t-on ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 23 juin 2015, http://calenda.org/332632