AccueilSe ressembler, se distinguer : le jeu dialectique du tourisme global

Se ressembler, se distinguer : le jeu dialectique du tourisme global

Ressemblances and standing: the dialectics of global tourism

*  *  *

Publié le mardi 23 juin 2015 par João Fernandes

Résumé

Un café Starbucks devant la cité impériale de Pékin. L’affaire avait fait grand bruit au début des années 2000 avant que, finalement, le café ne ferme devant les protestations de milliers de Chinois, et devant une campagne médiatique continue. D’autres situations traduisent la même banalisation des espaces historiques et de leurs environnements. Tous présentent, selon les mêmes principes, des espaces restaurés, piétonnisés, aménagés pour le plus grand nombre. Le mimétisme touche également les chaînes hôtelières, les tours-opérateurs, les fabricants de mobilier urbain, les marchands de souvenirs qui participent à la diffusion de la ressemblance. En quelques années, le tourisme semble avoir quitté le registre de l’aventure, de la découverte et de l’inédit au profit d’une globalisation homogène.

Annonce

Argumentaire

Un café Starbucks devant la cité impériale de Pékin. L’affaire avait fait grand bruit au début des années 2000 avant que, finalement, le café ne ferme devant les protestations de milliers de Chinois, et devant une campagne médiatique continue. D’autres situations traduisent la même banalisation des espaces historiques et de leurs environnements. Il suffit, par exemple, d’observer les centres historiques des grandes villes européennes, de la Rambla de Barcelone au Checkpoint Charlie de Berlin : tous présentent, selon les mêmes principes, des espaces restaurés, piétonnisés, aménagés pour le plus grand nombre ; tous accueillent les vitrines commerciales de quelques dizaines d’enseignes qui diffusent les mêmes produits à travers le monde. Le mimétisme touche également les chaînes hôtelières, les tours-opérateurs, les fabricants de mobilier urbain, les marchands de souvenirs qui participent à la diffusion de la ressemblance. En quelques années, le tourisme semble avoir quitté le registre de l’aventure, de la découverte et de l’inédit au profit d’une globalisation homogène.

Au sein de ces logiques de marché et de distinction, quelles sont les motivations d’un tel processus? Si les enseignes commerciales choisissent d’occuper les lieux patrimoniaux, si le tourisme semble en situation de promouvoir des produits standardisés, c’est qu’il s’agit d’un secteur économique en plein développement qui attire chaque année plus de clients issus d’un nombre croissant de pays. Et cet essor exacerbe la concurrence par l’incessante apparition de nouvelles destinations (notamment dans les continents asiatiques et océaniques).

Doit-on pour autant conclure que l’homogénéisation de l’offre touristique est une issue si ce n’est l’issue certaine? La question renvoie à la nature ambivalente du tourisme. D’une part, le tourisme est une attente d’évasion, de découverte ; d’autre part, il est devenu une activité économique majeure qui s’appuie sur la visite, produit tout à fait spécifique. En effet, tant qu’une visite n’a pas été consommée, sa qualité n’est finalement qu’une promesse faite aux touristes qui ne peuvent s’appuyer sur le seul critère du prix pour éclairer leurs choix. Ils doivent donc recourir à d’autres informations qui permettent d’évaluer la distinction de la destination : les avis des internautes, les jugements des guides touristiques, mais aussi les labels qui attestent de la qualité d’un service ou qui identifient les spécificités d’un patrimoine, etc. La singularité serait ainsi toujours au cœur des préoccupations des touristes voire une condition essentielle pour capter le public. Dans ce contexte, les lieux touristiques, en particulier les plus importants et les plus symboliques d’entre eux, se doivent de conforter leur originalité pour affronter la concurrence, mais aussi pour correspondre à l’image et à la réputation que leur accordent les visiteurs.

Au bilan, les destinations touristiques font face à deux exhortations aux termes largement contradictoires. D’un côté, il faut répondre aux habitudes, aux attentes, aux normes d’une consommation de masse, qui ne laissent plus de place à l’imprévu ni au frisson ; cette consommation est offerte aux habitants habituels qui vivent dans ou autour du site touristique, mais aussi aux touristes qui y trouvent des repères. De l’autre, il faut produire et entretenir un propos original, une image et des services inédits qui promettent de se distinguer. Finalement, quelle place reste-t-il à l’inédit et à  l’inattendu ? Reste-t-il encore des frontières à explorer ?

Axes thématiques

Dans ce contexte, les auteur(e)s seront invité(e)s à s’intéresser, entre autres, aux problématiques suivantes :

  • Les effets de ressemblance et de dissemblance des produits touristiques et les cycles permanents qui animent ces phénomènes;
  • L’homogénéisation des territoires exposés aux grands publics par le tourisme;
  • Les ferments d’un maintien de particularités et les stratégies de distinction;
  • Les « terres » à explorer et la place pour d’autres formes de tourisme.

Toute autre proposition, en lien avec la thématique, sera aussi considérée.

Date de soumission des textes

le 1er avril 2016 

Conditions de proposition 

Les auteur(e)s doivent faire parvenir un manuscrit rédigé préférablement en français ou en anglais, présenté selon les règles de la revue, disponibles au www.teoros.revues.org/168. Les textes soumis, en format Word (pas de PDF), doivent compter environ 7000 à 7500 mots et doivent comprendre :

  • un objectif (question) de recherche clairement énoncé ;
  • un descriptif de la méthodologie de recherche employée, et
  • un volet théorique.

Le lectorat de Téoros est international. Les auteur(e)s sont invité(e)s à tenir compte de cette réalité dans la présentation de leurs cas d’étude afin de les rendre accessibles aux lecteurs moins familiers avec la destination étudiée.

Chaque article doit inclure :

  • les nom et prénom de tous les auteurs (maximum de trois);
  • leur titre principal et leur affiliation (une seule);
  • leur adresse électronique (courriel) et postale;
  • un résumé de 150 à 200 mots maximum en français;
  • l’identification de la ou des disciplines d’étude;
  • une liste des mots clés (maximum de 5). 

Illustrations

Les auteurs sont invités à fournir 3 ou 4 illustrations, libres de droits et en haute résolution (300 ppp) en indiquant clairement la légende de la photo et le nom du photographe.

Originalité de l’étude

Les manuscrits soumis pour la publication dans Téoros doivent apporter une contribution scientifique originale. Les auteurs restent responsables du contenu et des opinions exprimés ainsi que de la correction des données et des références bibliographiques. La date limite pour soumettre un texte est le 1er avril 2016. Les propositions de textes doivent être adressées à la revue :

teoros@uqam.ca

Veuillez inscrire « Tourisme global » dans la ligne de sujet.

S’ils le désirent, les auteurs peuvent soumettre, en préparation du manuscrit à soumettre à la date indiquée, un résumé du projet d’article afin que les rédacteurs puissent juger de l’acceptabilité des thèmes développés avec les objectifs du numéro thématique.

Téoros

Téoros a pour mission de contribuer au développement et à la diffusion de l’étude scientifique du tourisme dans une perspective pluridisciplinaire en s’affirmant comme un chef de file de la recherche dans le monde francophone. La revue, créée en 1982, est publiée deux fois par année. Elle publie des textes en français et en anglais.

Téoros est une revue institutionnelle de l’UQAM. Elle bénéficie du soutien du programme d’aide aux revues savantes du Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH). La revue reconnue par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur de France (AERES).

Coordination du numéro

  •  Lionel Prigent, Université de Bretagne occidentale

Directeur et rédacteur en chef

  • Martin DROUIN, professeur, ESG UQAM

Comité de direction et de rédaction

  •  Gérard BEAUDET — Université de Montréal
  •  Julia CSERGO — Université du Québec à Montréal
  •  Mathieu DORMAELS — Université du Québec à Rimouski
  •  Isabelle DOSTALER — Concordia University
  •  Martin DROUIN — Université du Québec à Montréal
  •  Alain A. GRENIER — Université du Québec à Montréal
  •  Boualem KADRI — Université du Québec à Montréal
  •  Dominic LAPOINTE — Université du Québec à Montréal
  •  Romain ROULT — Université du Québec à Trois-Rivières
  •  Bruno SARRASIN — Université du Québec à Montréal 

Comité scientifique

  •  Alexandra ARELLANO — Université d’Ottawa (Canada)
  •  Patrick BOUCHET — Université de Bourgogne (France)
  •  Jean-Marie BRETON — Université des Antilles et de la Guyane (Guadeloupe)
  •  Erwan CHARLES — Université de Bretagne Occidentale (France)
  •  Jean-Jacques CROUTSCHE — Université de Paris-Nord (France)
  •  François de GRANPRÉ — Université du Québec à Trois-Rivières (Canada)
  •  Léonard DUMAS — Université du Québec à Trois-Rivières (Canada)
  •  Mario GAUTHIER — Université du Québec en Outaouais (Canada)
  •  Ali HADJIEDJ — USTHB (Algérie)
  •  Mimoun HILLALI — Institut supérieur international du tourisme (Tanger)
  •  Jonas HOLMQVIST — BEM École de Management de Bordeaux (France)
  •  Katia IANKOVA — Business School University of Greenwich (Royaume-Uni)
  •  Louis JOLIN — Université du Québec à Montréal (Canada)
  •  Joseph JOSY-LÉVY — Université du Québec à Montréal (Canada)
  •  Dominic LAPOINTE — Université du Québec à Montréal (Canada)
  •  Marc LEBLANC — Université de Moncton (Canada)
  •  Pascale MARCOTTE — Université du Québec à Trois-Rivières (Canada)
  •  Thibault MARTIN — Université du Québec en Outaouais (Canada)
  •  Julianna PRISKIN — Lucerne University of Applied Sciences and Arts (Suisse)
  •  Frédéric REICHHART — INS-HEA (France)
  •  Bernard SCHÉOU — Université de Perpignan (France)
  •  Manu TRANQUART — Université du Québec à Chicoutimi (Canada)
  •  Anu VALTONEN — University of Lapland (Finlande)

Lieux

  • Montréal, Canada (H2X 3X2)

Dates

  • vendredi 01 avril 2016

Fichiers attachés

Mots-clés

  • tourisme, globalisation, distinction, homogénéisation

Contacts

  • Martin Drouin
    courriel : teoros [at] uqam [dot] ca

URLS de référence

Source de l'information

  • Martin Drouin
    courriel : teoros [at] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Se ressembler, se distinguer : le jeu dialectique du tourisme global », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 23 juin 2015, http://calenda.org/332834