AccueilSexe et genre de la culture : production, médiation et consommation

Sexe et genre de la culture : production, médiation et consommation

The sex and gender of culture - production, mediation and consumption

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Publié le mardi 23 juin 2015 par João Fernandes

Résumé

Dans le champ de la culture entendu au sens large, de nombreux travaux ont exploré la division sexuelle du travail artistique et des professions culturelles d’une part, les dimensions genrées des publics, pratiques, réceptions et usages des œuvres, objets et contenus culturels de l’autre. Cependant,  les liens entre les deux domaines ont rarement été approfondis de manière systématique. Par ailleurs, l’intérêt renouvelé pour la médiation et les intermédiaires est rarement envisagé selon une approche genrée. Le colloque entend contribuer à combler ce manque en proposant deux journées et demie de réflexion autour de problématiques transversales à ces trois dimensions - production, médiation et consommation - dans le contexte particulier de l’omniprésence du numérique, qui a profondément redéfini les articulations de ces trois termes.

Annonce

Argumentaire

Dans le champ de la culture entendu au sens large, de nombreux travaux ont exploré la division sexuelle du travail artistique et les dimensions genrées des professions culturelles d’une part, des publics, pratiques, réceptions et usages des œuvres, objets et contenus culturels de l’autre. Cependant,  les liens entre les deux domaines ont rarement été approfondis de manière systématique. Par ailleurs l’intérêt renouvelé pour la médiation et les intermédiaires est rarement envisagé selon une approche genrée. Le colloque entend contribuer à combler ce manque en proposant deux journées et demie de réflexion autour de problématiques transversales à ces trois dimensions - production, médiation et consommation- dans le contexte particulier de l’omniprésence du numérique, qui a profondément redéfini les articulations de ces trois termes.

Le champ culturel est un champ dont la représentation symbolique d’ensemble est plutôt « féminine », du fait des transmissions souvent matrilinéaires qui y ont cours, des valeurs qui y sont prégnantes (esthétique, collaboration, partage, etc.) ou encore du lien étroit entretenu par certains de ses pans avec l’institution scolaire, elle-même féminisée.

Dans ce cadre, les résistances au mouvement de féminisation représentent un terrain emblématique pour l’étude des mécanismes d’exclusion des femmes. Ces processus, souvent invisibles, légitiment et reproduisent les ségrégations sexuées, notamment dans l’organisation du travail et dans celle des mondes de l’art, tandis que s’observent, peut être, des « utopies du genre ».

Parmi les thèmes suggérés

1. Les temporalités du genre

Le genre se construit tout au long de la vie, mais les diverses « étapes » de sa construction n’ont pas bénéficié des mêmes attentions : la socialisation primaire a été largement étudiée, tandis que les recombinaisons adultes ont été moins travaillées, de même que les réflexions proprement longitudinales demeurent rares.

On s’intéressera en particulier aux effets de contexte, de génération, d’âge, aux trajectoires et bifurcations, aux transitions et reconversions, aux étapes et calendriers, aux notions de précocité et de retardement, de continuité et de discontinuité.

2. Socialisations et corps

La dimension du corps est étroitement articulée à la socialisation de genre : le genre est une pratique sociale qui renvoie constamment au corps sans y être jamais réduite. Elle est particulièrement centrale s’agissant du champ artistique et culturel qui le mobilise dans sa rhétorique (le geste artistique, l’incarnation de la vocation, etc.). On interrogera par exemple les notions de « féminin » et de « masculin », les transmissions, les normes et stéréotypes, les transgressions et arrangements avec la norme de genre et ses éventuelles transformations, l’articulation entre réputation et respectabilité, etc.

3. Carrières de genre

Nous souhaitons mobiliser les travaux qui se centrent sur l’analyse des configurations de genre  (vision dynamique et non statique), des « projets de genre » et des carrières de genre à l’échelle du parcours de vie individuelle. La question de la temporalité de genre est intimement liée à celle de la carrière (de professionnel, de consommateur culturel). On articulera ainsi carrières de consommateurs, d’amateurs, d’intermédiaires, de professionnels avec les carrières de conjugalité. On interrogera la notion de notoriété et ses rendements social, économique et symbolique, de même que les prises et déprises,  les notions d’éphémérité et de durabilité.

4.  Mouvements sociaux et controverses de genre

Le champ culturel est un champ qui se présente souvent et volontiers sur le plan politique comme le lieu de reconnaissance des différentes minorités de genre et sexuelles et de la contre-domination possible via l’engagement des artistes, les mouvements sociaux, les contre-cultures, etc. On interrogera les notions de mouvements collectifs et individuels, de contre-pouvoir, de domination et de (post)patriarcat.

5.  Sexualité, sexe et genre

Le genre articule étroitement corps, sexualité et social. La création artistique mobilise cette thématique de l’intime tout comme la construction de soi en consommateur : de la musique « pour danser » des jeunes qui engage le corps (le sien, celui de l’autre, et les liens entre les deux), aux œuvres érotiques en passant par le travail sur le corps réalisé par bon nombre d’artistes plasticiens, scénographes, danseurs, mais aussi par des amateurs (y compris avec un corps sexuel absent ou recomposé numériquement via les pseudos et avatars).

Ce sera l’occasion de questionner l’hétéronormativité, les mécanismes de sélection en fonction de l’orientation sexuelle, les phénomènes d’hypersexualisation  pris dans des rapports de pouvoir. On reviendra également sur la distinction entre sexe et genre, en cherchant à mieux distinguer ce qui relève du sexe, du genre, et de l’articulation entre les deux.

6. Articulation des discriminations, inégalités et violences

Les normes sont-elles plus souples dans un secteur qui se revendique comme plus « ouvert et tolérant » parce qu’artistique ? Comment les discriminations se combinent-elles dans le secteur culturel ? L’homophobie est-elle moins présente dans un champ féminisé ou bien est-elle remplacée par d’autres types de phobies moins visibles ? Certains événements culturels ponctuels (carnavals, festivals, « nuit blanche »,... ) peuvent-ils être considérés comme des « événements de genre », qui proposent des espaces de suspension de ces discriminations ? Sous cet angle, les questions du harcèlement et de la déviance pourront être mobilisées, de même que les couples race/racialisation, sexe/sexualisation. Les concepts de minorités, d’exclusion, de violences physique, psychique ou symbolique réinterrogeront la dimension genrée des hiérarchies culturelles.

Les communications  attendues

Sont attendues des communications qui tissent des liens entre les trois dimensions : production, médiation et consommation. Les communications devront articuler réflexion théorique et épistémologique avec des données de terrains qualitatifs et/ou quantitatifs.

Les communications pourront s’appuyer sur les apports de disciplines diverses des sciences humaines et sociales : sociologie, anthropologie, ethnologie, histoire, philosophie, sciences politiques, économie, sciences de l’information et de la communication, littérature, etc. De même, des comparaisons entre le champ culturel et d’autres champs, ainsi que des comparaisons internationales seront les bienvenues.

Les communications pourront être faites en français ou en anglais. Si la communication se fait en français, le support de présentation (ppt, etc.) devra être rédigé en anglais et inversement.

Publication des actes

Les actes seront publiés aussi rapidement que possible après le colloque dans la collection Questions de Culture (éditions du MCC).

A cet effet, les communicants devront rédiger un texte (30 000 signes environ) et le transmettre aux organisateurs avant la tenue du colloque sous peine d’annulation de leur participation.

Calendrier

  • 1er Décembre 2015  Envoi des propositions de communications aux deux adresses mail suivantes : frederique.patureau@culture.gouv.fr et sylvie.octobre@culture.gouv.fr

Mettre IMPERATIVEMENT en titre du mail « Colloque Sexe et genre de la culture ».

Les propositions comprendront:

    • le titre la communication,
    • dans un encadré, les noms, prénoms et rattachement du ou des auteur(e)(s), ainsi que coordonnées électroniques
    • 5 mots clefs,
    • et une proposition d’environ 3000 signes.

Elles devront être transmises en format WORD ou OpenOffice.

Comme il se doit, les évaluations se feront à l’aveugle, à partir de versions anonymisées des propositions (l’encadré sera supprimé des versions évaluées).     

  • Janvier 2016 Sélection par le comité scientifique des propositions de communications.

Les communicants sélectionnés recevront les normes éditoriales pour la rédaction du texte de leur communication (30 000 signes environ).  

  • 15 novembre 2016 Rendu des textes des communications dans le respect des normes éditoriales.

NB : la non-réception de la communication par le comité scientifique dans les délais exigés vaudra annulation de la participation au colloque.

Le texte de chaque communication sélectionnée sera aussi finalisé que possible, sur le fond comme sur la forme, afin de permettre la publication des Actes le plus tôt possible après la tenue du colloque. Une relecture post-colloque des textes par les auteurs est prévue.     

  • 18-19-20 janvier 2017   Colloque à l’ENS Lyon   

Comité scientifique

  • ALMAR Nathalie, Maître de conférences à l’Université des Antilles et de la Guyane, Centre de recherche sur les pouvoirs locaux dans la Caraïbe
  • BUSCATTO Marie, Professeure à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, I.D.H.E.S. (Paris -C.N.R.S.)
  • DETREZ Christine, Maître de Conférences à l’E.N.S. Littérature et Sciences Humaines de Lyon, Centre Max Weber
  • FASSIN Eric, Professeur à l’Université de Paris VIII St Denis-Vincennes, LEGS
  • GOUYON Marie, Statisticienne, Département des études, de la prospective et des statistiques, MCC
  • HAMMOU Karim, Chargé de recherche au C.N.R.S. (CRESPPA-CSU Cultures et Sociétés Urbaines)
  • MARRY Catherine, Directrice de recherche au C.N.R.S. (Centre Maurice Halbwachs) /direction scientifique du réseau MAGE
  • OCTOBRE Sylvie, Chargée d’études, Département des études, de la prospective et des statistiques, MCC / GEMASS
  • PATUREAU Frédérique, Chargée d’études, Département des études, de la prospective et des statistiques, MCC
  • RAVET Hyacinthe, Maître de Conférences à l’Université de Paris-Sorbonne, IReMus (UMR 8223).
  • SELLIER Geneviève, Professeure d’études cinématographiques à l’Université Bordeaux Montaigne, MICA.

Lieux

  • ENS LYON
    Lyon, France (69)

Dates

  • mardi 01 décembre 2015

Mots-clés

  • genre, sexe, culture, art, profession, intermédiaire, médiation, pratique, usage, réception, consommation culturelle

Contacts

  • Sylvie Octobre
    courriel : sylvie [dot] octobre [at] culture [dot] gouv [dot] fr
  • Frederique Patureau
    courriel : frederique [dot] patureau [at] culture [dot] gouv [dot] fr

Source de l'information

  • Sylvie Octobre
    courriel : sylvie [dot] octobre [at] culture [dot] gouv [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sexe et genre de la culture : production, médiation et consommation », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 23 juin 2015, http://calenda.org/332960