AccueilOffre de doctorat portant sur « Évaluer l’empathie à l’école : approche et outils pour rendre compte du climat scolaire »

Offre de doctorat portant sur « Évaluer l’empathie à l’école : approche et outils pour rendre compte du climat scolaire »

Doctoral position: evaluating empath at school: approach and tools for assessing the school climate.

Allocation doctorale en STAPS à l’université du Maine – Le Mans

Doctoral grand in STAPS at L'Université du Maine – Le Mans

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Publié le vendredi 26 juin 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Les propositions d'éducation à l'empathie trouvent de plus en plus d'échos chez les enseignants. La question se pose aujourd'hui de mesurer et évaluer les effets de la relation empathique de la classe et plus largement de l'école. Cette question viendrait éclairer les travaux relatifs aux préventions des violences scolaires en lien avec les études sur le climat scolaire. Cette thèse vise à faire un état des lieux des pratiques émergentes en France et un état des lieux international sur la prise en compte de l'empathie et son évaluation dans les sytèmes scolaires (notamment dans les pays anglophones). Elle proposera une analyse critique de ces pratiques au regard des avancées des sciences cognitives (en particlier les neurosciences cognitives) et fera des propositions adaptées au contexte français et testées sur le terrain. Les propositions les plus pertinentes donneront lieu à des recommandations.

Annonce

Présentation

Cette allocation doctorale s’inscrit dans le programme de recherche EnJeu[x] - Enfance et Jeunesse. EnJeu[x] est un programme porté par l’Université d’Angers, financé par la région Pays de la Loire et agréé par la MSH Ange-Guépin. Il fédère un large consortium autour de l’étude de l’enfance et de la jeunesse et ambitionne de se positionner comme un réseau de recherche reconnu, au niveau national et international, sur ces thématiques porteuses d’enjeux sociétaux forts pour l’avenir. Ce projet regroupe tous les laboratoires de lettres, langues, sciences humaines et sociales des Pays de la Loire travaillant sur les thématiques de l’enfance et de la jeunesse, mais aussi des laboratoires des domaines de la santé, de la nutrition et des sciences de l’ingénieur, soit 130 enseignants-chercheurs et 17 laboratoires. Le programme EnJeu[x] met l’interdisciplinarité au coeur de sa démarche scientifique pour développer la production de connaissances nouvelles sur le bien-être et la qualité de vie des enfants et des jeunes.

Les propositions d’éducation à l’empathie trouvent de plus en plus d’échos chez les enseignants français et la question qui se pose à nous aujourd’hui a trait aux modalités de mesure des effets de ces propositions. Nous sommes en effet désormais confrontés à la question cruciale de l’évaluation de la relation empathique de la classe et plus largement de l’école ; une interrogation qui viendrait judicieusement éclairer les travaux relatifs aux préventions des violences scolaires en lien avec les études sur le climat scolaire. Cette thèse vise à faire un état des lieux des pratiques émergentes en France, et un état des lieux international sur la prise en compte de l’empathie et son évaluation dans les systèmes scolaires (notamment dans les pays anglophones. Le Royaume Uni a par exemple intégré l’éducation à l’empathie dans ses programmes scolaires). Elle proposera une analyse critique de ces pratiques au regard des avancées des sciences cognitives, notamment les neurosciences cognitives et fera des propositions adaptées au contexte français. Les propositions d’évaluation retenues comme les plus pertinentes seront testées sur le terrain et donneront lieu à des recommandations.

Description du contexte scientifique de la thèse

En Sarthe, la question de l’empathie dans l’éducation s’est affirmée en 2011 avec le projet de recherche intitulé « De l’Empathie Pour LUtter Contre le Harcèlement à l’Ecole » suite à l’appel à projet du « Fonds d’Expérimentation pour la jeunesse » (FEJ)2. Le projet EPLUCHE s’inscrit dans la continuité des travaux sur l’empathie d’Omar Zanna3. Ce dernier part du postulat suivant : lorsqu’un élève est en mesure de comprendre le point de vue d’un de ses camarades ou bien d’un adulte et de respecter leurs sentiments – soit quand il est en mesure de faire preuve d’empathie – le risque de le voir adopter un comportement violent est moindre. Les travaux de Joëlle Aden, menés parallèlement, dans des collèges de la région parisienne, notamment la recherche intitulée AiLES4, visent également à enrayer le cercle vicieux d’une « déliance sociale » en partie responsable du désinvestissement de certains élèves et d’un climat de défiance qui nuit au bien-être indispensable pour apprendre.

Ces projets visent à inciter l’éducation à l’empathie dès l’école primaire dans la mesure où son développement n’est assuré que s’il est encouragé par un milieu éducatif stimulant. Sur ce plan, l’école, à l’instar de la famille, joue un rôle capital, tant par le contexte éducatif global que par les interventions éducatives des enseignants. Dans la mesure où elle concerne tous les enfants, l’école élémentaire constitue donc un espace privilégié d’éducation à l’empathie.

Étant donné que le futur doctorant devra s’inscrire dans la continuité de ces recherches, il lui sera demandé d’avoir une bonne connaissance des théories relatives aux modalités d’accompagnement de la relation empathique et des compétences sociales, notamment pour rendre compte de leurs rôles dans le processus pédagogique. S’agissant de saisir des situations sociales circonscrites dans le périmètre de la classe, d’examiner de manière fine les jeux d’acteurs, le candidat devra également avoir une solide formation dans le domaine des méthodes d’enquêtes qualitatives, de l’observation notamment, pour saisir au plus près ce qui se joue en matière d’empathie en situation pédagogique.

Au sujet des recherches sur la lutte contre la violence et le harcèlement à l’école, la notion de « climat scolaire » est souvent évoquée pour désigner l’appréciation que les enseignants, les élèves et les parents ont de leur expérience de la vie et du travail au sein de l’école. Pour rendre compte du « climat scolaire » différents outils sont utilisés : observations des cours de récréation, observations des classes, enquêtes de victimisation, délinquance auto-déclarée, entretiens avec les membres de la communauté éducative, les élèves, les parents… Si ces approches, souvent quantitatives, ont fait leurs preuves en matière d’évaluation du « climat scolaire » et si nous acceptons l’existence d’un lien entre climat scolaire et relation empathique de la classe, des outils de mesure de l’empathie à l’école, aisément utilisables par les enseignants, seraient bienvenus pour la communauté éducative. C’est pourquoi il est attendu du futur doctorant une bonne connaissance des outils d’évaluation du climat scolaire comme des outils transférables dans l’évaluation de l’empathie.

Pour évaluer l’empathie deux types de mesures sont généralement distingués. D’un côté des mesures situées, elles évaluent les réactions empathiques dans des situations données et de l’autre, des mesures de traits de caractère plus ou moins stables chez l’individu. La première consiste à poser des questions sur des situations particulières préalablement présentées. La seconde procède par (auto) questionnaires associés à des échelles d’empathie. Les unes comme les autres rendent davantage compte de l’empathie cognitive ou de l’empathie dispositionnelle5. Or, si l’on souhaite vraiment saisir les effets induits par les corps en interaction – c’est le cas le plus courant en situation d’interaction pédagogique –, il faut opter pour un autre mode opératoire ; un mode qui autorise l’observation de l’empathie en acte, c'est-à-dire in situ. C’est ce type d’outils que Monsieur Zanna & Madame Aden expérimentent dans des collèges. Si les premiers résultats sont probants, les outils testés nécessitent d’être encore mis à l’épreuve pour les rendre véritablement efficients.

Le Fonds d’Expérimentation pour la jeunesse est une émanation du Ministère du sport de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative qui met au centre de ses préoccupations l’expérimentation. L’expérimentation est une innovation de politique sociale initiée dans un premier temps à une échelle limitée, compte tenu des incertitudes existantes sur ses effets, et mise en œuvre dans des conditions qui permettent d’en évaluer les effets dans l’optique d’une généralisation.Zanna, O., Restaurer l’empathie chez les mineurs délinquants, Paris, Dunod, 2010. AilES: Arts in Language Education for an Empathic Society. L’empathie dispositionnelle informe sur un trait de caractère stable. Voir Brunel, M-L. & Cosnier, J. L’empathie : un sixième sens, Presses Universitaires de Lyon, 2012.

Profil recherché

Le candidat à cette bourse de thèse peut être diplômé d’un MASTER 2 en sciences humaines et sociales (psychologie sociale, psychologie, STAPS, sociologie et sciences de l’éducation, sciences du langage, sciences cognitives).

Il aura une connaissance avérée :

  • des travaux portant sur l’empathie, la cognition incarnée en lien avec l’éducation
  • une bonne connaissance du système éducatif (Français au moins)
  • de l’anglais parlé et écrit. Le doctorant aura également une pratique sportive et/ou des arts de la scène. Il lui sera également demandé d’être force de propositions et d’expérimenter des outils rendant compte de l’empathie en acte et aisément utilisables par les enseignants. Il s’inscrira d’emblée dans les projets en cours au VIP&S. Il participera, notamment, à la mise en place – conception scientifique et logistique – du projet de colloque international « Éduquer aux compétences sociales à l’école : où en est-on ? » (Titre provisoire) prévu en 2017, organisé par Omar Zanna et Joëlle Aden dans le cadre du projet Enjeu(x).

Conditions d'emploi et de rémunération

Titre de la thèse : Évaluer l’empathie à l’école : approche et outils pour rendre compte du climat scolaire

École doctorale : ED CEI 504 « Cognition, Éducation, Interactions »

Laboratoire où s’effectuera la thèse : Laboratoire Violences, Identités, Politiques et Sports (VIP&S -Le Mans) 1

Labellisation du laboratoire : Equipe d’accueil (EA 4636)

Responsable(s) scientifique(s) de la thèse :

  • •Omar Zanna, Maître de conférences en sociologie (HDR), Université du Maine, VIP&S - Le Mans.
  • •Joëlle Aden, Professeur en sciences du langage, Université du Maine, CREN-InEdUM (EA 2661) (Centre de recherche en Education de Nantes-Innovation en Education Université du Maine).
  • •Florence Lacroix, Maître de conférences en sciences de l’éducation, Université d’Angers CRENInEdUM (EA 2661) (Centre

Durée de la thèse : 3ans

Salaire mensuel brut: 1 600 euros

Conditions de candidature et de sélection

Composition du dossier de candidature

Les candidats/tes feront parvenir par courrier électronique un dossier comportant les pièces suivantes :

  • un curriculum vitae
  • une lettre de motivation
  • un ou deux texte(s) de leur production (articles, mémoire…)
  • éventuellement, une ou plusieurs lettres de recommandation.

le 30 juin 2015 au plus tard.

Le dossier complet devra être transmis par email à : Omar.Zanna@univ-lemans.fr & Joelle.Aden@univ-lemans.fr en indiquant la mention « APPEL DOCTORAT 2015 » dans l’objet du message.

Audition

Les candidats/tes retenus sur dossier seront auditionnés le 6 juillet 2015, à partir de 16h30, en salle de réunion du département STAPS.

 

Lieux

  • Laboratoire VIP&S - Université du Maine
    Le Mans, France (72)

Dates

  • mardi 30 juin 2015

Mots-clés

  • empathie, compétences sociales, école, évaluation, mesure, corps, interactions

Contacts

  • Joëlle Aden
    courriel : joelle [dot] aden [at] univ-lemans [dot] fr
  • Omar Zanna
    courriel : omar [dot] zanna [at] univ-lemans [dot] fr

Source de l'information

  • Omar Zanna
    courriel : omar [dot] zanna [at] univ-lemans [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Offre de doctorat portant sur « Évaluer l’empathie à l’école : approche et outils pour rendre compte du climat scolaire » », Bourse, prix et emploi, Calenda, Publié le vendredi 26 juin 2015, http://calenda.org/333342