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(Re)politiser les discours sur la photographie

Repoliticising the discourse of photography

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Publié le lundi 06 juillet 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Cette journée d'étude a pour objectif de faire découvrir, dialoguer et se confronter les travaux de jeunes chercheur·e·s, venant de France mais aussi d’autres contextes nationaux, désireux de réfléchir à la pertinence d’approches politisées de la photographie et d’entamer une réflexion sur la façon dont les redéfinitions du politique peuvent aujourd’hui nourrir et renouveler les approches académiques de la photographie – avec la volonté de croiser des approches de différentes disciplines.

Annonce

Journée d’étude organisée dans le cadre  du chantier de recherche Photo/savoirs/critiques de l’Association de Recherche sur l’Image Photographique (ARIP)

Cette manifestation scientifique s’adresse prioritairement aux jeunes chercheur·e·s.

Argumentaire

Si l’histoire de la photographie s’est sensiblement développée dans le contexte universitaire français depuis une quarantaine d’années, plutôt rares sont les travaux qui ont analysé les images, les usages ou les pratiques de la photographie comme des lieux investis par le politique. L’usage apolitique du discours esthétisant sur la photographie comme outil de légitimation du médium explique en partie cet état de fait. Il faut y ajouter un contexte plus général, qui est celui de l’espace intellectuel de l’après-1989 où la reconfiguration néo-libérale des catégories du politique s’accompagne souvent d’une dilution des conflictualités.

L’étude de la photographie a pourtant su être un outil puissant pour repenser les discours sur l’art. Elle serait en mesure, avec la même charge critique, de porter des questionnements d’ordre plus directement politique, en recourant par exemple à des catégories comme celles de classe, race ou genre - qui sont encore relativement peu explorées dans les recherches françaises sur la photographie. En participantau processus de politisation des cadres d'analyse des productions culturelles, les chercheurs sur la photographie pourraient s’inscrire dans une reconfiguration plus générale du politique.

Nous souhaitons en effet penser les rapports entre photographie et politique au-delà de stricts usages de l’un par l’autre (photographie engagée, photographie de propagande...). On peut considérer la photographie comme plus largement sous-tendue, informée, investie par des pratiques et des catégories politiques - qu’il s’agisse de constructions idéologiques, d’enjeux de visibilité et de représentation, ou des manières dont le pouvoir s’exerce, s’actualise et se conteste dans et par les pratiques culturelles. Pour approfondir l’étude de la photographie comme partie intégrante du champ social - à partir de son contexte de production et de circulation -, il nous semble nécessaire de réintroduire des cadres d’analyse plus spécifiquement politiques comme ceux d'action, de conflit et de collectif.

L’un des enjeux de la journée sera ainsi d’aller au-delà d’une réflexion sur la photographie comme ensemble de phénomènes politiques, afin de réfléchir à la pertinence d’approches politisées. Il s’agira également d’entamer une réflexion sur la façon dont les redéfinitions du politique peuvent aujourd’hui nourrir et renouveler les approches académiques de la photographie.

Cette journée d'étude a pour objectif de faire découvrir, dialoguer et se confronter lestravaux de jeunes chercheur·e·s sensibles à ces questionnements et venant de France mais aussi d’autres contextes nationaux, avec la volonté de croiser des approches de différentes disciplines. Plusieurs axes de réflexions sont envisagés, de façon non exhaustive.

Axes de réflexion

1- Comment leschercheur·e·s travaillant sur la photographie peuvent-ils/elles intégrer les cadres d'analyse (tels que classe/race/genre) adoptés largement par les études culturelles et les sciences sociales ? A quelles conditions et de quelles manières ces concepts sont-ils en capacité de donner une prise politique aux études photographiques ? Dans quelle mesure de telles catégories, qui participent d’une reconfiguration des rapports politique/social/culturel, peuvent-elles encore porter une charge critique, alors qu’elles appartiennent de plus en plus à un vocabulaire académique mainstream ?

2- Dans le sillage des travaux de Michel Foucault, la lecture politique de la photographie qui a été la mieux intégrée par les chercheur·e·s est celle qui voit dans la photographie un dispositif de pouvoir. Que faire des discours sur l'impérialisme du regard photographique ou sur la puissance démocratique du médium comme accès à la représentation et à l'empowerment ? De quelle manière peut-on penser les producteurs d’images et les individus photographiés comme acteurs d’une politique des visibilités ?

3- En quoi les chercheur·e·s, à l’instar des objets et pratiques photographiques, sont-ils/elles traversé·e·s par des rapports sociaux, politiques et économiques qui les situent dans une configuration des pouvoirs ? Quelle posture réflexive peuvent-ils/elles adopter à travers une épistémologie du point de vue ? Dans quelle mesure l’étude de la photographie peut-elle se faire le lieu d’une critique des savoirs dominants sur l’art et plus globalement sur le monde social ?

La journée s’achèvera par une table ronde avec les participants et le président de séance invité, Jorge Ribalta, artiste, critique et commissaire d’exposition (A Hard, Merciless Light.The Worker Photography Movement, 1926-1939, Museo nacional centro de arte Reina Sofia, 2011).

Modalités de soumission

Les jeunes chercheur·e·s de tous les champs disciplinaires rattachés aux humanités et aux sciences sociales sont particulièrement encouragé·e·s à candidater. Les propositions émanant de personnes n’exerçant pas la recherche à titre principal, mais souhaitant investir ce domaine depuis leurs propres champs de compétence (conservation, pratique artistique…) sont également les bienvenues. Les communications, d’une durée de 20 minutes, pourront être faites en français ou en anglais.

Les propositions de communication se présenteront sous la forme suivante :

  • Nom et prénom de l’auteur·e / des auteur·e·s
  • Affiliation(s) et statut(s)
  • Titre de l’intervention
  • Résumé d’environ 3000 signes (espaces compris) de l’intervention.

Ce résumé précisera l’objet de la communication, l’axe ou les axes dans lesquels elle s’inscrit, ainsi que la méthodologie et/ou les sources sur lesquelles elle s’appuie. Une courte bibliographie pourra également être incluse.

Elles seront envoyées à l’adresse suivante : photo.savoirs.critiques@gmail.com

au plus tard le 18 septembre 2015.

Une prise en charge partielle des frais de déplacement pourra être étudiée le cas échéant.

Une publication est envisagée sous un format qui reste à définir.

Calendrier

  • Date de clôture de l’appel : 18 septembre 2015
  • Retour des avis : début octobre 2015
  • Journée d’étude (Paris Diderot - Paris 7) : 7 décembre 2015

Comité scientifique

  • Eliane de Larminat (Université Paris 7-Diderot / LARCA)
  • Véra Léon (Université Paris 5-Descartes / CERLIS)
  • Anaïs Mauuarin (Université Paris 1-Panthéon Sorbonne / HiCSA)
  • Alice Morin (Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle / CREW)

Lieux

  • Université Paris Diderot-Paris
    Paris, France (75007)

Dates

  • vendredi 18 septembre 2015

Mots-clés

  • photographie, politique, race, genre, classe

Contacts

  • Morin Alice
    courriel : photo [dot] savoirs [dot] critiques [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Photo, savoirs, critiques (ARIP)
    courriel : photo [dot] savoirs [dot] critiques [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« (Re)politiser les discours sur la photographie », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 06 juillet 2015, http://calenda.org/334396