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Violence contre la pensée, souffrance dans la démocratie

Violence as thought, suffering in democracy

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Publié le mercredi 22 juillet 2015 par Elsa Zotian

Résumé

La démocratie est fondée sur l’idée que la parole (donc la pensée) de chaque citoyen vaut celle de tous les autres, et par là vise à garantir la possibilité de penser. La pensée impossible, les interdits de penser, font pourtant retour en démocratie sous de multiples formes, produisant des souffrances, qui elles-mêmes produisent de la violence, qui attaque à son tour la démocratie… Et ceci alors même que le fonctionnement démocratique travaille à autoriser, encourager, la pensée comme antidote à la violence.

Annonce

Colloque organisé par le département Formation en Situation Professionnelle, Institut de Psychologie, Université Lumière-Lyon 2, avec le concours de CRPPC (EA 653) et GRePS (EA 4163)

Argumentaire

La démocratie est fondée sur l’idée que la parole (donc la pensée) de chaque citoyen vaut celle de tous les autres, et par là vise à garantir la possibilité de penser. La pensée impossible, les interdits de penser, font pourtant retour en démocratie sous de multiples formes, produisant des souffrances, qui elles-mêmes produisent de la violence, qui attaque à son tour la démocratie… Et ceci alors même que le fonctionnement démocratique travaille à autoriser, encourager, la pensée comme antidote à la violence.

De même, la démocratie repose sur l’exercice du débat, par opposition au combat, ce qui implique la possibilité, à la fois, d’une identification aux points de vue d’autrui et d’une conflictualité interne, inséparable d’une pensée libre. Mais d’un autre côté, l’exercice de la démocratie implique des regroupements, des partis pris, qui peuvent faire le terreau des projections et des clivages.

Il y a là une tension continue, qui sera la question centrale de ce colloque : comment fonctionne, dans la subjectivité de chacun-e et dans les espaces sociaux que sont la famille, les organisations, la politique et la culture, la tension entre liberté démocratique de penser et attaques contre la pensée ?

Nous accorderons une importance toute particulière à la place, dans cette tension, des « praticiens du social », tous ceux dont les pratiques font face directement à ce qui vient attaquer l’ordre symbolique, trame de notre conception du monde, et plus précisément contribuent à le reconstituer, alors qu’il est sans cesse attaqué de toutes part : c’est‑à‑dire les psychologues bien sûr, mais plus largement tous ceux que leur mission met au contact des plus précaires d’une part, des décideurs d’autre part.

Les propositions de communication attendues traiteront la question soit d’un point de vue psychologique, avec les instruments complémentaires de la métapsychologie psychanalytique et de la psychologie sociale, soit à partir de disciplines connexes. Nous privilégierons le dialogue pluridisciplinaire autant qu’il est possible.

Nous souhaitons que ce colloque soit un lieu de partage entre les élaborations des chercheurs et universitaires confirmés et des doctorants ou « étudiants-chercheurs » et les réflexions des praticiens.

Les questions traitées pourront concerner :

  • Pensée et parole entre liberté, interdit et inhibition
  • Les mutations sociétales et leurs effets sur les sujets
    • Laïcité et spiritualité en démocratie
    • La vie privée et la famille au cœur du débat démocratique
  • La diversité
    • L’humanité dans la nature ou à son encontre ?
    • Réflexions autour de la différence culturelle
    • L’indispensable égalité face à ses possibles perversions
  • Les inégalités sociales et leurs effets psychiques
    • Autour de la misère
    • Tou-te-s précaires ? Vascillations du sujet en situation de travail
    • Inégalités, discriminations, stigmatisations: la place de l’Autre et ses aléas
    • Être ou devenir dominant-e : jouissances et coûts du pouvoir
  • La barbarie parmi et en nous.
    • Être citoyen-ne : de l’engagement à l’idéologie
    • Figures de la violence, traitements de la destructivité

Conditions de soumission

Les communications, qui seront présentées dans les ateliers et symposia et dureront 15 à 20 minutes, peuvent être proposées sur le site

http://democratie-psy.sciencesconf.org/

jusqu'au 5 février 2016.

Il vous faut donner un titre et un résumé de moins de 5000 signes.

Pour ce faire, vous devez créer un compte, puis utiliser la fonction "dépôts" dans la colonne de gauche.

On vous demandera une affiliation, qui peut être le laboratoire de recherche auquel vous êtes inscrit-e, ou bien l'organisme où vous travaillez, l'université où vous étudiez, etc. selon le cas.

Le colloque se tiendra à Lyon les 3-4 juin 2016.

Comité scientifique

(susceptible de mofidications)

  • Anne Brun, Pr, Psychologie clinique, Université Lumière Lyon 2
  • Marc-Éric Bobillier-Chaumon, Pr., Psychologie sociale, Université Lumière Lyon 2
  • Albert Ciccone, Pr, Psychologie clinique, Université Lumière Lyon 2
  • Bruno Cuvillier, MCf, Psychologie sociale, Université Lumière Lyon 2
  • George Gaillard, Pr., Psychologie clinique, Université Lumière Lyon 2
  • Danièle Linhart, Directrice de recherche émérite, CNRS
  • Patricia Mercader, Pr., Psychologie sociale, Université Lumière Lyon 2
  • Philippe Sarnin, Pr., Psychologie sociale, Université Lumière Lyon 2
  • Jean-Marc Talpin, Pr., Psychologie clinique, Université Lumière Lyon 2

Lieux

  • Lyon, France (69)

Dates

  • vendredi 05 février 2016

Mots-clés

  • pensée, démocratie, psychologie, violence, laïcité, mutations sociales, diversité, inégalités

Contacts

  • Patricia Mercader
    courriel : patricia [dot] mercader [at] univ-lyon2 [dot] fr

Source de l'information

  • Patricia Mercader
    courriel : patricia [dot] mercader [at] univ-lyon2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Violence contre la pensée, souffrance dans la démocratie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 22 juillet 2015, http://calenda.org/334680