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(In)sécurités dans les Amériques

(In)securities in the Americas

Schèmes idéologiques, politiques publiques et réalités citoyennes

Ideological schemes, public policy and citizen realities

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Publié le mercredi 19 août 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Pour son neuvième numéro, la Revue Interdisciplinaire de Travaux sur les Amériques (RITA) souhaite explorer les notions de sécurité et d’insécurité dans un sens large, à travers des statistiques reflétant des tendances macrosociales, ou bien à travers l’analyse de discours émanant de la société civile, à partir de recherches empiriques ou théoriques, travaillant sur des supports littéraires, journalistiques, ou examinant le contenu des politiques judiciaires ou carcérales américaines. Les approches historiques, ethnographiques, politiques, sociologiques ou urbanistiques, entre autres, seront les bienvenues. En quoi ces phénomènes offrent-ils des clés pour la compréhension des réalités sociales, politiques et économiques passées ou présentes des pays américains ?

Annonce

Argumentaire

Plusieurs évènements relativement récents, largement médiatisés, nous ont incité-e-s à nous interroger sur les questions d’insécurité et les politiques de sécurité des sociétés américaines.

Les affaires des lanceurs d’alertes, en particulier l’ « affaire Snowden » qui a révélé certaines des pratiques de la NSA, ont eu un retentissement médiatique global. Elles ont mis à nu les stratégies sécuritaires des grandes puissances mondiales et remis au goût du jour une vision de la politique mondiale hantée par la prose orwellienne. D’autres événements ont aussi particulièrement retenu l’attention des médias depuis plusieurs années : les violences policières envers des noirs aux Etats-Unis, l’attentat de Boston en 2013, ou celui du Parlement d’Ottawa en octobre 2014 ; sans oublier les plus anciens comme l’attentat contre l’AMIA à Buenos Aires en 1994, ou la disparition plus récente de 43 étudiants à Ayotzinapa dans l’Etat mexicain du Guerrero. D’autres d’événements encore sont si fréquents qu’ils semblent disparaître de la une des journaux aussi vite qu’ils y apparaissent, au point de faire penser qu’ils ont acquis une forme de « normalité » : violence carcérale, répression sur les manifestants, violence sociale.

Que nous révèlent les crimes commis par ou sur les citoyens sur la façon dont le politique envisage la déviance et l’(a)-normalité aujourd’hui ? Comment les Etats légitiment-ils des actes violents et/ou illégaux sur les sociétés civiles ? Qui sont les déviants ? Et quelles seraient les politiques publiques à mettre en oeuvre ? En effet, si l’Etat démocratique se définit notamment par son monopole de la violence légitime, son usage n’a-t-il pas de limites ?

Pour traiter ce type de sujets, les approches micro – traitant du quotidien d’un poste de police, d’un tribunal d’instance ou d’une cellule de prison par exemple – seront les bienvenues. Seront appréciées également les perspectives macro, envisageant des mouvements plus larges de la société – tels que les grandes mobilisations contre les projets miniers au Pérou et leur répression brutale, ou les phénomènes de privatisation de la sécurité par des entreprises transnationales, comme Monsanto au Paraguay. Ces différentes perspectives pouvant, bien entendu, être abordées d’un point de vue diachronique. Pourront ainsi être envisagées les différentes manières de concevoir la sécurité sur un temps long, avec une approche historique allant par exemple de la colonisation du continent aux régimes de « sécurité nationale » des années 1960-1970.

Pauvreté et violence sont souvent présentées comme corrélées. Or, plusieurs pays sud-Américains ont maintenu ces dernières années des taux de croissance élevés. Comment se répercute la croissance dans les politiques sociales et/ou dans les politiques répressives ? Pourrait-on mesurer le « conservatisme » ou le « progressisme » des Etats américains à l’aune de ces facteurs ?

L’insécurité suscite des réactions sociales. Que ce soit pour des causes de catastrophes naturelles ou en situation de conflit, on voit se développer des comités d’autodéfense lorsque l’appareil étatique est mal représenté ou lorsqu’il n’est pas crédible. De même, dans la sphère urbaine, des comités de quartiers où des pouvoirs publics locaux banalisent une sorte de privatisation des espaces publics sous l’argument souvent consensuel de la sécurité.

Nous voudrions, dans le cadre de ce numéro, susciter des réflexions approfondies sur l’insécurité et les politiques de sécurité dans les Amériques, qui pourront être nourries de l’observation de réalités locales, ou rattachées à des traditions politiques, culturelles ou intellectuelles plus larges, ancrées dans l’histoire des régions concernées. Ainsi, l’évolution des décisions politiques, des lignes juridiques ou les changements significatifs de la population carcérale peuvent servir d’indicateurs permettant d’aborder les dynamiques profondes à l’oeuvre dans une société. La population carcérale (voleur-e-s, trafiquant-e-s de drogue, assassin-e-s, receleur-e-s, mais aussi opposant-e-s politiques, leaders syndicaux, activistes indigènes parfois qualifiés de « terroristes », etc.) montre, d’une certaine façon, qui sont les éléments indésirables de la société, pour la société comme pour les principaux groupes au pouvoir.

Et lorsque l’on parle de ces sujets, le rôle des médias est souvent intéressant à explorer. La question de la criminalité nourrit en effet l’argumentation politique et joue le rôle d’argument d’autorité dans l’espace médiatique. Quel est le rôle des médias dans les perceptions sociales de l’insécurité ? Comment les médias sont utilisés par les gouvernements et comment se créent des sentiments de sécurité ou d’insécurité ? A quelles fins ?

Pour son N°9, RITA souhaite explorer les notions de sécurité et d’insécurité dans un sens large, à travers des statistiques reflétant des tendances macrosociales, ou bien à travers l’analyse de discours émanant de la société civile, à partir de recherches empiriques ou théoriques, travaillant sur des supports littéraires, journalistiques, ou examinant le contenu des politiques judiciaires ou carcérales américaines. Les approches historiques, ethnographiques, politiques, sociologiques ou urbanistiques, entre autres, seront les bienvenues. En quoi ces phénomènes offrent-ils des clés pour la compréhension des réalités sociales, politiques et économiques passées ou présentes des pays américains ?

Champ libre

Nous rappelons que RITA accueille des articles hors thématique au sein de trois rubriques: Regards, Notes de recherche et Résumés de mémoire et/ou de thèse. Les notes de recherche sont des articles présentant une recherche en cours ou aboutie, dont le sujet ne correspond pas forcément à la thématique du numéro. Elles doivent comporter une problématique, présenter un protocole de recherche et prendre la forme d’une réflexion scientifique (cf. "Comment soumettre un article"). Au contraire, Regards est une rubrique dans laquelle l’expression et la forme sont plus libres: récits d’expériences de terrain, journalistiques, littéraires…

Modalités de soumission

Nous recevrons vos propositions de contribution (une pageà l’adresse revue.rita@gmail.com

jusqu’au 10 septembre.

Les auteur.e.s sélectionné.e.s seront informé.e.s le 20 septembre et devront fournir leur article le 15 novembre 2015. Le Comité de lecture évaluera ensuite leur texte qui pourra être refusé ou accepté avec ou sans modifications. Le numéro 9 sera publié au printemps 2016.

Les propositions doivent être rédigées en une page Word. Les auteur.e.s y présenteront la problématique de leur article, leur méthodologie et les arguments de leur démonstration. Les auteur.e.s joindront cinq à six mots-clés ainsi qu’une courte bibliographie (sauf pour la section Regards) qui peut se trouver sur un fichier annexe. Enfin, les auteur.e.s indiqueront clairement leur nom, leur affiliation, leur statut et la rubrique choisie pour leur article.

Nous rappelons que les articles doivent être inédits et non soumis simultanément à d’autres revues.

Comité de rédaction 

  • Jessica Brandler-Weinreb – 6ème année de doctorat en sociologie – Paris 3 Sorbonne Nouvelle / CREDA
  • David Copello – 2ème année de Doctorat de Science Politique - Sciences Po
  • Bruno Hervé Huamani – 4ème année de Doctorat d'Anthropologie – EHESS
  • Aurélie Le Lièvre – Post-doctorante en Science Politique - CEIICH / UNAM Mexico
  • Julie Liard – Coordinatrice jeunesse en collectivité territoriale
  • Titulaire d'un M2 Recherche Sociologie (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle / CREDA)
  • Céline Raimbert – 5ème année de Doctorat de Géographie - Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle / CREDA
  • Nasser Rebaï – Docteur en Géographie - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne -  Professeur associé à la Faculté Latino-Américaine de Sciences Sociales (FLACSO, Equateur)
  • Etienne Sauthier – Docteur en Histoire - Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle / CREDA

Lieux

  • Paris, France (75)

Dates

  • jeudi 10 septembre 2015

Mots-clés

  • insécurité, sécurité, violence, démocratie, politique

Contacts

  • Rita Revue
    courriel : revue [dot] rita [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Rita Revue
    courriel : revue [dot] rita [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« (In)sécurités dans les Amériques », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 19 août 2015, http://calenda.org/335563