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Recherches dans les arts

Research in the Arts

Séminaire international des doctorants du Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL)

International CRAL Graduate Student Seminar

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Publié le lundi 27 juillet 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Ce séminaire, créé en 2007 par des doctorants du CRAL (Centre de recherches sur les arts et le langage - EHESS / CNRS), fait partie des activités collectives du laboratoire et vise à encourager une réflexion interdisciplinaire sur les pratiques artistiques. Loin de privilégier un champ d'étude autonome, nous encourageons la représentation de tous les arts et la mise en place d'une ligne d'investigation commune, entre des interlocuteurs en provenance d'établissements différents.

Annonce

Argumentaire

Ce séminaire, créé en 2007 par des doctorants du CRAL (Centre de recherches sur les arts et le langage - EHESS/CNRS), fait partie des activités collectives du laboratoire et vise à encourager une réflexion interdisciplinaire sur les pratiques artistiques. Loin de privilégier un champ d'étude autonome, nous encourageons la représentation de tous les arts et la mise en place d'une ligne d'investigation commune, entre des interlocuteurs en provenance d'établissements différents.

Chaque séance comportera deux interventions d’une durée respective de trente minutes, suivies d’un débat d’une durée équivalente qui sera orienté par un répondant. L’intervenant pourra traiter de son sujet (dans son ensemble ou sur un point précis), des difficultés rencontrées, des méthodes employées ou encore des résultats obtenus au cours de sa recherche.

Cette année, le séminaire s’organisera en quatre axes 

  • Axe I. Littérature et pratiques urbaines
  • Axe II. Anthropologie et histoire visuelle
  • Axe III. Musique et patrimonialisations
  • Axe IV. Esthétique et dispositif cinématographique

À ce titre, nous invitons les doctorants du CRAL ou de l’extérieur à soumettre leur proposition d’intervention pour l’année 2015-2016. Nous encourageons aussi des propositions d’artistes et artistes-chercheurs, inscrits dans des écoles d’art ou sans affiliation universitaire.

Axe I. Littérature et pratiques urbaines

Émergeant du croisement entre plusieurs disciplines, notamment des études culturelles, urbaines et littéraires, cet axe de recherche induit deux problématiques pour examiner de plus près les rapports possibles entre la littérature et les pratiques de la ville : analyser les représentations des façons d’habiter une ville donnée, dans les œuvres littéraires; se demander dans quelle mesure les manières d’être d’un auteur dans l’environnement urbain deviennent la pierre angulaire de sa création littéraire, tout en participant de la culture urbaine de la ville en question.

Ainsi, il sera consacré à la façon dont la littérature met en avant les différentes formes de vie, caractéristiques des lieux où habitent les personnages des œuvres étudiées. Il s’agira de se détacher d’une histoire des représentations, afin de rechercher les traces d’une manière d’occuper et de s’approprier un espace urbain, disséminées dans des œuvres littéraires. Cela suppose de s’interroger sur la façon dont la littérature s’empare des citadins privés, ou non, de ce qui structure l’urbanité, dans un contexte où le développement de périphéries urbaines est jugé comme le symbole d’une crise urbanistique.

Diverses pistes de lecture seront abordées, telles que : la place des mobilités dans la vie ordinaire des protagonistes (quels types de migrations pratiquent-ils ? Sont-elles quotidiennes ou ponctuelles ? Quelles sont leurs trajectoires et pour quelles raisons se déplacent-ils ? Quels moyens de transports utilisent-ils – trains, tramways, à pied - et dans quelle mesure cela influence leur appréhension de l’espace urbain ?) ; le rapport qu’ils entretiennent avec leur environnement urbain (de l’architecture, aussi bien de la ville que du logement, aux formes de sociabilité) ; les difficultés pour s’approprier l’espace urbain ; les perceptions que les personnages se font de l’endroit où ils vivent et de l’ailleurs qu’ils désirent ; l’équilibre ou la tension entre l’identité et l’appartenance territoriale ; la façon dont l’habitat agit sur le comportement, le gestuel, ou encore le langage des personnages.

Il implique, d’autre part, d’étudier le rôle des manières d’habiter et d’appréhender la ville des auteurs emblématiques de cette littérature qui ne cesse de contribuer à la construction d’un imaginaire urbain en pleine mutation. En effet, il s’agira également d’explorer l’écriture de la ville en tant que l’expérience vécue et personnelle  ̶  aussi bien motrice, esthétique que politique  ̶  de l’écrivain, témoignant de son immersion ou de son engagement sur le terrain.

On proposera donc de se pencher, entre autres, sur : les ambiances urbaines (sonores, olfactives, visuelles) dont les auteurs s’inspirent dans leur travail, les trajectoires, les parcours, et les itinéraires qui sont les leurs, et plus particulièrement sur les façons d’aborder et de fréquenter des lieux (parmi lesquelles on pourrait trouver l’appropriation, le squattage, l’observation participante) et leursrelations avec les procédés d’écriture et les contraintes formelles mis en œuvreCar il semblerait que la topographie et les récits de ses espaces se manifestent de manières irréductiblement différentes selon le moyen de transport choisi (le vélo, le bus, le train, le solex sollicitent des régimes d’attention et des temporalités spécifiques) et surtout le style pédestre (c’est pourquoi il importe d’identifier les rythmes et les attitudes qui se traduisent par la flânerie, la déambulation, la marche, la randonnée, l’errance ou la dérive) adopté par chacun des auteurs dont on étudiera la démarche artistique.

Adresse électronique de contact : constance.barbaresco@gmail.com

Axe II. Anthropologie et Histoire Visuelle

Cet axe est destiné aux étudiants et jeunes chercheurs dont l'enquête se concentre sur l’image, ses usages et sa place dans une histoire des représentations et des formes visuelles, et dont les travaux s’inscrivent même partiellement dans les thématiques de l’anthropologie visuelle et de l'histoire visuelle. Il a pour vocation de créer une dynamique commune de recherche à partir d’échange et d'approfondissement des travaux en cours. Tout en respectant la pluralité d’approches, de méthodes et d’objets propres aux travaux des étudiants, les séances auront pour vocation de faire converser deux aspects de ces disciplines : une anthropologie et histoire des images, et une anthropologie visuelle caractérisée par une pratique ethnographique de l’image.

Il semble en effet impossible pour l’ethnographe visuel d’ignorer les cultures visuelles et les pratiques imagières de ses interlocuteurs ; au même titre qu'il est difficile pour l’anthropologue ou l'historien qui étudie ces usages et ces cultures d’ignorer le travail de l’ethnographe visuel, ses objets et les méthodes employées pour en rendre compte.

De la fabrication des images à leurs usages dans la vie sociale, les séances s’arrêteront sur plusieurs problématiques transversales à l’anthropologie, l’iconologie, l’histoire de l’art, les visual studies ou les études cinématographiques. Les propositions de communication s’inscriront de manière claire dans l’un des thèmes suivants.

Le premier thème « Travailler l'image » s’adresse plus particulièrement aux cinéastes, vidéastes et plasticiens non affiliés à des universités. Les intervenants présenteront leur pratique concrète des images en la mettant en perspective par rapport aux différentes tâches du cinéma documentaire et de l’avant-garde cinématographique. Les propositions pourront porter sur les installations, les « essais vidéos » et les nouvelles formes du remploi filmique et photographique qui proposent une analyse de l'image par l'image. Elles pourront également interroger les nouveaux dispositifs de prise de vue et les nouvelles technologies par lesquelles cinéastes et vidéastes rendent sensible leur expérience.

Le second thème s’adresse aux jeunes chercheurs qui font de la réalisation d’image le champ de leur enquête. Parmi les différentes problématiques qui caractérisent la pratique de « l’Ethnographie visuelle », les propositions se concentreront sur les enjeux de la prise de vue : les relations sociales qui la constituent, son éventuelle instrumentalisation par les personnes filmées ou le(s) filmeur(s),... Les interventions pourront également porter sur l’intersection entre les images de l’ethnographe et les sociabilités numériques et les cultures visuelles de ses interlocuteurs. Enfin, dans une perspective historique des communications pourront porter sur les cultures visuelles de l’anthropologie et de l’anthropologie visuelle.

Le troisième thème « Peuples exposés : usages des images de l’Autre et du Même » est ouvert à des propositions sur l’analyse des procédés filmiques et figuratifs mis en œuvre par les opérateurs et photographes pour saisir les autres sans leur reconnaître une altérité. Dans une perspective historique et/ou ethnographique, nous recevrons également des études portant sur les régimes visuels colonialistes, fascistes et totalitaires ou sur les représentations médiatiques des conflits politiques (guerres, violence). Nous serons aussi particulièrement attentifs aux recherches sur des formes actuelles des indigenous media et aux analyses des productions autochtones dans un contexte militant ou de luttes politiques.

Enfin, dans le cadre du thème des « Imageries populaires », nous recevrons des présentations qui portent sur les usages des formes visuelles populaires. Les intervenants pourront à ce propos interroger les liens entre mémoires familiales et mémoires sociales (dans les photos, films ou vidéos de famille), mais aussi les médiations des affects ou encore les constructions de récits partagés par l’usage des images sur les réseaux sociaux numériques.

Adresse électronique de contact : noemioxley@yahoo.com

Axe III. Musique et patrimonialisations

Dans les recherches actuelles en sciences sociales, la question du « patrimoine » et des processus de patrimonialisation représente un champ en pleine expansion comme en témoigne le dynamisme de la production académique (l’inflation de colloques, ouvrages, numéros de revues, séminaires, etc.) de ces dix dernières années. Nous proposons à travers cet axe d’approfondir la réflexion sur les rapports entre musique et patrimoine, à travers un dialogue interdisciplinaire, s’adressant aux doctorants de toutes les disciplines concernées par cette question. Existe-t-il des enjeux spécifiques à la patrimonialisation des pratiques musicales?

Il s’agira principalement de mettre en perspective approches théoriques et enjeux pratiques des patrimonialisations, en croisant les recherches qui s’intéressent à la gestion, la sauvegarde et la mise en valeur de musiques patrimonialisées ou en voie de patrimonialisation, mais aussi à comprendre les processus sociaux de fabrication du patrimoine musical et de construction d’un rapport au passé, d’une mémoire.

L’entrée en vigueur de la Convention pour la Sauvegarde du Patrimoine Immatériel en 2006 a introduit de nouveaux modes de fabrication et de conception du patrimoine, influençant de manière plus ou moins directe la pratique des traditions musicales éligibles à la labellisation.  Qu’elles émanent de la sphère politique ou d’une communauté de praticiens, les actions de valorisation et de sauvegarde génèrent la production de discours et de pratiques qui reconfigurent les relations entre musique, identités et territoires. On abordera d’une part les impacts de la transformation de la pratique musicale en objet patrimonialisé, et la question du contrôle des ressources (économiques, territoriales, symboliques) nées de la labellisation patrimoniale en rapport avec le développement du tourisme. D’autre part, il sera question des outils mobilisés pour la sauvegarde, telle que la pratique de l’inventaire, et de sa pertinence pour rendre compte de pratiques transmises oralement, de performances éphémères, risquant d’être réduites, voire dénaturées par l’exercice de l’énumération de données hiérarchisées. Comment inventorier des pratiques qui sont avant tout des modes créatifs du faire musical ?

On se penchera également sur les manières alternatives de faire et de dire le patrimoine, des contre-patrimonialisations mobilisées par des acteurs « dominés », utilisant le discours patrimonial de manière revendicative en contestant l’imposition d’un modèle normatif issu des institutions internationales de la sauvegarde culturelle telle que l’UNESCO. On s’intéressera particulièrement aux interactions entre les différents types d’acteurs qui participent du processus d’activation patrimoniale, en rendant compte de leurs logiques propres et en analysant les confrontations possibles entre ce que les porteurs de traditions musicales jugent nécessaire de transmettre et de sauvegarder, les représentations étatiques du patrimoine et les logiques internationales.

Adresse électronique de contact : elsa.broclain@gmail.com

Axe IV. Esthétique et dispositif cinématographique

Le point de départ de la réflexion du présent axe se situe à l’intersection des questionnements esthétiques et de l’engagement du spectateur avec une variété de phénomènes cinématographiques.

Depuis la fin du XIXe siècle, nous assistons à l’accroissement constant du nombre d’appareils et de dispositifs maintenant le spectateur dans une relation particulière au contenu visuel et audiovisuel. Cinéma, télévision, appareils portables, conçus dans le but de s’insérer dans nos vies à différentes échelles, offrent une pluralité de niveaux d’immersion, engageant une ou plus de nos facultés perceptives. Les modalités de cet engagement restent, au-delà des caractéristiques propres à un dispositif particulier, façonnées, entre autres, par des facteurs cognitifs, psychologiques, physiologiques, situationnels et culturels.

Les modalités de cet engagement offrent un terrain particulièrement riche aux interrogations esthétiques contemporaines. En constante interaction avec la réalité perçue et conçue, nous sommes transformés par cette même réalité et la transformons à notre tour. L’intérêt cognitif et émotif manifesté pour les artefacts audiovisuels, comme par exemple les films, faisant parti de cette réalité et facilité par divers dispositifs cinématographiques, émerge distinctement au sein de la variété des systèmes interactifs élaborés par et pour les hommes.

Le but de cet axe tend à l’observation de l’engagement du spectateur en relation avec une variété de dispositifs et appareils (des formes variées qu’endossent les phénomènes cinématographiques aux dispositifs portables et systèmes de réalité virtuelle) dont la première fonction se situe dans la présentation d’images mouvantes.

Nous nous intéressons ici aux modalités du cognitif, du perceptif, des aspects de l’expérience du spectateur/sujet et des systèmes élaborés transmettant des artefacts audiovisuels (cinéma) ou facilitant l’interaction avec de tels artefacts (visiocasque). Comment les spectateurs modèlent ou conceptualisent certains aspects de leur expérience ? Selon quelles modalités les différents dispositifs suscitent-ils une variété d’états émotifs ? Comment le spectateur négocie-t-il la variabilité des niveaux d’immersion entre divers dispositifs ? Comment les particularités physiques du dispositif (spatiales, temporelles) affectent-elles l’expérience du spectateur…?

Éclairés par les pistes citées ci-dessus, nous accueillons les projets reflétant une variété de formes de recherches et méthodologies : études philosophiques, études historiques, esquisses de modèles cognitifs, études de cas relevant de pratiques spectatorielles particulières…

Adresse électronique de contact : alopai@hotmail.com

Modalités de soumission

Les propositions de communication doivent comporter : l’intitulé, le résumé de l’intervention (300 mots maximum), le nom du directeur de recherche, le rattachement universitaire, et un numéro où nous pouvons vous joindre. Les langues acceptées sont le français et l’anglais.

Merci de nous les faire parvenir par courriel avant le 7 octobre 2015 aux adresses de référence pour chaque axe.

La réponse sera transmise pendant le mois d’octobre. Pour toute question supplémentaire vous pouvez écrire à doctorants.arts.cral@gmail.com

À noter que le séminaire aura lieu de décembre 2015 à juin 2016, les 1er et 3e mardi du mois de 17h à 19h. Le séminaire se tiendra dans les locaux de l’EHESS, en salle Lombard au 96 Bd Raspail, 75006, Paris.

Modalités de sélection 

L'ensemble des propositions seront examinées par le comité d'organisation.

Littérature et pratiques urbaines

  • Clara Zgola, doctorante contractuelle (EHESS/CRAL - Université de Varsovie) ;
  • Constance Barbaresco, doctorante (EHESS/CRAL).

Contact : constance.barbaresco@gmail.com

Histoire et Anthropologie Visuelle

  • Fatima Aziz, doctorante (EHESS/CRAL-CEHTA) ;
  • Jonathan Larcher, doctorant (EHESS/CRAL) ;
  • Noémie Oxley, doctorante (EHESS/CRAL - Goldsmiths University).

Contact : noemioxley@yahoo.com

Musique et patrimonialisations

  • Elsa Broclain doctorante contractuelle (EHESS/CRAL).

Contact : elsa.broclain@gmail.com

Équipe esthétique-cinéma

  • Alo Paistik, doctorant contractuel (EHESS/CRAL).

Contact : alopai@hotmail.com

Coordination Générale

  • Violeta Nigro Giunta, doctorante contractuelle et monitrice (EHESS/CRAL).

Lieux

  • Salle Lombard - 96 Boulevard Raspail
    Paris, France (75006)

Dates

  • mercredi 07 octobre 2015

Mots-clés

  • esthétique, cinéma, musique, musicologie, visual studies

Contacts

  • Jonathan Larcher
    courriel : larcherj [at] hotmail [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Jonathan Larcher
    courriel : larcherj [at] hotmail [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Recherches dans les arts », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 27 juillet 2015, http://calenda.org/335762