AccueilModernisme approprié ailleurs ? Transformation, adaptation et subversion d’utopies modernistes transplantées

Modernisme approprié ailleurs ? Transformation, adaptation et subversion d’utopies modernistes transplantées

Modernism appropriated elsewhere? Transformation, adaptation and subversion of modernist utopia's transplanted

Numéro spécial (4) de la revue CLARA architecture / recherche

CLARA architecture / recherche journal special issue (4)

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Publié le jeudi 10 septembre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Le dossier thématique principal du prochain numéro de CLARA architecture / recherche traite de la réception d’opérations de logements et d’aménagements d’espaces du quotidien modernistes de grande échelle et datant de l’après seconde guerre mondiale. Au centre de ses préoccupations, ce dossier s’intéressera la manière dont leurs habitants transforment ces réalisations imposées par le haut à travers des stratégies d’adaptation, de transformation, de transfiguration, voire même de subversion.

Annonce

Argumentaire

Le dossier thématique principal du prochain numéro de CLARA architecture/recherche traite de la réception d’opérations de logements et d’aménagements d’espaces du quotidien modernistes de grande échelle et datant de l’après Seconde guerre mondiale. Au centre de ses préoccupations, ce dossier s’intéressera la manière dont leurs habitants transforment ces réalisations imposées par le haut à travers des stratégies d’adaptation, de transformation, de transfiguration, voire même de subversion. Par l’emphase placée sur le caractère « approprié » des environnements modernistes, ce dossier questionne tant leur capacité performative et leur pertinence, que les possibilités qu’ils offrent d’être appropriés. Historiquement, le qualificatif « approprié » a été utilisé pour désigner des techniques de construction alternatives aux processus à haute intensité de capital qui tendaient à éclipser l’aspect « humain » et processuel des édifices. Ce même terme est cependant aussi une notion clé dans le débat sur le modernisme en architecture et en urbanisme.

Par conséquence, cet appel ramène à l’ordre du jour les manières d’habiter et les usages des logements et d’autres espaces du quotidien modernistes, tout en invitant à questionner plus largement la construction de la modernité et de ses manifestations dans l’espace physique. L’idée de modernidad apropriada, par exemple, fut centrale dans les débats latino-américains des années 1980 et 1990 autour des variations du régionalisme critique (Christian Fernández Cox ; Roberto Segre). D’un autre côté, les critiques des réalisations modernistes issues de la sociologie dans les années 1970 – avec l’ouvrage central de Philippe Boudon sur le Pessac de Le Corbusier comme point de non-retour – ont dicté l’agenda pour une compréhension de l’architecture moderne comme cadre habitable et transformable, non seulement en termes de modification matérielle, mais également comme signifiant ouvert à une variété d’interprétations.

Cet appel invite donc des propositions documentant la manière dont des processus d’appropriation ont déclenché un éventail de transformations physiques tout en (re)construisant l’espace social quotidien de leurs habitants et usagers. Nous accueillons des contributions se concentrant sur l’aspect culturel de l’appropriation, et se fondent donc sur des méthodes d’investigation mixtes, pouvant s’appuyer sur l’ethnographie visuelle ou l’observation participante. Ce dossier traitera principalement de cas d’études situés dans le Sud planétaire, où de nombreux projets résidentiels et d’aménagement d’espaces du quotidien modernistes ont été transformés au point d’être méconnaissables, libérant ainsi notre rapport au modernisme architectural de tout devoir d’idolâtrie et renversant également les dogmes acceptés de l’analyse typo-morphologique. Dans le développement d’une dialectique entre espace « vécu » et espace physique, il n’existerait apparemment aucune contrainte aux transformations des œuvres bâties modernistes dans le Sud planétaire. Le panel de cas d’études diversifié à documenter dans ce dossier devrait permettre de développer une lecture originale et innovante de la prétention du modernisme à détenir la solution à la question du logement. Les concepts d’Existenzminimum ou d’« Habitat pour le plus Grand Nombre » ont tous deux été, pour ainsi dire, parachutés sous les tropiques. Mais ils ont également été absorbés et digérés par les tropiques. Après tout, l’architecture « importe ». L’environnement conçu est, après tout, le réceptacle de savoirs culturellement situés et socialement construits disponibles à de constantes réappropriations dans le temps.

Les nombreuses modalités à travers lesquelles les œuvres architecturales (modernistes) ont été « habitées » peuvent donc être employées comme un dispositif d’orientation non seulement pour représenter des modes de fabrication de la ville alternatifs, mais aussi pour redéfinir l’urbanisme comme le résultat d’interactions multidirectionnelles et intriquées. En effet, la construction quotidienne de la ville se fonde sur des expériences incarnées dans l’espace physique. La pensée postcoloniale a, certes, participé à reformuler les priorités du débat sur le développement urbain, mais n’en a pas moins manqué de considération pour les réalités matérielles. Une analyse du subversif dans les pratiques résidentielles quotidiennes des habitants est donc nécessaire. C’est depuis cette perspective que les responsables de ce dossier thématique souhaitent renouer les liens entre la critique postcoloniale et la culture matérielle de la vie urbaine.

Rédacteurs en chef invités

Viviana d’Auria* est architecte et urbaniste de formation (Università Roma Tre, Italie) et a poursuivi ses études en Human Settlements à la KU Leuven (Belgique) où elle a également complété sa recherché doctorale sr la contribution des projets de coopération technique à l’épistémologie de l’urbanisme dans le cadre du Volta River Project au Ghana. Elle a été chercheuse NOW Rubicon au Department of Geography, Planning and International Development Studies de l’Université d’Amsterdam, et est actuellement professeure adjointe au Département d’architecture de la KU Leuven. Explorer l’architecture telle que “pratiquée” fait partie intégrante de ses domaines de recherché, dans un cadre plus vaste d’interêts pour la construction transculturelle des villes et de leurs espaces contestés.

d’Auria, V. (2014). In the Laboratory and in the Field: hybrid housing design for the African city in late colonial and decolonizing Ghana (1945-57). « Journal of Architecture », 19 (3), 329-356.
d’Auria, V. (2013). « Caracas’ Cultural [Be]longings: The Troubled Trajectories of the TABO Superbloque »,  In: P. del Real, H. Gyger (Eds.), Latin American Modern Architectures: Ambiguous Territories, New York-Londres: Routledge, 115-134.
d’Auria, V., De Nijs, A. (2013). « Crossover Modernisms: Life and Afterlife in Michenzani, Zanzibar ». In: F. Chiodelli, B. De Carli, M. Falletti, L. Scavuzzo (Eds.), Cities to be Tamed? Spatial Investigations across the Urban South, Newcastle upon Tyne: Cambridge Scholars Publishing, 39-66.
d’Auria, V., De Meulder, B. (2011). Dam[ned] landscapes: re-visioning the Volta River Project’s Unsettled Territories. « Journal of LandscapeArchitecture », 6 (2), 54-69.
d’Auria, V., De Meulder, B., Shannon, K. (2010). Human Settlements: Formulations and (re)Calibrations, Amsterdam: SUN Academia.

Bruno De Meulder** a été l’architecture au Département d’architecture de la KU Leuven (Belgique), où il enseigne actuellement l’urbanisme. Sa thèse de doctorat traitait de l’histoire de l’urbanisme colonial belge au Congo (1880–1960) et a ouvert la voie à un intérêt grandissant pour l’urbanisme colonial et postcolonial. Il est actuellement engagé dans la rédaction d’une histoire intercontinentale de l’urbanisme colonial et postcolonial qui traitera de pays comme le Congo, l’Indonésie, la Belgique et les Pays-Bas. Il a dirigé des recherches sur les transformation des opérations modernistes de logement dans le Sud planétaire durant de nombreuses années.

De Meulder, B., Lin, Y., Shannon, K. (eds., 2014). Village in the City, (UFO Explorations of Urbanism: 4), Zurich: ParkBooks.
Herbots, P., Lenaerts, T., Verhaegen, A., LeRoux, H., De Meulder, B., Heynen, H. (2012). Radical Re-Use. Intersections of migrant agency and modernist space in Johannesburg. « Boundaries », (5), 72-77.
d’Auria, V., De Meulder, B.(2010). Unsettling Landscapes: new settlements for the Volta River Project between tradition and transition (1951-1970), « Oase: Tijdschrift voor Architectuur », (82), 115-138.
De Meulder, B. (2000). Kuvuande Mbote. Een eeuw koloniale architectuur en stedenbouw in Belgisch Kongo. Anvers: Houtekiet.
De Meulder, B. (1996). De kampen van Kongo. Arbeid, kapitaal en rasveredeling in de coloniale planning. Amsterdam-Anvers: Meulenhoff / Kritak.

Modalités de soumission

Les rédacteurs en chef invités accueillent des propositions pour des articles (4.000 à 6.500 mots) ou pour de brefs rapports de recherche / de projet généreusement illustré (1.000 à 2.000 mots). Les propositions contiendront :

  • le sommaire de la proposition : 300 à 500 mots ;
  • 5 références bibliographiques ;
  • un bref curriculum de l’auteur/e ou des auteur/es (100 mots par auteur/e) ;
  • une liste des 5 publications récentes de l’auteur/e ou des auteur/es plus significatives ;
  • une sélection d’images, figures ou tableaux (jusque 5).

Les propositions devraient être soumises en UN SEUL FICHIER (.pdf, .doc/.docx, .rtf) de taille inférieure à 1,5Mb, par courrier électronique adressé à l’ensemble du comité éditorial (clara.archi@ulb.ac.be) et aux deux rédacteurs en chef invités (Viviana.dAuria@asro.kuleuven.be, Bruno.DeMeulder@isro.kuleuven.be).

Les propositions acceptées donneront lieu à une invitation à soumettre un article complet ou un bref rapport respectant les consignes typographiques et éditoriales de CLARA architecture / recherche.

La longueur des articles devra être comprise entre 4.000 et 6.500 mots (càd. 24.000 à 42.000 caractères, espaces et ponctuation inclus), comprenant un bref curriculum (100 mots), la bibliographie et les légendes.

La longueur des brefs rapports de recherche / de projet devra être comprise entre 1.000 et 2.000 mots (càd. 6.000 à 12.000 characters, spaces and punctuation included), caractères, espaces et ponctuation inclus), comprenant un bref curriculum (100 mots), la bibliographie et les légendes.

Images, figures, tableaux et graphiques dans le texte devront être fournis en Noir & Blanc, dans un format électronique d’usage courant à haute définition (minimum 300 ppi), et dans des dimensions utiles pour l’impression (l’aire d’impression de la revue est de 18 x 22,5 cm). Dans la mesure du possible, un format vectoriel éditable est souhaité.

Les rédacteurs en chef invités pourront considérer l’opportunité de rassembler des illustrations en couleur provenant des différentes contributions cahier couleur à part.

Échéances

  • 2 nov. 2015 : Soumission des propositions d’article / bref rapport

  • 23 nov. 2015 : Sélection des propositions et invitation à soumettre un article /bref rapport complet
  • 25 Jan. 2016 : Soumission des articles / brefs rapports complets pour double relecture anonyme
  • 15 févr. 2016 : Retours et commentaires des relecteurs anonymes
  • 29 févr. 2016 : Soumission des articles / brefs rapports opportunément améliorés
  • Printemps 2016 : Processus d’édition
  • Été 2016 : Publication de CLARA#4

Les échéances sont susceptibles d’être allongées.

N’hésitez pas à prendre contact avec les directeurs de CLARA architecture / recherche pour toute demande d’information: axel.fisher@ulb.ac.be & Judith.le.Maire@ulb.ac.be

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À propos de CLARA

CLARA architecture / recherche est une revue scientifique, dont les contenus sont soumis à double relecture anonyme, soutenue financièrement par le FNRS-Fonds national (belge) pour la recherche scientifique. Chaque numéro est composé d’un dossier thématique contenant de 6 à 8 articles de fond traitant d’une question d’architecture clairement identifiée. Un second dossier thématique « secondaire », composé d’un nombre plus restreint d’articles, accompagne parfois le dossier « principal ». Une section est dédiée à la valorisation des fonds issus des Archives d’Architecture de l’ULB, et deux apartés concluent chaque livraison avec des nouvelles des activités et des débats au sein de la Faculté. Chaque numéro présente un sommaire détaillé et des résumés des articles principaux.

CLARA architecture / recherche accorde une place privilégiée aux méthodes de recherche et de présentation de savoirs scientifiques issus du champ de l’architecture, en particulier aux élaborations graphiques, aux contenus iconographiques et aux supports non-textuels.

CLARA architecture / recherche est publiée en format 20x25 cm (188 à 232 pages), en noir & blanc, mais avec la possibilité d’intégrer un à deux cahiers de 16 pages en bi- ou quadrichromie.

La qualité de chacune des contributions est assurée par un processus de double relecture anonyme, via un comité de relecture extérieur, expert et pluraliste, selon les critères suivants :

  • Originalité du sujet ;
  • Méthodes de recherche ;
  • Pertinence du propos et des conclusions ;
  • Structure et lisibilité du texte.

Le comité éditorial de la revue, sur conseil du comité de relecture extérieur et des rédacteurs en chef invités, peut décider de refuser une contribution si elle ne satisfait pas aux critères de qualité attendus.

Les contributions seront rédigées de préférence en langue française, mais les contributions en anglais sont également acceptées. Dans ce cas, et si le nombre limité de contributions en anglais le justifie, le comité éditorial se réserve le droit d’effectuer la traduction de ces dernières à ses propres frais.

CLARA architecture / recherche poursuit une politique de Libre Accès, rendant ses contenus librement téléchargeable à la fin d’une période d’embargo de 12 mois après publication.

Dates

  • lundi 02 novembre 2015

Mots-clés

  • urbanisme, quotidien, modernisme, sud planétaire

Contacts

  • Axel Fisher
    courriel : axel [dot] fisher [at] ulb [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Axel Fisher
    courriel : axel [dot] fisher [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Modernisme approprié ailleurs ? Transformation, adaptation et subversion d’utopies modernistes transplantées », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 10 septembre 2015, http://calenda.org/338490