AccueilAtypies langagières : mais de quoi parle-t-on vraiment ?

Atypies langagières : mais de quoi parle-t-on vraiment ?

Linguistic atypical: what are we on about? - ATYLANG international conference

Colloque international ATYLANG

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Publié le lundi 14 septembre 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Depuis plusieurs années, le terme atypie, qui tend à se généraliser dans l’usage courant pour désigner des comportements particuliers et inclassables, s’utilise aussi désormais dans le domaine de la recherche, bien au-delà du domaine clinique et de la seule dimension développementale. En pratique, la notion d’atypie langagière tend à émerger dans le champ des sciences du langage, sans pour autant être problématisée clairement. La question qui sous-tend l’organisation du colloque Atylang, consacré à la linguistique clinique, est donc la suivante : comment peut-on passer de l’utilisation intuitive du terme « atypie langagière » à un usage s’appuyant sur une signification explicite et raisonnée, qui permette de faire émerger un consensus sur la façon de le problématiser, sans le réduire d’entrée de jeu au champ du dysfonctionnement et du handicap ?

Annonce

Argumentaire

Depuis plusieurs années, le terme atypie, qui tend à se généraliser dans l’usage courant pour désigner des comportements particuliers et inclassables, s’utilise aussi désormais dans le domaine de la recherche, bien au-delà du domaine clinique et de la seule dimension développementale. En pratique, la notion d’atypie langagière tend à émerger dans le champ des sciences du langage, sans pour autant être problématisée clairement. Dans l’éventail des variations individuelles, certaines conduites linguistiques interpellent la communauté par leur « atypie » en désignant par là leur caractère singulier. Pour autant, l’atypie langagière, qui peut concerner tous les niveaux du système linguistique, de la plus petite unité à la plus grande, peut parfois révéler un caractère pathologique dans l’usage du langage, manifestant alors difficultés, perturbations, déficits. Or, il n’est pas toujours aisé de faire la part entre particularité individuelle et langage troublé. Cette distinction s’avère pourtant fondamentale si l’on considère l’importance et le rôle crucial du langage dans les interactions sociales à tous les âges de la vie.

On se trouve donc aujourd’hui dans une situation paradoxale : stimulante, certes mais qui interroge aussi bien la recherche que la pratique de terrain. Une même notion, à l’interface de disciplines, de domaines et de spécialités, traverse la recherche fondamentale, la recherche appliquée et le terrain clinique, avec des acceptions spécifiques. Mais au fond, de quoi parle-t-on vraiment ? Existe-t-il un dénominateur commun, unificateur de son utilisation dans ces différents champs clairement conceptualisable ? Et si oui, lequel ? La question qui sous-tend l’organisation du colloque Atylang, consacrées à la linguistique clinique, est donc la suivante : comment peut-on passer de l’utilisation intuitive du terme « atypie langagière » à un usage s’appuyant sur une signification explicite et raisonnée, qui permette de faire émerger un consensus sur la façon de le problématiser, sans le réduire d’entrée de jeu au champ du dysfonctionnement et du handicap. Plus précisément :

(I) À partir de quand bascule-t-on du singulier, étrange, inhabituel, au pathologique ? Et comment peut-on distinguer le fonctionnement atypique conjoncturel du dysfonctionnement chronique et installé. Ainsi, sous l’angle du développement, comment caractériser et distinguer l’atypie développementale de l’atypie marquant un retard ou un trouble spécifique manifeste? Du point de vue du vieillissement, quels sont les observables qui permettent de relever des constructions atypiques qui, de simples marqueurs irréductiblement associés au vieillissement normal, deviennent des indicateurs clairs d’un vieillissement pathologique ?

(II) Sur quelles références nous appuyons-nous pour étayer et justifier scientifiquement l’utilisation du terme « atypie » : la communauté de l’observé (environnement familial, scolaire ?), les modèles développementaux proposés par les chercheurs, les pratiques des cliniciens ? Quels indicateurs et quelles mesures précisément ?

(III) Quel est le statut de l’observateur (individuel vs. collectif, expert vs. non expert, chercheur et/ou clinicien), et à partir de là, quelles sont ses attentes et la norme (ou usages attestés) qu’il a intégrée ? Finalement, dans quelle mesure ce qui est atypique et singulier selon un certain éclairage devient parfaitement naturel selon un autre ?

À partir de ces interrogations, l’objectif de ces journées est de fournir des points de repère aux praticiens qui leur permettent d’aborder la notion d’atypie langagière de façon réflexive et problématisée. Il s’agit également, pour les chercheurs, de profiter des retours d’expérience du terrain pour explorer le continuum que traverse la notion, en fixer les pourtours, les limites et les intérêts pour la description scientifique et clinique.

En pratique, les journées ont pour vocation de couvrir à la fois la question des usages dits atypiques et celle des marqueurs langagiers qui en rendent compte, en d’autres termes de sonder les dimensions formelle et communicationnelle. 10 champs majeurs, non exclusifs, sont convoqués sous l’angle de la recherche et du terrain clinique :

(i) Développement et vieillissement langagier

(ii) Oral, écrit (iii)

Langue vocale et langue des signes

(iv) Gestes et multimodalité

(v) Atypie structurelle et/ou atypie pragmatique

(vi) Troubles développementaux vs troubles acquis

(vii) Diagnostic et remédiation (viii)

Guidance familiale (développement, vieillissement)

(ix) Retards vs troubles de langage

(x) Atypie en contexte plurilingue

Conditions de soumission

Les propositions seront déposées sur la plateforme Easychair https://easychair.org/conferences/?conf=atylang1 au format pdf uniquement ; police Times ou Times New Roman 12, interligne 1.5, marges 2,5 cm.

Elles comporteront un titre, un résumé de 500 mots en français ou en anglais, 3 à 5 mots clés, des références bibliographiques.

Elles seront évaluées anonymement.

Les participants indiqueront quel est le format désiré pour leur présentation : communication orale ou communication par poster.

Le CS sélectionnera les communications selon différents critères (caractère innovant de l’étude, champ couvert, interaction recherche – terrain, etc.).

Les sessions poster seront présidées par un membre du comité scientifique et permettront, le cas échéant, de présenter des ressources (outils et données) par ordinateur portable.

Dates importantes

Date limite pour soumettre les propositions :  30 septembre 2015

Notification d’acceptation aux auteurs : 20 octobre 2015 
Dates de la conférence : 27 et 28 novembre 2015 

Langues du colloque

Français, anglais et LSF

Conférenciers invités

  • Catherine Bolly, UCL, Louvain. Changements pragmatiques liés à l'âge. Stratégies adaptatives et compensation pour une interaction normée.
  • Michèle Guidetti, URI Octogone et U. Toulouse 2. Multimodalité de la communication et du langage : développement typique et atypique
  • Chloë Marshall, UCL Institute of Education, London. Investigating Specific Language Impairment in Deaf children who use British Sign Language 
  • Jean-Luc Nespoulous, URI Octogone, Laboratoire Jacques Lordat, Toulouse. Normalité et pathologie. Où est la frontière? Le cas du langage
  • Alexandrine Saint-Cast, Institut Supérieur de Psychomotricité de Paris. À quelles normes se référer pour évaluer le développement psychomoteur et le langage du corps ?

Frais d’inscription

Jusqu’au 31 octobre
  • Professionnels : 80 euros
  • Etudiants (dont post-doc) : 40 euros
A partir du 1er novembre
  • Professionnels : 100 euros
  • Etudiants (dont post-doc) : 60 euros

Ces droits incluent les déjeuners et les pauses café.

Comité scientifique

  • Marion Blondel, SFL - CNRS, Paris
  • Catherine Bolly, UCL, Louvain
  • Caroline Bogliotti, MODYCO & U. Paris Ouest
  • Dominique Boutet, SFL & U. Evry
  • Marie Carcassonne, IRISSO & U. Paris Dauphine
  • Sarah de Vogue, MODYCO & U.Paris Ouest
  • Giovanni de Marco, CeRSM & U. Paris Ouest
  • Karine Duvignau, CLLE & U. Toulouse 2
  • Marion Fossard, U. Neuchâtel
  • Maya Gratier, LECD & U. Paris Ouest
  • Bahia Guellai, LECD & U. Paris Ouest
  • Michèle Guidetti, OCTOGONE & U. Toulouse 2
  • Rouba Hassan, U. Lille 3
  • Kristina Hansson, U. Lund, Suède
  • Frédéric Isel, MODYCO & U. Paris Ouest – VAC &U. Paris 5
  • Sophie Kern, LDI & U. Lyon 2
  • Maria Kihlstedt, MODYCO & U. Paris Ouest
  • Anne Lacheret-Dujour, MODYCO & U. Paris Ouest
  • Marie-Thérèse Lenormand, LPPS
  • Marie Leroy-Collombel, MODYCO & U. Paris 5
  • Nathalie Lewi- Dumont, Grhapes & INSHEA
  • Chloë Marshall, UCL, Londres
  • Jean-Luc Nespoulous, OCTOGONE & U. Toulouse 2
  • Anne-Marie Parisot, UQAM , Montréal
  • Christophe Parisse, MODYCO
  • Marie Perini. SFL & U. Paris 8
  • Marie-Hélène Plumet, LPPS & U. Paris Descartes
  • Christiane Préneron, MODYCO
  • Thierry Rousseau, LURCO & UNADREO
  • Marie-Anne Sallandre, SFL & U. Paris 8
  • Alexandrine Saint-Cast, ISRP, Paris
  • Anne Salazar-Orvig, CLESTHIA & U. Sorbonne Nouvelle
  • Willy Serniclaes, LPP CNRS & U. Paris Descartes
  • Rudolphe Sock, LilPa & U. de Strasbourg
  • Audette Sylvestre, CIRRIS & U. Laval, Québec
  • Liliane Sprenger-Charolles, LPC - CNRS

Lieux

  • Bâtiment B, salle des conférences - Université Paris Ouest Nanterre La Défense 200, avenue de la République
    Nanterre, France (92)

Dates

  • mercredi 30 septembre 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • atypies, cognition, pathologie, parler, développement, veillissement, troubles, gestes, multimodalité

Contacts

  • Caroline Bogliotti
    courriel : caroline [dot] bogliotti [at] u-paris10 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Myriam Djedi
    courriel : myriam [dot] djedi [at] u-paris10 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Atypies langagières : mais de quoi parle-t-on vraiment ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 14 septembre 2015, http://calenda.org/338935