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Transformation sociale des quartiers urbains : mixité et nouveaux voisinages

The social transformation of urban districts - social mixity and new neighbourhoods

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Publié le mardi 15 septembre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Ce numéro s’intéresse à la transformation sociale des quartiers urbains, à ses impacts, et à la vie quotidienne de ses résidents. Au cours des dernières décennies, de nombreuses analyses se sont focalisées sur les phénomènes de gentrification dans les quartiers centraux. La gentrification a été associée à la réhabilitation du cadre bâti, à l’augmentation des prix de l’immobilier, à la transformation de la vocation des commerces, mais surtout à l’arrivée de nouvelles populations résidentes plus nanties venant ainsi remplacer – voire « chasser » – les anciens résidents issus des classes populaires.

Annonce

Argumentaire

Ce numéro s’intéresse à la transformation sociale des quartiers urbains, à ses impacts, et à la vie quotidienne de ses résidents. Au cours des dernières décennies, de nombreuses analyses se sont focalisées sur les phénomènes de gentrification dans les quartiers centraux. La gentrification a été associée à la réhabilitation du cadre bâti, à l’augmentation des prix de l’immobilier, à la transformation de la vocation des commerces, mais surtout à l’arrivée de nouvelles populations résidentes plus nanties venant ainsi remplacer – voire « chasser » – les anciens résidents issus des classes populaires. Ce numéro de la revue LSP ne vise pas à proposer une nouvelle mouture de ces mêmes analyses sur la gentrification. Nous considérons plutôt que cette lecture de la transformation des quartiers mérite d’être redéfinie en fonction des nouvelles dynamiques actuelles.

La transformation sociale des quartiers, analysée sous le prisme de la gentrification, a souvent été associée à l’arrivée d’étudiants ou d’artistes dans un quartier. On s’attend à ce que les jeunes repartent quand ils s’ « établissent » et qu’ils ont des enfants. Est-bien toujours le cas ? Des recherches récentes ont plutôt noté la présence de plus en plus importante de familles avec jeunes enfants dans ces quartiers. Comment cet enracinement « imprévu » dans ces quartiers transforme-t-elle ces espaces à son tour ? Pour leur part, les artistes déménagent quand le prix des loyers augmente. Ils s’installent alors dans les quartiers limitrophes, qui se transforment à leur tour en gagnant en popularité auprès d’autres segments de la population. Ce mouvement provoque-t-il toujours les mêmes effets partout ? L’analyse critique de la gentrification s’est souvent focalisée sur les dynamiques de remplacement des résidents dans le bâti existant. Qu’en est-il quand de nouveaux logements s’ajoutent à la trame existante, par exemple sur d’anciennes friches industrielles ? Ou quand des programmes de démolition/reconstruction de logements sociaux font place à de nouveaux espaces résidentiels ? Qui sont leurs résidents ? Comment influencent-ils la mixité sociale du quartier ?

En bref, quel est le portrait actuel de ces quartiers en transformation ? Sont-ils marqués par une homogénéisation de leur population ou par des dynamiques de mixité sociale ? Certains ont noté la forte présence des emplois de la nouvelle économie parmi ceux occupés par les populations de classe moyenne actuellement présentes dans les quartiers centraux. Est-ce bien le cas ? Par ailleurs, quand il est question de mixité sociale dans les espaces urbains, il faut aussi tenir compte de celle des différents types de ménage (habitants solos, familles, couples), de la coprésence de résidents de différentes générations, ainsi que de la diversité ethnique. Comment ces phénomènes se conjuguent-ils ? En fait, quel type de mixité cette transformation sociale des quartiers produit-elle ? Comment l’évaluer ? Implique-t-elle une inversion des poids respectifs des différentes classes sociales ?

Les choix résidentiels des individus se déploient dans un ensemble des possibles structuré tant par l’état du marché immobilier et les différentes politiques urbaines que par leurs trajectoires professionnelles et  par leurs positions dans le cycle de vie familial. Il n’est pas étonnant de retrouver les étudiants près des établissements universitaires ou les familles dans la banlieue, perçue plus accueillante pour les enfants. Mais la transformation des quartiers ne relève pas uniquement des choix individuels. En fait, les politiques urbaines se sont succédé au fil des ans, tentant de retenir les familles en ville ou de favoriser la mixité sociale dans les quartiers où le prix croissant de l’immobilier en restreint l’accès. Quels en sont les résultats ? Quelle influence ces initiatives publiques ont-elles sur les dynamiques actuelles des quartiers ?

Mais quelles sont ces dynamiques précisément ? Comment les résidents de ces quartiers cohabitent-ils ? Quel est l’état de leurs relations de voisinage ? Lorsqu’elle est présente, la nouvelle mixité sociale des quartiers provoque-elle des conflits entre les voisins ? Quelle est la contribution des associations locales à la vie de ces quartiers ? De ce côté aussi, de nombreuses initiatives ont vu le jour au cours des dernières années pour tisser le lien social des quartiers, par des activités (fêtes de voisins) ou des installations collectives (potagers urbains). Quel en est l’impact ? Même les médias sociaux s’en mêlent, permettant aux voisins de se créer des groupes qui naviguent entre les espaces virtuels et locaux.

Nous invitons les auteurs à proposer leur texte en fonction des trois thématiques évoquées précédemment :

  1. Le portrait social actuel des quartiers urbains qui ont été affectées par d’importantes transformations sociales ou qui le sont actuellement: caractéristiques des populations présentes, position dans le cycle de vie, trajectoires résidentielles et installation, les types d’emploi des résidents, homogénéisation/mixité, diversité sociale ou ethnique.
  2. L’influence des initiatives publiques sur la dynamique sociale actuelle des quartiers urbains (à la fois en termes de peuplement : logiques de soutien au logement social, mais aussi soutien d’activités commerciales, plus ou moins typiques de ces quartiers, qui recyclent des patrimoines, des images, des identités associés aux lieux, ou encore à des activités culturelles; on peut aussi penser aux politiques de transport – et au soutien aux modes de déplacement doux). Comment certaines politiques publiques entrent-elles davantage en résonance avec les modes de vie, les préoccupations, les usages de tel ou tel segment de population des quartiers centraux ?
  3. Les relations entre les résidents : cohabitation, voisinage, conflit, contribution des associations ou des médias sociaux aux dynamiques de voisinage.

Modalités de soumission

Les contributions s’inscriront dans un des trois axes précédents et présenteront les résultats d’une recherche ou des développements méthodologiques récents et originaux. Elles pourront aussi revêtir un caractère synthétique si elles abordent une question théorique en lien avec la thématique proposée. Les auteurs dont la proposition de contribution aura été retenue par le comité de rédaction seront invités à soumettre un article complet

pour le 15 décembre 2015.

Veuillez envoyer votre déclaration d’intention aux responsables de ce numéro avant le 30 septembre 2015.

  • Johanne Charbonneau, Institut national de la recherche scientifique : johanne.charbonneau@ucs.inrs.ca
  • Isabelle Mallon, Université Lumière Lyon 2 : isabelle.mallon@univ-lyon2.fr

Direction

  • Johanne Charbonneau, directrice 
  • Claude Martin, codirecteur

Comité international de rédaction

  • Johanne Charbonneau, Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, Montréal
  • Carole Clavier, Université du Québec à Montréal
  • Renaud Crespin, Centre de recherche sur l’action politique en Europe, CNRS/Université de Rennes 1/IEP Rennes/EHESP
  • Pascale Dietrich, INED et Centre M. Halbwachs CNRS/EHESS/ENS
  • Pascale Dufour, Université de Montréal
  • Nicolas Duvoux, Centre de recherche sur les liens sociaux, CNRS/Université Paris Descartes
  • Stéphanie Gaudet, Université d’Ottawa
  • Louis Jacob, Université du Québec à Montréal
  • Francis Kessler, Université de Paris I-Panthéon Sorbonne
  • Blanche Le Bihan, Centre de recherche sur l’action politique en Europe, CNRS/Université Rennes 1/IEP Rennes/EHESP
  • Sylvain Lefèvre, Université du Québec à Montréal
  • Xavier Leloup, Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, Montréal 
  • Isabelle Mallon, Université de Lyon 2
  • Claude Martin, Centre de recherche sur l’action politique en Europe, CNRS/Université Rennes 1/IEP Rennes/EHESP, Chaire "Social Care : Lien social et Santé" EHESP
  • Anne Quéniart, Université du Québec à Montréal
  • Céline Rothé, Université Rennes 1/IEP Rennes/EHESP, Chaire "Social Care : Lien social et Santé" EHESP

Conseil international de rédaction

  • Adalbert Evers, Université de Giessen 
  • Peter A. Hall, Harvard University 
  • Jane Lewis, London School of Economics
  • Rianne Mahon, Carleton University 
  • John Myles, Université de Toronto 
  • Giovanna Proccacci, Université de Milan
  • Ann Shola Orloff, Northwestern University

Correspondants scientifiques

  • Renée B.-Dandurand, Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, Montréal 
  • Robert Castel, École des hautes études en sciences sociales, Paris
  • Jacques Commaille, École normale supérieure, Paris
  • Muriel Darmon, Université Lumière Lyon 2 
  • Madeleine Gauthier, Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, Montréal 
  • Jacques Godbout, Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, Montréal 
  • Jane Jenson, Chaire de recherche du Canada en citoyenneté et gouvernance, Université de Montréal
  • Annie Junter, INFED, Rennes 
  • Robert Lafore, Institut d’études politiques de Bordeaux 
  • Anne Laperrière, Université du Québec à Montréal 
  • Nadine Lefaucheur, CNRS/Université des Antilles et de la Guyane
  • Patrick Le Galès, Centre d’études européennes, Science Po Paris
  • Frédéric Lesemann, Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, Montréal
  • Patricia Loncle, Centre de recherche sur l’action politique en Europe, CNRS, Université de Rennes 1, IEP Rennes, EHESP
  • Margie Mendell, Université Concordia, Montréal 
  • François de Singly, CNRS, Université Paris Descartes

Dates

  • mardi 15 décembre 2015

Mots-clés

  • quartier urbain, transformation sociale, relation, voisinage, gentrification, réhabilitation

Contacts

  • Isabelle Mallon
    courriel : isabelle [dot] mallon [at] univ-lyon2 [dot] fr
  • Johanne Charbonneau
    courriel : johanne [dot] charbonneau [at] ucs [dot] inrs [dot] ca

URLS de référence

Source de l'information

  • Johanne Charbonneau
    courriel : johanne [dot] charbonneau [at] ucs [dot] inrs [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Transformation sociale des quartiers urbains : mixité et nouveaux voisinages », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 15 septembre 2015, http://calenda.org/339075