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Approches « micro » en géographie

Micro approaches to geography - interdisciplinary perspectives

Regards croisés interdisciplinaires

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Publié le mardi 29 septembre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Ces dernières années en France, les travaux géographiques à des échelles d’analyse micro se sont multipliés, mettant dans le même temps en exergue plusieurs difficultés : absence de légitimité institutionnelle de l’espace d’étude, manque de données statistiques ou encore réticences à descendre à des échelles individualisées d’analyse ou à traiter de catégories d’espaces qui ne seraient justement pas des espaces car trop peu « étendus ». C’est à ces espaces là que cette journée d’études invite à réfléchir, ceux du chez-soi, de la place du train, du canapé, du grenier, mais aussi de la cellule de prison et de l’intimité, et aux enjeux théoriques et méthodologiques propres à leur analyse.

Annonce

Argumentaire

La science géographique n’est plus la science des régions. Elle a désormais investi différentes catégories d’espaces, depuis les grands États jusqu’aux petits quartiers pavillonnaires. Pourtant, les échelles micro lui résistent encore, même si, ces dernières années en France, les travaux géographiques portant sur ces échelles d’analyse se sont justement multipliés, dans le sillage de deux courants complémentaires :

  • d’une part, les travaux sur les représentations en géographie, les espaces vécus, la perception des paysages urbains ;
  • et d’autre part, les travaux sur les pratiques quotidiennes ou ordinaires, que ce soit dans le domaine de l’habiter, du logement, des mobilités ou encore des pratiques de loisirs.

Le point commun de toutes ces approches est d’avoir travaillé à l’échelle des individus, en prenant en compte les pratiques individuelles, les expériences personnelles, voire les émotions. Témoignage de cette évolution, plusieurs numéros de revue de géographie ont été dernièrement consacrés à des échelles microgéographiques, par exemple l’espace domestique (Annales de géographie, 2001, n° 620), la plage (Géographie et cultures, 2009, n° 67), le corps (L’information géographique, 2014, n° 78) ou bien l’enfermement (Annales de géographie, 2015, n° 702-703). Les programmes scolaires du collège invitent aussi désormais les enseignants de 6ème à faire découvrir à leurs élèves leur « espace proche », sur la base de « lecture des paysages quotidien et de découverte du territoire proche ».

L'émergence de ces travaux géographiques à des échelles d’analyse micro mettent dans le même temps en exergue plusieurs difficultés : absence de légitimité institutionnelle de l’espace d’étude, manque de données statistiques ou encore réticences à descendre à des échelles individualisées d’analyse ou à traiter de catégories d’espaces qui ne seraient justement pas des espaces car trop peu « étendus ». C’est à ces espaces là que cette journée d’études invite à réfléchir, ceux du chez-soi, de la place du train, du canapé, du grenier, mais aussi de la cellule de prison et de l’intimité, et aux enjeux théoriques et méthodologiques propres à leur analyse.

À partir de communications de géographes, mais aussi de sociologues et d’anthropologues, cette journée d’études invite à réfléchir aux approches microgéographiques. Quels sont les enjeux théoriques, épistémologiques et méthodologiques de tels travaux ? Le vocabulaire géographique, qui parle d’espace, de territoire, d’échelle, suffit-il ? Les méthodes elles-mêmes, désormais classiques (entretiens semi-directifs ou compréhensifs, récits de vie, cartes mentales, analyses statistiques etc.) sont-elles à même de nous permettre d’analyser ces microgéographies ? Comment monter en généralité à partir d’analyses individualisées ? Comment les géographes peuvent-ils s’inspirer de travaux sociologiques ou anthropologiques ?

Programme

  • 9h30-10h : Accueil et introduction de la journée

10h-12h30

Session 1 Approches micro des mobilités

  • Jean-Baptiste Frétigny (Université de Cergy-Pontoise, MRTE, Géographie-cités). Lieux en tension : la force des contrastes à micro-échelles et ses enjeux théoriques et méthodologiques au regard des aéroports
  • Laurent Cailly (Université de Tours, CITERES). La mobilité périurbaine au prisme de l'habitacle : nouvelle méthode, nouveau regard ? 
  • Nadine Michau (Université de Tours, CITERES). Automobile, mode d’emploi. Avec des extraits du film Automobile, mode d’emploi (Nadine Michau, 2003)

14h-16h

Session 2 Appropriation et territorialisation à l’échelle micro

  • Olivier Milhaud (Université Paris Sorbonne, ENEC). « Parlez-moi de votre cellule ». La prison au risque de l'échelle micro
  • Stéphanie Tabois (Université Savoie-Mont-Blanc, LLS/GRESCO) et Sofian Beldjerd (Université de Poitiers, CEREGE). Faire parler les objets : propositions méthodologiques pour une microsociologie de l’espace domestique
  • Hovig Ter Minassian (Université de Tours, CITERES). Les pratiques de jeux vidéo dans les espaces domestiques
  • 16h-17h : Débat général animé par Guy di Méo (université Bordeaux 3, ADESS), grand témoin de la journée

Organisation

Cette journée d'études est organisée à la MSH Val de Loire (Tours) par l'équipe CoST du laboratoire CITERES (UMR 7324).

Catégories

Lieux

  • Salle de réunion du 1er étage - MSH Val de Loire, 33 allée Ferdinand de Lesseps
    Tours, France (37)

Dates

  • jeudi 12 novembre 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • micro, espace domestique, automobile, prison, espace vécu, carte mentale

Contacts

  • Hovig Ter Minassian
    courriel : hovig [dot] terminassian [at] univ-tours [dot] fr

Source de l'information

  • Hovig Ter Minassian
    courriel : hovig [dot] terminassian [at] univ-tours [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Approches « micro » en géographie », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 29 septembre 2015, http://calenda.org/340013