AccueilBilan sociologique et changements sociaux au Maroc

Bilan sociologique et changements sociaux au Maroc

الحصيلة السوسيولوجية والتغير الاجتماعي بالمغرب

Sociological appraisal and social changes in Morocco

*  *  *

Publié le mercredi 30 septembre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Dans ces moments de transitions, sociopolitiques, culturelles et démographiques que connaît le Maroc, le rôle que doivent jouer les sciences sociales est plus que jamais décisif. Car celles-ci permettraient-elles sans doute de saisir et d’analyser les temporalités dans lesquelles se tracent des devenirs à la fois anthropologique et sociopolitique. Le colloque « Bilan  sociologique et changements sociaux au Maroc » qu’organise le B.E.S.M. s’inscrit justement dans cette logique. Il s’agit en plus de faire un bilan synthétique et analytique de l’apport des sciences sociales durant ces deux dernières décennies – relatif aux domaines sociologiques importants sur lesquels elles ont focalisé et des questionnements anthropologiques qu’elles ont ouverts – d’ouvrir un débat interdisciplinaire neuf et critique, à partir de perspectives différentes mais complémentaires, sur les nouvelles dynamiques sociales qui se déploient et se reformulent dans le Maroc d’aujourd’hui. Des dynamiques que nous comptons, en l’occurrence, saisir à travers des pratiques et des processus sociologiques, en donnant à ce terme une dimension globale qui réfère aux expressions religieuses et culturelles, aux articulations politiques et économiques ainsi qu’aux multiples relations entre les catégories individuelles et collectives qui forment la société marocaine.

Annonce

Argumentaire

Dans ces moments de transitions, sociopolitiques, culturelles et démographiques que connaît le Maroc, le rôle que doivent jouer les sciences sociales est plus que jamais décisif. Car celles-ci permettraient-elles sans doute de saisir et d’analyser les temporalités dans lesquelles se tracent des devenirs à la fois anthropologique et sociopolitique.

Le colloque « Bilan  sociologique et changements sociaux au Maroc » qu’organise le B.E.S.M. s’inscrit justement dans cette logique. Il s’agit en plus de faire un bilan synthétique et analytique de l’apport des sciences sociales durant ces deux dernières décennies – relatif aux domaines sociologiques importants sur lesquels elles ont focalisé et des questionnements anthropologiques qu’elles ont ouverts – d’ouvrir un débat interdisciplinaire neuf et critique, à partir de perspectives différentes mais complémentaires, sur les nouvelles dynamiques sociales qui se déploient et se reformulent dans le Maroc d’aujourd’hui. Des dynamiques que nous comptons, en l’occurrence, saisir à travers des pratiques et des processus sociologiques, en donnant à ce terme une dimension globale qui réfère aux expressions religieuses et culturelles, aux articulations politiques et économiques ainsi qu’aux multiples relations entre les catégories individuelles et collectives qui forment la société marocaine.

En plus d’être scientifiquement critique, le colloque se veut aussi « engagé ». Il ne se suffit pas de dresser un tableau, si exhaustif soit-il, de l’état passé et actuel des sciences sociales, ni même d’une approche critique de cet apport sociologique, mais d’appréhender l’événement sociologique dans son élan vital. Autrement dit, notre approche se veut aussi « prospective », dans la mesure qu’elle refuse de figer les différentes formes de vie dans des structures qui en nient justement les potentialités de devenir. En plus de poser, avec la distance critique nécessaire, les questions vives et sensibles qui traversent le champ social, il s’agit, en effet, de formuler des perspectives d’avenir. Sans tomber, dans le prophétisme et le futurisme, par « perspectives d’avenir », on entend surtout des problématisations socio-anthropologiques neuves qui prennent sérieusement en compte le changement social et le déploiement continu de nouvelles formes de vie.

Cela dit, notre approche entend appréhender le changement social à travers des relations sociologiques, c’est-à-dire à travers les processus d’interaction tant entre les acteurs qu’entre les différentes expressions du social. Il s’agit notamment de réfléchir sur les rapports de genre, les rapports entre le politique et le religieux, entre le politique et l’économique, entre le social et le culturel, entre les pratiques sociales et les normes religieuses et juridiques. Nous pensons que c’est dans les interstices entre ces champs de pratiques sociales qu’on pourrait saisir tant la complexité des phénomènes sociaux que les tensions – anthropologiques et historiques – qui animent la société marocaine.

Aussi les thématiques envisagées par ce colloque se déclinent-elles en quatre (4) axes :

1) Les processus politico-religieux

Il s’agit d’analyser et de repenser les articulations du politique et du religieux en termes de pratiques de double instrumentalisation et légitimation. L’objectif n’est pas seulement de focaliser sur les usages politiques du religieux, mais aussi sur les politiques religieuses en lien avec les formes de radicalisation islamiques. L’examen de tels processus permettrait en l’occurrence de réfléchir sur les devenirs des (et les résistances aux) dynamiques de « sécularisation » qui se profilent à l’horizon. Par « sécularisation » on entend aussi bien les nouvelles formes de dissociation/association du religieux du politique que les pratiques sociales quotidiennes – notamment : les rapports sexuels, le rapport avec les altérites socioreligieuses,  avec les formes de modernisation à l’œuvre, le rapport avec le texte et les pratiques rituelles, les relations protéiformes avec les pratiques religieuses des marges – qui sans cesse reposent la problématique de l’intrication du politico-religieux.

2) L’examen des dynamiques politico-économiques 

L’examen des dynamiques politico-économiques  nous permet entre autres de réfléchir sur des sujets sensibles qui souvent pervertissent les liens socioéconomiques. On pense tout particulièrement aux pratiques liées au phénomène structurant de la corruption, au sérieux et persistant problème de l’économie informelle, aux économies illégales, aux nouvelles formes de pauvreté et de richesse. Le but ici est de repenser les devenirs politico-économiques en lien avec tous les mécanismes qui entravent les processus de « développement » économique et de « modernisation » sociale et culturelle.

3) Les rapports de genre 

Les rapports de genre concentrent sans doute en eux les tensions et les contradictions sociales et culturelles qui habitent une société – en donnant ici au terme de « culture » un sens essentiellement anthropologique. Mais ces contradictions et ces ambivalences sont aussi souvent les signes des fêlures entre les différents systèmes qui encadrent ces relations. On souhaite, en d’autres termes, déterritorialiser la question du genre, en la dissociant des structures du pouvoir et la plaçant dans une dynamique de désir : le désir de devenir-autre, pour paraphraser Gilles Deleuze.

4) Des rapports entre le culturel et le social

Des rapports entre le culturel et le social, on aimerait essentiellement poser la question des productions culturelles en ce qu’elles reflètent (ou pas) les soucis d’ordre sociologique et historique, et dans quelles mesure ouvrent-elles sur des perspectives nouvelles qui permettraient d’imaginer des nouvelles formes de vie relativement libérées des gravités politiques, économiques et religieuses. Autrement dit, comment penser l’acte de création culturelle en tant que créateur de nouveaux liens sociaux ?

Soumission des propositions

Après avoir précisé l’axe dans lequel elle s’inscrit, la proposition de communication, d’une page (1500/2000 signes) devra présenter la problématique traitée, les données mobilisées et les principales questions, qui seront présentées lors du colloque.

Elle devra également comporter les éléments suivants : le nom et les coordonnées du ou des auteurs (institution, université, adresse mail, téléphone), ainsi qu'une biographie succincte.

La proposition est à envoyer à :

  • siham.elmd@gmail.com
  • tabbakhamal@yahoo.fr

Langues du colloque

Les langues du colloque sont l’arabe, le français, l’anglais.

Calendrier 

  • Clôture des soumissions: 20/10/2015

  • Réponse du comité scientifique: 30 /10/ 2015
  • Colloque du 14 au 15 janvier 2016 

Comité scientifique 

  • Pr. Farid Zahi
  • Pr. Mustapha Naïmi
  • Pr. Zakaria Rhani
  • Pr. Abdelfattah Ezzine
  • Pr. Smail Kouttroub

Coordinatrice

Siham El Moudden

Courriel : siham.elmd@gmail.com

Lieux

  • Université Mohammed V -Souissi, Institut Universitaire de la Recherche Scientifique, Avenue Allal El Fassi, B.P:6287 Rabat-Instituts
    Rabat, Maroc

Dates

  • mardi 20 octobre 2015

Mots-clés

  • bilan, changement social, genre, politique, religion

Contacts

  • Siham El Moudden
    courriel : iurs [dot] event [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Siham El Moudden
    courriel : iurs [dot] event [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Bilan sociologique et changements sociaux au Maroc », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 30 septembre 2015, http://calenda.org/340234

Archiver cette annonce

  • Google Agenda
  • iCal

À lire sur le même thème