AccueilRelations et interactions entre chapitres, couvents, monastères féminins et leur environnement social dans l’espace lotharingien (XIIIe-XVIIIe siècle)

Relations et interactions entre chapitres, couvents, monastères féminins et leur environnement social dans l’espace lotharingien (XIIIe-XVIIIe siècle)

Relations and interactions between chapters, convents, female monasteries and their social environment in the Lotharingian space (13th-18th centuries)

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Publié le lundi 05 octobre 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Cette journée d'étude vise à s'interroger sur les réseaux unissant les établissements religieux féminins fondés et réformés dans cet espace entre le XIe et le XVIIIe siècle. On s'interrogera sur les parentés pressenties (ou les oppositions) ainsi que sur les relations inattendues que ces milieux féminins peuvent entretenir entre eux, malgré leurs différences et leurs spécificités. Ces groupes s’inscrivent aussi au sein d’une société avec laquelle ils demeurent en synergie. Les interactions entre ces femmes et le « monde »  seront examinées, avec un intérêt pour ce qui les caractériserait au sein de l’espace considéré.

Annonce

Cette journée d'études s'inscrit dans le cadre du programme de recherche financé par l'ANR Lodocat (Chrétientés lothharingiennes - Dorsale catholique (IXe-XVIIIe s.) et plus spécialement dans l'axe "Engagement des femmes dans la vie religieuse". 

Argumentaire

En 1985, l’ancêtre du CERCOR organisait un colloque consacré à la Naissance et au fonctionnement des réseaux monastiques et canoniaux. Si les Actes (1991) proposaient surtout une suite de monographies sur le fonctionnement interne des grands ordres religieux, ils présentaient également quelques analyses transversales des interactions et modalités d’échanges possibles entre ces instituts et les milieux extérieurs (épiscopat, autorités civiles, universités, confraternités, familles). En 2012, le CERCOR a suggéré de retravailler ce vaste chantier en s’interrogeant sur les Interactions chez les religieux : emprunts, échanges et confrontations. Il y a été notamment question des modalités et des formes d’interactions ainsi que de leurs effets en divers domaines, ceci tous ordres et toutes périodes confondus.

D’une manière générale, les historiens, comme les sociologues, s’interrogent aujourd’hui sur le fonctionnement des réseaux sociaux (CTHS, Reims 2015 : Réseaux et sociétés) et tentent de proposer des outils d’analyse opérationnels au-delà des effets de mode. La prudence est sans conteste de mise, notamment dans le choix du vocabulaire (est-il pertinent ici de préférer « réseaux » à d’autres termes comme ordre, congrégation, communauté, confraternité, milieux socio-culturels, familles, etc. ?) et dans l’établissement des typologies. On veillera ici à y réfléchir en fonction des espaces (Lotharingie/Dorsale catholique) et des groupes considérés (congrégations féminines), le tout sur le long terme (XIe-XVIIIe s.). Il ne s’agira pas seulement de repérer et de dénombrer les types de réseaux, mais d’étudier « la configuration produite par divers liens, son évolution, ses effets » (Lemercier). On s’efforcera aussi de dépasser l’examen des interactions « en interne » (au sein d’un ordre ou d’une communauté) et, donc, de privilégier les liens qui unissent des ordres entre eux ou les relations qu’ils entretiennent avec le monde extérieur.

Le nombre de maisons féminines connaît un accroissement constant entre le XIe et le XVIIe siècle, non seulement avec l’apparition de branches issues d’ordres masculins, mais aussi avec la création de projets spécifiquement conçus pour (et parfois par) des femmes. Qu’ils soient isolés ou inscrits au sein d’un organigramme très structuré, ces groupes de femmes engagées dans la vie religieuse s’emploient à manifester les caractéristiques qui les distinguent et les identifient aux yeux de leurs contemporains, et ce en fonction de leur statut (ou absence de statut) canonique, de leur finalité, de leurs options spirituelles ou ecclésiologiques : une chanoinesse ne peut se confondre avec une moniale, encore moins avec une béguine. Il existe toutefois des points communs entre ces femmes d’une même génération ou d’une même région, quels que soient leurs états de vie ou leurs vocations. Les parentés pressenties (ou les oppositions) entre ces milieux féminins inscrits dans l’espace lotharingien restent à approfondir ainsi que les relations inattendues qu’ils entretiennent entre eux, malgré leurs différences et leurs spécificités. Incités puis souvent contraints à rompre avec le monde extérieur, ces groupes s’inscrivent aussi au sein d’une société avec laquelle ils demeurent en synergie. Les interactions, au sein de ces espaces féminins d’une part, entre ces femmes et le monde considéré ou non comme « extérieur », d’autre part, restent encore à étudier, en s’intéressant à ce qui les caractériserait au sein de l’espace considéré.

Programme

9h

Accueil des participants par Charles Giry-Deloison, Directeur du CREHS et Gilles Deregnaucourt (U. Artois)

Présidence : Gilles Deregnaucourt (U. Artois)

9h15

Corinne Marchal (U. Franche-Comté) et Marie-Élisabeth Henneau (ULg) : Introduction

9h45

Raymond Dewerdt (U. Artois) : Les sœurs grises (T.O.R. féminin franciscain) et les béguines dans les anciens Pays-Bas méridionaux du XIIIe au XVe siècle : la même « Poenitentia » ?

10h10

Thomas Jérôme (U. Artois) : Une société religieuse : vivre dans une communauté de moniales chartreuses

10h35

Pause

11h

Marie-Élisabeth Henneau (ULg) : Quand le parloir devient un lieu de sociabilité urbaine : les réseaux sociaux autour des annonciades célestes entre Italie du Nord et Pays-Bas méridionaux (XVIIe-XVIIIe s.)

11h25

Marie-Cécile Charles (UL) : Un monde de femmes en réseau à Luxembourg au XVIIe siècle : les clarisses du Saint-Esprit, les chanoinesses de la Congrégation Notre-Dame et la recluse Marguerite

11h50

Sylvie Boulvain (ULg) : De l’incidence des réseaux familiaux sur la vie religieuse féminine à Liège au XVIIe siècle

12h15

Discussion

12h30

Déjeuner

 Présidence : Alain Jobin (U. Artois)

14h

Corinne Marchal (U. Franche-Comté) : Les relations entre les chapitres nobles féminins de l’« espace lotharingien » au XVIIIe siècle

14h25

Christophe Leduc (U. Artois) : Les relations entre chapitres séculiers féminins et masculins à l’époque moderne. L’exemple singulier des chanoinesses et des chanoines de Mons et de Maubeuge (Hainaut)

14h50

Céline Drèze (UCL) : Des chapitres nobles au cœur du paysage sonore urbain. Les exemples de Mons et de Maubeuge (XVIIe-XVIIIe siècles)

15h15

Pause

15h45

Fabien Guilloux (U. Tours) : Les clarisses urbanistes d'Alspach (Kaysersberg) : réseaux et sociabilités musicales d'une communauté monastique au XVIIIe siècle

16h10

Julie Piront (ULg) : Modèles, copies et transferts architecturaux chez les congrégations féminines au nord de la ‘dorsale catholique’ aux XVIIe et XVIIIe siècles

16h35

Discussion

17h00

Table ronde – Les réseaux sociaux autour des couvents : un essai de typologie

17h45

Odon Hurel (CNRS/LEM) : Conclusions

Lieux

  • Maison de la recherche, Bâtiment I, salle des colloques - Université d'Artois 9, rue du Temple
    Arras, France (62)

Dates

  • jeudi 15 octobre 2015

Mots-clés

  • Réforme catholique, femmes, genre, réseaux, monachisme, religieuses, chapitres, nobles

Contacts

  • Marie-Elisabeth Henneau
    courriel : mehenneau [at] ulg [dot] ac [dot] be
  • Nathalie Cabiran
    courriel : nathalie [dot] cabiran [at] univ-artois [dot] fr

Source de l'information

  • Marie-Elisabeth Henneau
    courriel : mehenneau [at] ulg [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Relations et interactions entre chapitres, couvents, monastères féminins et leur environnement social dans l’espace lotharingien (XIIIe-XVIIIe siècle) », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 05 octobre 2015, http://calenda.org/340571