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Les lieux de mobilité en question

Sense of place in places of mobility

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Publié le mardi 13 octobre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

L’axe « Mobilités, identités et territoires » du Collège international des sciences du territoires organise, dans le cadre du projet « De la mémoire aux territoires : interroger la fabrique des lieux de mobilité » de la Maison des sciences de l'Homme Paris Nord et en partenariat avec le Centre de recherche sur l’habitat du Laboratoire architecture ville urbanisme environnement (LAVUE), une journée d’étude interdisciplinaire consacrée à la question de la production des lieux. Partant d’une question qui intéresse aussi bien la géographie que l’architecture, l’urbanisme, la philosophie, l’anthropologie, l’histoire ou le champ de l’art, l’objectif de la journée est d’interroger le rôle des mobilités dans la production (au sens d’H. Lefebvre) matérielle et symbolique des lieux. En effet, l’ampleur (volume) et la diversité des mobilités – ne serait-ce que du point de vue de l’origine géographique des individus ou des groupes mobiles, des moyens de transport utilisés, de ce qui les motivent (l’économique, le politique, le religieux ou le tourisme) – reposent la question du lieu, de son rôle et du sens qu’il revêt aujourd’hui. Elles constituent un prisme stimulant, mais peu utilisé, pour en lire les transformations et les permanences, leur fonctionnement en réseau ou la place qu’ils occupent dans la constitution des territoires (Guérin-Pace et Filippova, 2008).

Annonce

Argumentaire

En abordant la question du lieu par les mobilités, cette journée d’étude souhaite poursuivre la réflexion menée par les géographes anglo-saxons à partir des années 1980 sur le sense of place (et la distinction opérée entre space et place, dans la construction géographique des identités chez Buttimer et Seamon 1980, Agnew et Duncan 1989, Carter et al. 1993), en France et Suisse à partir du milieu des années 1990 (avec les travaux de B. Debarbieux et ceux de J-L. Piveteau sur « le territoire comme lieu de mémoire ») et, plus récemment, par les chercheurs, notamment du Cresson (Amphoux et al. 2004, Grosjean et Thibaud 2001), qui appréhendent le lieu et sa capacité transformative à partir de son « ambiance ». L’entrée par les mobilités, quels qu’en soient les motifs et l’étendue, permet de décaler le regard sur le lieu, en analysant la production individuelle et collective, mais aussi symbolique et matérielle du lieu, non plus à travers l’ancrage et la durée mais au regard de parcours et de trajectoires, mais aussi de défilés, processions, pèlerinages (Chiffoleau et Madœuf 2005) par exemple.

Pour ce faire, nous proposons trois dimensions thématiques :

La dimension temporelle

Avec cette entrée, il s’agit de discuter de la « profondeur » des lieux, plus ou moins perceptible à travers différentes strates – traces et marques ténues ou bien visibles qu’y inscrivent des présences successives et/ou contemporaines effacées ou au contraire valorisées par le biais de pratiques individuelles ou collectives, de politiques d’aménagement et de transformations urbaines. Les questions des mémoires, comme composante forte de l’identité et de l’identification spatiale, et du patrimoine relèvent de cette dimension temporelle ; de même que les questions de durée (lieux pérennes ou, au contraire, éphémères) et de rythmes (mobilités récurrentes ou ponctuelles).

La dimension matérielle

D’une échelle locale à une dimension internationale, il s’agit de discuter de la production matérielle et de la « mise en conformité » de lieux pour accueillir voyageurs, professionnels, touristes et pèlerins internationaux ou encore populations migrantes. Cette entrée permettra d’abordée la question des formes, de la « topologie » (Bonnin, 2010) : seuils, limites, extension, porosité, échelle, mais aussi des outils de mesure et de description de ce qui fait ou peut faire lieu. Les questions d’ambiance et d’atmosphère, d’architecture et de morphologie des lieux relèvent de cette dimension.

La dimension sociale et/ou politique

Transversale aux dimensions temporelle et matérielle, la dimension sociale et/ou politique des lieux de mobilité permet d’interroger ce qui se joue socialement, mais aussi politiquement, « dans » un lieu qui, de fait, met ou peut mettre en présence des individus et des collectifs dont non seulement les trajectoires et les pratiques de mobilité, mais aussi les pratiques, du lieu sont multiples et distinctes, voire antagoniques. Comment ces coprésences s’organisent-elles, se conjuguent-elles pour produire un lieu ? Et comment, du point de vue des politiques publiques, les répertoires de l’action y opèrent-ils : de la defensive architecture qui cherche à empêcher l’installation dans les espaces publics et à accélérer la circulation aux lois régulant l’asile et la migration ?

Ces trois dimensions permettront de questionner le lieu, réalité polymorphe et notion polysémique s’il en est, et en particulier les lieux de mobilité – que l’on propose de définir ici comme des lieux où s’inscrivent (passage, arrêt, ancrage) des mobilités – aussi bien par ses acteurs et leurs pratiques, que par ses formes et ce qui en fait « l’esprit » (Lévy et Lussault, 2000), la singularité ou l’ambiance ; les communicants étant invités à préciser l’usage qu’ils font de ces différents termes.

Cette journée d’étude est ouverte à tous les champs disciplinaires et aussi bien aux communications traitant de la dimension socio-spatiale de la production des lieux que des outils et méthodes pour répondre à cette problématique.

Comité scientifique

  • Céline Barrère (Maitre-Assistant ENSAP Lille – CRH LAVUE)
  • Matthieu Giroud (MCF Université Paris Est Marne la Vallée – ACP)
  • France Guérin-Pace (Directrice de recherches INED)
  • Caroline Rozenholc (Maître-Assistante associée ENSAPVS et ENSAPLV – CRH LAVUE)

Envoi des propositions

Les propositions (1 page maximum) sont à envoyer à : Caroline.ROZENHOLC@paris-valdeseine.archi.fr

d’ici le 15 novembre 

Réponse le 20 novembre.

Envoi des communications retenues d’ici le 20 janvier (10 pages maximum).

Journée : 28 janvier 2016 - École nationale supérieure d’architecture Paris-Val de Seine

Lieux

  • École nationale supérieure d'architecture Paris-Val de Seine - 3-15 Quai Panhard et Levassor
    Paris, France (75013)

Dates

  • dimanche 15 novembre 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • lieu, mobilité

Contacts

  • Caroline Rozenholc
    courriel : caroline [dot] rozenholc [at] paris-valdeseine [dot] archi [dot] fr

Source de l'information

  • Caroline Rozenholc
    courriel : caroline [dot] rozenholc [at] paris-valdeseine [dot] archi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les lieux de mobilité en question », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 13 octobre 2015, http://calenda.org/340983