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La fabrique des mémoires publiques

The factory of public memoirs

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Publié le mardi 06 octobre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Le présent colloque porte sur la « mémoire publique », entendue comme mode de rappel d’objets du passé (personnages, événements, œuvres etc.) où le souvenir est exposé à autrui hors du cadre interindividuel ou familial. Le partage du souvenir fonde ainsi une communauté – à géométrie variable – dans laquelle chacun est censé s’inscrire. Il y a donc, dans une société donnée, une pluralité de mémoires publiques, dont les rapports avec la mémoire officielle sont particulièrement complexes. Ce sont les problématiques découlant de ce constat qui sont au cœur de la réflexion menée dans le cadre de ces journées, qui incluent également deux tables rondes où se croisent les approches théoriques et pratiques. Cette réflexion s’inscrit dans une perspective large, des sociétés de l’Antiquité à nos jours. Il s’agit en effet d’établir, à partir d’études de cas traités de manière isolée ou conjointe, un dialogue fructueux entre diverses disciplines de sciences humaines et sociales.

Annonce

Argumentaire

Le présent colloque porte sur la « mémoire publique », entendue comme mode de rappel d’objets du passé (personnages, événements, œuvres etc.) où le souvenir est exposé à autrui hors du cadre interindividuel ou familial. Ses initiateurs peuvent être des représentants de l’État et de diverses institutions ou non, des individus ou des groupes. Le partage du souvenir fonde ainsi une communauté – à géométrie variable – dans laquelle chacun est censé s’inscrire. Il y a donc, dans une société donnée, une pluralité de mémoires publiques, qui sont loin d’être toutes officielles. Les moyens ou supports de création et de conservation de mémoires publiques sont eux aussi variés, mais procèdent d’un même processus reposant sur la sélection de certains objets du passé au détriment d’autres, ainsi que sur la sélection de traits particuliers de ces objets, jugés particulièrement dignes de mémoire. Cette sélection est le produit de constructions s’intégrant dans une temporalité, une société et une culture. Elle est souvent le fruit de stratégies diverses de la part des initiateurs ou entrepreneurs de mémoire, mais l’adhésion qu’elle suscite au sein d’un groupe signifie que ce dernier reconnaît l’importance (politique, culturelle, identitaire…) de l’objet de mémoire pour la communauté qu’il forme.

Ce sont les problématiques découlant de ces différents constats qui sont au cœur de la réflexion menée dans le cadre de journées qui incluent également deux tables rondes où se croisent les approches théoriques et pratiques. Cette réflexion s’inscrit dans une perspective large, sur le temps long, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Une telle perspective implique, à partir d’études de cas traités de manière isolée ou conjointe, un dialogue fructueux entre diverses disciplines de SHS, et permet de varier les points de vue sur un phénomène exploré selon trois axes essentiels :

  • les formes de mémoires publiques. Il s’agit d’analyser les processus, les mécanismes, les leviers, les pratiques présidant à ces fabrications mémorielles, mais aussi les rythmes, les lieux et les supports des mémoires publiques (discours, œuvres, monuments, musées, écoles, manuels, publications, spectacles, manifestations…).
  • les enjeux. La production d’objets engageant une forme de mémoire publique peut répondre à des objectifs ou à des besoins politiques, sociaux, économiques ou culturels. En ce sens ces opérations se révèlent des marqueurs du pouvoir politique, social et culturel. Il s’agit alors d’étudier dans quelle mesure elles s’inscrivent dans des stratégies mises en place par leurs promoteurs pour en tirer un gain, mais aussi de considérer le rôle qu’elles jouent au sein d’une collectivité, par exemple comme outils de (re)fondation, d’approfondissement, de mutation identitaire.
  • Interaction et évolutions. La promotion d’une forme de mémoire collective entraîne nécessairement un large faisceau de réactions qui peuvent aller de l’adhésion plus ou moins large à la résistance, incluant la constitution d’une forme de contre-mémoire. Elle est soumise à différents facteurs qui peuvent la favoriser, permettre de la structurer, ou amener à son extinction.

Programme

Mercredi 7 octobre

  • 13h15 : accueil des participants
  • 13h30-14h10 : Séquence introductive générale : Olivier Abel (IPT Montpellier, CRAL-CRISES)

14h10 : Thème 1. Mémoire publique et figuration artistique

  • 14h15-14h40 : Fabrice Galtier (UPV, CRISES) : « La popularisation de l’image du Néron incendiaire et son exploitation politique »
  • 14h40-15h05 : Thierry Allain (UPV, CRISES) : « Du héros naval à la figure politique : l’amiral Michiel de Ruyter et la bataille d’Agosta en 1676 »
  • 15h05-15h30 : Delphine Robic-Diaz (UPV, RIRRA 21) : « D’autres visages pour l’histoire coloniale : les biopics »
  • 15h30-16h : discussion – pause
  • 16h-16h25 : Sylvie Triaire (UPV, CRISES) « La mémoire publique en clichés : bribes d’histoire dans quelques œuvres littéraires du XIXe siècle »
  • 16h25-16h50 : Marie Blaise (UPV, CRISES) : « La construction de l’idée de littérature : un enjeu mémoriel »
  • 16h50-17h15 : discussion

18h30-20h : Table ronde : La mémoire de la vigne et du vin en Languedoc

Intervenants :

  • Daniel Bartement, MCF de géographie à l’UPV (CRISES)
  • Julien Duvaux, Chef du service des archives anciennes, communales et privées (Pierresvives)
  • Michel Kimmel, Chef de projets – Maîtrise d’œuvre audiovisuelle et multimédia (Bouzigues – Studio K Languedoc)
  • Rémy Pech, PR émérite d’histoire contemporaine (Univ. Toulouse 2)
  • Robert Plageoles, Vigneron et auteur d’ouvrages sur l’histoire de la vigne (Gaillac)

Jeudi 8 octobre

9h : Thème 2. La mémoire instituée, évidente ou problématique ?

  • 9h05-9h30 Christophe Chandezon (UPV, CRISES) : « Se distinguer ou s’intégrer ? Usages de la mémoire publique à Thespies (Béotie, Grèce) »
  • 9h30-10h10 : Daniel Bartement (UPV, CRISES) et Hélène Guérin (UPV, CRISES) : « Antigone, projet de ville et programme décoratif. La topographie légendaire d'une capitale régionale. Néo-statuaire publique et usages de l'antique entre mémoire et projet. »
  • 10h10-10h40 : discussion – pause
  • 10h40-11h05 : Caroline Wallis (UPV, CERCE) : « La fête de Newroz-Nevruz Nauroz au carrefour de multiples projets de construction nationale : revendication mémorielle, invention de la tradition et construction des identifications collectives »
  • 11h05-11h35 : Martine Assénat (UPV, CRISES) et Julien Boucly (EHESS, représenté par M. Assénat) : « Eglises de Diyarbakir : Projets patrimoniaux et mémoire d’une présence chrétienne »
  • 11h35-12h00 : discussion

14h : Thème 3. Le devenir de la mémoire en question – le rôle de l’oubli

  • 14h05-14h30 : Virginie Sudre (UPV, CRISES) : « De la guerre civile à la guerre des mémoires en Espagne : entre mythes, oubli, et tentatives inachevées »
  • 14h30-14h55 : Charles Heimberg (Univ. de Genève) : « La fabrication scolaire des mémoires publiques et ses limites : le cas de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale »
  • 14h55-15h25 : discussion – pause
  • 15h25-15h50 : Antoine Pérez (UPV, CRISES) : « Amida de Mésopotamie, la métropole sans mémoire ».
  • 15h50-16h15 : Jean-Daniel Causse (UPV, CRISES) : « L'oublié et l'inoubliable »
  • 16h15-16h45 : discussion

18h-19h30 Table ronde : Le travail des praticiens de la mémoire publique : l’impact des contraintes matérielles et de la prise en compte du public-cible

Intervenants :

  • Christian Amalvi, PR d’histoire contemporaine à l’UPV (CRISES)
  • Yasmina Boudhar, Chef de projets – Muséologue (Paris – Aubry et Guiguet Programmation)
  • Laurence de Cock, professeur d’Histoire Géographie et membre du Comité de Vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH), membre fondateur du collectif Aggiornamento hist-géo
  • Isabelle David, MCF de langue et littérature latines à l’UPV (CRISES)
  • Charles Heimberg, Professeur de didactique, concepteur d’un plan d’études en Histoire pour le secondaire et formateur d’enseignants du secondaire en Suisse
  • Frédéric Rousseau, PR d’histoire contemporaine à l’UPV, directeur de la MSH (CRISES)
  • David Zivie, conseiller chargé du patrimoine et de l’architecture au cabinet de la ministre de la culture et de la communication, ancien directeur général adjoint de la mission du centenaire de la Première Guerre Mondiale

Vendredi 9 octobre

Fin du thème 2. La mémoire instituée, évidente ou problématique ?

  • 9h-9h25 : Laurence de Cock (Univ. Lyon 2) : « Construction et scolarisation de la mémoire publique de la guerre d'Algérie, retour sur quelques idées reçues »
  • 9h25-9h35 : discussion
  • 9h35 : Thème 4. L’institution de la mémoire des arts, des lettres et des sciences
  • 9h40-10h20 : Flore César (UPV, LexArt) et Pierre-Yves Lacour (UPV, CRISES) : « Mémoires savantes. Montpellier, 17e-19e siècles »
  • 10h20-10h45 : Discussion - pause
  • 10h45-11h10 : Marion Denizot (Univ. Rennes 2) : « L’écriture de l’histoire du théâtre. Une histoire au pluriel, entre mémoire(s) collective(s) et histoire(s) officielle(s) »
  • 11h10-11h35 : Flore Kimmel-Clauzet (UPV, CRISES) : « L’impact des politiques publiques sur la mémoire des poètes en Grèce ancienne »
  • 11h35-11h50 discussion

Les organisateurs : mot de clôture

Lieux

  • Site du campus de l'Université, bâtiment Joë Bousquet, salle 308 - Université Paul-Valéry Montpellier, 3 route de Mende
    Montpellier, France (34)

Dates

  • mercredi 07 octobre 2015
  • jeudi 08 octobre 2015
  • vendredi 09 octobre 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • mémoire, art

Contacts

  • Fabrice Galtier
    courriel : fabrice [dot] galtier [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Fabrice Galtier
    courriel : fabrice [dot] galtier [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La fabrique des mémoires publiques », Colloque, Calenda, Publié le mardi 06 octobre 2015, http://calenda.org/341537