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Regards croisés sur les processus de transmission des musiques traditionnelles en France

Comparative approaches to the processes of transmission of traditional music in France

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Publié le jeudi 22 octobre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Ce séminaire est envisagé comme un espace d’écoute, d’information, d’apprentissage, chaque participant : chercheur, praticien, apprenant de l’autre ; comme un espace favorisant la distanciation par rapport aux pratiques contemporaines, aux processus de transmission, de construction du domaine. Cette première édition se centrera sur les processus de transmission des musiques traditionnelles d’un point de vue essentiellement anthropologique et historique. Il s'agirade s'interroger de manière complémentaire sur la difficile et complexe question de la transmission concernant des musiques qui, en quelques décennies, ont connu des changements radicaux quant aux processus qui leur permettent de défier leur passage sur les échelles espace/temps.

Annonce

Argumentaire

Dans le cadre de ses missions d’Ethnopôle – Pôle national de Recherches et de Ressources en Ethnologie, l’InOc Aquitaine met en place un « Séminaire annuel » dédié à l’ethnomusicologie de la France. Par la création de cette rencontre annuelle, la Direction générale des patrimoines – Direction de la recherche et de la politique scientifique du Ministère de la Culture a souhaité soutenir et valoriser la recherche sur les musiques et danses traditionnelles du domaine français et favoriser la rencontre professionnelle et la formation.

L’idée est de favoriser la rencontre de chercheurs institutionnels et de porteurs des expressions musicales et chorégraphiques dites traditionnelles, eux-mêmes investis dans la réflexion sur leur pratique et sa transmission.

Ce séminaire est envisagé comme un espace d’écoute, d’information, d’apprentissage,  chaque participant : chercheur, praticien, apprenant de l’autre ; comme un espace favorisant la distanciation par rapport aux pratiques contemporaines, aux processus de transmission, de construction du domaine.

Cette première édition – « Regards croisés sur les processus de transmission des musiques traditionnelles en France » – est ainsi tout naturellement organisée en collaboration avec le Cirief qui fédère depuis 2007 une trentaine de chercheurs et promeut l’ethnomusicologie de la France au plan national et international, par le biais de la recherche et de la valorisation des travaux scientifiques.

La thématique de ce Séminaire a par ailleurs rencontré les préoccupations et missions du Centre d’Etudes Supérieures Musique et Danse de Poitou-Charentes. Le « croisement des regards » s’organisera ainsi en deux temps :

à Billère – Agglomération Pau-Pyrénées, les 11-12 novembre 2015

à Poitiers, les 2-3 mai  2016.

Le premier événement se centrera sur les processus de transmission des musiques traditionnelles d’un point de vue essentiellement anthropologique et historique là où le second s’orientera davantage sur les aspects pédagogiques. Il s'agira, dans le cadre de ces deux rencontres, de s'interroger de manière complémentaire sur la difficile et complexe question de la transmission concernant des musiques qui, en quelques décennies, ont connu des changements radicaux quant aux processus qui leur permettent de défier leur passage sur les échelles espace/temps.

Présentation

Si la question de la transmission est, pour suivre David Berliner (Berliner), « un impensé » de la discipline anthropologique, elle est en revanche, aujourd’hui comme tout au long des cinquante dernières années, au cœur des préoccupations, explicites ou implicites, des acteurs des musiques traditionnelles. Ce domaine a connu – connaît toujours – une prolifération d’entreprises et de dispositifs de transmission qu’ils soient associatifs subventionnés (ateliers…), publics (conservatoires, schémas d’éducation artistique…) ou « sauvages » (rassemblements festifs, organisation locale d’une sociabilité musicienne…) (Cf. Isnart, Castéret).

Le séminaire souhaite ainsi interroger la transmission musicale en tant que processus : processus passés et présents dessinant un « patrimoine en action » (Tornatore). Non spécifiquement l’acte pédagogiquede la transmission d’une technique mais ce qui se trouve au-delà : les modalités de transmission des savoirs stylistiques, des savoir-être, de la sociabilité musicienne, des contextes anciens ou nouveaux de la musique. Plus largement ce qui fait – ou non – des apprenants des hommes « culturés ».  Ce qui contribue à faire de la musique un « fait social total » selon l’expression de Marcel Mauss ; à inscrire les praticiens dans une communauté sans cesse réinventée ; à faire des répertoires et des esthétiques des valeurs partagées.

Le séminaire souhaite par ailleurs interroger les usages et les modalités de la transmission : hérités ou créés et, dans tous les cas, construits. Quels sont-ils, comment sont-ils apparus, de quelle façon se construisent-ils ? Il s’agira notamment d’identifier les institutions de transfert d’hier et d’aujourd’hui : mettant en perspective les dispositifs des « anciens milieux ruraux français » (Guilcher), ceux nés à la fin du XIXe siècle avec l’apparition du mouvement folklorique ou régionaliste, ou avec les revivalismes du XXe siècle ; abordant, le cas échéant, pour certains territoires ou pratiques, la dialectique ou la dialogique à l’œuvre entre diverses institutions de transfert ou dispositifs.

L’analyse et la mise en regard des grands jalons du renouveau paraît plus largement souhaitable, à savoir : la période des « redécouvreurs » des années 1970-1980, celui de « l’institutionnalisation » de la musique traditionnelle dans les 1980-2000 et probablement celui, en cours, qui voit le départ en retraite – pour les enseignants – des acteurs du renouveau et la professionnalisation d’une troisième génération d’acteurs. Cela conduira plus particulièrement à aborder les contextes et représentations politiques, culturelles, esthétiques qui sous-tendent les processus de transmission, que ce soit à travers le discours – et, au cours du séminaire, le témoignage – des enseignants, des praticiens, des artistes, des responsables institutionnels…

La notion de groupes ou de communautés, notamment de « communautés symboliques » ou « communautés de pratiques » (Molino) pourra ainsi être posée au regard des esthétiques et des modalités de transmission.

Nous pourrons enfin nous interroger sur les conséquences des représentations, usages – la « pédagogisation » des pratiques par exemple –, dispositifs, en termes de lutherie ou de facture instrumentale, de répertoires, de styles… Les nouvelles façons de poser l’acte de transmission, ses contextes, la question des contenus à transmettre feront, également débats. Par le biais de témoignages, d’expériences mais aussi à l’écoute des jeunes générations, le domaine de la formation en musiques traditionnelles et plus particulièrement celui des formations professionnalisantes seront abordés. Esquissés dans le cadre de ce séminaire, ces aspects seront plus précisément développés dans le cadre des rencontres du CESMD de Poitou-Charentes.

Programme

Mercredi 11 novembre 2015

  • 13h45 Accueil
  • 14h Introduction, Christian Hottin, Conservateur en chef du patrimoine, adjoint au Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique du Ministère de la Culture et de la Communication.

14h30-17h30

  • Luc Charles-Dominique, Professeur à l’Université de Nice, membre de l’Institut universitaire français : Des ménétriers d'Ancien Régime à nos actuelles associations et écoles de musique : jalons pour une réflexion sur les fondements et les modalités de la transmission des musiques dites traditionnelles.
  • Xabier Itçaina, CNRS-Centre Emile Durkheim, Sciences po Bordeaux : La société du tambourin : vers une histoire sociale de la musique à danser en Pays basque nord.
  • François Gasnault, Conservateur général du patrimoine, Chercheur au iiAC-LAHIC (MCC-CNRS-EHESS) : La transmission des musiques traditionnelles en contexte académique : histoires de fruit et de vers.
  • Françoise Etay, Directrice du Dept. de musique traditionnelle, C.R.R de Limoges : Institutionnalisation de l’enseignement des musiques traditionnelles en France. Bilan et perspectives.

17h30 Table ronde « D’ateliers en conservatoires »

  • Philippe Gibaux, Musicien, enseignant, luthier, directeur du Festival Chants d’Elles.
  • Jacques Baudoin, Collecteur, formateur, musicien.
  • Pascal Caumont, Professeur certifié de musiques traditionnelles au Conservatoire R.D. de Tarbes.
  • Romain Baudoin, Musicien, enseignant au CEFEDEM de Bordeaux.

Jeudi 12 novembre 2015

8h45 Accueil

9h-12h00

  • Catherine Hergott, Chercheuse associée au Laboratoire de Phonétique et Phonologie / UMR CNRS n° 7018, Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle : Les processus de transmission en Corse du cantu in paghjella : contextes, évolutions, enjeux corporels et performatifs dans son mode de transmission traditionnel.
  • Jean-Jacques Castéret, Directeur de l’ethnopôle InOc Aquitaine / Laboratoire ITEM (EA 3002) de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour : Des « dispositifs ordinaires ». Transmission in vivo de la polyphonie dans les Pyrénées gasconnes.
  • David Khatile, Chargé de cours à l’Université des Antilles Pôle Martinique, formateur au CEFEDEM-Normandie: Transmission des patrimoines chorégraphiques et musicaux à la Martinique : l’exemple de la haute-taille depuis l’effondrement de la société traditionnelle martiniquaise jusqu’à aujourd’hui.
  • Denis Laborde, Directeur de Recherche au CNRS, Directeur d’études EHESS (Paris) : « Faire avec » : L’identité basque dans le temps.

14h-15h30

  • Corinne Savy, Chargée de cours Université Montpellier 3, chercheure associée à l’IReMUS UMR 8223 et au RIRRA21 : Expérimenter le problème de la modélisation dans la transmission du chant « por soleares ».
  • Xavier Vidal, Directeur du Dept. de musique traditionnelle du C.R.R. de Toulouse : Oralité et pratique instrumentale. Une approche globale : « apprendre par corps ».

15h30-16h30 Table ronde « Transmission & contextes »

  • Charles Quimbert, Chanteur et formateur, Directeur de Bretagne Culture Diversité.
  • Cyril Isnart, Chargé de recherche, Laboratoire Idemec, UMR CNRS n°7307, Aix-Marseille Université.
  • Didier Oliver, Musicien et enseignant.
  • Jean-Claude Arrosères, Musicien, enseignant, membre du groupe Los Pagalhós (sous réserve).

Séance des 2-3 mai 2016 (Poitiers)

À préciser

Inscriptions

Ouvert au public sur inscription (obligatoire) : m.larche@in-oc.org

Co-voiturage

Une page de covoiturage pour venir au séminaire a été mise en place à cette adresse

http://tawacovoiturage.fr/events/view/1683

Lieux

  • Institut Occitan, Château d'Este, Avenue de la Pléiade
    Pau, France (64140)

Dates

  • mercredi 11 novembre 2015
  • jeudi 12 novembre 2015
  • mardi 03 mai 2016
  • mardi 03 mai 2016

Mots-clés

  • ethnomusicologie, ethnopôle, musique traditionnelle, transmission

Contacts

  • Mélanie Larché
    courriel : lesanthropaulogiques [at] yahoo [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Mélanie Larché
    courriel : lesanthropaulogiques [at] yahoo [dot] com

Pour citer cette annonce

« Regards croisés sur les processus de transmission des musiques traditionnelles en France », Séminaire, Calenda, Publié le jeudi 22 octobre 2015, http://calenda.org/342532