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Au tournant de l'expérience

The watershed of experience

Interroger ce qui se construit, partager ce qui nous arrive

Asking questions of what shapes us, sharing what happens to us

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Publié le mercredi 28 octobre 2015 par Elsa Zotian

Résumé

À l'occasion de ce colloque, il est question de poser l'hypothèse que l'architecture peut se définir comme mode d'enquête pour une nouvelle expérience du monde. Parce qu'elle donne accès avec une grande précision aux modalités de l'expérience du monde construit, soutenons qu'elle puisse à son tour rendre compte de ce changement de paradigme en cours dans la fabrique des établissements humains. Il s'agit de ré-investir et questionner ces dispositifs de représentation qu'elle déploie sur le territoire pour tenter de traduire en récit et en projet le devenir de celui-ci. Pour discuter autant de ces dispositifs que de ces traductions, nous invitons des chercheurs et des praticiens, des architectes et des plasticiens, des expérimentateurs et des expérimentés, à présenter ces dispositifs architecturaux qui nous permettent d'interroger ce qui se construit et de partager ce qui nous arrive.

Annonce

Le colloque international AU TOURNANT DE L'EXPÉRIENCE est une initiative du laboratoire GERPHAU, groupe d'étude et de recherche en Philosophie, Architecture, Urbain (Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris La Villette, UMR 7218 CNRS-Lavue). Il s'agit du second événement du cycle « écosophie » organisé en partenariat avec la Cité de l'Architecture, avec le soutien du réseau philAU (réseau scientifique thématique : Philosophie, Architecture, Urbain). Ce colloque s'inscrit également parmi les initiatives portées par ARENA (Architectural Research in Europe Network Association), réseau européen pour la promotion et le développement de la recherche en architecture. 

Argumentaire

Bien sûr, l'expérience n'est pas une ligne droite ; elle est toujours et déjà constituée de tournants, de tourments et de retournements. Mais d'où vient cette intuition que ce tournant, aujourd'hui et maintenant, mérite de s'y arrêter pour le penser ? Sur quels éléments théoriques et pratiques se fondent cette intuition d'une architecture prise dans le tournant d'une nouvelle expérience du monde ? Est-ce parce que la notion d'expérience nous apparaît comme troublée, parce qu'elle semble devenir incertaine et fuyante, que se construit à présent l'urgence d'en reparler ?

Faire le constat d'un nouvel état du monde, c'est se poser la question de ce qu'il en est de l'architecture et de ce qu'il en reste. Un « état » qu'on pourrait dire inscrit sous le régime de la performance et de tous ses superlatifs, où la production de nouvelles expériences se présente comme toujours plus enjouées, légères, ludiques, bien en deçà de ce qui est donnée à chacun de vivre en terme d'actes et de faits. Un « état » qui nécessite de composer avec une certaine forme d'expérience métropolitaine. Mais comment se conjugue le méga des métropoles aux échelles de l'ordinaire ? C'est depuis cette prise de conscience que se pose ici notre invitation à discuter de ce que serait une expérience de ce nouvel être-au-monde par l'architecture. Il s'agit d'interroger ces changements, qu'ils soient politiques, environnementaux, sociaux, qui forgent un nouvel état du monde à travers l'évolution et la ré-invention de nos pratiques. Confrontées à la crise d'habiter et à la condition urbaine, à l'heure d'une nouvelle ère qu'on appellerait Anthropocène, quelles sont ces nouvelles pratiques architecturales et urbaines qui, d'un seul et même geste, résistent et s'engagent avec ces changements ? À partir de quoi, de quelles expériences proposent-elles de refonder nos pratiques ? Par quelles ruses amènent-elles l'architecture à répondre de cette force d'être et d'agir qui est la sienne ?

Pour discuter ensemble de ces questions, posons l'hypothèse que l'architecture peut se définir comme mode d'enquête de cette nouvelle expérience du monde. Parce qu'elle donne accès avec une grande précision aux modalités de l'expérience du monde construit, soutenons qu'elle puisse à son tour rendre compte de ce changement de paradigme en cours dans la fabrique des établissements humains. Ré-investissons et questionnons ces dispositifs de représentation qu'elle déploie sur le territoire pour tenter de traduire en récit et en projet le devenir de celui-ci. À l'occasion de ce colloque, il sera question de venir discuter autant de ces dispositifs que de ces traductions. Nous invitons des chercheurs et des praticiens, des architectes et des plasticiens, des expérimentateurs et des expérimentés, à présenter ces dispositifs architecturaux qui nous permettent d'interroger ce qui se construit et de partager ce qui nous arrive.

Durant deux journées de débats, nous nous mettrons ensemble au travail autour de cette double question qui nous apparaît aussi urgente qu'inévitable : comment l'architecture, en tant que mode d'enquête et fabrique d'expériences, peut-elle répondre à cette double tâche de représenter et de donner corps à une nouvelle façon d'être au monde ?

Ce bref texte de présentation d'une rencontre au tournant de l'expérience vous est soumis sans références philosophiques ou architecturales, sans renvois historiques ni même d'accroches sur l'actuel. Si ce choix peut sembler « flottant », c'est précisément que nous attendons des propositions d'intervention capables de lui donner prise. Nous invitons tant des chercheurs que des praticiens à venir échanger sur ces questions, mais en précisant d'entrée d'où chez eux est pris ce tournant. Ce serait-là la seule règle du jeu imposée : chaque contributeur s'engage à commencer son discours en annonçant d'où se situe son intervention, d'où s'amorce son propre tournant. Nous insistons sur ce « d'où » parce qu'il est une origine, un point de départ, et non pas juste le « où » d'un lieu assigné. Il rappelle le discours à ce « là où tout a commencé », mais invite inévitablement au débordement ; entre philosophie et architecture, à chacun de transgresser ses disciplinarités ; à chacun de re-inventer ses modes de saisie du monde et de pensée.

Dans le cadre de cet appel, nous proposons quatre prises ou points d'entrée énoncés en deux fois deux mots-clefs :

des prises pratiques

pour un tournant de l'expérience forgé dans l'action ; formulé à partir d'interventions sur le réel pour le transformer. Comment s'éprouvent sur le terrain ces nouvelles pratiques architecturales, urbaines, ou paysagères ? Nous invitons des praticiens à venir parler d'une architecture qui s'invente ou s'est déjà ré-inventée comme mode d'enquête sur ces changements de nos environnements.

et théoriques

pour un tournant de l'expérience pris dans des matières abstraites ou idéales ; mené à partir de réflexions et fabulations théoriques. Entre phénoménologie et pragmatisme, quelles sont ces résurgences annoncées de la pensée de l'expérience ? Il s'agit de croiser les références et mettre ces différents héritages philosophiques au service d'un projet commun ; celui du renouvellement urgent de nos modes de penser et d'agir.

des prises diachroniques

pour un tournant de l'expérience inscrit dans une certaine continuité ; un tournant dont la trajectoire peut être retracée à travers le temps et le développement historique de la pensée. Nous proposons de mettre ici en avant des contributions qui considèrent qu'un tournant ne peut être amorcé sans avoir posé les questions du « d'où on vient » et de « où on va ».

et synchroniques

pour un tournant de l'expérience présenté à partir du caractère contemporain de certains événements ou éléments. Il s'agit de travailler ce tournant par ce qui se produit avec lui, en même temps que lui. Aux chercheurs et praticiens investis dans l'art des aménagements et des agancements, nous proposons de discuter de la réinvention de leurs pratiques à partir de faits (qu'ils soient événements politiques, économiques ou scientifiques) qui forcent une nouvelle prise de conscience du monde.

Conditions de soumission

L'appel à communications pour ce second acte s'adresse à tous ceux – praticiens, enseignants, chercheurs – dont le travail se confronte, ou s'est déjà confronté, à la question du devenir de nos disciplines architecturales et philosophiques, mais aussi urbaines, paysagères, géographiques, sociologiques, ou autres disciplines de l'écologie et de l'environnement. L'objectif de cette rencontre est de co-construire un « état de lieux » et de définir ensemble ce tournant dans lequel nos différentes pratiques sont aujourd'hui engagées. 

Ce colloque AU TOURNANT DE L'EXPÉRIENCE se tiendra à la Cité de l'architecture et du patrimoine les 11 et 12 mars 2016.

Un abstract de la communication (3000 signes, espaces inclus) devra être envoyé à l'adresse suivante colloqueGERPHAU@gmail.com

au plus tard le 4 janvier 2016

Puisque nous encourageons fortement les dispositifs d'intervention innovants, nous invitons les participants à préciser en quelques lignes le cadre de discussion imaginé pour leur proposition.

L'annonce des sélections par le comité scientifique aura lieu aux alentours du 20 janvier 2016.

En cas de sélection de l'abstract, le comité d'organisation tiendra l'intervenant informé du dispositif proposé pour sa présentation.

Le colloque se tiendra en anglais et en français.

Comité scientifique

  • Guy AMSELLEM, président de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine de Paris; Manola ANTONIOLI, professeure de philosophie, HDR, ENSA Paris La Villette, GERPHAU; 
  • Nathalie BLANC, géographe, directrice de recherche au CNRS, directrice de l'UMR Ladyss 7533; 
  • Xavier BONNAUD, architecte, docteur en urbanisme, professeur d'architecture à l’ENSAPL et à l’école Polytechnique, directeur du GERPHAU; 
  • Stéphane BONZANI, architecte, docteur en philosophie, enseignant à l'École Spéciale d'Architecture et à l'ENSA de Clermont-Ferrand, chercheur et co-responsable du lab. GERPHAU; 
  • Aglaée DEGROS, architecte, co-fondatrice de l'agence Artgineering (Rotterdam), Professeure d'architecture à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne (Roland Rainer Chair) ; 
  • Murray FRASER, Professeur d'architecture, The Bartlett School of Architecture, Faculty of the Built Environment (Londres), président du réseau ARENA; 
  • Daniel PAYOT, philosophe, professeur de philosophie de l'art à l'Université de Strasbourg; 
  • Thierry PAQUOT, philosophe, professeur des universités, rhapsode de la revue « L'Esprit des villes », (Institut d'urbanisme de Paris, Paris XII-Val-de-Marne); 
  • David VANDERBURGH, architecte, professeur d'architecture à la Faculté d'architecture, d'ingénierie architecturale, d'urbanisme de l'Université de Louvain; 
  • Pieter VERSTEEGH, architecte, professeur à l'Ecole d'ingénieurs et d'architectes de Fribourg; 
  • Chris YOUNÈS, philosophe, Professeure à l’ENSA de Paris-La Villette et à l’Ecole Spéciale d’Architecture, a fondé le lab. GERPHAU et le réseau international PhiLAU.

Comité d'organisation

  • Chris YOUNES,
  • Xavier BONNAUD,
  • Stéphane BONZANI,
  • Antoine BEGEL,
  • Céline BODART,
  • Emmanuelle ROBERTIES,
  • Mathias ROLLOT.

Lieux

  • Auditorium - Cité de l'Architecture et du Patrimoine, 1 Place du Trocadero
    Paris, France (75016)

Dates

  • lundi 04 janvier 2016

Mots-clés

  • architecture, philosophie, urbain, expérience, anthropocène

Contacts

  • Céline Bodart
    courriel : colloqueGERPHAU [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Céline Bodart
    courriel : colloqueGERPHAU [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Au tournant de l'expérience », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 28 octobre 2015, http://calenda.org/343548