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Le concept de borderscape comme outil interdisciplinaire

The concept of borderscape as an interdisciplinary tool

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Publié le lundi 02 novembre 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Les chercheurs de l’axe académique prioritaire « MIS – Multilinguisme et Études interculturelles » de l’université du Luxembourg analysent les discours et les pratiques socioculturelles au croisement des langues et des cultures, les décalages diachroniques et synchroniques et s’intéressent depuis peu au traçage et au marquage de frontières, condensés dans le concept de borderscape. Le colloque MIS des 8 et 9 avril 2016 entend aiguiser cette notion et en mesurer les enjeux pour la recherche interdisciplinaire.

Annonce

Colloque de l’axe prioritaire MIS – Multilinguisme et Études interculturelles (Université du Luxembourg) en collaboration avec l’UniGR-Center for Border Studies (UniGR-CBS).

Argumentaire

Les chercheurs de l’axe académique prioritaire « MIS – Multilinguisme et Études interculturelles » (www.mis.lu) de l’Université du Luxembourg analysent les discours et les pratiques socioculturelles au croisement des langues et des cultures, les décalages diachroniques et synchroniques et s’intéressent depuis peu au traçage et au marquage de frontières, condensés dans le concept de borderscape. Le colloque MIS des 8 et 9 avril 2016 entend aiguiser cette notion et en mesurer les enjeux pour la recherche interdisciplinaire.

Les frontières ne sont pas de nature, elles sont façonnées par des processus sociaux et doivent être entretenues, défendues, voire, elles sont à la fois le résultat et l’origine de différenciations : elles ne peuvent donc être analysées que sous forme de processus (‘bordering’) qui déterminent l’existence et l’émergence de chaque catégorie constituée. Les frontières impliquent des règles qui peuvent être dépassées – des règles qui, elles aussi, sont soumises à de constantes révisions. Il arrive fréquemment que les frontières s’élargissent à la dimension d’espaces frontaliers à leur tour appréhendés comme zones de transition ou de contact. Ces considérations ne s’appliquent pas uniquement aux frontières territoriales ou politiques, mais aussi aux frontières culturelles, sociales, économiques, juridiques ou linguistiques ainsi qu’aux textes et à d’autres artefacts.

On utilise depuis peu le concept de borderscape pour souligner le fait que les frontières sont le fruit d’un ensemble de règles, de conventions ou de sémantiques et que leur mise en place ne devient réalité que grâce à celles-ci. Ce concept a été forgé par analogie avec le terme landscape : or, tandis que le landscape décrit le « pays » dans une perspective culturelle, le borderscape interprète la frontière dans son émergence culturelle, son dynamisme et sa flexibilité.

La recherche dans le domaine des sciences humaines utilise principalement cette notion pour décrire le contexte géopolitique, quoique à l’encontre des idées toujours dominantes de territorialité. Elle porte sur les interactions entre les formes de réglementation les plus diverses (autant affirmatives que subversives) de la frontière et les phénomènes sociaux ou culturels, les méthodes discursives et les politiques identitaires individuelles. La notion englobe des applications plus larges car elle ne se réfère pas à la frontière « en tant que telle » mais aux conditions de sa constitution d’une manière abstraite et plus globale. Elle peut être utilisée dans différents secteurs disciplinaires. Elle ne s’applique pas seulement aux territoires et zones d’influence délimités d’un point de vue politique, mais aux bordures de qui est permis, de ce qui s’impose au niveau culturel et social, de ce qui est artistiquement acceptable, limites, lisières ou seuils d’œuvres d’art, de bâtiments, d’approches ou encore d’individus et de langages.

Ce caractère abstrait du borderscape et du processus de borderscaping invite à mesurer ce concept aux différents champs de pertinence susmentionnés et au-delà. Aussi le colloque a-t-il pour objectif de sonder les potentialités que cet outil offre pour les débats théoriques et programmatiques ainsi que pour l’analyse empirique du phénomène frontalier. Les interventions doivent donc idéalement passer du conceptuel à l’application concrète. Le colloque s’adresse à des collègues de toutes les sciences humaines qui s’intéressent au fonctionnement des frontières sous l’angle social, culturel, géographique, artistique, littéraire et psychique.

Conditions de soumission

Nous vous prions d’envoyer vos propositions de communication à l’adresse mis@uni.lu

d’ici le 30/11/2015

Propositions de communication

  • Titre de la communication
  • Nom, affiliation, adresse postale, courriel
  • Résumé (max. 1000 signes, espaces compris)
  • Eventuellement : sources bibliographiques
  • Notice bio-bibliographique (max. 350 signes, espaces compris)

Les propositions peuvent nous parvenir en allemand, en français ou anglais. Le colloque sera équipé  traduction simultanée dans les langues suivantes : DE > EN, FR > EN.

Un remboursement des frais de déplacement et d’hébergement est envisageable.

Le colloque aura lieu du 8 au 9 avril 2016 à Luxembourg.

Contact : mis@uni.lu

Comité scientifique et d'organisation

  • ill Dembeck (Université du Luxembourg)
  • Sonja Kmec (Université du Luxembourg)
  • Birte Nienaber (Université du Luxembourg)
  • Agnès Prüm (Université du Luxembourg)
  • Nathalie Roelens (Université du Luxembourg)
  • Christian Wille (Université du Luxembourg)

Lieux

  • Campus Belval - Université du Luxembourg 11, porte des Sciences
    Esch-sur-Alzette, Grand-Duché de Luxembourg (4366)

Dates

  • lundi 30 novembre 2015

Mots-clés

  • multilinguisme, études interculturelles, frontières, limites, migrations, transculturalité

Contacts

  • Christian Wille
    courriel : mis [at] uni [dot] lu

Source de l'information

  • Christian Wille
    courriel : mis [at] uni [dot] lu

Pour citer cette annonce

« Le concept de borderscape comme outil interdisciplinaire », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 02 novembre 2015, http://calenda.org/343830