AccueilLes batailles de 1916

Les batailles de 1916

The battles of 1916

*  *  *

Publié le lundi 16 novembre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

À l'occasion du centenaire des batailles de Verdun et de la Somme, la Mission du centenaire de la première guerre mondiale et son conseil scientifique, présidé par M. Antoine Prost, organisent un colloque international de trois jours à Paris en juin 2016 portant sur « Les batailles de 1916 ».

Annonce

Argument

Les commémorations des batailles de 1916 risquent de traiter les batailles comme des évidences, réduites à leurs aspects militaires, alors que l’emploi même du terme « bataille » pour désigner « les séries conjuguées d’assauts, de tentatives pour percer le front ou au moins pour lui « grignoter » ses lignes de défense et faire reculer le front » (Agulhon) tranche avec ce que signifiait auparavant ce mot. Qu’est-ce qu’une « bataille » en 1916, par rapport à toutes les opérations militaires dénommées : « guerre », « campagne », « offensive », « combat », « front » ?

Le colloque prendra donc l’objet « bataille » comme sujet d’étude, dans sa dimension internationale.  

Son objectif est double : une avancée scientifique par l’élargissement des perspectives et la comparaison internationale, mais aussi la présentation à un large public des approches qui renouvellent l’histoire des batailles de 1916, notamment sur les fronts autres que le front ouest.       

Son champ chronologique est l’ensemble de l’année 1916         

Il portera sur toutes les batailles, quels qu’en soient les espaces, la nature et la forme, y compris la bataille navale. En effet, si une insistance particulière sur les trois grandes batailles de l’année (Verdun, la Somme, l’offensive Broussilov) est légitime, l’interdépendance des batailles entre elles d’une part, et d’autre part le souhait d’une approche comparative des batailles et des fronts, interdisent une définition étroite de l’objet d’étude.

Le colloque s’organisera autour de trois thèmes.

Construire la bataille

La bataille est construite d’abord par les acteurs qui la projettent, en définissent le temps et l’espace, par l’organisation militaire qu’ils se donnent pour la mener, par leurs choix stratégiques et tactiques. Elle est construite sur le moment même, par ceux qui y participent et en témoignent, hommes et femmes (comme les infirmières), aux divers niveaux de la hiérarchie militaire, du simple soldat au grand chef, par les journalistes qui en rendent compte, par les films éventuellement, par l’opinion publique et par les civils, avec leurs émotions et leurs représentations antérieures de la bataille, par les récits que donnent les « rescapés » de la bataille. Les mots utilisés pour dire la bataille comptent beaucoup : ils inscrivent une nouveauté dans un champ d’expérience qui, par définition, l’ignorait.

La bataille est enfin construite après coup par les autorités qui dressent la liste des batailles, par la littérature de témoignage ou d’histoire, par les commémorations qui vont du simple rappel à la mythification. La mise en récit de la bataille est au cœur de sa construction.

En résumé, il s’agit de la construction (ou de la reconstruction) de la bataille      

  • par les mots
  • par les acteurs
  • par la circulation des informations sur le moment et le récit des « rescapés »   
  • par la mémoire, les mythes et l’historiographie.

Expérimenter la bataille

On s’interroge ici sur le vécu des soldats à partir d’une problématique qui dépasse le récit compassionnel et victimaire. On souhaite l’aborder en fonction de divers critères : l’expérience antérieure du combat, l’espace-temps des soldats, c'est-à-dire la réalité matérielle (relief, climat) et le moment de la bataille dans lequel ils interviennent, leur expérience corporelle, la durée de leur séjour en ligne. On s’interrogera aussi sur les sorties de la bataille : la relève, la capture des prisonniers, (pas leur captivité ultérieure), la blessure, le refus d’obéissance, la désertion, la fraternisation.

L’expérience de la bataille passe aussi par les représentations que les soldats, au sein même de la bataille, se font d’eux-mêmes et des autres, des ennemis, des chefs, des civils. On distinguera les représentations des savoirs de la bataille, qui évoluent : la connaissance des armes et de leurs effets, celle du terrain s’affine parmi les soldats, mais aussi parmi les officiers (échelle des cartes, photographies aériennes).

On s’intéressera enfin aux combats dans la bataille. Les formes de combat évoluent, d’un front à l’autre, en fonction de l’évolution des armes, des conceptions tactiques, de l’organisation des unités, de l’expérience acquise. La bataille n’implique pas nécessairement le combat et il ne suffit pas d’un combat pour faire une bataille.

En résumé il s’agit ici de pratiques et de représentations dans l’espace et le temps :

  • Les espaces comme lieux d’expériences corporelles différenciées           
  • L’expérimentations de l’espace et les jeux d’échelles        
  • L’expérience de la bataille dans sa durée   
  • L’usage des armes : le combat dans la bataille, les mutations de la bataille en 1916
  • Les représentations de soi et des autres dans la bataille   
  • La sortie de la bataille : relève, capture, blessure, désertion, refus, fraternisation.

Alimenter la bataille

Alimenter la bataille c’est d’abord lui fournir des hommes. La crise des effectifs est un sujet central, avec ses effets sur les mobilisations, sur l’organisation des unités, sur le commandement (combien d’officiers en ligne le sont depuis 1914 ?), et un aspect international important (envoi de divisions à un allié, transferts de troupes d’un front ou d’un secteur de front à un autre). Les surestimations croisées des pertes chez soi et chez l’adversaire.

C’est ensuite nourrir les combattants, ce qui constitue une entreprise considérable. Sans oublier les millions de chevaux nécessaires aux armées. L’archéologie du champ de bataille peut être ici utilement sollicitée, comme l’histoire socio-économique. C’est produire le matériel (armes et munitions, avions, camions etc.) nécessaire à la bataille, et l’acheminer en temps utile : la logistique est une dimension décisive de la bataille, avec là aussi des échanges entre alliés qui n’ont guère été étudiés.

Avec les formes nouvelles de la mobilisation industrielle on touche enfin un sujet plus large : celui des civils et de leur mobilisation ou re-mobilisation. Alimenter la bataille c’est aussi soutenir le moral de l’arrière, aussi bien que celui des combattants.

En résumé, il s’agit ici de tout ce qui est nécessaire pour faire « fonctionner » la bataille : 

  • La crise des effectifs et les transferts d’un front à l’autre (hommes et matériel)
  • Nourrir les hommes  
  • Produire le matériel 
  • Assurer la logistique 
  • Alimenter ou renforcer le moral : les re-mobilisations

Modalités de soumission

Les communications ne seront pas directement présentées par leurs auteurs, mais elles feront l’objet d’une synthèse présentée par un rapporteur, afin de favoriser une large discussion pendant laquelle les auteurs pourront s’exprimer.

Les langues de travail du colloque seront le Français, l’Anglais et l’Allemand, avec traduction simultanée.

Les communications en Russe sont acceptées.

Les propositions de communication doivent parvenir au secrétariat scientifique de la Mission du Centenaire 14-18, 109 Boulevard Malesherbes, 75008 PARIS, (alexandre.lafon@centenaire.org) 

avant le 4 janvier 2016.

Elles ne dépasseront pas  1000 mots (5 000 signes).

Le conseil scientifique examinera les propositions de communication. Les auteurs retenus devront envoyer leur communication finalisée pour la fin du mois de mars 2016, compte-tenu du temps nécessaire pour leur éventuelle traduction en français d’abord, puis pour permettre aux rapporteurs de rédiger leur synthèse.

Le colloque comprendra, outre les sessions de travail (présentation des communications par le rapporteur et discussion) trois ou quatre grandes conférences, dont une conférence d’ouverture et une de clôture.

Il est envisagé d’organiser après la fin du colloque deux visites guidées (exclusives l’une de l’autre) d’une journée, soit sur la Somme, soit à Verdun.

Conseil scientifique

Le Conseil scientifique de la Mission du Centenaire assure le suivi du colloque « Les batailles de 1916 » et plus particulièrement :

  • M. Stéphane AUDOIN-ROUZEAU, Directeur d’études à l’EHESS, président du Centre  international de recherche de l’Historial de la Grande Guerre de Péronne
  • M. Nicolas BEAUPRÉ, Maître de conférences en histoire contemporaine, université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand
  • M. Rémy CAZALS, Professeur émérite d’histoire contemporaine, université de Toulouse 2-Jean Jaurès
  • M. François COCHET, Professeur d’histoire contemporaine, université de Lorraine-Metz
  • M. Frédéric GUELTON, Historien, ancien chef du département de l’armée de terre – Service Historique de la Défense (SHD)
  • M. John HORNE, Professeur émérite d’histoire contemporaine, Trinity College, Dublin
  • M. Gerd KRUMEICH, Professeur émérite d’histoire moderne et contemporaine, université de Düsseldorf
  • M. Philippe NIVET, Professeur d’histoire contemporaine, université de Picardie-Jules Verne
  • M. Nicolas OFFENSTADT, Professeur invité, université de Francfort-sur-Oder (Viadrina)
  • M. Antoine PROST, Professeur émérite d’histoire contemporaine, université de Paris 1 – Panthéon Sorbonne, président du conseil scientifique de la Mission du Centenaire.

Lieux

  • Paris, France (75)

Dates

  • lundi 04 janvier 2016

Mots-clés

  • bataille

Contacts

  • Alexandre Lafon
    courriel : alexandre [dot] lafon [at] centenaire [dot] org

Source de l'information

  • Alexandre Lafon
    courriel : alexandre [dot] lafon [at] centenaire [dot] org

Pour citer cette annonce

« Les batailles de 1916 », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 16 novembre 2015, http://calenda.org/344874