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Séminaire doctoral du laboratoire conception territoire histoire (LACTH)

Doctoral seminar of the Laboratoire conception territoire histoire (LACTH)

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Publié le lundi 09 novembre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Prenant appui sur les différents domaines du laboratoire (conception, territoire, histoire et matérialité), le séminaire doctoral du laboratoire conception territoire histoire (LACTH, ENSAP de Lille) offre une plateforme d'échanges et de confrontations des travaux de recherche passés et en cours. 

Annonce

Coordination

  • Catherine Grout

Programme

Salle Jean Challet   14h30-18h30

18 novembre « Conception architecturale et outils numériques »

Domaine Conception, séance organisée par Frank Vermandel.

Cette séance sera consacrée aux enjeux de la conception numérique en architecture. Elle se déclinera en deux principaux axes : 1. l’interrelation des outils numériques et du dessin architectural dans l’acte de concevoir ; 2. l’examen du rôle des fictions dans la conceptualisation architecturale et dans l’essor de la conception numérique au tournant des années 1990.

  • Le dessin numérique: vers un continuum de l'esquisse à la maquette numérique ? Laurent Grisoni, professeur en informatique à l'Université de Lille Science & Technologies, responsable de l’équipe de recherche MINT.

Antérieur à l'écriture, tant dans l'histoire que dans la vie de l'homme, le dessin est un support d'information parmi les plus répandus au monde, l'un des rares capable d'être compris au delà des langues et cultures bien souvent. Dans une société qui se construit de plus en plus autour de l'image, et malgré l'omniprésence du numérique, celui-ci reste un support d'expression important, de l'esquisse au dessin technique en passant par le simple schéma, ou l'expression artistique. Celui-ci est aussi un support historique fondateur pour l'architecte, support de réflexion personnelle comme de discussion ou de collaboration.

Si l'informatique propose déjà des outils permettant de dessiner un environnement numérique, elle ne tire à l'heure actuelle que très peu partie de la sémantique très riche qu'un dessin, même simple, peut exprimer. Notamment, nous soutenons dans cet exposé l'idée que les réalités des métiers auxquels cet outil peut s'adresser sont autant de sources de spécialisations qui doivent être explicitement envisagées dans le processus de design de l'outil.

Que peut apporter l'outil numérique au dessin? Pour quelles tâches? Quels sont les enjeux sur l'activité humaine visée? Cet exposé rassemble quelques éléments de réflexion sur ce sujet, notamment quelques pistes que nous pensons intéressantes pour le domaine de l'architecture, vu du domaine d'expertise numérique. Ces pistes sont mises en situation avec les travaux récents ou en cours de recherche.

Laurent Grisoni est professeur en informatique à l'Université de Lille Science & Technologies. et enseigne à Polytech'Lille. Responsable de l’équipe MINT hébergée à l'IRCICA (USR CNRS 3380), également soutenue par l'URM CRIStAL (UMR CNRS 9189), équipe-projet INRIA (centre de recherche Lille Nord-Europe), il participe à la coordination de l'initiative SCV (sciences et cultures du visuel), liée à l'équipex IRDIVE (site de l'Imaginarium, Plaine Image, Tourcoing). Il est également co-responsable du projet CPER MAUVE (2014-2020), dédié aux outils numériques pour la médiation et l'accès à la connaissance et a participé depuis 2003 à l'encadrement de 11 thèses soutenues. Il est également auteur ou co-auteur de plus d'une trentaine de publications en articles longs, en ouvrages collaboratifs, revues ou conférences internationales.

  • SUG.AR (Sciences united for the good of architecture), le dessin à la main assisté par ordinateur pour l’avant-BIM. Vincent Gouezou, doctorant au LACHT et au MINT du CRIStAL, chargé de recherche au sein d’ANMA.

A priori l’informatique correspond mal aux aspects intuitifs de la cognition et de la conception architecturale, ce qui explique pourquoi le dessin à la main correspond  mieux aux phases initiales du projet d’architecture, repoussant  l'usage de l’informatique en général, et des nouveaux outils BIM (Building Information Modeling) en particulier  à des phases ultérieures (APD notamment). Porter la réflexion sur un avant-BIM -que l’on pourrait qualifier de phase d’idéation, ou de conception-créative - fournirait l’occasion d’impliquer les architectes dans une démarche d’innovation portant sur leurs propres outils de conception. Pour cela, une relation de profit mutuel doit être créée entre l’architecture et l’Interaction Homme Machine (IHM) - sous domaine des Sciences et Technologies de l'Information et de la Communication (STIC) - pour mener une action de recherche susceptible d’apporter des avancées dans le domaine du sketching architectural. Afin de consolider les échanges de connaissances entre ces deux domaines, les sciences cognitives seraient susceptibles d’apporter une troisième source de connaissances, notamment sur les questions spécifiques de la cognition spatiale, de la cognition du dessin et de la pensée visuelle, faisant de l’architecte un usager particulièrement éclairé.

Ces collaborations entre trois disciplines ne vont pas sans poser des questions de méthode : comment orchestrer pour ce domaine principal qu'est la conception architecturale, un corpus issu de trois domaines distincts ?  Une approche par projet (améliorer informatiquement le sketching architectural) suffirait-elle à mettre en cohérence les connaissances de ces trois domaines pour développer une approche scientifiquement pertinente ?

Vincent Gouezou est architecte D.P.L.G et doctorant au sein du Lacth en association avec l’équipe Mint du dirigée par Laurent Grisoni au sein de CRIStAL. Il mène sa thèse dans le cadre de l’agence Nicolas Michelin et associés. Ancien manageur du projet interdisciplinaire SCV, il s’intéresse aux actions liant les domaines créatifs et les sciences en général, et particulièrement aux ouvertures de la conception architecturale vers d’autres domaines de connaissances, à l’exemple des STIC ou des sciences cognitives.

  • Fiction : un outil discursif pour concevoir et conceptualiser dans le cadre expérimental de l’architecture numérique ? Florence Plihon, doctorante au LACTH

Une hypothèse : la fiction serait impliquée à la fois dans la pensée, dans le faire et dans une pensée du faire. La fiction, dans le sens de fingere (construire, modeler, façonner), est perçue ici d’un point de vue pragmatique car elle constitue un outil pour explorer un monde imaginé parmi une infinité de virtualités. Elle actionne pour cela les leviers de l’intuition, fait ressurgir des imaginaires. C’est pourquoi la fiction est intéressante dans les domaines de la conception et de la conceptualisation. Si ces activités sont bien différentes, elles reposent toutes deux sur une démarche fictionnelle, qui suppose une pensée ouverte aux possibles, expérimentale. Nous nous arrêterons sur les discours produits par Bernard Cache et Greg Lynn, deux explorateurs du numérique en architecture. Quand le premier conçoit rétrospectivement ses travaux comme des « brouillons », qu’ils soient pratiques ou théoriques, le deuxième dessine un parcours fait d’accidents, créant des concepts pour ensuite les renier. La fiction permet ainsi à la pensée d’avancer, tel un échafaudage. Ce qui implique également qu’elle soit provisoire.

16 décembre « L’histoire vue de l’intérieur »

salle Jean Challet (1er étage) 

Organisation, conception : 

  • Eric Monin, Professeur ENSA Paris-Val de Seine,  LACTH 

Chercheurs invités :  

  • Xavier Dousson, Maître-assistant ENSA Paris-Val de Seine, LACTH 
  • Richard Klein, Professeur ENSAP de Lille, LACTH
  • Gille Maury, Maître-assistant ENSAP de Lille, LACTH

Doctorant LACTH : Baptiste Bridelance 

Fascinés par la richesse des théories qui n’ont cessé de fixer le cadre général dans lequel devait s’épanouir l’architecture du XXe siècle, les historiens ont souvent négligé l’étude de la fabrique des intérieurs, au risque d’évacuer un maillon essentiel pour la compréhension fine d’une pensée architecturale complexe stimulée par une commande exigeante. Cette séance propose de mettre l’accent sur quelques intérieurs du XXe siècle afin de comprendre la diversité des recherches, des collaborations, mais aussi des influences qui ont été nécessaire à leur mise au point. 

  • Des intérieurs construits

Xavier Dousson, Richard Klein, Gilles Maury, Eric Monin.
Cette intervention qui rassemble exceptionnellement quatre chercheurs du Lacth, propose de s’intéresser à la question de la conception et de la production des intérieurs aux XIXe et XXe siècles à partir d’études monographiques et de recherches portant sur la question de la maîtrise du détail et du contrôle des ambiances chargées d’assurer le bien-être de l’habitant.
Tout en soulignant la portée des idéaux rationalistes d’Eugène Viollet-le-Duc dans la conception de Woodchester mansion, Gilles Maury insistera sur l’inventivité de Benjamin Bucknall à l’échelle des intérieurs inachevés de cette demeure néogothique. En interrogeant la production de Jean Bossu, Xavier Dousson reviendra quant à lui sur le parcours d’un architecte issu du monde des arts appliqués pour souligner la fonction et la nature du mobilier dans quelques unes de ses réalisations. Des scénographies très personnelles qui réglaient ses premières propositions de meubles jusqu’aux textures de béton brut et aux mobiliers intégrés de la préfecture de Tiaret, il s’agira ici de mettre en exergue la façon dont l’architecte a dessiné toute sa vie des intérieurs soignés et confortables. 

2 mars « Spatialité, expérience corporelle de l’enfant » 

(la séance aura lieu exceptionnellement de 10h à 13h) salle Jean Challet (1er étage)

Domaine Conception et séance conjointe avec le CEAC, séance organisée par Anne Boissière et Catherine Grout.

  • Chercheure invité : Bernard Meurin Psychomotricien au CHRU de Lille ;
  • discutants : Donato Severo et Céline Barrère ;
  • doctorante : Lina Bendahmane.

Cette 7ème séance commune au Lacth et au CEAC (Centre d’étude des Arts Contemporains de Lille 3) portant sur la notion de spatialité sera consacrée à l’expérience de l’espace pour les enfants à partir d’une approche en psychomotricité et d'une considération de l’architecture de l’hôpital comme espace vécu. Cette séance fait aussi partie d’un séminaire de recherche associant le LACTH, l’EEHU (Espace Ethique Hospitalier et Universitaire du CHRU de Lille) et le LAVUE (laboratoire de recherche UMR LAVUE 7218 -Architecture Ville Urbanisme Environnement) de l’école nationale supérieure d’architecture de Paris-Val de Seine) sur « L’Hôpital comme milieu ». Donato Severo et Céline Barrère, discutants de cette séance, font partie de cette recherche, tout comme Bernard Meurin et Lina Bendahmane. Un Carnet de recherche sera bientôt en ligne.

  • CatherineGROUT, professeure d’esthétique à l’ens{ap}Lille, chercheuse au Lacth,  Introduction. « Etre-relié » (Erwin Straus)

Erwin Straus, dont les travaux sont au cœur de ce séminaire, a mis en avant l’importance du sujet vivant comme être-relié, de l’unité sentir-se-mouvoir. Dans son ouvrage Du sens des sens il indique l’expérience fondamentale de l’être-relié : être dans l’espace, c’est-à-dire avec, être en relation avec le monde, autrui et soi-même, dans une communication réciproque.

  • Bernard MEURIN, psychomotricien au CHRU de Lille, membre de l'EEHU et doctorant en philosophie à l'Université Paris 1 / Panthéon Sorbonne, La Maison du corps (autisme et rapport à l’espace).

"Créée à l'initiative du Professeur Julian de Ajuriaguerra, la psychomotricité est une profession para-médicale légitimée depuis 1974 par un diplôme d'état et aujourd'hui inscrite au livre IV du code de la santé publique. Basée sur des connaissances anatomo-fonctionnelles, elle prend en considération la dimension relationnelle du corps comme participant à la fois de la constitution de l'individu mais aussi du monde qui l'entoure. En psychomotricité, c'est une vision holistique de l'homme  qui prévaut, vision qui ne considère pas ce dernier comme composé des deux entités distinctes, le corps d'une part et l'esprit d'autre part mais comme l'expression d'une seule et même unité. De même, en psychomotricité, l'homme ne peut être compris que comme un être en situation inscrit dans l'environnement qu'il construit mais qui en retour le construit aussi.

Dans le développement, la prise en compte de l'espace par l'enfant s'origine dans l'expérience corporelle ; c'est une construction issue de différentes coordinations dont la coordination visuo-manuelle. En ce sens, le rapport que chacun entretient avec son environnement spatial ne peut pas être compris en dehors de ce lien originel au corps constituant en quelque sorte la première maison que l'enfant se doit d'habiter."

  • Lina BENDAHMANE, doctorante (3ème année) au LACTH, architecte-sociologue, Un « chez-soi » à l’hôpital

L’espace vécu de l’hôpital peut-il être exploré à partir de la spatialité de la chambre ?

L’évolution des structures hospitalières a fait de la chambre individuelle un élément déterminant dans l’évaluation de la «qualité des soins» et de «confort». Considérée comme une manière d’atténuer la rupture entre le domicile et l’hôpital, elle est le lieu privilégié du soin et du prendre-soin. Privatisée, individualisée, elle permet ainsi une intimité controversée et une possibilité d’intégration de la famille au processus de soin.

Les topologies variables de cet espace en font, à la fois, un « chez-soi » pour habiter l’hôpital, un refuge médicalisé pour un corps souvent allongé, ausculté, perfusé, un lieu d’angoisse (visites médicales, soins), de rire (jeux, visites de clowns et autres distractions), un espace social de regroupement familial et amical. Autant de pratiques susceptibles de nous renseigner sur les rapports à l’espace, aux autres, au temps et au corps. Cela, à partir d’observations empiriques et en impliquant une approche liée à la perception de l’espace et au mouvement du corps, à sa situation et à ses déplacements.

20 avril  « Matérialité Pensée et Culture constructives »

Fabrications additives

14h30-18h30

salle Jean Challet (1er étage)

  • Organisation, conception : Antonella Mastrorilli, Docteur en Histoire des Sciences et des Techniques de construction – HDR- Responsable du domaine Matérialité - LACTH
  • Chercheur invité : Philippe Morel, EZCT Architecture & Design Research, Maître-assistant à l’ENSAPM
  • Post-doctorant LACTH : Ahmed Elshafei, Architecte, docteur en architecture

La fabrication additive est une technologie émergeante qui pose encore beaucoup de questions en vue d’une application massive dans le domaine de l’architecture. Ces questions traversent et interrogent différents aspects et secteurs disciplinaires : celui de l’ingénierie (matériaux, analyse des solides et des composants de la structure), des mathématiques (modélisation et simulation numérique, optimisation de la forme), de l’économie de la construction (potentialités applicatives et impacts au niveau des entreprises ainsi que du chantier). Les interventions proposées dans cette séance visent surtout à développer deux de ces aspects vis à vis des enjeux de la fabrication additive à différentes échelles.

  • Les enjeux de l’impression 3D à grande échelle, Philippe Morel, EZCT Architecture & Design Research, Maître-assistant à l’ENSA Paris-Malaquais

Si l’impression 3D – ou fabrication additive ou ‘additive manufacturing’ – représente un ensemble de technologies désormais matures dans de nombreux secteurs de l’économie, elle n’en reste pas moins jeune et en plein développement. Pour elle la maturité ne signifie pas un arrêt de croissance et encore moins le début du déclin. Que ce soit dans le domaine médical ou aéronautique il semble que tout reste encore à faire bien que, comme évoqué à l’instant, nous savons déjà faire beaucoup… Mais qu’en est-il de la fabrication additive à grande échelle ? Quels sont ses enjeux, ses spécificités, ses verrous scientifiques ou technologiques ? D’ailleurs à partir de quelle dimension une approche se définit-elle comme ‘large-scale’. Nous essaierons pendant cette intervention de dresser un portrait de l’existant mais surtout d’envisager techniquement et conceptuellement le futur de la fabrication additive dès lors que ce qui est à fabriquer est considéré comme « grand »

Philippe Morel est un architecte et théoricien, cofondateur de l’agence EZCT Architecture & Design Research (2000) et récemment (2015) de la société d’impression 3D à grande échelle XtreeE (dont il est le Président). Il est actuellement Maître-assistant à l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais où il dirige le programme de Master au sein du département Digital Knowledge (http://dk-digital-knowledge.com/ ; cofondé avec le Pr. Christian Girard), et Président du conseil scientifique et pédagogique de l’Advanced Master in Computational Design and Making à l’Ecole des Ponts ParisTech. Il a auparavant et pendant plusieurs années dirigé un groupe de recherche (Research Cluster 5 et MArch Diploma Unit Master 19) à UCL Bartlett (Londres), et à également enseigné au Berlage Institute (direction de Studio et séminaire de recherche) ainsi qu’à l’Architectural Association School of Architecture (Londres, séminaire d’histoire et théorie et direction d’un studio de projet au sein du AADRL).

www.ezct.net

www.xtreee.com

http://dk-digital-knowledge.com/

http://www.enpc.fr/en/advanced-master-computational-design-and-making

  • Géométrie différentielle des surfaces dans la conception architecturale, Ahmed Elshafei, post-doctorant LACTH-ENSAPL

L'intérêt croissant pour la géométrie de la surface courbe en architecture exige une certaine maturité afin d'obtenir des conceptions intéressantes et réalisables. Cette maturité s’est manifestée principalement dans le développement croissant des logiciels de CAO tels que Rhino / Grasshopper aidant les architectes dans leur travail de conception. Dans cette présentation, nous essayerons de montrer comment la géométrie différentielle des courbes et des surfaces pourrait devenir un outil pour la conception. Pour cela, nous analyserons dans un premier temps le concept de courbes géodésiques sur une surface et ensuite le concept de surface minimale.

Ahmed Elshafei, est architecte, il a obtenu un Master de Mathématiques et applications (spécialité Mathématiques fondamentales) en 2015 à l’UPMC (Paris 6), il a également obtenu un Doctorat d’Architecture en 2014 à l’Université Paris–Est (titre de la thèse : « Une approche mathématique pour la forme architecturale »). Il est actuellement post-doctorant au LACTH et travaille sur la recherche de forme pour l’impression additive dans le bâtiment dans le cadre du projet transdisciplinaire "MATRICE" (programme FEDER).

Bibliographie

M. LEE John, Riemannian Manifolds: An Introduction to Curvature, Springer-Verlag, New York (1997).

DIERKES U., HILDEBRANDT S., SAUVIGNY F., Minimal Surfaces, Springer-Verlag, Berlin Heidelberg (1992).

WEBER Matthias, Classical Minimal Surfaces in Euclidean Space by examples: Geometric and computational Aspects of Weierstrass représentation, Lecture notes Clay Mathematical summer school at MSRI, Berkley (2001).

11 mai « Présence graphique de la recherche en architecture et en paysage »

Salle Jean-Challet

Atelier des doctorants avec comme chercheure invitée Sabine Ehrmann.

La séance propose à tous les doctorants du LACTH de traiter de la représentation, non dans la pratique de l'architecte et du paysagiste, mais dans la recherche en architecture et en paysage.

25 mai « Lire le territoire globalisé »

Les phénomènes liés à la globalisation ont des conséquences importantes sur les méthodes d’analyse et de compréhension des territoires et de leur évolution : imprévisibilité des mutations, mutation (neutralisation ou déplacement) du caractère déterminant des composantes géographiques et sociétales locales, questionnement des échelles d’analyse, dimension critique de la recherche engagée. La séance du séminaire sera l’occasion d’identifier certains de ces problèmes à la lumière des travaux engagés par de jeunes doctorants au sujet d’une part, des mutations spatiales de certaines exploitations agricoles sous les effets des politiques supranationales, d’autre part, sous l’angle des mutations urbaines dans une eurorégion Nord que caractérise notamment son appartenance à la ville diffuse nord-européenne. 

Les mondialisations de l’urbain, dynamiques culturelles et spatiales paradoxales

  • Marc Dumont, Professeur en urbanisme et aménagement, Laboratoire  TVES (Lille1)

A la fois forces de transformation et formes d’urbanisation, les processus de mondialisation ne peuvent être uniquement saisis comme transcriptions spatiales des logiques du capitalisme globalisé. Ces processus construisent, autant qu’ils déstructurent et recomposent, façonnant en particulier des identités culturelles nouvelles, plurielles, faisant indurer des fragmentations spatiales et sociales autant que contribuant à faire vivre de nouveaux espaces et territoires, entre génériques et géoniques. On se propose à l’occasion de cette intervention de s’intéresser à quelques unes des tensions propres aux processus non-convergents de mondialisation pour en retirer quelques clés possibles d’intelligibilité pouvant alimenter les pratiques de conception et d’intervention sur les territoires.

Bio-bibliographie

Docteur en géographie (2003), collaborateur scientifique à l’EPFL (2004-2005), maître de conférences en aménagement urbain à l’Université Rennes 2 (2006-2014), Habilité à diriger des recherches (2013), ses travaux portent sur les politiques d’urbanisme et les dynamiques des périphéries urbaines. Sur les questions de mondialisation et périphéries, a publié :

  • Dumont M., Hellier E. (2010), « Périphéries, sous condition urbaine : vieux problème, nouveaux chantiers », in Dumont M., Hellier E., (dir.), Les nouvelles périphéries urbaines. Formes, modèles et logiques de la ville contemporaine, Presses Universitaires de Rennes, p. 5-13.
  • Dumont M., Cherel E. (2009), « L’altérité, entre condition urbaine et condition du monde », numéro thématiques des Cahiers du LAUA, n°12, ENSAN.
  • Dumont M., Levy J. (dir.), Poncet P., Andrieu D., Beaude B., Dagorn R.-E., Hurel K., Jarne A., Ripert B., Stock M., Vilaça O.(2007), L’invention du monde. Une Géographie de la mondialisation, Presses de Sciences Po, 2007.
  • Dumont M., Bosse Anne (2006), « L’au-delà des villes contre l’entre-deux des villes. Un espace suburbain français occulté », EspacesTemps.net, mai 2006.
  • Dumont M. (2006), « Penser la ville incertaine : périmètres et interstices [Pensar los perímetros e intersticios urbanos] », EspacesTemps.net, janvier 2006.

L’agriculture en territoires habités : matrice et conflits. Construire des outils de cohabitation

  • Amélie Fontaine, Doctorante, LACTH, sous la direction de Denis Delbaere et Bénédicte Grosjean, ED Sesam

Le démarrage de la recherche s’appuie sur un double constat : 1. L’agriculture est un élément actif dans la production du paysage. 2. Les planificateurs font abstraction de l’agriculture comme élément structurant. De multiples questions sont également identifiées, concernant les relations Agriculture et échelles de planification / architecture / formes urbaines / remembrement / cadre de vie.

Cet état des lieux et ces questionnements révèlent le besoin de mener des études plus spécifiques sur l’agriculture et sur la manière dont la structure agricole est une matrice du territoire (Le mot matrice renvoyant au processus de fabrication du territoire, il définit un cadre, un moule qui oriente le projet). Un manque d’informations et d’outils pour travailler avec les structures agricoles est constaté.

Le cadre de la thèse questionnera la manière dont l’exploitation agricole peut constituer une matrice de l’aménagement du territoire avec laquelle la « ville » se développe. Dans quels cas et par quels moyens ? Sous quelles formes ? Avec quels outils ? Quels sont les types de paysages en cours de fabrication ?

La recherche s’appuie sur trois méthodes d’investigations : la géographie descriptive et analytique, l’ethnographie, l’observation participante.

La présentation au séminaire doctoral révèle les investigations de terrains en cours, sur le terrain principal situé dans l’Avesnois (Nord-Pas-de-Calais). En bouleversant l’approche classique de l’architecte, souvent issue de la ville, il s’agit de s’intéresser aux « vides » c’est-à-dire dans le cas présent aux espaces agricoles ; une méthode de travail est spécifiquement mise en place afin de collecter les données nécessaires au travail d’analyse : comprendre le fonctionnement des exploitations, dévoiler les relations inter-structures, identifier les évolutions, révéler les caractéristiques spécifiques à un territoire et à un mode de production.

La méthodologie, temporairement appelée « échantillonnage opportuniste », sera présentée et analysée afin d’identifier les apports et les limites de cette manière d’explorer le terrain.

Bio-Bibliographie : Amélie Fontaine est architecte-urbaniste et enseigne à l'ENSAP de Lille en Atelier de Projet et en Séminaire exploratoire (Architecture et Paysage). Après un DSA en Architecture des Territoires, portant sur la Chine et sur le territoire de Mumbaï (en Inde), suivi d'un projet de recherche à la Martinique avec le laboratoire IPRAUS (ENSA Paris-Belleville), elle est lauréate du concours Europan 10 en Allemagne puis installe son atelier d’architecture en milieu rural dans le Parc Naturel de l’Avesnois (Nord-Pas-de-Calais), où elle développe des projets de petite échelle, essentiellement en construction bois et à très haute performance thermique. Elle participe à des concours internationaux (Europan 11, 2e prix à Reims ; Europan 12, 2e prix à Seraing, Belgique), les trois projets Europan portent sur la reconversion de friches (ferroviaire, universitaire et industrielle) et questionnent les liens avec la nature et le paysage.

Les limites intérieures. Rapports ville-campagne dans la ville diffuse belge : espaces de différentiation dans les territoires globalisés

  • Guillaume Vanneste, ingénieur architecte

Dans un contexte où l’homme a artificialisé la quasi entièreté de son territoire, il ne semble plus utile de chercher à distinguer l’urbain du naturel. La condition urbaine tendrait à devenir partout globalisée et décentralisée. Dans la ville contemporaine, faite de fragments, de matériaux urbains hétérogènes, la condition du bord de la ville, qui rencontrait autrefois la campagne de manière franche, continue et souvent périphérique, est, elle aussi, globalisée partout et nulle part à la fois. Et même, dans une métropole dispersée, l’espace ouvert domine, on y trouve un contact avec la nature qui peut être vu comme un capital spatial.

Au travers du thème des limites intérieures, on investigue les rapports contemporains entre éléments du territoire, principalement éléments ouverts et éléments construits. Que sont devenues les entités urbaines et naturelles dans la ville contemporaine ? Quels en sont les mutations et les projets aujourd’hui ?

Nous posons l'hypothèse que ces limites sont elles-mêmes des matériaux, susceptibles d’être décrits, projetés et de caractériser la ville diffuse et ses territoires. L'interface entre matériaux du territoire est donc un enjeu important, générant une réflexion sur le rapport à l'espace ouvert comme ressource. On cherchera à décrire les formes des découpages, des fragments, dans leurs réalités physiques, comme produits, et dans leurs emplois conceptuels, comme projets, dans l’hypothèse que la compréhension du concept permettra d’améliorer et transformer les outils qui y sont lié dans la pratique de l’urbanisme. Parmi ces outils, le zonage et le parcellaire, liés à la fragmentation du territoire posent question sur les mutations en cours. Enfin, parmi les spécificités de la ville contemporaine, le lieu des limites est un espace de différences et de potentialités, particulièrement dans les territoires post-ville diffuse, conscients de leur condition hybride. Ce regard cherche à penser le projet de ville pour une collectivité retrouvée dans une 'métropole horizontale'.

Guillaume Vanneste est ingénieur architecte diplômé en 2009 à l'université de Louvain-la-Neuve (UCL). Après un échange universitaire à l'école polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en 2008, il acquiert une expérience pratique dans l'agence Aeby&Perneger à Genève (CH) de 2009 à 2012. De 2012 à 2015, il est collaborateur dans l'agence d'urbanisme Studio Associato Secchi Viganò ou il suit et mène divers projets à l’échelle territoriale. En paralèle, il poursuit une activité académique comme assistant à l’école nationale de Lyon (ENSAL) en 2011 puis comme enseignant depuis 2012 et comme chercheur depuis 2013 à l'UCLouvain à la faculté d'architecture d’ingénierie et d'urbanisme LOCI. Son thème de recherche questionne la notion de limite dans le projet et la théorie de l'urbanisme prenant appui sur le cas de la ville diffuse belge.

Bibliographie

  • Berger, A., 2006. Drosscape: Wasting Land in Urban America, New York, Princeton Architectural Press
  • Chapel, E., 2010. L’œil raisonné : l’invention de l’urbanisme par la carte, Genève, MétisPresses
  • Cogato Lanza, E., 2005. Le territoire inversé. In : Versteegh P., (ed .) Méandres. Penser le paysage urbain, Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, pp. 117-141.
  • Corboz, A., 2001. Le territoire comme palimpseste et autres essais, Besançon, De l'imprimeur
  • Dehaene, M., 2013. Tuinieren in het Stedelijk Veld / Gardening in the Urban Field, Gent, A&S books
  • Demeulder, B., et al., 2009. Sleutelen aan het Belgische stadslandschap. Patching up the Belgian Urban Landscape, Oase: Tijdschrift voor Architectuur, 52, pp.78-113.
  • Grosjean, B., 2010. Urbanisation sans urbanisme, une histoire de la ville diffuse, Liège, Mardaga
  • Gugger, H., Macaes e Costa, B., 2015. Urban-Nature : The Ecology Of Planetary Artifice, San Rocco : Ecology, 10, Milan
  • Marot, S., 1995. L’alternative du paysage, Le Visiteur, 1, pp. 54-81.
  • Macharg, I., 1969. Design with Nature, Garden City, New York, The Natural History Press
  • Novarina, G., 2003. Ville diffuse et système du vert, Revue de géographie alpine, 91(4), pp .9-17.
  • Roland, L. C. (2013) Bruxelles comme palimpseste, épistémologie d'une écologie, Louvain-la-Neuve, Presse universitaire de Louvain
  • Seebohm Rowntree, B., 1910. Land and Labour, London, Macmillan and co.
  • Secchi, B., 2013. La Città dei ricchi e la città dei poveri, Bari, Gius. Laterza & Figli
  • Smets M., 1977. L’avènement de la cité-jardin en Belgique, histoire de l’habitat social en Belgique 1830- 1930, Liège, Mardaga
  • Södertström, O., 2000. Des images pour agir : le visuel en urbanisme, Lausanne, Payot
  • Vanbutsele, S., Declève, B., 2015. La lisière des espaces ouverts : support de densification qualitative des métropoles, Vertigo, [e-journal], available at https://vertigo.revues.org/15700 accessed [Accesed 06 August 2015]
  • Viganò, P., 1999. La città elementare, Milano, Skira
  • Viganò, P., 2012. Les territoires de l'urbanisme, Genève, MetisPresse
  • Waldheim, C. et al., (ed.), 2006. The Landscape Urbanism Reader, New-York, Princeton Architectural Press

Lieux

  • Salle Jean Challet, 1er étage - 2 rue Verte
    Villeneuve-d'Ascq, France (59)

Dates

  • mercredi 18 novembre 2015
  • mercredi 16 décembre 2015
  • mercredi 02 mars 2016
  • mercredi 30 mars 2016
  • mercredi 11 mai 2016
  • mercredi 25 mai 2016

Mots-clés

  • conception architecturale, spatialité, espace habité, matérialité, territoire, intérieur, équipement, psychomotricité, enfant, corporéité

Contacts

  • Isabelle Charlet
    courriel : lacth [at] lille [dot] archi [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Catherine Grout
    courriel : c-grout [at] lille [dot] archi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Séminaire doctoral du laboratoire conception territoire histoire (LACTH) », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 09 novembre 2015, http://calenda.org/344927