AccueilUne rhétorique de l’histoire de l’art ?

Une rhétorique de l’histoire de l’art ?

The rhetoric of the history of art?

Pratiques et dispositifs de l’écriture

The practices and policies of writing

*  *  *

Publié le lundi 09 novembre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

Comme toute discipline, l’histoire de l’art communique au travers de formes discursives normalisées. La littérature grise dont les articles et les thèses, les catalogues d’exposition, les essais ou bien encore les ouvrages de vulgarisation scientifique sont censés répondre à des critères de narration implicites (énonciation impersonnelle, emploi du conditionnel, vocabulaire spécialisé…) qui légitiment d’autant mieux l’argumentation de leurs auteurs. Dans sa pratique dite académique, l’écriture apparaît à bien des égards comme le point nodal entre la synthèse des recherches et la diffusion des connaissances. Ainsi, en organisant cette journée d’étude, nous invitons les historiens de l’art à s’interroger sur la nature et la qualité des principes langagiers de leurs propres discours, héritiers d’une discipline qui, en Europe, s’est imposée au cours du XIXe siècle en tant que champ de savoir autonome avant d’être institutionnalisée, notamment en France en 1899 lorsque la Sorbonne créa, pour Henry Lemonnier, sa première chaire d’histoire de l’art. Depuis cette période comment et en quoi l’histoire de l’art s’est-elle constituée en tant que communauté disciplinaire jusque dans l’essence de son écriture ?

Annonce

Argumentaire

Comme toute discipline, l’histoire de l’art communique au travers de formes discursives normalisées. La littérature grise dont les articles et les thèses, les catalogues d’exposition, les essais ou bien encore les ouvrages de vulgarisation scientifique sont censés répondre à des critères de narration implicites (énonciation impersonnelle, emploi du conditionnel, vocabulaire spécialisé…) qui légitiment d’autant mieux l’argumentation de leurs auteurs. Dans sa pratique dite académique, l’écriture apparaît à bien des égards comme le point nodal entre la synthèse des recherches et la diffusion des connaissances. Ainsi, en organisant cette journée d’étude, nous invitons les historiens de l’art à s’interroger sur la nature et la qualité des principes langagiers de leurs propres discours, héritiers d’une discipline qui, en Europe, s’est imposée au cours du XIXe siècle en tant que champ de savoir autonome avant d’être institutionnalisée, notamment en France en 1899 lorsque la Sorbonne créa, pour Henry Lemonnier, sa première chaire d’histoire de l’art. Depuis cette période comment et en quoi l’histoire de l’art s’est-elle constituée en tant que communauté disciplinaire jusque dans l’essence de son écriture ?

Désigner ici l’existence possible d’une rhétorique de l’histoire de l’art renvoie moins aux techniques de l’argumentation qu’à tenter de définir les contours du langage de l’historien de l’art en tant qu’extension et extériorisation de sa pensée. Expression d’un moment historique, l’écriture répond en effet à des conventions narratives et idéologiques auxquels n’échappent pas les spécialistes quelle que soit leur position ou leur fonction. En France, malgré le souhait de Roland Recht , le langage et l’écriture des historiens de l’art – que ces derniers aient revendiqué ou non cette dénomination et qu’ils aient fait ou non carrière à l’université – n’ont pas bénéficié d’études approfondies. Certes, tant dans le champ de l’histoire de l’art que dans celui des études littéraires, les rapports entre écriture et arts visuels ont largement été abordés. L’analyse des figures du discours, telles que la description, a aussi donné lieu à de nombreuses études mettant l’accent sur les rapports entre écriture et pratique artistique, qu’il s’agisse notamment de la peinture ou de la sculpture. Néanmoins, ces études ont souvent privilégié la catégorie des écrits sur l’art en laissant de côté des récits jugés trop académiques. Pourtant, de la subtilité des effets de style dans l’héritage de l’ut pictura poesis à la prétendue neutralité des normes de rédaction scientifique, la forme de l’écriture est porteuse des valeurs de celui qui écrit. Depuis la fin du XIXe siècle, dans un contexte intellectuel positiviste, l’histoire de l’art, à l’égal et en autonomie de l’histoire, veut satisfaire aux exigences de la science tout en affirmant ses fondements humanistes. « Laisser l’initiative aux mots, comme le voulait Mallarmé », pour citer Pierre Vaisse, a pu parfois paraître salutaire, « mais ne faut-il pas rappeler à trop d’historiens de l’art que ce conseil ne s’adressait pas à eux ? » . Ainsi, dans quelle mesure le vocabulaire et la structure du langage de l’historien de l’art ont-ils été au service de la pensée disciplinaire? Jusqu’à quel point sont-ils aujourd’hui révélateurs des mécanismes d’une discipline dont la pratique a d’abord reposé sur les qualités spécifiques de l’œuvre, son objet d’étude ?

Programme

Vendredi 20 novembre 2015

9h00

  • Ouverture par Pascal Bertrand (Université Bordeaux Montaigne)
  • Introduction par Adriana Sotropa et Myriam Metayer (Université Bordeaux Montaigne)

9h30

  • Conférence inaugurale Pierre Vaisse (Université de Genève) Les mots, dangereux et nécessaires

10h15 discussion

10h30 Pause

Écriture et légitimation disciplinaire

Présidente de séance : Solange Vernois (Université de Poitiers)

  • 10h45 Viviane Delpech (Université de Pau et des Pays de l’Adour) Rhétorique didactique et contestataire dans le discours théorique de Viollet-le-Duc
  • 11h15 Christian Gensbeitel (Université Bordeaux Montaigne) Jean-Auguste Brutails ou l’obsession de la méthode. Du rationalisme critique à la vulgarisation scientifique
  • 11h45 François-René Martin & Pascale Cugy (ENSBA Paris, Université Rennes 2) L’adieu à la littérature. Langages et parole chez Henri Focillon historien de l’art
  • 12h15 Discussion et pause

Autorité du langage et idéologie

Président de séance : Pierre Vaisse

  • 14h15 Emmanuel Faure-Carricaburu (Université Paris 8) La disqualification de « l’art académique » : de la violence du discours au positionnement idéologique de Louis Courajod
  • 14h45 Dominique Jarrassé (Université Bordeaux Montaigne) Rhétorique de la racialisation et de l’autorité dans le discours moderniste des années 1900-1930
  • 15h30 Discussion
  • 15h45 Pause

Dispositifs narratifs et nouvelles perspectives théoriques

Présidentes de séance : Myriam Metayer et Adriana Sotropa

  • 16h00 Élisa Goudin-Steinmann (Université Paris 3) Ré-écrire l’histoire de l’art dans le contexte particulier d’une dictature communiste : ressorts intellectuels et idéologiques d’un discours polémique
  • 16h30 Marie Frétigny-Ryczek (ENS de Lyon) Les mots de la réévaluation
  • 17h00 discussion et clôture

Comité d’organisation

Adriana Sotropa et Myriam Metayer (Université Bordeaux Montaigne)

Comité scientifique

  • Adriana Sotropa (Université Bordeaux Montaigne),
  • Myriam Metayer (Université Bordeaux Montaigne),
  • Dominique Jarrassé (Université Bordeaux Montaigne),
  • Solange Vernois (Université de Poitiers)

Contacts

  • Adriana Sotropa : adriana.sotropa@u-bordeaux-montaigne.fr
  • Myriam Metayer : myrima.metayer@u-bordeaux-montaigne.fr

Lieux

  • Odéon de l’Archéopôle, Université Bordeaux Montaigne 8, Esplanade des Antilles
    Pessac, France (33607)

Dates

  • vendredi 20 novembre 2015

Fichiers attachés

Mots-clés

  • rhétorique, écriture, légitimation, dispositif narrative, idéologie

Contacts

  • Adriana Sotropa
    courriel : adriana [dot] sotropa [at] u-bordeaux-montaigne [dot] fr
  • Myriam Metayer
    courriel : myrima [dot] metayer [at] u-bordeaux-montaigne [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Myriam Metayer
    courriel : myrima [dot] metayer [at] u-bordeaux-montaigne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Une rhétorique de l’histoire de l’art ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 09 novembre 2015, http://calenda.org/345000