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Les racines de la culture fasciste entre latinité et méditerranéité

The roots of fascist culture, between Latinity and the Mediterranean

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Publié le lundi 09 novembre 2015 par João Fernandes

Résumé

Dans les dernières années du XXe siècle, avec la fin des grands affrontements idéologiques et intellectuels, un relatif consensus s’est fait jour sur les grands aspects de la doctrine comme du régime fascistes. Un sujet se révèle cependant en reste et continue de susciter controverses et polémiques : la culture fasciste. Discours politiques, articles de presse, essais, œuvres littéraires, artistiques et politiques, archives politiques et diplomatiques attendent les chercheurs qui les interrogeront à travers cette approche précise. Ce colloque entend véritablement afficher une dimension pluridisciplinaire en ce qu’il fera travailler des chercheurs issus de disciplines différentes sur le même corpus.

Annonce

Argumentaire

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, des générations de chercheurs se sont employées à explorer et proposer diverses « interprétations du fascisme », pour reprendre le titre d’un ouvrage de l’éminent historien Renzo de Felice. Dans les dernières années du XXe siècle, avec la fin des grands affrontements idéologiques et intellectuels, un relatif consensus s’est fait jour sur les grands aspects de la doctrine comme du régime fascistes. Un sujet se révèle cependant en reste et continue de susciter controverses et polémiques : la culture fasciste.

Objet polymorphe, aux ramifications nombreuses, la culture, pourtant pivot du projet et du régime fascistes, demeure difficile à cerner, non pas dans ses manifestations, largement étudiées, mais dans son essence. La place de la culture dans l’élaboration du mouvement fasciste et dans la consolidation du régime, comme matrice de la marche au totalitarisme, ne fait pas de doute mais le risque est grand de classer sous cette étiquette générique des éléments contingents ne traduisant pas la véritable nature du fascisme. Or la culture innerve toute l’histoire du fascisme et assure même le lien, la continuité si tant est que l’on puisse en déceler une, entre ce qu’il est convenu d’appeler le « fascisme-mouvement » et le « fascisme-régime ».

Aussi apparaît-il nécessaire et intéressant de retourner la perspective traditionnellement retenue et de revenir aux sources : au lieu de s’interroger sur le rôle de la culture comme outil du fascisme, a posteriori donc, le colloque se propose d’explorer le rôle de la culture comme paramètre déterminant du fascisme. En d’autres termes, plutôt qu’un dérivé du fascisme, la culture apparaîtrait comme l’un des fondements du « modèle » fasciste. Cela revient à repousser la distinction quelque peu artificielle entre culture politique et culture mentale, littéraire ou artistique. La culture fasciste formerait ainsi un tout, dont on chercherait les « racines », terme polysémique qui renvoie à la fois aux origines et à l’« enracinement », c’est-à-dire l’imprégnation de ce fonds idéologique dans l’expérience fasciste.

L’objectif s’avère si vaste qu’il impose de réduire la focale et de retenir une fenêtre d’observation à la fois précise et porteuse de l’ensemble des enjeux à l’œuvre : celui de la latinité et de la méditerranéité dans la culture fasciste. On retrouve d’ailleurs là un autre sens du terme de racines, plus géographique cette fois, qui replace le fascisme dans son berceau, entre Italie et Méditerranée.

Les thèmes de la latinité et de la méditerranéité marquent en profondeur les racines et références du fascisme. Ceux-ci, largement attestés, n’ont cependant pas fait souvent l’objet d’analyses précises et circonstanciées. D’où tirent-ils leur origine ? Quels ont été les vecteurs de leur diffusion ? En quoi constituent-ils une référence opératoire légitimant une doctrine, un régime puis une politique ? S’agit-il d’un habillage plus ou moins habile ou traduisent-ils une idéologie profonde ? Ces questionnements non exclusifs peuvent être explorés à divers supports et échelles : dans la production des fascistes eux-mêmes ou de leurs inspirateurs, comme thèmes fondateurs d’une politique, d’un projet, d’une œuvre artistique et littéraire, comme référence culturelle constitutive d’une mentalité, voire d’une identité…

Discours politiques, articles de presse, essais, œuvres littéraires, artistiques et politiques, archives politiques et diplomatiques attendent les chercheurs qui les interrogeront à travers cette approche précise. Ce colloque entend véritablement afficher une dimension pluridisciplinaire en ce qu’il fera travailler des chercheurs issus de disciplines différentes sur le même corpus.

Programme

Jeudi 26 novembre 2015

14 h    Accueil des participants

14 h 15 Barbara Meazzi, Jérémy Guedj (Université Nice Sophia Antipolis, CMMC) : Introduction

Séance 1 : La latinité en son époque, une redécouverte franco-italienne

Présidente de séance : Marie-Anne Matard-Bonucci (Université Paris-8 Centre de recherches historiques : Histoire des Pouvoirs, Savoirs et Sociétés)

  • 14 h 45   Ralph Schor (Université Nice Sophia Antipolis, CMMC), Identité fasciste et identité latine : l’opinion des intellectuels français de l’entre-deux-guerres
  • 15 h 15   Christophe Poupault (Aix-Marseille Université, TELEMME), La latinité : un grand récit culturel au service du rapprochement franco-italien (1922-1940)

15 h 45    Discussion

16 h    Pause

Séance 2 : Les élites intellectuelles et la notion de latinité entre France et  Italie

Présidente de séance : Barbara Meazzi (Université Nice Sophia-Antipolis, CMMC)

  • 16 h 15   Olivier Dard (Université Paris-IV Sorbonne, IRICE), Le projet méditerranéen maurrassien et sa relation au fascisme
  • 16 h 45   Amotz Giladi (INALCO, CERMOM), La latinité de Lionello Fiumi et la médiation culturelle franco-italienne (1932-1940)
  • 17 h 15   Jean-Philippe Bareil (Université de Lille-3, CECILLE), Futurismo, Sant’Elia et Artecrazia de Mino Somenzi : la latinité et l'émergence d'une culture fascisto-futuriste

Vendredi 27 novembre 2015

Séance 3 : La latinité, un enjeu politico-culturel en Méditerranée à l’heure du fascisme

Président de séance : Jean-Pierre Darnis (Université Nice Sophia Antipolis, CMMC)

  • 9 h Manuela Bertone (Université Nice Sophia Antipolis, LIRCES), Civis romanus sum : latinità, romanità e Mediterraneo nel discorso italico di Benito Mussolini (1915-1922)
  • 9 h 30   Alessandra Tarquini (Université La Sapienza, Rome), Il mito di Roma nella cultura fascista

10 h    Discussion

10 h 15    Pause

  • 10 h 30   Emmanuel Mattiato (Université de Savoie, LLSETI), Georges Valois et le Blocco latino : géopolitique d'un discours dans les pages du Nouveau Siècle
  • 11 h   Jérémy Guedj (Université Nice Sophia Antipolis, CMMC), Judaïsme, fascisme et latinité : France-Italie (1922-1940)
  • 11 h 30   Olivier Forlin (Université Grenoble-II, CRHIPA), Le fascisme et la Méditerranée arabo-musulmane : relations politiques et culturelles

12 h    Discussion

  • 12 h 15 Marie-Anne Matard-Bonucci (Université Paris-8 Centre de recherches historiques : Histoire des Pouvoirs, Savoirs et Sociétés) :  Conclusions

Lieux

  • Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines de l’Université de Nice, Salle du Conseil - 98, boulevard Édouard Herriot
    Nice, France (06200)

Dates

  • jeudi 26 novembre 2015
  • vendredi 27 novembre 2015

Mots-clés

  • fascisme, latinité, Méditerranée, culture politique

Contacts

  • Jérémy Guedj
    courriel : jeremy [dot] guedj [at] unice [dot] fr
  • Barbara Meazzi
    courriel : barbara [dot] meazzi [at] unice [dot] fr

Source de l'information

  • Jérémy Guedj
    courriel : jeremy [dot] guedj [at] unice [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les racines de la culture fasciste entre latinité et méditerranéité », Colloque, Calenda, Publié le lundi 09 novembre 2015, http://calenda.org/345032