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Les métaux précieux en Méditerranée médiévale

Precious metals in the medieval Mediterranean

Exploitations, transformations, circulations

Mining, processing and circulations

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Publié le lundi 23 novembre 2015 par Elsa Zotian

Résumé

Argent d’un côté, or de l’autre ? La Méditerranée médiévale est un espace de production et de circulation pour les métaux précieux tissé entre trois mondes à la fois hostiles ou partenaires ; la chrétienté romaine à l’Ouest, la chrétienté byzantine à l’Est et l’Islam au Sud. À l’origine de nombreux objets de la culture matérielle et des monnaies utilisées par les économies, les métaux précieux (or, argent, cuivre, plomb) emplissent les sociétés. Ils sont exploités, transformés, commercialisés, contrôlés et thésaurisés par des acteurs et des institutions très variés, du simple paysan aux empereurs.

Annonce

Argumentaire

Ce colloque propose d’ouvrir une large enquête sur ces produits qui offrent de nombreuses problématiques pour les sociétés méditerranéennes. Ces dernières années, les travaux des historiens et des archéologues ont en effet considérablement renouvelé les vastes synthèses passées en apportant des données supplémentaires et en développant de nouvelles méthodes. Pour autant, peu d’entre eux prennent en considération le circuit complet des métaux, de leur production à leurs usages dans une perspective historique large. Cette lacune est principalement causée par un cloisonnement disciplinaire et géographique encore trop marqué.

C’est pourquoi il a paru opportun de faire un point sur l’état de l’art, tant des méthodes que des connaissances, afin d’engager des analyses comparatives entre Occident et Orient sur le long Moyen Âge. La réunion de chercheurs d’horizons et de disciplines variés a ainsi pour objectif d’ouvrir une discussion qui permette de mieux comprendre le fonctionnement de ces systèmes productifs et de mieux mesurer l’ampleur de leur influence sur les économies et les sociétés médiévales.

Thème 1. Les espaces miniers méditerranéens

Nouveaux acquis de la recherche

Cette session se propose d’examiner à la lumière des travaux les plus récents le fonctionnement et l’organisation des exploitations minières. À partir d’études de cas ou de synthèses régionales, elle sera d’une part l’occasion de réfléchir sur l’insertion des exploitations dans les économies, de caractériser ces entreprises situées entre artisanat et industrie. D’autre part, il s’agira de prendre en compte plus largement les environnements humains et naturels des exploitations en considérant les rapports à l’espace, aux contrôles et aux enjeux qu’elles suscitent dans de possibles constructions territoriales.

Thème 2. Circulation des Hommes et des Savoirs

Les vecteurs de l’innovation

Produire et travailler les métaux précieux induit la mobilisation de savoirs et de techniques spécifiques, quels que soient le lieu et le contexte de mise en œuvre. Les différentes unités de production (mines, minéralurgie, métallurgie primaire) et de transformation (métallurgie secondaire, ateliers monétaires, de bronziers, d’orfèvres) sont dans cette optique des « réservoirs perméables de connaissances ». Elles fonctionnent à la fois avec des expériences internes et des apports extérieurs. Y a-t-il des liens entre les procédés, les acteurs, les mots et les vocabulaires utilisés de part et d’autre de la Méditerranée ? Nous savons que des praticiens circulaient au sein des exploitations occidentales, est-ce également le cas sur des distances plus importantes ? Si des intermédiaires interviennent, qui sont-ils et comment adaptent-ils les techniques à un contexte différent ?

Thème 3. Structures des échanges commerciaux

Fonctionnement et organisation

Multiformes, les métaux précieux en circulation peuvent être directement issus de la mine (minerai, plomb d’œuvre, lingots...) comme provenir de réutilisations successives (produits semi-finis, objets divers, monnaies...). Tantôt favorisée, tantôt contrainte, la circulation des métaux précieux fait l’objet de réglementations liées aux grandes tendances économiques et diplomatiques. Se répercutent-elles sur les techniques commerciales ? Plus largement y a-t-il des méthodes spécifiques pour échanger les métaux précieux (clauses particulières dans les commenda, contrats d’assurance, moyens de transport, protection...) ? Enfin, les lieux d’échanges rythment la circulation des produits. Il semble, au contraire des produits manufacturés, que les métaux précieux apparaissent peu sur les marchés et les foires classiques. Dès lors, quelles sont leurs modalités d’échange ? Sont-ils pris en charge par des acteurs spécifiques (changeurs, orfèvres, dinandiers...), existe-t-il des marchés parallèles, qu’en est-il des filières de contrebande ?

Thème 4. Traçage des métaux

Méthodes et résultats

 Le traçage des métaux de la production à l’utilisation est difficile à envisager pour les périodes anciennes. Lacune des sources, complexité des marchés, diffusion sur de grandes distances ; nombreux sont les écueils qui entravent la restitution d’un circuit économique. Elle est pourtant indispensable si l’on veut lier pleinement les espaces productifs aux économies et aux sociétés. Quels sont les caractères et l’évolution du marché des métaux précieux dans le bassin méditerranéen ? Y a-t-il un échange entre l’argent occidental et l’or oriental comme le laissent entendre certaines études ou doit-on revoir ce schéma ? À partir de travaux récents, cette session abordera en premier lieu les principales sources et méthodes complémentaires utilisées pour répondre à cette problématique : dépouillements de textes de la pratique, diplomatiques ou réglementaires ; études typo-chronologiques des objets métalliques ; recours à l’archéométrie (analyses traces), par exemple. En second lieu, elle sera l’occasion de présenter les résultats de ces recherches, à des échelles variées.

 5. Table ronde

Bilan et perspectives

 Une table ronde finale sera l’occasion pour les participants et le public d’échanger sur des points abordés lors des communications, sur des thématiques transversales, ou encore de soulever des questions nouvelles en lien avec les métaux précieux. Trois problèmes déclinables sur l’ensemble du bassin méditerranéen pourraient former son ossature.

  • Primo ; la part du minerai qui alimentait directement le commerce est en question. On évoque le plus souvent un lien direct avec les ateliers monétaires pour l’argent, mais est-il le seul, voire est-il majoritaire ? Les prélèvements et partages successifs qui avaient lieu tout au long de la chaine opératoire suggèrent une diffusion plus complexe. Qu’en est-il des quantités de plomb et de cuivre extraites en même temps que l’argent ?
  • Secundo ; il est encore délicat de nommer et de qualifier les exploitations. On utilise de plus en plus le terme d’entreprise, mais quelles en sont les définitions ? Alors que le Moyen Âge reste encore dans bien des travaux la période de l’artisanat, l’on commence à décrire une révolution industrieuse. Peut-on aller jusqu’à voir l’éclosion de « poches d’industrialisation » avec le cas des métaux précieux ?
  • Tertio ; les transferts de métaux précieux entre les états méditerranéens semblent se structurer entre un export de métaux polymétalliques (argent, plomb, cuivre) d’Occident en Orient, et d’or d’Orient en Occident. Ce schéma construit par d’éminents médiévistes (M. Bloch, M. Lombard, R.-H. Bautier...) n’a pas été retravaillé depuis. Or, nous savons bien que d’importantes mines polymétalliques étaient en exploitation, en particulier dans l’espace maghrébin. Comment expliquer ce paradoxe ? Une réflexion actualisée mériterait d’être ouverte.

Conditions de soumission

La soumission des contributions s'effectue en ligne : http://metaux2016.sciencesconf.org/

Calendrier

  • 28 octobre 2015 : Ouverture de l’appel à communications
  • 29 février 2016 : Clôture de l’appel à communications

  • 29 mars 2016 : Sélection des communications

Comité d'organisation

  • Marie-Christine BAILLY-MAITRE (AMU-CNRS, LA3M UMR 7298)
  • Giovanna BIANCHI (Universita’ degli studi di Siena)
  • Nicolas MINVIELLE LAROUSSE (AMU-CNRS, LA3M UMR 7298)

Comité scientifique

  • Marie-Christine BAILLY-MAITRE (AMU-CNRS, LA3M UMR 7298)
  • Sandrine BARON (CNRS, UMR 5608 TRACES / Université Toulouse Jean Jaurès)
  • Giovanna BIANCHI (Universita’ degli studi di Siena)
  • Marc BOMPAIRE (CNRS, UMR 5060 IRAMAT / EPHE)
  • Patrice CRESSIER (CNRS, UMR 5648 CIHAM / Université Lumière Lyon II)
  • Nicolas MINVIELLE LAROUSSE (AMU-CNRS, LA3M UMR 7298)
  • Mohamed OUERFELLI (AMU-CNRS, LA3M UMR 7298)
  • Florian TEREYGEOL (CNRS, UMR 5060 IRAMAT / CEA)
  • Catherine VERNA (Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis)

Lieux

  • Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, 5 rue du Château de l’Horloge
    Aix-en-Provence, France (13090)

Dates

  • lundi 29 février 2016

Mots-clés

  • mines, métallurgies, argent, plomb, cuivre, or, artisanat, industrie, commerce

Contacts

  • Nicolas Minvielle
    courriel : minvielle [dot] nicolas [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Nicolas Minvielle
    courriel : minvielle [dot] nicolas [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les métaux précieux en Méditerranée médiévale », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 23 novembre 2015, http://calenda.org/345115