AccueilL’information, la communication et les organisations, au défi de l’altérité

L’information, la communication et les organisations, au défi de l’altérité

Information, communication and organisations: the challenge of otherness

*  *  *

Publié le lundi 16 novembre 2015 par João Fernandes

Résumé

Si la diversité est consubstantielle à la nature humaine, nos modèles de communication, d'information, de management, d'organisation... s'attachent couramment à décrire, analyser et recommander des dispositifs destinés à des publics nombreux répondant à un standard de « normalité » et, de plus en plus, de maîtrise de la littératie numérique. La confrontation des organisations (entreprises, associations, collectivités territoriales, écoles…) à la problématique de l’altérité dans leurs processus d’information et de communication, constitue la thématique centrale du 8e colloque Communication, organisation, société du savoir et information (COSSI)

Annonce

Argumentaire 

En 2005, Denise Jodelet introduisait son article Formes et figures de l’altérité en écrivant : « Incarnation de la diversité humaine, l’autre est pluriel. Il paraît ou est désigné tel, à divers titres, sous des conditions, dans des circonstances et à partir de points de vue multiples. Les questions que l’on peut poser à son propos sont aussi variées : de qui s’agit-il, individu ou groupe ? Comment et pourquoi s’opèrent sa perception, sa définition, sa construction, sa représentation ? Quelles relations sont établies avec l’autre, sous quelles formes pratiques et symboliques, en fonction de quelles motivations ou fins, sur la base de quelles positions sociales relatives, etc. ? »

Ayant posé la diversité - donc l’existence de l’Autre, différent - comme consubstantielle à l’existence de la société humaine, Jodelet proposait un premier repère pour aborder la question de l’altérité en caractérisant deux figures de l’altérité.  « D’une part, « l’altérité du dehors » qui concerne les pays, peuples et groupes situés dans un espace et/ou un temps distants et dont le caractère « lointain », voire « exotique », est établi en regard des critères propres à une culture donnée correspondant à une particularité nationale ou communautaire ou à une étape du développement social et technoscientifique. D’autre part, « l’altérité du dedans », référant à ceux qui, marqués du sceau d’une différence, qu’elle soit d’ordre physique ou corporelle (couleur, race, handicap, genre, etc.), du registre des mœurs (mode de vie, forme de sexualité) ou liée à une appartenance de groupe (national, ethnique, communautaire, religieux, etc.), se distinguent à l’intérieur d’un même ensemble social ou culturel et peuvent y être considérés comme source de malaise ou de menace.

Le questionnement sur l’altérité proposé par Jodelet ne saurait être réservé à la psychologie sociale. L’altérité[1], qualité de ce qui est autre, de ce qui est différent, interroge les normes, le traitement par la masse des données de situations qui ne sont pas nécessairement massives, la simplification par le recours répétitif à des procédés de communication qui réussissent « en général », la négation, l’affirmation voire la revendication de la figure de l’autre…

Lorsque la norme est devenue le savoir lire, écrire et compter / (s)’informer et communiquer dans le virtuel - comment (in)former l’Alter, analphabète ou illettré ? Lorsque la norme est d’utiliser / d’investir l’univers numérique, comment ne pas laisser sur le bord des autoroutes de l’information les digital immigrants qui ne maitrisent pas la littératie nécessaire ? Comment prendre en compte les 3e ou 4e âge dont les capacités à entrer dans la communication informatisée sont éventuellement amoindries ? Lorsque le visuel est une variable majeure de la communication (image publicitaire, infographie, émoji, 3D) comment communiquer  avec les déficients visuels ou les victimes de maladies de la vue ? A fortiori s’ils ne constituent pas un marché rapidement rentable ? Comment communiquer avec l’Alter robot humanoïde, ressemblant mais sans être Humain parlant, semblant penser sans être un humain ? Comment communiquer avec ceux qui choisissent de se placer hors système, avec les marginaux, avec les militants d’une vie de retour à la nature loin de la technologie ?

A tous ces questionnements s’ajoutent les préoccupations des organisations, confrontées continuellement à une pléthore de défis générés par le changement hyper-accéléré de personnels, de compétences, de systèmes, de logiciels, d’environnement informationnel, et qui doivent conséquemment ajuster leurs stratégies afin de faire face à une réalité qui ne cesse d’être Différente - Autre par rapport à ce qui était initialement planifié. Quelles sont donc les stratégies adoptées afin d’y faire face? Quelle est la place que peuvent occuper les processus d’information et de communication, ainsi que les nouvelles approches documentaires, dans ce contexte en permanente transition?

À la confluence des sciences sociales et humaines et avec le soutien des développements issus des sciences et des techniques, le champ des sciences de l’information et de la communication (SIC) étudie les bouleversements se manifestant dans la société et dans les organisations. Les travaux sur la communication interculturelle ont déjà abordé de manière soutenue les questions de l’altérité « du dehors », pour reprendre la terminologie de Jodelet. La confrontation des organisations (entreprises, associations, collectivités territoriales, écoles…) à la problématique de l’altérité « du dedans » dans leurs processus d’information et de communication, constitue la thématique centrale du 8e Colloque Communication, Organisation, Société du Savoir et Information (COSSI).

Les organisateurs invitent la communauté des chercheurs, doctorants, étudiants-chercheurs et praticiens à soumettre des propositions prenant en compte davantage les aspects de durabilité et de responsabilité des pratiques que les performances d’outils. Si la dimension « outil » peut légitimement être abordée, c’est dans le cadre d’un questionnement sur les usages, les représentations, les dimensions sémiopragmatiques qui lui sont attachées que les réflexions et les contributions sont encouragées. 

Parmi les angles de traitement possibles de la question de l’altérité, en complément des questionnements déjà suggérés ci-dessus :

   -  la contribution des SIC à la conciliation entre l’aspiration à la durabilité des stratégies organisationnelles et la variété des formes et des types que l’altérité individuelle et / ou organisationnelle peuvent revêtir ;

   -  les interactions avec l’autre – que ce soit un interlocuteur humain d’une autre culture, d’un autre métier, ayant un autre référentiel professionnel ou social, ou un objet technique, notamment dans le contexte de l’émergence de robots humanoïdes appelés à accompagner à l’avenir l’activité quotidienne ou professionnelle ;

   -   les démarches et processus de gestion de l’altérité en organisation, sous leurs multiples aspects – informationnels, communicationnels, documentaires, conceptuels, cognitifs, éducatifs, pédagogiques, administratifs, légaux, économiques, technologiques, etc.

 Sont attendues avec le plus grand intérêt les contributions traitant de ces questionnements croisés entre SIC et les sciences sociales et humaines (administration, droit, économie, management, philosophie, sciences politiques, éducation, sciences cognitives, etc.), et où le concept de durabilité (évolutions actuelles garantes de l’avenir) se dessine de plus en plus comme trame de fond.

 Le COSSI, colloque international dont les travaux se déroulent en français, est ouvert à toute la communauté spécialisée dans ces domaines. Les textes des communications présentées au colloque seront diffusés sous formes d’actes de colloque. Certains textes pourraient être aussi retenus pour une réévaluation en vue de leur publication dans la nouvelle revue COSSI. 

Références orientatives

  • Allard, C. (2014). Communiquer avec les mondes numériques, une nouvelle forme d'altérité pour les enfants et les adolescents. 1001et+.
  • Brasseur, M.; Persson, S.; Rappin, B. (2015). Diversité et pluralité en management. RIMHE : Revue Interdisciplinaire Management,Homme(s) & Entreprise, 18.
  • Brier, S.  (2013). Cybersemiotics : a new foundation for transdisciplinary theory of information, cognition, meaningful communication and the interaction between nature and culture. Integral Review, 9, 2.
  • Day, R. E. (2011). Death of the user: reconceptualizing subjects, objects, and their relations. JASIST, 62, 1.
  • Ess, C. (2010). Brave new Worlds? The once and future information ethics. http://www.researchgate.net/publication/237403046
  • Gomez, M. N. G. de. (2012). Social sciences and information issues. Morpheus – Revista Electronica em Ciencias Humanas, 09, 14.
  • Interculturel et communication dans les organisations. (2002). Communication & Organisation, 22.
  • Jodelet D. (2005). Formes et figures de l’altérité. In Sanchez-Mazas M. & Licata L. (2005). L’autre. Regards psychosociaux, Vies sociales, Presses de l’Université de Grenoble.
  • Le Blanc, B. (2014). La (non) place de l'altérité dans les sciences cognitives. Hermès, La Revue, 68, 1.
  • Leckie, G. J., Given, L. M., & Buschman, J. (2010). Critical theory for library and information science: exploring the social from across the disciplines. ABC-CLIO.
  • Lingel, J. (2014). Information as performance: Mobile technology, city streets and the anti-tourist. iconference 2014 Proceedings.
  • Lingel, J. (2013). “Keep it secret, keep it safe”: Information poverty, information norms, and stigma. Journal of the American Society for Information Science and Technology, 64, 5.
  • Maury, Y., & Kovacs, S. (2014). ‪ Étudier la part de l'humain dans les savoirs: les Sciences de l'information et de la communication au défi de l'anthropologie des savoirs‪. Études de communication, 42, 1.
  • Petrilli, S., & Ponzio, A. (2011). Transcendence and alterity: On life, communication, and subjectivity. Semiotica, 184.
  • Sandywell, B. (2006). Monsters in cyberspace cyberphobia and cultural panic in the information age. Information, Community and Society, 9,1.
  • Turkle, S. (2012). Alone together: Why we expect more from technology and less from each other. Basic books.
  • Wolton, D. (2004). Information et communication: dix chantiers scientifiques, culturels et politiques. Hermès, La Revue, 38, 1. 

Comité-conseil du COSSI

le Groupe de recherche en information, communication et documentation durables (GRICODD)

  • Monica Mallowan, Université de Moncton, Canada
  • Sylvie Grosjean, Université d’Ottawa, Canada
  • Vincent Liquète, Université de Bordeaux, France
  • Christian Marcon, Université de Poitiers, France
  • Dominique Maurel, Université de Montréal, Canada
  • Lise Verlaet, Université de Montpellier, France 

Comité scientifique du COSSI 2016

  • François Brouard, Université Carleton, Ottawa, Canada
  • Aida Chebbi, Institut Supérieur de Documentation, Université de la Manouba, Tunisie
  • Anne Cordier, ESPE, Université de Rouen, France
  • Viviane Couzinet, Institut Universitaire de Technologie, Université Toulouse-III, France
  • Jacqueline Deschamps, Haute École de Gestion de Genève, Suisse
  • Yves de Champlain, Université de Moncton, Campus de Shippagan, Nouveau-Brunswick, Canada
  • Viviane du Castel, Institut Supérieur Européen de Gestion, Paris, France
  • Kimiz Dalkir, School of Information Studies, McGill University, Québec, Canada
  • Arnaud Diemer, Université Blaise Pascal, Clermont Ferrand, France
  • Raja Fenniche, Institut Supérieur de Documentation, Université de la Manouba, Tunisie
  • Olivier Germain, École des sciences de la gestion, Université du Québec à Montréal, Québec, Canada
  • Gustavo Gomez-Mejia, Institut Universitaire de Technologie, Université de Tours, France
  • Sylvie Grosjean, Département de Communication, Université d’Ottawa, Canada
  • Marcel Lajeunesse, École de bibliothéconomie et des sciences de l’information, Université de Montréal, Québec, Canada
  • Mariannig Le Béchec, Institut d’Administration des Entreprises, Université de Poitiers, France
  • Anne Lehmans, Université de Bordeaux, France
  • Vincent Liquète, ESPE Aquitaine, Université de Bordeaux, France
  • Hélène Madinier, Haute École de Gestion de Genève, Suisse  
  • Monica Mallowan, Université de Moncton, Campus de Shippagan, Nouveau-Brunswick, Canada
  • Christian Marcon, Institut d’Administration des Entreprises, Université de Poitiers, France
  • Dominique Maurel, École de bibliothéconomie et des sciences de l’information, Université de Montréal, Québec, Canada
  • Nicolas Moinet, Institut d’Administration des Entreprises, Université de Poitiers, France
  • Florence Ott, Université de Moncton, Campus de Shippagan, Nouveau-Brunswick, Canada
  • Fabrice Papy, Université de Lorraine, France
  • Pierre-Michel Riccio, École des Mines d’Alès, France
  • Sahbi Sidhom, Université de Lorraine, France
  • Shabnam Vaezi, Institut Universitaire de Technologie, Université de Tours, France
  • André Vellino, École des Sciences de l’information, Université d’Ottawa, Canada
  • Lise Verlaet, Institut des technosciences de l’information et de la communication, Université Montpellier 3, France   

Calendrier du colloque

  • Date limite pour la soumission des propositions (résumés) : le 31 janvier 2016

  • Évaluation des propositions : février 2016
  • Avis aux auteurs : le 10 mars 2016
  • Version finale des propositions (35000 signes espaces comprises) : le 31 mai 2016

Structure du texte en version finale : titre, auteurs, affiliation institutionnelle et adresse officielle, résumé, mots clés, abstract, keywords, texte final, bibliographie. Un résumé à part de 50 mots servira à l’inclusion éventuelle dans le programme du colloque.

  • Inscription des conférenciers et des participants : à partir du 1er mai  2016 
  • Colloque : Montpellier, France, 15-16-17 juin 2016

Modalités de soumission 

(voir les normes des résumés et des articles sur le site du 8e COSSI)

Les propositions initiales doivent être rédigées en français, sous forme de résumés longs, d’une longueur d’environ 7000 caractères (deux pages, espaces comprises, excluant la bibliographie), police Arial, taille 11 points, interligne simple, sous format Word.

Le respect de ces consignes permettra au comité scientifique de procéder en toute impartialité à l’évaluation de la pertinence des propositions soumises. 

Note 1 : Aux fins de l’évaluation, la proposition doit respecter les sections d’usage dans la rédaction scientifique : problème de recherche, recension des écrits, méthodes, résultats, discussion / contexte du cas, problème et causes, objectifs, solution et mise en œuvre, résultats, conclusion, bibliographie.

Dépôt des propositions (résumés longs et versions finales) : sur le site du COSSI 2016,www.cossi-2016.com

Note 2 : Le comité organisateur se réserve le droit de rejeter tout texte qui ne respecte pas les consignes de présentation.

Note 3 : Seulement les communications présentées par leurs auteurs lors du colloque seront publiées dans les actes ou dans la revue. 

Présidence et organisation du COSSI 2016

organisé par

  • L’Observatoire de prospective et veille informationnelle et scientifique (PROVIS) Université de Moncton, Campus de Shippagan Nouveau-Brunswick, Canada 
  • Le Laboratoire d’Etudes et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales, équipe du Cercle d’Etudes et de Recherche en Information-Communication (LERASS-Céric, EA 827) Université Paul-Valéry de Montpellier 
  • Le Centre de Recherche en Gestion (CEREGE – EA 1722) et l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE) Université de Poitiers, France
    • Monica Mallowan, professeure agrégée, Université de Moncton, NB, Canada
    • Christian Marcon, maître de conférences HDR, Pôle Information-Communication de l’IAE de Poitiers, France
    • Marthe Robichaud, professeure agrégée, Université de Moncton, NB, Canada
    • Lise Verlaet, maître de conférences, Université de Montpellier, France 

Programme préliminaire

Le mercredi 15 juin 2016

15h00-16h00 Accueil et inscriptions

16h00-18h00 Mot d’accueil et Table ronde : « Regards croisés sur l’altérité en SIC »

18h30 Cocktail de bienvenue

8h00 Accueil et inscriptions 

Le jeudi 16 juin 2016

9h00 Ouverture et conférence d’honneur

10h00 Sessions de communications

13h30 Sessions de communications

19h00 Repas de gala

Le vendredi 17 juin 2016

8h00 Accueil

9h00 Sessions de communications

13h30 Sessions de communications

15h00 Atelier – conférence

16h00 Clôture du COSSI 2016 

Toutes les informations pratiques seront disponibles en ligne sur les sites suivants :

  • COSSI. Université de Moncton, Campus de Shippagan. http://www.umoncton.ca/umcs-cossi/
  • COSSI 2016. www.cossi-2016.com
  • GRICODD. www.gricodd.info
  • IAE / CEREGE, Université de Poitiers. http://cerege.iae.univ-poitiers.fr/
  • LERASS-CERIC, Université de Montpellier 3, http://www.lerass-ceric.com/ 

[1] L’altérité : État, qualité de ce qui est autre, distinct (Larousse). Caractère, qualité de ce qui est autre, distinct (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales). En philosophie, qualité de ce qui est autre (Dictionnaire Universalis).

Lieux

  • Montpellier, France (34)

Dates

  • dimanche 31 janvier 2016

Mots-clés

  • information, communication, documentation, management, altérité, littérature numérique, durable, société, organisation, différence

Contacts

  • Christian Marcon
    courriel : cmarcon [at] poitiers [dot] iae-france [dot] fr
  • Monica Mallowan
    courriel : monica [dot] mallowan [at] umoncton [dot] ca
  • Lise Verlaet
    courriel : lise [dot] verlaet [at] univ-montp3 [dot] fr

Source de l'information

  • Christian Marcon
    courriel : cmarcon [at] poitiers [dot] iae-france [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L’information, la communication et les organisations, au défi de l’altérité », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 16 novembre 2015, http://calenda.org/346137