AccueilLes marqueurs mémoriels de l’armée et de la guerre : la construction d’un espace du souvenir dans l’Est de la France (XVIe siècle à nos jours)

*  *  *

Publié le mercredi 25 novembre 2015 par Céline Guilleux

Résumé

La région Grand-Est est fortement marquée, dans ses paysages et dans sa mémoire, par son passé guerrier. Zone de frontière, mais également zone de combats, la région possède un riche patrimoine militaire, constitué non seulement d'éléments matériels visibles (fortifications, casernes, monuments, zones de combat), mais également de « traces » plus diffuses (noms de rue, vitraux, plaques...), et de « marqueurs mémoriels ». On entend ici par « marqueurs mémoriels » tous les éléments qui témoignent du passé d’un groupe, d’une communauté, et qui permettent d’organiser le souvenir collectif d’une société, en intégrant l'idée de leur variabilité : acceptés et reconnus un temps, ils peuvent subir l'effacement ou devenir illisibles, pour un temps ou durablement. Leur étude est donc celle du souvenir collectif, d’une identité régionale voire nationale, et d’une potentielle mémoire commune.

Annonce

Argumentaire

Pour qui prend encore le temps de les lire, les paysages du Nord-Est de la France portent de très nombreuses traces de leur passé militaire et guerrier. Polémopaysages, monuments de tous types, quartiers et bâtiments militaires, noms de rue, vitraux, etc., constituent autant de marqueurs mémoriels d’une forte présence militaire qui s’est développée progressivement, du XVIe siècle jusqu’à nos jours, dans un contexte dans lequel se constituent des Etats-nations, des armées « nationales », et où se forgent des identités collectives.

Le basculement opéré par la restructuration des armées, au gré des différents plans gouvernementaux, nous laisse en présence d’un patrimoine militaire dont le devenir interroge ; surtout, cette évolution, ainsi que la dynamique impulsée par le Centenaire de la Grande Guerre, appelle à observer de plus près les traces laissées au fil des siècles par l’institution militaire et les guerres comme autant d’éléments du souvenir d’un espace militarisé. Avec ses fortifications et ses casernes, le quart nord-est de la France est vu – à juste titre – comme un espace de défense et de garnison : de la fin du XIXe siècle et jusque dans la dernière moitié du XXe siècle, l'image des villes du Nord-Est repose essentiellement sur ce qu'en véhiculent les conscrits, qui ont principalement vu les casernes. Mais il ne s’agit là que de la partie la plus évidente d’un ensemble mémoriel à la fois plus diffus et plus riche, à partir duquel il est possible de réfléchir sur l’idée du souvenir militaire comme élément constitutif du passé d’une région frontalière.

La présente rencontre a ainsi pour objectif de définir et d’interroger les marqueurs de la mémoire commune, dans la continuité des idées avancées par Maurice Halbwachs sur les « identités collectives » et celles de Pierre Nora sur les « lieux de mémoire ». Que cette dernière notion ait connu des succès divers et des usages parfois outranciers doit nous rappeler qu’il faut bien distinguer des niveaux de lecture différents lorsque l’on aborde les questions du souvenir. C’est pourquoi les travaux porteront ici sur l’idée de « marqueur mémoriel ».

On entend ici par « marqueurs mémoriels » tout les éléments qui témoignent du passé d’un groupe, d’une communauté, et qui permettent d’organiser le souvenir collectif d’une société. Il s'agit donc de travailler sur des éléments du souvenir collectif comme autant de « particules » d’une histoire, d’une identité régionale voire nationale, et d’une potentielle mémoire commune. Nous ne partons donc pas du point de vue de marqueurs mémoriels du fait militaire et guerriers envisagés comme autant de référents acceptés et reconnus par la société actuelle ; il s’agit bien d’intégrer l’idée d'une possible « vie » et/ou « mort » de ces référents, susceptibles autant de connaître l'effacement et l'illisibilité que d'accéder à une signifiance redécouverte ou renouvelée. Il ne s'agit pas d'adopter ici une lecture étroite liée à la seule époque contemporaine ou limitée aux seuls objets encore porteurs de sens. Sont donc à prendre en compte l’ensemble des éléments situés dans les paysages urbains et non-urbain, constitués d’éléments bâtis et non-bâtis, qui témoignent du passé militaire d’une région et/ou ont contribué à forger des référents propices à se souvenir d’une histoire plurielle. En ce sens, les casernes, les monuments, les fortifications, mais également les traces de combat, les livres, les images, les plaques commémoratives, les noms de rues ou de quartiers, les cimetières, peuvent être envisagés comme autant des marqueurs mémoriels. Peut également être considérée leur conservation, notamment dans le cadre des musées ou mémoriaux.

Ces marqueurs mémoriels peuvent également être étudiés à différentes étapes de leur « cycle de vie » : lors de leur conception ou de leur construction, lors de leur utilisation initiale, mais également après leur démantèlement lorsqu'il s'agit de les réhabiliter et de changer leur destination.

Modalités pratiques

Les propositions d'interventions sont à envoyer au plus tard :

le 31 janvier 2016

aux adresses suivantes: camille.crunchant@univ-lorraine.fr - laurent.jalabert@univ.lorraine.fr - jean-noel.grandhomme@univ-lorraine.fr 

Le comité d'organisation les transmettra au comité scientifique qui validera -ou non- les interventions et donnera sa réponse le 15 février 2016. Les communications ne devront pas excéder 25 minutes. Le colloque aura lieu le 21-22 avril 2016 à Nancy.

Comité organisateur

  • Camille CRUNCHANT (Ingénieur d'étude - université de Lorraine)
  • Jean-Noël GRANDHOMME (Professeur des universités - université de Lorraine)
  • Laurent JALABERT (Maître de conférences - université de Lorraine)

Comité scientifique

  • Jean-Noël GRANDHOMME (Professeur des universités - université de Lorraine)
  • Laurent JALABERT (Maître de conférences - université de Lorraine)

Lieux

  • Nancy, France (54)

Dates

  • dimanche 31 janvier 2016

Mots-clés

  • mémoire, patrimoine, armée, guerre, marqueur mémoriel

Contacts

  • Camille Crunchant
    courriel : camille [dot] crunchant [at] univ-lorraine [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Camille Crunchant
    courriel : camille [dot] crunchant [at] univ-lorraine [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les marqueurs mémoriels de l’armée et de la guerre : la construction d’un espace du souvenir dans l’Est de la France (XVIe siècle à nos jours) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 25 novembre 2015, http://calenda.org/347945